Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
Dans le premier numéro de « Béthune, Lille, Métropole », le Maire de Béthune souhaite faire progresser « l’identité métropolitaine » afin que l’arrondissement de Béthune soit porté par le développement de la métropole lilloise. En 1792, c’est Lille qui a du demander de l’aide à la cité de Buridan.
Le 29 septembre 1792, les bombes pleuvent sur la grand place de Lille. Ce bombardement détruit des centaines de maisons, surtout dans le quartier de Saint-Sauveur. Alors que l’Assemblée législative avait déclaré quelques mois plus tôt la guerre aux Pays bas autrichiens, Lille, en première ligne allait devoir subir un terrible siège.
Cet épisode douloureux pour Lille, intervenu trois ans après la révolution française, a en quelque sorte contribué à faire entrer Béthune dans le passé lillois. En effet, les béthunois ont apporté une aide logistique au voisin nordiste. L’Histoire de Béthune-Beuvry (sous la direction d’Alain Derville) souligne bien que « le 30 septembre des canonniers et des volontaires de Béthune allèrent aider les lillois assiégés ».
Dans son Histoire de la ville de Béthune, Eugène Bèghin reproduit un document signé des officiers municipaux de la commune de Lille, daté du 1er octobre, qui éclaire les relations entre les deux cités : « la pompe que vous avez eu la complaisance de nous envoyer, vient d’arriver avec les braves volontaires qui ont bien voulu l’accompagner. Nous espérons trouver, dans le secours de cette pompe, un moyen utile pour parer à l’incendie dont nous afflige le continuel bombardement de nos ennemis et dans le courage de nos frères d’armes, des forces pour les punir. Jamais ennemi n’a mérité une punition plus sévère ».
Pourquoi en est-on arrivé à ce siège de la capitale des Flandres, une des plus grandes villes du royaume ? La France voulait étendre à l’Europe les bienfaits de la Révolution. La guerre fut déclarée à l’empereur d’Autriche François II le 20 avril 1792, malgré des voix discordantes comme celle de Robespierre. Le conflit n’allait pas tourner à l’avantage de la France. Il faut dire que l’armée française marquée par des désertions était dans un état pitoyable. Un constat préoccupant vite oublié lors de la victoire française à Valmy le 20 septembre 1792, sur les armées prussiennes et autrichiennes. Une victoire qui n’allait pas empêcher le bombardement de Lille, neuf jours plus tard.
Au final, cette guerre dura, malgré certaines interruptions, pendant vingt trois ans, jusqu-à la chute de Napoléon en juin 1815.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 octobre 2006)
Illustration : François II d'Autriche
Comme certains lecteurs sont passionnés par les statistiques, je vous livre pêle-mêle quelques chiffres clés dans la vie du blog (actualisés au 22 septembre 2006) !
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A noter que pour accèder au blog, les deux moteurs de recherche les plus utilisés sont Google et msn.
L'église Saint Vaast fut décorée par un atelier de sculpture beuvrygeois...le même auquel on consacre une exposition à l'hôtel de Beaulaincourt.
Depuis samedi dernier, l'art sacré s'expose à l'hôtel de Beaulaincourt. Une manifestation qui rend hommage à l'atelier de sculpture Lefebvre-Lenclos, créé à Beuvry en 1875, spécialisé dans le mobilier d’église et la création de statues de saints. Les documents exposés nous en apprennent un peu plus sur le fondateur de l’atelier.
« Le conseil approuve et autorise Monsieur le Maire a signer un traité avec monsieur Lefebvre-Lenclos pour la fourniture desdits confessionnaux aux prix net et forfaitaire de 28 000 francs ». Cette délibération du Conseil de Béthune prise le 9 mai 1928 pour la fourniture de 4 confessionnaux destinés à l’église Saint Vaast fraîchement reconstruite apparaît comme une concrétisation du travail réalisé par Léopold Lefebvre et Camille Lenclos.
Et pourtant, le talent d’un des deux associés, Léopold Lefebvre a bien eu du mal à être reconnu. Une correspondance conservée aux Archives départementales du Pas-de-Calais en date du 26 février 1870 met en exergue les difficultés qu’il a eu pour s’instruire.
L’intervention décrite dans cette lettre, celle d’un certain Vandersippe professeur au collège de Béthune auprès du Préfet fut décisive : En demandant une bourse d’étude, il explique que « le jeune Lefebvre…est désireux de poursuivre le but de ses aspirations artistiques.. ». Par ailleurs, le Préfet devait lui « désigner un atelier de sculpture, du moins de taille d’ornementation où il pourrait faire son apprentissage ».
