Le 1er mai, c’est la fête du travail avec ses symboles : muguet, revendications syndicales. Bien avant le 1er mai 1886 date à laquelle la pression syndicale
permet aux travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures, le 1er mai apparaissait à Béthune dans un autre contexte. En 1878, loin de ces symboles, le 1er mai
constituait une date butoir non pas pour les salariés mais pour les militaires de la garnison de Béthune.
Une date butoir pour une question examinée lors du conseil municipal du 8 avril 1878 : celle du remboursement des droits d’octrois perçus sur les viandes consommées par la garnison qui devait cesser à partir du 1er mai 1878. De quoi s’agissait-il ?
En fait, la ville avait accordé aux militaires en garnison l’exonération momentanée des droits d’octroi sur les viandes suite aux réclamations exprimées par l’autorité militaire en 1870. En effet, les bouchers de Béthune faisaient payer la viande fournie aux militaires plus cher que dans les autres divisions de la ville.
Huit ans après cette faveur, le contexte financier avait changé pour Béthune. La perte des droits d’octroi engendré par cette mesure est devenue pour la ville importante. Alors, accordait-on ailleurs l’exonération des droits d’octroi ? A Douai, Lille, Arras, Boulogne, Saint-Omer aucune exception n’était faite en faveur des soldats de la garnison qui étaient eux soumis au paiement des droits d’octroi. Et le conseil municipal de conclure que dès le 1er mai 1878, l’administration municipale ne remboursera plus les droits d’octroi perçus sur les viandes consommées par la garnison. Nul doute que les militaires en garnison se sont longtemps souvenus de cette date.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 avril 2011)
Demain, c’est la saint-valentin. Une occasion pour vous d’exprimer vos sentiments amoureux. Dans l’histoire de Béthune, des sentiments ont déjà été exprimés à maintes reprises mais ils n’avaient rien à voir avec l’amour.
C’est l’empereur Napoléon qui avait exprimé ses sentiments au travers d’une lettre adressée au Maire par le sous-préfet en juin 1867. L’empereur a été vivement touché des manifestations unanimes qu’à provoqué l’attentat du 6 juin. Le sous-préfet se faisait donc l’interprète des sentiments de Napoléon auprès du conseil municipal de Béthune.
Quelle était la nature de cet attentat ? En quoi constituait-il un événement important en 1867 ? En fait, les faits révélés par ce sentiment font référence à l’attentat perpétré à Paris par Antoni Bérézowski contre le tsar Alexandre II de Russie, accompagné de Napoléon III.
Les évènements de 1867 ne visaient pas directement l’empereur des français. Mais, dix ans plus tôt, Napoléon III fut victime d’une tentative d’attentat. Un attentat manqué perpétré le 14 janvier 1858 par Felice Orsini. Une occasion pour le conseil municipal de transmettre cinq jours plus tard une adresse pour dénoncer « un attentat monstrueux ». Les conseillers s‘en remettaient à « la providence qui a fait échouer l’exécrable tentative dirigée contre l’Empereur». Une adresse suite à laquelle Napoléon n’a pas eu l’occasion d’exprimer un quelconque sentiment de reconnaissance envers les membres du conseil.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 février 2011)
En ce dimanche 16 janvier, il n’est pas trop tard pour prendre les bonnes résolutions de début d’année. Les documents municipaux anciens sont remplis de résolutions qui n’ont vraiment rien à voir avec celles de la nouvelle année. Morceaux choisis.
En 1875, le principal du collège interpellait le Maire pour expliquer que les locaux destinés aux pensionnaires étaient insuffisants. Une situation qui n’a pas eu l’air d’émouvoir les membres du conseil municipal. Des édiles qui expliquaient « ne pouvoir prendre aucune résolution relativement à la demande du principal » sans consulter l’administration et le bureau du collège.
Quatre ans plus tard, une résolution de la plus haute importance pour le commissaire de police était adoptée en conseil municipal. Le 10 mars 1879, une résolution sur la part à mettre à la charge de la ville dans le traitement du commissaire était adoptée. Il était décidé que l’intégralité du traitement du commissaire de police serait payée par la ville. Un traitement fixé à l’époque à 2000 francs.
