Le quatorzième siècle est une période de notre histoire qui a vu l’affirmation du pouvoir royal. Le Roi capétien a voulu asseoir, parfois avec violence, une autorité souvent contestée. Une hégémonie affirmée qui n’allait pas laisser sans réactions un seigneur comme Robert de Béthune.
Au début du 14ème siècle, Béthune a été concernée par deux traités. Celui signé en 1305 à Athis sur Orge (aujourd’hui Athis-Mons dans l’Essonne) obligeait le comte de Flandre à céder Lille, Douai et Béthune au Roi de France Philippe IV Le Bel. L’autre, celui de Saint Léger dont nous fêtons ce dimanche le 687ème anniversaire aurait été signé le 20 août 1319 par Robert III de Flandre nommé aussi Robert de Béthune. Pourquoi a t-on assisté en moins de vingt ans à la signature de deux traités ?
En fait, le traité d’Athis sur Orge n’avait pas calmé les velléités belliqueuses de Robert de Béthune, fils de Guy de Dampierre et de Mahaut de Béthune, envers le Roi de France. Et pour cause : la paix d’Athis sur Orge n’a jamais été ratifié par les villes flamandes. Robert de Béthune avait donc une position inconfortable entre l’assujettissement au Roi de France et l’opposition des villes flamandes au pouvoir royal.
Une rivalité entre Philippe Le Bel et la Flandre qui a même contraint le pape Jean XXII à intervenir. Une intervention papale qui déboucha finalement dans le village belge de Saint Léger à la signature d’une paix par Robert de Béthune avec les délégués du Roi. Le revers de celui qui fut Comte de Flandre de 1305 à 1322 symbolisait en quelque sorte la crise de cette principauté féodale au début du quatorzième siècle. Il faut dire que le comté était en proie au marasme économique, aux dévaluations monétaires aggravées par les rivalités constantes entre différentes villes. Mais, cet épisode historique est loin d’être anecdotique. Il marquait en vérité une affirmation de la souveraineté monarchique. Le dernier grand souverain capétien que fut Philippe IV Le Bel avait bel et bien réussi à affirmer le principe d’un Etat fort…au détriment d’un seigneur de Béthune. Un Roi qui fut même considéré par la papauté comme le souverain le plus puissant d’Europe !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 20 août 2006)
Illustration : armoirie du comté de Flandre.
L’été, le soleil, la mer…et les incendies ! Comme chaque été, ils sont présents dans le sud de la France, perturbent la quiétude des estivants et mobilisent des centaines de pompiers. Des incendies qui n’ont pas épargné Béthune au XVème siècle.
Le 5 août 1447, la halle échevinale jouxtant le beffroi, symbole de l’émancipation municipale aurait été détruite par un incendie qui emporta aussi une partie des archives. Un édifice à la position centrale au moyen âge car la halle servait de tribunal, de prison, de lieux d’installation des marchands. Elle avait donc un rôle primordial pour l’économie de la cité médiévale.
Cet événement survenu durant l’été 1447 alors que Jeanne de Harcourt dominait la seigneurie était révélateur des troubles que pouvaient subir le béthunois au XVème siècle. Une détresse perceptible dans toutes les chroniques historiques sur la cité de Buridan. « Des terres si fécondes ravagées par les armées anglaises ou flamandes », « la famine en 1438 précédée en 1429 d’une peste ou maladies contagieuses… ». Telle était la situation qui caractérisait le Béthune du XVème siècle. Qu’en était-il réellement ? Ces quelques expressions glanées dans la littérature historique ont le mérite de présenter les trois fléaux que subissaient les sociétés féodales : la peste, la famine et la guerre.
Concernant les guerres, il est connu que le béthunois a été le théâtre direct ou indirect de conflits et de rivalités intestines pour la conquête de territoires. La bataille d’Azincourt du 25 octobre 1415, à quelques kilomètres de Béthune, est une parfaite illustration de ce climat belliqueux. Une bataille qui a vu la défaite de la France face au Roi d’Angleterre Henri V.