La réponse du représentant de l’Etat fut à la fois décevante et pleine d’espoir : « il n’existe pas au budget du département de crédit sur lequel je puisse accorder au jeune Lefebvre la subvention que vous me faites l’honneur de nous demander, mais la ville de Béthune à défaut de la commune de Beuvry, ne refusera pas de fournir à ce jeune homme les premiers moyens d’instruction ».
Il n’était donc pas surprenant de trouver quelques mois après dans une délibération du conseil municipal de Béthune du 21 mai 1870 la trace de l’admission du jeune Léopold Lefebvre à l’école de dessin académique de la cité de Buridan. Un document visible en ce moment à Beaulaincourt dans lequel on apprend que « monsieur Vandersippe se porte auprès de Monsieur le Maire le garant des heureuses dispositions dont le jeune homme est doué pour le dessin et la sculpture ». Finalement, en proposant ses services pour la décoration de la monumentale église Saint Vaast, Léopold Lefebvre ne pouvait adresser plus beau remerciement à la ville de Béthune.
Exposition Atelier Lefebvre-Lenclos, 100 ans d’art sacré, visible du 16 septembre au 29 octobre, Hôtel de Beaulaincourt.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 24 septembre 2006)
Lundi dernier, 520 000 classes ont accueilli les élèves. La rentrée est une véritable institution dans notre pays. Il faut dire que l’éducation nationale est un sujet incontournable et sensible qui a mis dans la tourmente nombre de gouvernements. Déjà au XVIème siècle, à Béthune, l’éducation préoccupait nos échevins.
Si l’histoire de l’éducation contemporaine est connue, celle de période comme le XVIème siècle est souvent sujet à interrogations. Replongeons-nous donc dans le dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais publié en 1875 par la Commission départementale des monuments historiques qui nous donne des indications précises sur l’éducation à Béthune.
On y apprend que l’éducation populaire n’avait jamais été prise en compte dans la cité de Buridan. Certes, les riches avaient des maîtres particuliers. Les seigneurs de Béthune, eux, appartenaient à des maisons riches et puissantes où l’instruction n’était pas absente. Quand aux gens d’église, ils s’instruisaient dans des écoles tenues par des ecclésiastiques. Toutefois, à Béthune, il n’existait pas d’établissement d’instruction des pauvres.
C’est le 4 juillet 1579 que les échevins de Béthune désirant pourvoir à l’instruction des enfants pauvres de la ville ont acheté une maison qui servit de maison d’école. D’après les sources, cette maison se situait rue du sac où rue de la Calendre (près de la rue poterne).
Le maître y reçut tous les enfants pauvres pour les instruire en mettant un accent sur la religion, le catéchisme. Toutefois, l’écriture et l’arithmétique étaient aussi enseignées.
Il devait aussi conduire les enfants aux églises Saint Vaast et Saint Barthélémy le dimanche. Le maître reçut de l’administration municipale chaque semaine et pour chaque enfant la somme de dix sols pour leur nourriture, le feu, le blanchissage…
Cet intérêt pour l’enseignement au seizième n’est pas étonnant. En effet, le contexte historique était propice à l’instruction. Avec la naissance de l’imprimerie, l’écriture et le savoir deviennent accessibles à tous. Les grands humanistes du XVIème siècle éditaient les grands auteurs de l’antiquité gréco-latine. On vit même naître de petites écoles destinées à l’instruction des enfants. Mais, ce qui frappe, c’est l’extrême attention portée aux pauvres. Si la nourriture et les vêtements étaient distribués depuis longtemps, il faut bien dire que ce désir de les instruire constituait une nouveauté. On assistait ainsi à la naissance d’une véritable éducation populaire à Béthune. Des échevins qui avaient appliqué bien avant l’heure la maxime prononcée plusieurs siècles après par le révolutionnaire Danton : « Après la pain, l’instruction est le premier besoin du peuple ».
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 10 septembre 2006)
Illustration : vue de Béthune au XVIème siècle, d'après Q. Van Den Gracht.
Ce jeudi 7 septembre 2006, le compteur a indiqué la visite du millième visiteur sur ce blog.
Simple curieux, passionné d'histoire, touriste étranger préparant la visite de la région, vous avez été nombreux en quelques mois à montrer un intérêt certain pour les articles historiques publiés chaque dimanche.
Cela me donne donc l'occasion de remercier les internautes qui ont "surfé" sur ce blog. Merci également pour vos encouragements et vos questions toujours pertinentes.