Du commissaire, on passe en 1873 au colonel et à la résolution prise par le conseil touchant la musique du 73ème Régiment d’infanterie. Le colonel commandant le 73éme RI soulignait que l’aide financière versée par la ville constituait pour les musiciens « un précieux encouragement ». Un colonel qui mettait en évidence dans une lettre au Maire « ce témoignage de sympathie qui crée un lien de plus entre la ville et le 73ème ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 16 janvier 2011)
Depuis 15 jours, vous n’avez pas résisté au foie gras, chocolats et autres victuailles. Ce deuxième jour de l’année risque d’être difficile pour vous et…votre estomac. Nul doute que ces histoires de légumes l’aideront à se remettre d’aplomb.
Des légumes faciles à trouver dans le Béthunois au 19ème siècle grâce à la présence de nombreux marchés aux légumes. Le 3 octobre 1881, le conseil municipal de Béthune, sollicité par le préfet, émettait un avis favorable à la création à Nœux-les-Mines d’un deuxième marché aux légumes considérant que le « marché projeté ne saurait porter préjudice aux intérêts de la ville de Béthune ».
Si les noeuxois en étaient à leur deuxième marché, il était question à Bruay de créer le premier. Le conseil de Béthune daté du 24 septembre 1864 décidait « de ne pas s’opposer à l’établissement dudit marché à cause de la distance qui existe entre Béthune et Bruay ».
Si les communes environnantes créaient un marché aux légumes, Béthune n’était pas en reste. Les béthunois pouvaient en outre accompagner les légumes de viande…. Mais à quel prix ! Une pétition avait circulé en 1867 pour interpeller le Maire afin « que des mesures soient prises pour faire baisser le prix de la viande de boucherie devenu exorbitant à Béthune ».
Même un colonel dont la garnison s’arrêtait dans la cité se plaignait en 1867 que « la viande se vend(ait) dans cette ville aux militaires à un prix plus élevé que dans les localités voisines ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 janvier 2011)
Le marché de Noël a ouvert ses portes le 27 novembre dernier. Les illuminations installées dans les rues donnent un éclairage particulier à la Grand Place. Mais
au-delà des fêtes, l’éclairage est indispensable à notre vie quotidienne. C’est vrai aujourd’hui comme au 19ème siècle.
Et s’il y avait bien un endroit à éclairer, c’est le salon de l’Hôtel de Ville. C’est la raison pour laquelle la décision fut prise le 22 avril 1857 d’y installer des appareils d’éclairage au gaz pour remplacer ceux à l’huile.
Même les séances du conseil municipal se déroulaient dans la pénombre. En 1872, la salle des séances du conseil était remplie d’une vapeur épaisse produite par le gaz. Une situation obligeant l’entrepreneur à intervenir durant le vote des délibérations.
A une époque où Béthune était fortifiée (ce qui a été le cas jusqu'au lendemain de la guerre de 1870 quand la place a été déclassée par l'autorité militaire), les portes permettant d’accéder à la cité faisaient l’objet de toutes les attentions. Même leur éclairage n’était pas négligé. Le conseil votait le 24 septembre 1859 un crédit pour l’éclairage des faubourgs d’Arras et de Lille et pour illuminer les ponts des quatre portes de la ville.
Une pétition des habitants du faubourg du rivage réclamait en mai 1865 un éclairage suffisant pour rendre la circulation moins dangereuse. Une pétition qui a sans doute éclairé le Maire sur les mesures à adopter pour le bien-être des habitants de ce faubourg.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 décembre 2010)
Il y a 158 ans, le 21 novembre 1852, le Sénat organisait un plébiscite pour le rétablissement de l’Empire. Sans surprise le "oui" l’emporta avec comme conséquence l’instauration du Second Empire dirigé par Napoléon III. Un régime dont on trouve des traces jusqu’à Béthune.
En effet, les adresses transmises régulièrement par la municipalité au régime témoignaient parfois des heures malheureuses de ce dernier.
C’était le cas le 19 janvier 1858 avec l’adresse rédigée pour l’Empereur à l’occasion de « l’odieux attentat dirigé contre lui et sa noble compagne le 14 janvier courant ». Un attentat perpétré à Paris le 14 janvier par le révolutionnaire italien Felice Orsini. Orsini, farouche partisan de la réunification italienne, reprochait à Napoléon d’entraver l’unification de son pays. Un épisode qualifié par l’adresse municipale votée à l’unanimité « d’attentat monstrueux ».
