Les inconditionnels de la foire de printemps devraient être ravis avec ce
premier week-end dédié aux manèges. Aujourd’hui, placer certains manèges peut être problématique. Au 19ème siècle, c’est l’emplacement des saltimbanques qui interpellait les
autorités.
Où installer les saltimbanques et marchands forains en temps de foire ? C’est une question posée lors du conseil municipal du 30 décembre 1876 qui constatait que maintenir l’installation des saltimbanques et des jeux comme celui du cheval à bois sur le bord d’une route fréquentée était dangereux.
Quelques jours plus tard, le 5 janvier 1877, le rapport présenté au conseil municipal était dévoilé. Il a été décidé de les placer au marché aux herbes et sur la grand place. Quant aux jeux bruyants, ils devaient s’installer sur la place du rivage. Un rapport adopté en conseil loin de satisfaire la population.
En effet, cette répartition des baraques de saltimbanques a fait
l’objet d’une pétition de la part des habitants de la rue du rivage. Des habitants dont la quiétude semblait menacée. Aujourd’hui comme au 19ème, on ne peut accueillir la foire sans un
minimum de nuisances pour la population.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le
14 mars 2010)
Illustration : la rue du rivage au centre du plan (aujourd’hui rue Albert Ier), qui débouchait sur la porte du même nom, menait à la grand place au XIXème siècle
C’est parti. Jusqu’au 27 décembre, vous pourrez profiter du marché de Noël sur la Grand Place. A la fin XIXème siècle, le marché béthunois a été décalé…justement à cause de Noël.
En effet, en 1871, la fête de noël coïncidait avec le jour du marché. C’est pour cela que le 7 décembre 1871, le conseil municipal décidait « que le marché serait remis au lendemain mardi. Le premier jour de l’année 1872 est également un lundi...quelques membres du conseil expriment l’avis que le commerce local a un intérêt sérieux au changement de jour. En conséquence, le conseil décide à l’unanimité que le marché qui aurait du se tenir le premier janvier sera remis au mardi deux ».
Si le conseil prenait le temps de délibérer sur la tenue du marché, c’est dire son importance. En
effet, à Béthune, les marchés ont participé à la vitalité économique de la cité. Des marchés dispersés autour du beffroi. Le marché aux grains se situait Grand Place, le marché à la volaille
place du 73ème, la place Marmottan accueillait le marché au fil. Quant au marché aux chevaux, il s’installait place Joffre. Même si ces marchés n’existent plus, les béthunois ne
devraient pas perdre au change en arpentant les allées du marché de Noël.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord le 28 novembre 2009)
Il y a quarante quatre ans, le 4 avril 1965, la ville de Béthune accueillait un congrès placé sous le signe du souvenir : celui des gardes d’honneur de Notre-Dame de Lorette. Près de 500 participants étaient attendus.
C’était un dimanche….le 4 avril 1965. La journée s’annonçait chargée pour les gardes d’honneur de Notre-Dame de Lorette siégeant en congrès dans la cité de Buridan. Les gardes d’honneur s’étaient réunis en association reconnue d’utilité publique comptant, en 1965, 1600 membres avec un but : se souvenir des morts pour la France et en particulier ceux tombés sur la crête de Lorette durant le premier conflit mondial.
Réunion plénière au théâtre municipal, messe en l’église Saint-Vaast, défilé dans les rues de la ville, réception à l’hôtel de ville. Les personnalités présentes, du Sous-préfet David au Maire Henri Pad, étaient attachées au bon accueil des congressistes.
Mais, la manifestation la plus marquante de cette journée
dominicale était sans doute la cérémonie du souvenir organisée au monument aux morts Une cérémonie qui a vu la transmission du drapeau du groupe de Lorette au groupe de Béthune par le chanoine
Aymard. Tout un symbole. Cette journée placée sous le signe du souvenir s’est finalement terminée là où elle avait commencé…au théâtre municipal avec la musique du 43ème Régiment
d’infanterie.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 avril 2009)
Hier, vous avez peut-être assisté au concours du plus beau couple. Il y a 35 ans, le théâtre municipal servait déjà de cadre à cette compétition très amicale qui a sacré des bruaysiens. Retour en 1974 dans les coulisses du concours.
