Avenues, rues et places béthunoises

Cette rue qui s’étend sur 250 mètres de la rue Lamendin à la place Pasteur longe l’école Pasteur. La ville ne pouvait pas imaginer meilleur endroit pour rendre hommage à Juvénal Bienaimé.

   Un hommage surtout souhaité par les anciens élèves de l’école Pasteur. Ils avaient interpellé la municipalité pour qu’une rue porte le nom de Juvénal Bienaimé, ancien directeur de l’établissement. C’est en 1881 qu’il débuta sa carrière dans l’enseignement avant d’être nommé directeur de l’école en 1896. Un poste qu’il occupa durant 26 ans. Une carrière commencée au début des années 1880 dans un contexte lié aux votes des lois Ferry instaurant une école gratuite, laïque et obligatoire.

   Le souhait exprimé par les anciens élèves dans les années trente a vite été relayé par le maire Alexandre Ponnelle. Il fit adopter par le conseil municipal du 17 juillet 1937 une délibération en ces termes : « l’ancienne rue de Catorive reprendrait son nom et la fraction de cette rue comprise entre la place Pasteur et la rue de Lillers prendrait le nom de Juvénal Bienaimé ».

   Sa retraite en 1933 ne fut pas synonyme de repos. En effet, Juvenal Bienaimé aimait s’occuper de la bibliothèque communale et reconstituer les actes d’état civil des communes dévastées. Une activité que l’on imaginait très prenante mais ô combien passionnante.

                    Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 août 2009)
 

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Les éléves qui fréquentent le collège Georges Sand, le Groupe scolaire Sainte-Famille ou le lycée Blaringhem l’emprunteront à coup sûr. A quelques semaines de la rentrée, l’occasion de revenir sur le passé de la rue Marcelin Berthelot qui s’étend sur 600 mètres de la place Saint Eloi à la place du maréchal Joffre.

 

   « Le conseil municipal décide de dénommer rue Marcelin Berthelot, la rue du détour, dans laquelle est érigé le nouveau collège de jeunes filles, pour honorer la mémoire du grand savant et du profond penseur et de donner un témoignage de reconnaissance envers Monsieur Léon, recteur de l’académie de Lille, qui a beaucoup contribué à la création du collège de jeunes filles, parent de Monsieur Berthelot… ». La délibération prise par Jules Senis le 20 mai 1910 ne pouvait pas être plus explicite. Si les raisons de la dénomination de la rue sont claires, on peut s’interroger sur la vie de Marcelin Berthelot.

   Ce chimiste et essayiste français (1827-1907) est aussi un homme politique qui aura marqué son époque. Il occupa plusieurs postes ministériels en tant que Ministre de l’instruction publique et Ministre des affaires étrangères. Et, si vous désirez en savoir plus sur ce scientifique, plongez-vous dans son Traité de calorimétrie chimique publié en 1893. De quoi terminer vos vacances avec un peu de lecture et préparer efficacement la rentrée scolaire.

               Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 août 2009)

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Outrebon à Béthune évoque Edouard Outrebon, fondateur des établissements du même nom, spécialisés dans l’horlogerie, les bascules aequitas, la scierie et les sacs en papier. On peut aussi parler de la rue Alphonse Outrebon, proche de la gare et du pont Mendès France. 

   Les délibérations du conseil municipal sur la dénomination des rues de la ville sont souvent adoptées à l’unanimité. Ce n’était pas le cas pour celle prise le 28 janvier 1910, date à laquelle l’assemblée municipale décidait de donner le nom d’Alphonse Outrebon à une rue de 200 mètres. C’est le conseil d’administration de la compagnie des sapeurs pompiers qui a émis le vœu que ce nom soit choisi en hommage à cet ancien capitaine commandant de la compagnie.

   Il fut aussi conseiller municipal pendant 26 ans. C’est le 21 janvier 1878 qu’il assista à son premier conseil. Des raisons qui militaient pour l’attribution de son nom à une rue de la cité. Insuffisantes pour le conseiller municipal Rey estimant en pleine séance  «qu’il a été récompensé par des distributions honorifiques des services rendus comme élu et pompier. Il n’a pas fait acte de philanthropie comme certains généreux donateurs… ». Des arguments peu convaincants pour ses collègues qui votèrent avec le Maire en faveur d’Alphonse Outrebon.

                        Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 août 2009)

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Vous empruntez cette longue artère de 1910 mètres si vous travaillez dans la zone industrielle. Pour les sportifs se rendant à la gare d’eau, l’avenue Kennedy est incontournable. Mais connaissez vous la date de son inauguration ? 

   C’est dans un climat que l’on imagine emprunt de solennité que les conseillers municipaux ont adopté à l’unanimité le 11 décembre 1963 la délibération de dénomination de l’avenue Kennedy en ces termes : « la commission plénière a décidé de vous proposer de donner à l’actuelle rue d’Estaires le nom d’avenue du Président Kennedy ». 

