Le mois d’octobre 1936 laissera un souvenir particulier dans la mémoire collective béthunoise. En effet, le 10 octobre 1936, Béthune disait un dernier adieu à son ancien Maire, Jules Senis.
Un homme qui a marqué le passé politique de la cité de Buridan depuis la fin du 19ème siècle. Jules Senis entrait pour la première fois au conseil municipal le 17 mai 1892. Un conseil durant lequel Alfred Legillon a été proclamé Maire à une large majorité.
Une élection qui a donné des idées à Jules Senis qui occupa le poste de premier adjoint de 1904 à août 1907 mais surtout celui de Maire : il reçut l'écharpe le 18 août 1907 et la conserva jusqu’en 1912.
On retiendra surtout son action dans une période difficile pour Béthune, celle de l’après première guerre mondiale. En effet, le 10 décembre 1919, le conseil municipal l’installa de nouveau dans le fauteuil majoral. Un Maire qui voulait reconstruire l’Hôtel de Ville accolé au beffroi. Une position qui a occasionné des débats passionnés lors des séances de l’assemblée communale dans les années vingt. Jules Senis savait aussi mettre les autres en valeur. Lors de la remise en 1923 de la légion d’honneur au sous préfet de la reconstruction Myrtil Stirn, il n’hésita pas à louer les qualités du représentant de l’Etat dans une période difficile pour Béthune…et son Maire.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 10 octobre 2010)
Ce week-end, la ville de Béthune propose un programme de choix pour les journées européennes du patrimoine. Une 27ème édition placée sous le thème national des grands Hommes.
Des grands hommes dont certains ont marqué de leur empreinte le passé de la cité de Buridan. On pense notamment aux visites de chefs et hommes d’Etat. Celle de Charles de Gaulle le 11 août 1945 laissera un souvenir impérissable. Revenu en septembre 1959 en tant que Président de la République, il a inspiré 29 ans plus tard François Mitterrand venu foulé les pavés de la Grand Place le 28 janvier 1988.
Valéry Giscard d’Estaing a lui manqué des rendez-vous avec l’histoire béthunoise. En effet, celui qui fut Président de la République de 1974 à 1981 est passé à Aire-sur-la Lys en octobre 1980 sans se rendre au pied du beffroi. Une rendez vous manqué avec les béthunois mais pas avec le béthunois. En effet, l’agglomération béthunoise a bénéficié de retombées suite à la visite présidentielle.
Seize ans plus tôt, VGE a décliné l’invitation lancée par la municipalité à l’occasion des fêtes de l’expansion béthunoise célébrées au mois de juin 1964. Celui qui était alors ministre des finances et des affaires économiques devait se rendre à une réunion du groupe des dix pays industrialisés. Une réunion au sommet qui s’est tenue dans une ambiance que l’on imaginait moins festive qu’à Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 19 septembre 2010)
Vendredi 11 juin, le pays avait les yeux rivés sur la prestation française en coupe du Monde de football. Le 11 juin 1961, les béthunois avaient des préoccupations plus politiques avec les résultats des élections cantonales.
Des élections dont le premier tour s’était déroulé le 4 juin dans les 17 communes regroupées dans le canton de Béthune. Un canton qui s’étendait d’Allouagne à Oblinghem en passant par Vieille-Chapelle. Le scrutin précédent, celui du 17 avril 1955, avait vu la victoire du sénateur et conseiller général sortant Emile Vanrullen, élu avec 47 % des voix face au candidat communiste Edouard Carlier.
En 1961, quatre candidats se présentaient dans ce canton pour siéger à l’assemblée départementale : Edouard Carlier (communiste), Emile Vanrullen (SFIO), Maurice Cassez (MRP) et Jean Peyracchia (poujadiste).
Le 11 juin, c’est Maurice Cassez, Député-Maire de Locon qui a été élu par 7997 électeurs, devançant le sénateur Emile Vanrullen qui avait obtenu 7713 suffrages sur les 20801 électeurs qui s’étaient exprimés. Le nouvel élu s’engageait à lutter contre « la menace d’enlever à notre chère ville de Béthune son titre de première sous préfecture de France ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 juin 2010)
Hier, on commémorait le 65ème anniversaire de la fin du second conflit mondial le 8 mai 1945. Un jour synonyme de libération. En 1872, on parlait déjà de libération du territoire, même si le contexte était totalement différent.
