Guerres mondiales

   Hier, la France commémorait le 88ème anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, mettant un terme au premier conflit mondial. A la fin de cette guerre, les Charitables ont découvert une ville ravagée par les bombardements.

  

   Le 13 avril 1918, les populations civiles ont reçu l'ordre d'évacuer Béthune. Cinq mois plus tard, le 31 août 1918, le Conseil municipal de Béthune réuni pour la circonstance à Berck sur Mer a délégué 4 de ses membres pour se rendre compte de l'état de la ville après la guerre. Cette délégation comptait trois charitables : le prévôt Victor Daquin-Prou, Alexandre Morel et Paul Galand Caboche. Certains membres de la confrérie des Charitables ont donc été témoin du spectacle de désolation qu'offrait Béthune en 1918. L'abbé Guilbert, ancien curé de Lozinghem nous livre ce moment dans son Histoire de l'Antique confrérie des Charitables de Saint Eloi de Béthune, publiée en 1933 : «  Arrivés à Béthune, le 2 septembre, ils constatèrent que la chambre avait été presque entièrement détruite par un incendie. A Béthune, l'emplacement des rues avait disparu sous l'amoncellement des débris ».

   Quelle place la confrérie a-t-elle joué entre 1914 et 1918 ? La lettre que le Ministre de l'Intérieur Jules Pams adressa à la confrérie le 24 octobre 1918 pour lui signifier sa citation à l'ordre de la Nation met en exergue un rôle prépondérant « Le Gouvernement porte à la connaissance du pays, la belle conduite de messieurs les membres de l'Association des charitables de la ville de Béthune ».

  Durant la guerre, malgré la mobilisation de nombreux confrères, les Charitables assurèrent le service des funérailles. En fait, les confrères essayaient de donner à la confrérie une vie normale malgré les circonstances pour le moins particulières. Les forces militaires reconnaissaient bien le travail effectué par les membres de la confrérie, parfois au péril de leur vie.

   Le Général de Vallières, chef de la mission militaire, attachée à l'armée britannique adressa au doyen de la confrérie le 9 février 1917 une lettre sans ambiguïté : « Monsieur le Préfet du département du Pas-de-Calais m'a signalé le dévouement inlassable dont votre association a fait preuve depuis le début des hostilités dans le service des inhumations, accompli souvent dans des circonstances périlleuses ».

   Après la signature de l'armistice, les Charitables reprirent immédiatement leur mission au service de la population. Le prévôt Delvallé-Guyot organisa dès février 1919 une souscription à laquelle participèrent de nombreux habitants. En fait, la confrérie reprit sans tarder sa participation à la vie béthunoise. Une activité qui redevenait totalement normale pour celle-ci avec l'inauguration de la nouvelle chambre le 26 septembre 1926. 

          Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 12 novembre 2006)

    Illustration : Victor Daquin-Prou, prévôt des Chartitables en 1909, doyen en 1924, chevalier de la légion d'honneur en 1929.

   

Par Arnaud Willay - Publié dans : Guerres mondiales
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La fin du mois d'août est traditionnellement marquée par la rentrée politique qui prendra une dimension supplémentaire à cause des prochaines échéances électorales. A Béthune, c'est la braderie de demain qui donne l'occasion aux politiques locaux de prendre le pouls de la population. A la fin août 1940, la rentrée des élus était loin d'être sereine !

    Après avoir déclaré la guerre à l'Allemagne Hitlérienne le 3 septembre 1939, le gouvernement français est entraîné dans un engrenage qui allait lui être fatal. Un engrenage qui l'a mené tout droit à la défaite militaire de mai-juin 1940. Après la signature de l'Armistice le 22 juin 1940, le Maréchal Pétain prend le pouvoir en instaurant le tristement célèbre régime de Vichy. La France n'avait pu éviter de rentrer dans un conflit qui s'avérera terrible : la seconde guerre mondiale.

   C'est dans ce contexte que le Maire de Béthune, Gustave Boudry, désigné par les Allemands, a réuni un conseil municipal le 28 août 1940 pour une rentrée politique très particulière. Il a au moins le mérite de nous faire découvrir les conséquences financières de l'état de guerre et de l'occupation allemande de la ville, effective depuis mai 1940.

On y apprend que les dépenses engagées par la ville pour le ravitaillement de l'hôpital militaire et des prisonniers de guerre peuvent être chiffrées mensuellement à 550 000 francs.

Par ailleurs, le Maire était appelé à réquisitionner des fournitures pour les troupes. En vue du paiement de ces réquisitions, le conseil a été amené à voter une demande de crédit de 500 000 francs.