Arnaud Willay
Le 15 janvier, plusieurs communes de l’arrondissement de Béthune, dont le chef-lieu, ont commencé à être recensées.
Historiquement, les recensements ont toujours existé. Il y a 5000 ans, la Chine, l’Egypte réalisaient des recensements pour des raisons fiscales ou militaires. Parmi les premiers recensements réalisés en France, on peut noter celui dressé par Charlemagne en 786. C’est dans la seconde moitié du XVIIème siècle que les savants ont commencé à s’intéresser aux phénomènes de la population. Vauban proposa en 1686 une Méthode générale et facile pour faire le dénombrement des peuples.
C’est Bonaparte qui organisa le premier recensement exhaustif de l’ère moderne en 1801. On avait dénombré 33 111 926 habitants dans les 98 départements de la France d’alors.
La ville de Béthune, qui derrière ses remparts occupait une superficie bien moindre que celle d’aujourd’hui, comptait 6000 âmes. Il faut bien dire que les évaluations effectuées à l’époque étaient approximatives. Durant cette période, le recensement s’est déroulé régulièrement à des intervalles variant de 5 à 9 ans. Le dernier fut réalisé en 1999.
Quand l’exploitation du charbon a commencé, Béthune, en lisière du bassin minier, a connu une croissance démographique moins forte que ses voisines (par exemple, Lens passée de 3200 à 32000 habitants), mais régulière : 7158 habitants en 1851, 14303 en 1911.
Le démantèlement des fortifications a permis d’accueillir davantage de monde. L’autre bond en avant démographique correspond à la construction du Mont-Lièbaut.
De 22385 habitants en 1954, on est passé à 27159 en 1968. Les agents de recensement diront bientôt combien les béthunois sont aujourd’hui.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 25 janvier 2004)
Durant ce premier week end du mois de septembre, Béthune connaît les festivités très Rock and Roll liées à Béthune Rétro. Au début septembre 1922, l’ambiance était moins festive. La France apprenait le décès du député socialiste et ancien Ministre des Travaux publics Marcel Sembat. Béthune, elle, rendait hommage à son conseiller municipal : Martial Marquant.
Les premiers jours de septembre 1922 ont été marqués par le décès d’un conseiller municipal, Martial Marquant. Plus qu’un collègue, le Maire Jules Senis perdait un véritable ami. C’est en tout cas ce qui ressort de son discours prononcé lors des funérailles du 6 septembre dans lequel le Premier Magistrat apportait « son suprême adieu à celui qui fut un ami sincère et un collègue dévoué aux intérêts de ses concitoyens ». L’intérêt de ce type d’éloge funèbre est certain. Il retrace les actions de l’élu et montre son implication dans la vie politique locale.
Celui qui fut conseiller municipal depuis mai 1912 (lors de l’élection de Pierre Rinquin) a eu un rôle de premier ordre durant la première guerre mondiale. Il fut délégué par le conseil à la Commission des réfugiés. A l’époque, Béthune avait du recevoir les premiers évacués venant de Maubeuge et du Nord du pays. Il s’occupa aussi durant la guerre du ravitaillement en vivre de Béthune. En effet, il fut nommé le 23 mars 1917 à la Commission spéciale chargée de gérer le magasin municipal de ravitaillement. Une instance qui avait pour but d’étudier les moyens à employer pour ravitailler les béthunois. Elle pouvait aussi instaurer la vente à la population des denrées à des pris réduits.
Un dévouement à la cause municipale qui ne doit pas faire oublier qu’il était très occupé par son métier d’affréteur et d’agent de la Compagnie d’assurances générales. La aussi, on peut noter qu’il a eu un rôle important durant le premier conflit mondial. Il fut désigné au Comité permanent siégeant au Ministère des travaux publics pour organiser les transports fluviaux dans le Nord, au départ de Béthune. Un poste d’autant plus important qu’en 1916, la nécessité d’une organisation rationnelle des transports par l’eau se faisait sentir. En cette période de guerre, la gestion des transports était vitale, notamment pour l’approvisionnement des usines travaillant pour la défense nationale.
Après 1918, c’est lui qui réorganisa le transport dans la ville et participa avec la Chambre de commerce et d’industrie à la création de la bourse d’affrètement. La bourse allait permettre la gestion des opérations de transport fluvial de marchandises pratiquées par les bateliers. C’était le dernier grand dossier géré par Martial Marquant avant sa mort, quatre ans après la fin de la guerre.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 septembre 2006)
Illustration : Jules Senis, Maire de Béthune de 1907 à 1908 et 1919 à 1925.