L’adresse votée par le conseil le 24 juillet 1859 concernait un aspect de la politique extérieur du régime napoléonien : celle de la victoire de l’armée d’Italie. Le document soulignait « la prise en main de la défense d’un peuple opprimé » et mettait en exergue la capacité de l’armée impériale à conquérir le monde. En effet, Napoléon s’était allié au Piémont et avait lancé une campagne victorieuse contre l’Autriche. L’Empire était alors à son apogée.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 21 novembre 2010)
Si vous avez eu la chance de bénéficier d’un long week-end depuis jeudi, ces quelques lignes sont pour
vous. En effet, en novembre 1864, tous les béthunois n’ont pas eu l’occasion de se reposer à cause d’une histoire de chien.
Imaginez-vous à Béthune dans les années mille huit cent soixante. Des plaintes d’habitants arrivaient en mairie au sujet des bruits occasionnés pendant la nuit par les animaux domestiques. Des plaintes qui obligeaient le Maire à prendre un arrêté municipal le 9 novembre 1864. Le but était d’expliquer « les précautions à prendre contre les chiens dont les aboiements, les hurlements ou les cris troublaient le repos public ».
Si le très officiel arrêté municipal n’est sans doute pas tombé dans l’oreille des chiens, il avait surtout pour objectif de sensibiliser leurs maîtres. Il était ainsi défendu d’avoir dans la cité ou ses faubourgs des chiens ou autres animaux domestiques dont les aboiements pouvaient troubler le repos public.
Cinq ans plus tard, le 5 avril 1869, le Maire peut-être pris de remords prenait un arrêté pour autoriser la circulation des chiens dans la commune. Le commissaire de police était spécialement chargé de son exécution. C’est dire. Une mission loin d’être de tout repos pour un commissaire qui a sans doute eu un mal de chien pour faire appliquer l’arrêté !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 14 novembre 2010)
Même si le rallye a été déprogrammé, la voiture avait toute sa place durant ce deuxième week-end du mois de septembre avec le premier « historic-carto ». Retour dans le Béthune des années 1870 où la voiture alimentait aussi les pensées des citadins.
Imaginez-vous en 1875. Béthune est composé de différents faubourgs : Saint-Pry, d’Arras, du Perroy, de Lille, du rivage, de Catorive et de la Porte Neuve.
Le faubourg de la porte neuve, situé à l’est de la cité, abritait la ruelle Pépin. Béthune était aussi entourée par des fortifications en cours de démantèlement. Mais, les fortifications n’étaient pour rien dans la mésaventure arrivée aux habitants du faubourg de la porte neuve.
En effet, le 10 février 1875, le conseil municipal s’est saisi d’une plainte des habitants de la porte neuve. Les habitants dénonçaient la difficulté d’accès en voiture de la ruelle Pépin et des habitations s’y trouvant. La faute à une barrière installée sur une partie de la route n°43 au passage à niveau du chemin de fer de Bruay à la gare d’eau.
Une situation d’autant plus anormale que les barrières installées aux faubourgs d’Arras et Saint Pry donnaient elles 10 mètres d’ouverture alors que celles de la ruelle Pépin n’en faisaient que sept !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voixdu Nord, le 12 septembre 2010)
La date d’hier est historique. En effet, c’est un 4 septembre de l’année 1944 que Béthune a été libérée. Mais, le 4 septembre 1870 évoque aussi la naissance de la IIIème République suite à la capitulation de Napoléon III à Sedan. Une guerre qui a eu des conséquences sur Béthune et ses fortifications.
Un décret impérial du 30 avril 1870 avait déclaré d’utilité publique l’agrandissement de la ville en occupant les terrains provenant des fortifications.
En juillet 1870, dans des circonstances particulières, la ville aurait dû cesser les travaux de démolition des fortifications. Une injonction ordonnait même au conseil municipal de remettre la ville en état de défense. Il faut dire que le régime napoléonien était dans la tourmente. En effet, le 19 juillet 1870, la déclaration de la guerre à la Prusse allait entraîner plusieurs mois après la chute de l’Empire.
Un contexte belliqueux qui n’a pas infléchi la position du conseil de Béthune réuni le 22 juillet. En effet, il décidait que les travaux de démolition devaient continuer sans interruption. Une manière pour les 11 conseillers réunis autour du Maire Dellisse-Engrand d’honorer leurs engagements pris auprès des entrepreneurs chargés de la démolition des fortifications.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 septembre 2010)
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