Une ville et ses faubourgs partagés en six sections, une circulaire distribuée chez tous les habitants….Le 12 mars 1872 le conseil municipal de Béthune décide une souscription nationale destinée à la libération du territoire. Une souscription patriotique qui s’est effectuée en dehors de l’impulsion du Gouvernement. Le Maire voulait en fait suivre l’élan patriotique qui s’organisait dans les communes avoisinantes.
Un élan largement suivi par la population. Même le directeur du théâtre s’est impliqué en offrant la somme de deux cent francs. A la fin du conseil, les membres ont également souscrit sans attendre.
Dans quel contexte Béthune a-t-elle lancé cette souscription ? En fait, la période était tourmentée suite à l’effondrement de l’empire le 4 septembre 1870. Adolphe Thiers (notre photo), chef du pouvoir exécutif de la République avait négocié avec Bismarck pour signer la paix à Francfort le 10 mai 1871. La France avait alors perdu l’Alsace et la Lorraine.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 9 mai 2010)
Certains « 1er mai » se sont déroulés dans un contexte particulier. Si aujourd’hui, la réforme des retraites est dans tous les esprits, en mai 1936 c’est le contexte électoral qui pesait sur cette journée.
En effet, le 1er mai 1936 est celui qui a précédé la victoire du Front populaire, coalition de gauche et de son chef Léon Blum. Un premier mai marqué donc par l'organisation d'élections législatives....
A Béthune, la question que se posaient les habitants du canton de Béthune-Cambrin concernait le sort du député sortant Jules Appourchaux. Cet avocat au barreau de Béthune avait été élu député en mai 1928 et réélu en 1932. Il se présentait en 1936 comme le candidat de concentration républicaine et d’action sociale.
Dans la cité de Buridan, sur les 5511 inscrits, Appourchaux obtenait 2498 voix devançant le candidat de la SFIO Henri Cadot avec 2254 voix. Le candidat de la Section Française de l’Internationale Socialiste enregistrait par contre une victoire sur l’ensemble du canton de Béthune-Cambrin...une victoire avec 1795 voix de majorité. Il rejoignit les 145 députés de la SFIO élus en 1936.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 mai 2010)
En ce mois de janvier le chef de l’Etat présente ses vœux aux forces vives de la
Nation. Le 17 janvier 1913, il y a 97 ans jour pour jour, c’est un autre Président qui faisait la une.
17 janvier 1913, 20h10 : le Maire de Béthune Pierre Rinquin reçoit une dépêche. « Préfet à Maire de Béthune, assemblée nationale réunie aujourd’hui Versailles a, par 483 voix, élu Président de la République, Monsieur Poincaré ». C’est en effet à cette date que les parlementaires élisent Poincaré à la présidence de la République. Un président qui disposait déjà d’une solide expérience politique. Député de la Meuse, plusieurs fois Ministre, il devient Président du Conseil en janvier 1912.
Un président que l’on retrouvera 3 ans plus tard à Béthune lors de sa visite le lundi 16 octobre
1916. Une visite en présence de nombreux ministres qui intervenait suite aux bombardements qui avaient touché la ville, et en particulier celui du 7 août 1916.
C’est Raymond Poincaré qui signa le 5 décembre 1919 le décret conférant à la ville de Béthune la Croix de
chevalier de la légion d’honneur. Une circonstance plus heureuse qu’en 1916 qui signifiait la sortie de quatre années difficiles pour Béthune.
Arnaud WILLAY
Béthune a terminé son année 2009 en recevant le 4 décembre Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture. En 1972, la ville débutait son année en recevant un autre Ministre…celui de l’équipement.
C’était un 11 janvier. Etait-ce un début d'année aussi blanc que celui que nous vivons ? Les routes avient-elles aussi un goût salé ? Ce dont nous sommes certains, c'est que c'était un 11 janvier. Béthune accueillait Albin Chalandon, Ministre du gouvernement dirigé par Jacques Chaban-Delmas. On aurait pu s’attendre à ce que le ministre se déplace pour présenter ses vœux, à l’invitation du Maire de l'époque le docteur Breynaert ou autres institutionnels. Mais, il n’en était rien.
Avant de devenir Ministre, Albin Chalandon avait déjà une grande expérience politique. Membre du cabinet du Président du gouvernement provisoire Léon Blum en 1946-1947, il fut élu député des Hauts-de-Seine en 1968 avant d’intégrer les gouvernements de Maurice Couve de Murville et de Jacques Chaban-Delmas.