Des conflits qui étaient directement responsables des famines. Celles-ci intervenaient lors de mauvaises récoltes mais aussi à cause du passage dévastateur des soldats dans les champs. L’une des grandes famines du Nord de la France entre 1438 et 1439 toucha Béthune de plein fouet.
A cela s’ajoutaient des conditions sanitaires limites au moyen-âge favorisant l’apparition d’épidémies. La peste apparue à Béthune en 1429 est un fléau caractéristique de la période médiévale. Déjà présente en 1188, l’épidémie de peste qui frappa Béthune avait provoqué la naissance de la confrérie des Charitables, pour porter les défunts en terre.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 6 août 2006)
Le 14 mai, le Roi Henri IV est assassiné. Son plus proche collaborateur, Maximilien de Béthune, alias Sully, appartenait à la famille seigneuriale de Béthune.
Le 14 mai de l’année 1610, le royaume de France perdait un Roi qui s’était efforcé de restaurer l’Etat et le pouvoir monarchique. Henri IV fut assassiné par un moine, François Ravaillac, en plein Paris, alors qu’il allait rejoindre son armée. Le Roi, disposant d’une armée réorganisée par Maximilien de Béthune s’apprêtait à entrer en guerre contre les Habsbourg d’Autriche et d’Espagne. Certains récits historiques expliquent aussi qu’il allait rendre visite à Maximilien.
On imagine que cette disparition royale a particulièrement affecté son principal collaborateur : Maximilien duc de Sully et Comte de Béthune. Peu de membres de la famille de Béthune peuvent s’enorgueillir d’avoir été aussi proche d’un monarque. Quel fut le rôle exact du duc de Sully auprès de Henri De Navarre ?
Maximilien de Béthune (1560-1641) connut sous le nom de Sully fut nommé par Henri IV en 1598 surintendant des finances. Son action pour assainir les finances du Royaume -auquel la ville de Béthune n’appartenait pas encore à cette époque- a été très positive. Mais, son action économique qu’il mena avec le Roi fut importante, notamment dans le domaine de l’agriculture. Pourquoi a-t il misé sur l’agriculture ?
En fait, dès le 14ème siècle, on assiste à une mise en place des structures agraires. Côté agriculture, Béthune était surtout réputée pour la culture du blé. Au début du 17ème siècle, Maximilien a participé à une véritable renaissance rurale dans un contexte ou les travaux agricoles diffusés par l’imprimerie se multipliaient. Le conseiller le plus écouté d’Henri IV pensait que la France ne pouvait se développer sans une agriculture forte. Sa citation selon laquelle « labourage et pâturage sont les deux mamelles qui nourrissent la France » est particulièrement révélatrice de son action. Une action qui laissera de lui, l’image d’un grand visionnaire qui abandonna ses fonctions politiques le 26 janvier 1611, suite à un profond désaccord avec Marie de Médicis, veuve d’un certain Henri IV.
A. Willay (parution dans la Voix du Nord, le 14 mai 2006)
Demain, on célébrera le soixante et unième anniversaire de la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie, à Berlin, le 8 mai 1945. Une date qui met un terme à un conflit qui débuta en 1939 particulièrement traumatisant pou Béthune et ses habitants.
Mais, dans l’histoire, une autre date évoque la paix : celle du 8 mai…1360. A cette date, français et anglais ont débuté à Brétigny (près de Chartres) les préliminaires de paix après des décennies de combats. Ce traité de paix fut signé entre Edouard III, Roi d’Angleterre et Jean II le Bon, Roi de France (notre photo).
Les seigneurs de Béthune ont participé de près ou de loin aux combats entre
Robert VII fut impliqué dans la terrible bataille de Bouvines du 27 juillet 1214, conséquence directe de la rivalité entre le monarque français Philippe Auguste et les rois d’Angleterre Henri II, Richard cœur de Lion et Jean sans Terre. La victoire du Roi de France est considérée par les historiens comme la première victoire nationale.