   A côté de la question financière, la guerre a aussi des conséquences directes sur l'organisation de la collectivité et notamment sur les charges qui incombent au premier magistrat. En effet, il faut savoir que sous l'occupation, les fonctions du Maire sont devenues très lourdes. Il devait sans cesse être à la disposition des autorités allemandes afin de traiter sans délais certaines demandes. Il était impossible pour Gustave Boudry d'assurer ses fonctions d'avocat. Une indemnité spéciale lui fut donc accordée à titre exceptionnel. Une situation qui confirmait la mainmise de la Kommandantur allemande sur une administration béthunoise, contrainte et forcée, au service de l'occupant. Un assujettissement qui n'allait pourtant pas éviter la répression allemande qui n'allait faire que s'amplifier au fil des mois. Compte tenu de la situation, les autres questions traitées lors de ce conseil du  28 août tel que les indemnités réservées au personnel semblaient quelque peu dérisoires !

               

                    Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 27 août 2006)

  

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   Ce dimanche, se termine la septième édition de Z’artsUp, spectacle à ciel ouvert ou les artistes investissent les places et rues de la ville.

    Parmi les sites qui vont accueillir les spectacles figure la place du 73ème Régiment d’infanterie.

   Cette unité a tenu garnison à Béthune au début de la Troisième République. Il revint à Béthune en août 1914. Mais, la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France du 3 août allait précipiter son départ de la ville. Le 73ème RI quitta Béthune dès le début des hostilités pour se diriger vers la Belgique.

    Lors de la séance du conseil municipal du 2 août 1914, le Maire Pierre Rinquin exprime « hautement l’admiration que nous avons tous ressentie en constatant l’ardeur enthousiaste et la discipline parfaite qu’ont montré, au moment du départ, les bataillons du 73ème RI, du 273ème et du 6ème territorial. Nous saluons en eux, l’Armée française, vigilante et glorieuse, gardienne du pays ».

 L’histoire de Béthune-Beuvry confirme l’atmosphère spéciale qui régnait au moment du départ du Régiment, mais compte tenu des circonstances de ce mois d’août 1914, comment pouvait il en être autrement : « le départ du 73ème et des mobilisés eut lieu devant une immense foule émue ». En 1914, l’armée comptait 173 régiments d’infanterie qui se composaient de bataillons, d’un état major, d’une section hors rang, de deux sections de mitrailleuses et de 12 éclaireurs montés. Une organisation toute militaire à laquelle n’échappait pas le 73ème RI. A l’actif de ce régiment, on peut citer sa présence à la première bataille de la Marne en septembre 1914 qui constitua le tournant du conflit marquant le début de la guerre de position.

    Mais le 73ème RI était aussi connu à Béthune pour les concerts qu’il donnait, loin des champs de bataille. Une atmosphère festive que l’on retrouvera ce dimanche sur cette place avec les compagnies Ecart et Baro d’Evel Cirk.

 A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 21 mai 2006)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une date qui donne son nom à une place,

   Aujourd'hui, nous sommes le 4 septembre 2005 (date de parution de cet article). A priori, cette date passera inaperçue dans l'histoire locale. Tout juste, on se rappellera dans quelques années qu'une manifestation basée sur les années cinquante, Béthune Rétro fut organisée à Béthune, ainsi que les fêtes commémorant la libération de l'Artois. Si l'année n'évoquera qu'un vague souvenir, le jour et le mois sont bien plus significatifs, au point de figurer sur la place, en face de l'hôtel de ville. En effet, cette place dite du 4 septembre est connue car elle abrite la majorité des services municipaux. Mais, à quoi correspond cette date?

   La réponse se trouve sur la plaque inaugurale de la place, sur laquelle on peut lire : 4 septembre 1944. Libération de Béthune. Arrivée des anglais : rue Eugène Hainaut, rue d'Arras, Grand place, autour de l'hôtel de ville. Grande manifestation populaire avec le concours de la Résistance. 

Cet événement méritait donc bien la dénomination d'une place, qui certes n'est pas la plus belle de la ville. C'est donc le lundi 4 septembre que les anglais entrèrent dans la ville, quelques mois après le débarquement des alliés en Normandie. La libération de Béthune ne signifiait toutefois la fin de la seconde guerre mondiale. Celle-ci se termina officiellement le 8 mai 1945 avec la capitulation sans conditions de l'Allemagne nazie. Deux ans après la fin de la guerre, le Maire Anselme Beuvry, lors du conseil municipal du 31 janvier 1947, décida d'appeler la place dite de la mairie place du 4 septembre, en forme d'hommage aux victimes de la guerre 1939-1945.

   Mis à part les événements relatifs à  la libération de la cité de Buridan, le 4 septembre est un jour d'Histoire pour de multiples raisons : cette date marqua notamment la naissance de la IIIème République (4 septembre 1870), la fin de l'Empire romain (4 septembre 476) ou encore le coup d'état du 18 fructidor (4 septembre 1797). A cette date, en pleine tourmente post-révolutionnaire, le directoire qui gouvernait la France organisa un coup d'Etat contre les royalistes des deux assemblées. 