Le Ministre était venu plancher à la Chambre de Commerce et
d’Industrie sur le développement des axes routiers entre Arras-Béthune et Calais. Au menu figurait la future autoroute A26 qui était présentée en 1972 comme un axe majeur pour l’essor de la
région Nord-Pas de Calais. Une autoroute que vous empruntez peut-être régulièrement et qui constitue trente huit ans plus tard un axe incontournable dans le béthunois, permettant entre autre de
désenclaver la côte d’Opale.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 10
janvier 2010)
En ce début d’année, les élus vont multiplier les cérémonies de vœux à la population. En janvier 1954, c’est la cérémonie d’accueil du nouveau sous-préfet qui dominait l’actualité béthunoise.
Gérer les services d’une sous préfecture située dans le premier arrondissement de France. : voilà la tâche ardue qui attendait le sous-préfet Claude Dubois au début de l’année 1954. Un haut fonctionnaire qui avait sans doute à l’esprit la difficulté de succéder à des sous- préfets dont l’action a véritablement marqué l’arrondissement béthunois comme Myrtil Stirn, sous-préfet de la reconstruction de la ville après 1918.
Alors, dans quel contexte local le représentant de l’Etat arrivait-il ? Sur le plan politique, le mandat du Maire Henri Pad venait d’être renouvelé suite aux élections d’avril 1953. Sur le plan économique, les « grands travaux » de la ville ont vu en 1953 la réalisation de bains douches boulevard Thiers et la rénovation de la bibliothèque communale.
On retiendra aussi que le
sous-préfet, grand amateur de sport, assista en janvier au match de football opposant Béthune à Bully. Un match qui a vu la victoire des footballeurs béthunois. Une façon pour le
représentant de l'Etat de bien débuter l’année.
Arnaud WILLAY
(parution dans la Voix du Nord, le 3 janvier 2010)
Copenhague….un nom de ville au Danemark que l'on entend régulièrement avec l’ouverture de la conférence sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En 1972, les béthunois ont entendu parler du Danemark. Mais, on était bien loin des questions environnementales.
En effet, c’est une question politique qui dominait l’actualité. Les béthunois devaient se prononcer sur la ratification du traité d’adhésion de la Grande-Bretagne, du Danemark, de l’Irlande et de la Norvège aux Communautés européennes.
Le Président Pompidou soulignait à l’époque l’importance de cette consultation expliquant que « jamais le peuple français n’a été consulté sur l’Europe ». Toutefois, peu de personnalités s’étaient déplacées pour faire campagne en faveur du oui. Tout juste peut-on mentionner le passage début mars 1972 en gare de Béthune du premier ministre Jacques Chaban-Delmas. Un passage furtif car c’est à Auchel qu’il était attendu pour parler de l’avenir de l’ouest du bassin minier.
Malgré tout, l’appel
mobilisateur lancé par Pompidou a été entendu à Béthune avec près de 63% de votants ; 69 % des suffrages exprimés par les béthunois se sont portés sur le oui. Une façon d’approuver la
construction européenne qui se dessinait au début des années soixante dix.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 12 décembre 2009)
Hier, se tenait à Béthune l’Assemblée générale des Maires du Pas-de-Calais. En 1922, ce n’est pas un Maire du département, mais un anglais qui a foulé le sol béthunois. Retour sur une visite forcément appréciée.
Les 8 et 9 août 1922, Jules Senis a reçu le lord maire de Bristol, Ernest Cook. Quatre ans après la guerre, il était venu dans la cité de Buridan pour se rendre compte de la situation béthunoise, notamment celle des ménages ouvriers privés d’habitations ouvrières.
Durant sa visite, il s’est rendu compte de l’état de misère des ouvriers mal logés. Il visita la caserne Montmorency où demeuraient 64 familles dans des conditions déplorables. Des baraquements situés boulevard Diderot ont aussi été montrés.
Cette visite porta ses fruits. Trois ans plus tard, en mars 1925, la ville inaugurait la cité
Bristol. Pour Jules Senis, il s’agissait de remercier la ville anglaise pour « le secours qu’ils ont apporté à la ville de Béthune à un moment ou
cette dernière se trouvait dans l’impossibilité de donner asile à ses concitoyens par suite des habitations du centre ville….C’était pour les autorités gouvernementales et municipales une
question angoissante que celle qui consistait à trouver les moyens d’abriter les populations ». Force est de constater qu’en 2009, la question du logement est toujours bien
présente.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 octobre 2009)
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