Plus de quatre vingt ans après, en 1297, le comte de Flandre et seigneur de Béthune, Guy de Dampierre déclara la guerre à Philippe IV le Bel, Roi de France grâce à une alliance avec le Roi…d’Angleterre.
Et que dire de l’implication de la cité de Buridan dans la guerre de 100 ans opposant les monarchies françaises et anglaises. Contrairement à la ville de Calais qui capitula le 3 août 1347 face aux troupes anglaises, Béthune résista de manière héroïque en écrivant une page heureuse de son histoire.
A. Willay (parution dans
Une autre paix : celle du 8 mai…1360 !
L'Europe de Maximilien,
L'actualité de ces dernières semaines est très marquée par l'Europe. A côté des élections européennes, ou de l'Euro de foot au Portugal, un événement majeur est venu marquer le continent. En effet, à l'occasion du conseil européen de Bruxelles, les 25 pays membres ont trouvé un accord sur la future constitution européenne. Cet accord, qualifié d'historique par le Président de la République ne doit pas faire oublier que la constitution européenne est une très vieille idée déjà évoquée par Maximilien de Béthune (1559-1641).
Beaucoup de Béthunois connaissent les fonctions qu'occupait le comte de Béthune auprès du Roi de France Henri IV, qui régna de 1589 à 1610. Surintendant aux finances, Maximilien avait une grande influence sur les affaires de l'Etat. L'oeuvre de Maximilien de Béthune fut immense : assainissement des finances publiques, programme de construction des routes et ponts, embellissement de la capitale. Il semble aussi important de mettre en évidence sa vision de l'Europe.
Afin de mettre un terme aux conflits qu marquèrent le continent européen, il voulait découper l'Europe en quinze grandes entités territoriales pour arriver à un idéal de paix.
Parmi les pays concernés par cette véritable recomposition politique, on peut citer la France, la Grand-Bretagne ou encore la Suède. L'idée de Maximilien considérée à l'époque comme utopique, est devenue une réalité après la deuxième guerre mondiale. Cet exemple montre que l'idée européenne existait déjà au XVII ème siècle. L'idée développée par le comte de Béthune n'est pas tombée dans les oubliettes de l'Histoire.
A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 27 juin 2004)
Si l'on n'en connaît pas aujourd'hui son issue, le processus de défusion entre Béthune et Verquigneul, unie en 1990, est lancé. Retour sur le passé des deux communes à travers l'héraldique, la discipline ayant pour objet l'étude des armoiries.
Deux blasons étudiés,
Dès le moyen-âge, à côté des "Verquigneul", Béthune a été dominé par les comtes, dont Robert Ier ou Guillaume II. Une présence seigneuriale tellement marquante que les blasons des deux collectivités évoquent explicitement ce temps révolu. Ces deux blasons sont présentés dans l'Armorial du Pas-de-Calais, édité par les Archives départementales du Pas-de-Calais.
Celui de Verquigneul " d'hermine au croissant de sable" évoque la lutte des chevaliers chrétiens contre l'Islam, à travers le croissant que l'on retrouve dans l'étendard des pays musulmans. C'est au XIVème siècle que Verquigneul tourna une page de son passé seigneurial avec le retrait de la famille du même nom. Un siècle durant lequel la commune voisine a érigé...son beffroi. Justement, le blason de Béthune "d'argent à la fasce de gueules" selon l'Armorial s'inspire des seigneurs de Termonde (Termonde étant de nos jours une commune belge de Flandre orientale). Les armoiries de la cité de Buridan se démarquent de celles de Verquigneul car elles n'évoquent pas l'Islam. Cette différence aurait pu ne pas exister. En effet, les seigneurs de Béthune comme Guillaume II sont connus pour avoir participé aux croisades, ces pélerinages militaires menés par les chrétiens d'Occident en Terre Sainte.
Des diffèrences passées et tellement actuelles. En tout état de cause, on n'est pas près de voir un emblème commun à Béthune et Verquigneul !
A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 16 avril 2006)
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