A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 4 septembre 2005)    

    

 

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9 avril 1918 : une date oubliée,

   Parmi les dates emblématiques de notre mémoire collective figure celle du 11 novembre 1918, marquant l'armistice de la Première guerre mondiale et la défaite de l'Allemagne. L'histoire locale peut retenir celle du 9 avril 1918.

   En effet, il y a 88 ans, jour pour jour, le 9 avril 1918, l'offensive allemande en Flandres débuta. Celle-ci fut marquée par la prise de Laventie, Richebourg, Armentières et Locon. Quelle allait être le sort réservé à Béthune ? 

   Cette date marqua dans un premier temps un arrêt de l'offensive allemande, stoppée aux portes de Béthune.  Toutefois, cela était loin de signifier la fin de cette offensive qui intervenait après quatre années de guerre. En fait, le répit allait être de courte durée pour la cité de Buridan.

   Qui de mieux pour en parler que Monsieur Morel, conseiller municipal faisant fonctions de Maire. Sa comunication effectuée lors du conseil municipal du 31 août 1918, retaçant les faits marquants après le 9 avril, ne laisse rien augurer de bon pour Béthune. Ce conseil municipal, compte tenu des événements, s'était réuni à l'hôtel de ville de ...Berck sur Mer. Pour Alexandre Morel : "l'ordre inattendu d'évacuation nous a été notifié le 12 avril par lettre de Monsieur le Sous-Préfet...Alors commence l'exode de nos malheureux concitoyens, qui pendant quatre années, montrèrent tant de courage par trop méconnu...nous leur souhaitons toute la volonté nécessaire pour supporter la douleur de l'exil ".   

   Les propos de l'élu prononcés on l'imagine avec beaucoup de gravité sont confortés par le récit historique effectué dans l'histoire de Béthune-Beuvry : "Les Allemands franchirent la Lys et menacèrent Béthune...en quelques heures, Béthune et ses environs se vidèrent de leurs habitants".

   Les allemands avaient donc la volonté de prendre Béthune pour mieux atteindre Calais. Les troupes britanniques réussirent au final à endiguer la progression allemande. De rage, l'état major allemand faisait bombarder le 20 mai 1918 le coeur de Béthune qu'il n'avait pu prendre. A travers ces bombardements du 20 mai, la ville avait donc payé un lourd tribut à la bataille des Flandres. Une autre date...à ne pas oublier !

A. Willay (parution dans la Voix du Nord, le 9 avril 2006)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Guerres mondiales
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"Le tigre" en visite à Béthune en août 1919

   Le 15 février dernier, Jacques Chirac ordonnait le retour d'Inde du Clemenceau marquant un nouvel épisode du feuilleton sur le désamiantage du porte-avions français. Triste fin pour ce bâtiment de guerre qui porte le nom d'une grande figure de notre histoire nationale : Georges Clemenceau (1841-1929).

   Celui que l'on a appelé "le tigre" a marqué de son empreinte l'histoire politique du pays. Opposant à Napoléon III, il fut élu député et s'opposa à Jules Ferry sur la question de la colonisation. Farouche opposant politique, on le surnomme le tombeur des ministères. Evincé de la politique par le scandale de Panama, il revint avec l'affaire Dreyfus. En 1906, il devint Président du Conseil en formant un des plus longs ministères de la IIIème République.  

    Celui que l'on a surnommé le père de la victoire après 1918 a marqué le passé béthunois. Le 10 août 1919, Georges Clemenceau visite Béthune encore champ de ruines. Le Maire, le docteur Lejeune l'accueille en des termes élogieux : "Votre passage à Béthune, Monsieur le Président, me vaut l'incomparable honneur de saluer en votre personne le grand homme d'Etat que l'Histoire doit immortaliser...La ville de Béthune est aujourd'hui très fière de recevoir le glorieux artisan de la victoire".

   Ces quelques mots du premier magistrat d'une ville qui n'est pas encore relevée des bombardements peuvent paraître convenus. Ils ont le mérite de montrer la perception laissée par Clemenceau après 1918. En tant que Président du Conseil, le Tigre était au courant de la situation de la cité de Buridan "Oui, je savais le martyre de votre ville, j'en ai été le témoin lors de mes visites durant la guerre...Béthune ne sera pas oubliée. Je vous en donne l'assurance...".

   Ces paroles du chef du Gouvernement ne sont pas restées sans effets. C'est Georges Clemenceau qui adresse un rapport le 4 décembre 1919 à Raymond Poincaré, Président de la République, afin de demander "l'attribution de la Croix de la Légion d'honneur à la ville de Béthune en récompense de la conduite héroïque de ses habitants au cours de la guerre". Le lendemain, le décret attribuant la prestigieuse décoration à la cité de Buridan est signée par Raymond Poincaré.

A. Willay (parution dans la Voix du Nord, le 26 février 2006)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Guerres mondiales
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