14 couples….costume, cravate ou nœud papillon pour les hommes, robe de soirée pour les femmes, Ray Durand, animateur de l’après-midi….le décor était planté le 25 mars pour désigner le plus beau couple de l’année 1974.
Mais à qui était ouvert ce concours ? Tous les couples fiancés ou non habitant l’arrondissement de Béthune pouvaient s’inscrire. Toutefois, des conditions d’âge étaient fixées : 18 à 30 ans pour les hommes et 16 à 30 ans pour les femmes. Et le jury veillait au respect de ces règles. A côté du Président du jury Monsieur Brehon, Adjoint au Maire siégeaient : un industriel forain, un représentant du syndicat d’initiative, des commerçants et le proviseur du lycée Blaringhem….rien de tel pour attribuer des notes.
15h40 : premier
défilé des couples ; 15h45 : les majorettes de Béthune ; 16h15 : spectacle de magie……18H20 : proclamation des résultats. C’est Michel Andrieux et Annie Davenne, couple
numéro 14 venu de Bruay-La-Buissière qui arrive en tête…. Des bruaysiens qui ont remporté la somme de 200 francs. Hier, le premier prix proposé était….un voyage dans le sud de la
France.
Arnaud WILLAY (parution
dans La Voix du Nord, le 22 mars 2009)
Depuis hier, Béthune vit au rythme de la foire. Une foire qui est de retour sur la Grand place avec quelques nouveautés parmi lesquelles une grande roue. La foire a depuis longtemps investi les places béthunoises. Retour en 1955.
Si en mars 1955, les français scrutaient les débuts du gouvernement dirigé par Edgar Faure, les béthunois avaient l’esprit plongé dans la foire de printemps. La manifestation prévue du 12 mars au 3 avril se déroulait sur la grand place, la place de la République et la place Joffre.
Autour du beffroi, diverses attractions étaient proposées : radio car, manèges enfantins, loteries et confiseries…..Non loin de la, place de la République, les petits béthunois pouvaient prendre de l’altitude en avion. Sur la place du Maréchal Joffre, on pouvait profiter du moulin de la gaité, d’un labyrinthe et même d’un mur de la mort !
Loin des manèges, les plus grands pouvaient se rendre place
Clemenceau pour une exposition vente d’autos et motocycles d’occasion organisée par l’Union Commerciale Artisanale et Industrielle de Béthune. L’enjeu était de taille pour l’union
commerçante : que la foire de printemps contribue à la relance commerciale de Béthune. Une idée véhiculée en 1955 qui pourrait être reprise 54 ans plus tard.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 15 mars 2009)
Ce week end, Béthune laisse place à son traditionnel festival des arts de la rue, Z’Arts Up ! Dans les années 1950, c’est le festival de musique qui était à
l’affiche. Retour en juin 1954.
L’actualité était chargée en 1954 : chute de Diên Bien Phu le 7 mai et capitulation française, condamnation de la ségrégation scolaire le 17 mai par les Etats-Unis, création de l’eurovision le 6 juin. Loin du fracas des événements nationaux et internationaux, Béthune a connu un mois de juin 1954 plus harmonieux avec son festival de musique.
Concert artistique par la musique de l’air, concerts publics en ville : le festival de musique des 12 et 13 juin 1954 a été rythmé par la musique de grands compositeurs. Le 13 juin, les musiques internationales ont envahies la grand Place : la marche de l’amour des 3 oranges de Serguei Prokofiev (1891-1953), la deuxième rapsodie hongroise de Frantz Liszt (1811-1886) ou encore Espana du français Emmanuel Chabrier (1841-1894). Un spectacle réservé et payant….100 francs pour écouter les musiques russes, hongroises, espagnoles et polonaises.
Nul doute qu’en d’autres temps, le guetteur plaçait en haut du beffroi aurait pu savourer ce festival...gratuitement.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 mai
2008)
Illustration : le programme officiel du festival
Ce dimanche, on fête les 20 ans du carnaval. La foire aux manèges qui envahit la ville renvoie elle à une tradition bien plus ancienne. On en parlait
déjà au XIXème siècle…sur le ton de la revendication.