   Si l’avenue évoque le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, 35ème Président américain assassiné à Dallas, elle a depuis les années 1960 une importance stratégique pour l’économie béthunoise. En effet, elle mène à la zone industrielle, poumon économique de la cité. Une zone qui a vu dans l’implantation d’usines comme Firestone, Benotto ou Cutler Hammer.

   Dans ce contexte, l’inauguration de cette artère dont le maire Henri Pad voulait qu’elle soit la plus belle de la ville paraissait inévitable. Une cérémonie qui s’est déroulée le 24 mai 1964. Une inauguration qualifiée par Alexandre David, attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis, de « très belle cérémonie dont tous les détails étaient parfaitement mis au point ».

                   Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 août 2009)

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Une rue dont la plaque nous donne des indications, c’est rare à Béthune. La rue Robert Henneton qui s’étend sur 90 mètres est une exception. On la lisant, on y apprend que ce résistant a été fusillé par les nazis le 31 juillet 1942.

 

   Il y a cent un ans, Béthune voyait naître le 15 août 1908 celui qui deviendra un héros de la résistance. A sa naissance, Robert Léon Charles Henneton habitait rue des treilles. Son père Charles exerçait la profession de marchand Boucher et sa mère était sans profession. Que retiendra t-on de son action ?

   On sait qu’il donnait des soins au prisonnier du camp de Béthune et convoyait des évadés et des anglais en zone libre. Robert Henneton restera un nom qui marquera à jamais l’histoire de la résistance à Béthune. Une résistance utile quand on sait que les béthunois ont durement soufferts de l’occupation allemande. Le résistant béthunois n’échappa pas à l’arrestation le 18 juin 1941, rue Boutleux. Les circonstances de celle-ci sont connues. En effet, à cette date, dans le cadre d’un coup de filet, les allemands l’arrêtent au café Piessés avec d’autres noms de la résistance béthunoise comme le docteur Dhénin.

   En 1956, le gouvernement de Guy Mollet attribuait la Croix de la légion d’honneur à titre posthume au lieutenant Henneton. Une récompense en forme d’hommage pour ce résistant fusillé par les Allemands à Marquette-lez-Lille trois ans avant la fin du second conflit mondial.

                       Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 août 2009)

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A quelques pas du groupe scolaire Pasteur et de la maison d’arrêt, une rue de 96 mètres rend hommage à un ancien adjoint au Maire, figure du quartier de Catorive, Joseph Guilbert. 

    Le 5 octobre 1954, le conseil municipal observa une minute de silence pour honorer la mémoire de Joseph Guilbert décédé en exercice le 8 juillet 1954.

   Son dernier conseil, il l’avait vécu le 7 mai 1953 en assistant à l’élection d’Henri Pad devant Edouard Carlier.

   Le 26 mai 1955, le président de l’amicale Pasteur demande au conseil l’autorisation d’apposer dans la première classe de l’école Pasteur une plaque au nom de Guilbert. Un hommage mérité quand on sait que Joseph Guilbert, officier de l’instruction publique, fonda l’amicale Pasteur. Quelques années plus tard, le 8 juin 1960, les conseillers municipaux considérant les services rendus par l’ancien élu décident de donner son nom à la rue de Catorive, qui mène vers les actuels services municipaux et vers le port de plaisance. 

   Membre du conseil municipal, il était impliqué dans la vie de la cité. Une implication qui dépassait le domaine de la politique. En effet, il fut membre de la confrérie des charitables. A en croire le nombre de personnalités du monde politique et associatif présentes à ses funérailles, on peut dire qu’il était apprécié. Le Sous-préfet Pierre Dubois, le député Delabre et le conseiller général maire de Beuvry Descamps avaient tenu à le saluer une dernière fois.

              Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le
10 août 2009)

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Elle relie la place du capitaine Michel à celle du Général de Gaulle. La rue du docteur Leleu, qui s’étend sur 110 mètres, rend hommage à un médecin béthunois qui s’est passionné pour la politique.

   En général, les rues de la ville portent le nom de maires qui ont marqué le paysage politique. Ici, la rue du docteur Leleu rend hommage à un ancien conseiller municipal. Un élu qui siégea au conseil municipal du 17 mai 1925 durant lequel Alexandre Ponnelle a été élu Maire. Le 30 mai, il posa sa candidature au conseil municipal pour représenter la ville dans les commissions administratives des établissements de bienfaisance. Une candidature malheureuse car il fut nettement battu par Felix Lejeune (25 voix contre une).

   Mais, le docteur Leleu ne s’arrêta pas sur cet échec. En effet, il se présenta aux élections cantonales du 19 juillet 1925 comme candidat d’union républicaine estimant que « les intérêts du pays sont gravement menacés à l’intérieur comme à l’extérieur ».Le médecin fut cette fois élu avec 4184 voix sur 8281 votants, devançant largement le candidat communiste Duport. Le conseiller municipal, rejetant querelles et mesquineries personnelles, souhaitait que son élection « serve de base de réconciliation et de concorde entre tous les partisans de l’ordre ».

         Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 juillet 2009)

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Le maire de Béthune s’y est rendu jeudi 23 juillet pour honorer le 103ème anniversaire de Renée Deprets. Peut être s’est-il interrogé sur ce personnage, Ranulphe Caron, qui a donné son nom à une impasse longue de 150 mètres débouchant sur la rue des sablières. 

   Les recherches sur Ranulphe Caron auraient pu nous mener dans une impasse. En effet, on ne retrouve sa trace au XIXème siècle qu’au fin fond des délibérations du conseil municipal. En effet, ce propriétaire demanda au conseil dirigé par Charles Dellisse Engrand le 18 avril 1877 à acquérir l’ancien terrain bâti de « la manutention » sur toute sa longueur pour 10000 francs.

   Son fils, également nommé Ranulphe, propriétaire fut conseiller municipal sous Oscar Dupuich. Installé par le conseil municipal du 23 janvier 1881, il est devenu membre de la commission municipale des écoles de musique. Sa première intervention en conseil, le 14 mars 1881, concernait la révision du règlement et du tarif de l’octroi. Son assiduité aux séances est à noter. Il fut le témoin des réélections successives du maire Oscar Dupuich lors des réunions du conseil les 30 avril 1882 et 18 mai 1884. Par contre, il ne participa pas à la séance du 20 mai 1888 durant laquelle Eugène Haynaut fut proclamé maire. Un premier magistrat qui lui a eu droit à un nom de rue. Ranulphe aurait peut-être mérité plus que le nom d’une impasse ?.

          Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 juillet 2009)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Avenues, rues et places béthunoises
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   Vente de produits du terroir, animation autour du sucre…La rue Sadi Carnot sera incontournable durant ces fêtes de la pentecôte. Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’au cours de son histoire, cette rue n'a jamais vraiment somnolé.

 

   Les béthunois la connaissaient à l'époque sous le nom de Saint-Vaast. C’est en 1894, suite au décès de Sadi Carnot, que l’ancien Président de la République donna son nom à cette artère.
   Le 24 juin 1894, le conseil municipal exprimant « l’horreur et la réprobation profonde que lui inspire l’attentat du 24 juin, prend la plus vive part du deuil de la France entière frappée, en la personne vénérée du Président de la République Carnot. Elle décide qu’un rue ou place de la ville prendra le nom de Sadi Carnot ».

   L’histoire d’une rue est aussi celle de ses habitants, de ses commerces mais aussi de ses monuments. La chambre de commerce et d’industrie est par exemple un édifice incontournable de la rue Sadi Carnot.
   Elle a servi de cadre à une inauguration : de nombreuses personnalités locales étaient présentes le 6 octobre 1929 ainsi qu’un ministre du commerce : Georges Bonnefous.

   Quarante-deux ans plus tôt, en 1887, le Président de le République, Jules Grévy signait le décret autorisant la création d’une chambre de commerce à Béthune. Qui sait…peut-être qu’un jour le prédécesseur de Sadi Carnot donnera son nom à une rue de Béthune.

     Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, 31 mai 2009)

Légende : sur ce plan du cadastre napoléonien (19ème siècle) l'actuelle rue sadi Carnot était dénommée rue du carnier.   

Par Arnaud Willay - Publié dans : Avenues, rues et places béthunoises
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        Le festival de rue Z’Arts Up ! fête ses 10 ans. Et vous y avez peut-être participé ? N’hésitez pas à vous rendre place Marmottan qui sert de cadre au festival : la compagnie les hommes penchés s’y produira. En attendant l’histoire racontée par les comédiens, découvrez celle de la place. 

 

   Fermez les yeux et transportez-vous dans le Béthune du 19 ème siècle. Longez la rue de l’espérance, arrêtez vous sur la place du marché au beurre, reprenez vers la rue des grands becquereaux avant d’arriver place du marché au fil.

   Ouvrez de nouveau les yeux pour revenir en 2009. Cette place du marché au fil qui apparait nettement sur les plans, vieillis par le temps, du cadastre napoléonien (notre photo) s’est transformée en place Marmottan.

    Alors pourquoi l’appellation marché au fil ? Loin d’être innocent, ce nom évoque l’un des aspects économiques de Béthune et de sa région. En effet, l’industrie linière était répandue et les retombées locales étaient réelles. D’ailleurs, les métiers de fileuses et tisserands étaient très pratiqués. A noter que cette industrie était loin d’être la seule. Le commerce des grains, des draps participaient aussi à la prospérité économique du béthunois.  
   Et s’il venait l’idée un jour à un élu de débaptiser ce lieu, cette place pourrait être renommée « place du marché au lin »…juste une façon pour la cité de ne pas perdre le fil …de son histoire ! 

                      Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 17 mai 2009)

Illustration : extrait du plan du cadastre napoléonien (19ème siècle) conservé aux Archives municipales de Béthune.

Par Arnaud Willay - Publié dans : Avenues, rues et places béthunoises
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