La foire, ce sont
les manèges mais aussi les marchands forains. Des forains qui avaient exprimé leurs revendications auprès de la municipalité dirigée par Charles Dellisse-Engrand. Les béthunois connaissent c
enom qu eporte une rue du centre ville où se dressent les ruines du couvent des Récollets. Cet homme politique de la seconde partie du XIXème siècle dort son dernier sommeil dans la
sépulture la plus monumentale du cimétière Nord.
En 1865,
donc, les forains avaient vivement critiqué la date d’ouverture de la foire d’hiver pour 1866. En effet, à l’époque, la foire de Béthune avait une programmation très proche de celle de
Saint-Omer. Et pour cause ! Le Maire avait fixé le début de la foire au 6 mars. Au final Charles Dellisse-Engrand programma la manifestation le 16 mars, tout en conservant la date de la
foire aux chevaux le 3 février (elle se déroulait sur le site de l'actuelle place Joffre, derrière la poste). La date de la foire béthunoise déplacée, les forains pouvaient profiter pleinement de
celle de Saint-Omer le 15 février, puis celle d’Arras le 15 avril.
Il
faut dire que Charles Dellisse-Engrand, Maire bonapartiste depuis 1862 et industriel ayant bâti sa fortune sur le sucre de betterave,, était bien placé pour cerner les enjeux économiques
inhérents la demande des forains. Trente ans plus tard, en 1892, l’aspect économique n’était pas absent de la demande faite à la municipalité pour prolonger la foire jusqu’au lundi de pâques
inclus en raison d’un temps exécrable. De nos jours, si les histoires de calendrier semblent réglées, il n’est pas certain que la Ville puisse intervenir pour faire venir le
soleil !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 mars 2008)
En cette fin d’année, les illuminations envahissent la ville et annoncent l’arrivée de Noël. En 1930, les illuminations installées à Béthune
n’avaient pas pour but de célébrer le père Noël mais …la Belgique.
Initialement
prévue le 30 novembre, c’est le dimanche 14 décembre 1930 qu’une grande fête a été organisée à Béthune en l’honneur du centenaire de l’indépendance de la Belgique. En effet, c’est en 1830 que la
Belgique proclama son indépendance. A cette date, le pays était marqué par des mouvements de mécontentements. Les belges se soulevèrent contre la Hollande pour proclamer leur liberté. Après cette
proclamation, une conférence internationale a octroyé aux belges un Roi, Léopold, prince de Saxe-Coburg-Gotha.
A
Béthune, les décorations et illuminations étaient prévues pour célébrer l’événement. Les monuments publics devaient être pavoisés aux couleurs belges et françaises. La rue Sadi Carnot, l’avenue
Jean Jaurès, la rue Grosse tête et la rue d’Arras ont été illuminées par la société béthunoise d’éclairage et d’énergie qui réserva à la Grand Place, la primeur d’une illumination aux
projecteurs, comme celle qui avait été réalisé à Paris pour la place de la concorde et l’arc de triomphe.
Avant Noël, les personnalités du monde politique et économique de l’arrondissement de Béthune avaient donc unis leurs efforts pour célébrer le centième
anniversaire de l’indépendance belge : le maire Alexandre Ponnelle, le sénateur Jules Elby, le député Jules Appourchaux, le Sous - Préfet Giaccobi…Une unanimité des acteurs politiques qui
semblerait bien difficile à obtenir aujourd’hui. Mais, après tout, en cette période de fêtes, on peut toujours croire au père Noël !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 décembre 2007)
Illustration : Léopold Ier, Roi des belges de 1831 à 1865.
La célèbre émission télévisée de l’été Intervilles ne s’arrêtera pas à Béthune. Pourtant, dans les années 1960, Béthune participait aux
intermines.
A la fin des années soixante, les villes du bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais étaient sélectionnées pour participer
aux intermines, inspirées directement des intervilles.
En 1965, Béthune avait été choisie pour participer à cette édition des
intermines animée par Guy Lux. La participation béthunoise avait été entérinée par la commission des fêtes présidée par le maire Henri Pad. Béthune devait rencontrer Noeux les Mines le 2
septembre 1965 dans un match éliminatoire qui pouvait mener aux demi-finales prévues à Béthune le 21 octobre. Au programme pour les béthunois, des épreuves sportives (bataille de polochons, tir à
la corde, épluchage de pomme de terre) mais aussi des épreuves d’érudition sur l’histoire des mines. Cette dernière épreuve était loin d’être anodine.
En effet, au delà de l’anecdote sur la participation béthunoise à ces intermines, il est intéressant de voir le rôle essentiel joué par les mines et l’activité
charbonnière il y a près de cinquante ans. En effet, l’industrie charbonnière a fortement marqué la région, avec des moments heureux et malheureux. Rappelons-nous la tragique catastrophe de
Courrières du 19 mars 1906.
Dans un contexte lié à la Révolution industrielle et à l’extraction du charbon, Béthune devient
un important centre de batellerie et embarcadère de charbon. Mais, contrairement à une ville comme Lens, Béthune n’était pas au cœur du bassin minier. D’ailleurs, la compagnie des mines de
Béthune apparue à la moitié du 19ème siècle exploitait le charbon à Mazingarbe, Vermelles ou Bully….loin de la cité de Buridan.
Grâce à un bon parcours dans les questions sur le passé des mines, la petite histoire retiendra que Béthune s’imposa devant Noeux 12 points à 2. Des participants qui ont toutefois
séché sur cette question historique qui vous laissera peut être ce dimanche dans l’expectative : en quelle année un puits artésien creusé dans un jardin près d’Oignies pour chercher l’eau
rencontra-t-il la houille? La réponse se trouve dans notre édition du ….26 septembre 1965.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 8 juillet 2007)
C’est en 1841 que les travaux pour rechercher l’eau avaient débuté à Oignies. Mais, on trouva du charbon.
Ce week end, Béthune vit au rythme des festivités des fêtes de la Pentecôte. Cette célébration est loin d’être une nouveauté. La cité de Buridan fêtait déjà la Pentecôte dans les années
soixante.
La pentecôte est une grande fête chrétienne, qui à l’origine était une fête juive. L’instauration de cette fête marque le début de l’expansion du christianisme parmi les juifs et dans le monde méditerranéen. Jusqu’au Concile Vatican II, le lundi de Pentecôte était une fête d’obligation durant laquelle l’Eglise s’adressait aux nouveaux baptisés. Le lundi de Pentecôte avait même suscité une polémique autour de ce jour férié chômé.
A Béthune, la pentecôte fait partie des grandes animations de la ville. Même si par rapport au années 1960, les festivités ont un peu évolué, les animations proposées les 1er, 2 et 3 juin 1963 présentaient quelques similitudes avec celles actuellement en place. La municipalité dirigée par Henri Pad proposait en 1963 une course cycliste, une exposition de machines agricoles et de matériel de ferme. Comme en 2007, l’agriculture était à l’honneur. Il faut dire que l’arrondissement de Béthune avait des atouts pour favoriser le développement de l’agriculture. Au nord de Béthune, l’irrigation de cette vaste zone humide qu’est le Bas-Pays permet selon un guide touristique sur Béthune édité dans les années 1930 par le Syndicat d’initiative « une culture intensive dont les rendements dépassent les moyennes courantes ». Le Haut pays situé à l’ouest et au sud ouest de Béthune « possède un sol plus sec de composition différente, qui donne également de bonnes récoltes ». Au sud est de la ville, le sol peu riche de la plaine de Lens « a pu être rendu fertile grâce à la ténacité et à l’intelligence d’un grand agriculteur ».
8000 fermes, 64 000 hectares de terres labourables…ces quelques chiffres résument à eux
seuls la puissance agricole de l’arrondissement de Béthune. Il n’est donc pas étonnant que le guide touristique illustré édité par le syndicat d’initiative parlait d’une « culture faite de façon raisonnée, industrialisée et intelligente ». Il n’est donc pas surprenant que des dizaines d’années plus tard, les fêtes béthunoises
de la Pentecôte rendent un hommage au secteur agricole.
Arnaud Willay (parution
dans La Voix du Nord, le 27 mai 2007)
Illustration : une partie de l'affiche de la Pentecôte en 1963. Pour la petite histoire, l'affiche diffusée en 1963 mesurait 80 x 170 cm !
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Commentaires