La visite historique en France, il y a quelques jours, du président Bush, nous rappelle que la cité de Buridan a par le passé honoré la mémoire d'un président américain : John Kennedy. Le 22 novembre 1963, John Fiztgerald Kennedy, le président des Etats-Unis a été assassiné lors d'une représentation publique, à Dallas, sur Elm street, en pleine journée.
La disparition tragique d'un homme qui est devenu en 1961 le premier président catholique des Etats-Unis a provoquée une onde de choc dans le monde. La ville de Béthune a également été marquée par cet événement. La décision de rendre un hommage à l'ancien président américain fut prise lors de la séance du conseil municipal du 11 décembre 1963, à l'unanimité. En effet, la présence dans la cité de Buridan d'importantes usines à origine et bases américaines (Firestone France et Schenectady France) justifie la démarche entamée par la municipalité de l'époque afin de donner à la rue d'Estaires le nom d'Avenue du Président Kennedy.
La cérémonie d'inauguration qui se déroula le 24 mai 1964 fut rythmée par la musique militaire américaine. Elle a été placée sous la présidence de Jean Tomasi, préfet du Pas-de-Calais en présence notamment du représentant de l'?ambassadeur des Etas-Unis, Alexander Davit.
Lors de l'inauguration de la nouvelle avenue, le maire, Henri Pad a rendu un vibrant hommage au 35ème président des Etats-Unis : « ce grand président représentait en effet l'espoir, l'humanité et
Cette volonté d'embellissement de la ville exprimée par Henri Pad sera développée plus tard par la municipalité dirigée par Paul Breynaert à travers l'opération Béthune ville moyenne.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 juin 2002)
Illustration : l'avenue Kennedy en 1976.
La fin du mois d'août est traditionnellement marquée par la rentrée politique qui prendra une dimension supplémentaire à cause des prochaines échéances électorales. A Béthune, c'est la braderie de demain qui donne l'occasion aux politiques locaux de prendre le pouls de
Après avoir déclaré la guerre à l'Allemagne Hitlérienne le 3 septembre 1939, le gouvernement français est entraîné dans un engrenage qui allait lui être fatal. Un engrenage qui l'a mené tout droit à la défaite militaire de mai-juin 1940. Après la signature de l'Armistice le 22 juin 1940, le Maréchal Pétain prend le pouvoir en instaurant le tristement célèbre régime de Vichy. La France n'avait pu éviter de rentrer dans un conflit qui s'avérera terrible : la seconde guerre mondiale.
C'est dans ce contexte que le Maire de Béthune, Gustave Boudry, désigné par les Allemands, a réuni un conseil municipal le 28 août 1940 pour une rentrée politique très particulière. Il a au moins le mérite de nous faire découvrir les conséquences financières de l'état de guerre et de l'occupation allemande de la ville, effective depuis mai 1940.
On y apprend que les dépenses engagées par la ville pour le ravitaillement de l'hôpital militaire et des prisonniers de guerre peuvent être chiffrées mensuellement à 550 000 francs.
Par ailleurs, le Maire était appelé à réquisitionner des fournitures pour les troupes. En vue du paiement de ces réquisitions, le conseil a été amené à voter une demande de crédit de 500 000 francs.
A côté de la question financière, la guerre a aussi des conséquences directes sur l'organisation de la collectivité et notamment sur les charges qui incombent au premier magistrat. En effet, il faut savoir que sous l'occupation, les fonctions du Maire sont devenues très lourdes. Il devait sans cesse être à la disposition des autorités allemandes afin de traiter sans délais certaines demandes. Il était impossible pour Gustave Boudry d'assurer ses fonctions d'avocat. Une indemnité spéciale lui fut donc accordée à titre exceptionnel. Une situation qui confirmait la mainmise de la Kommandantur allemande sur une administration béthunoise, contrainte et forcée, au service de l'occupant. Un assujettissement qui n'allait pourtant pas éviter la répression allemande qui n'allait faire que s'amplifier au fil des mois. Compte tenu de la situation, les autres questions traitées lors de ce conseil du 28 août tel que les indemnités réservées au personnel semblaient quelque peu dérisoires !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 27 août 2006)
Le quatorzième siècle est une période de notre histoire qui a vu l’affirmation du pouvoir royal. Le Roi capétien a voulu asseoir, parfois avec violence, une autorité souvent contestée. Une hégémonie affirmée qui n’allait pas laisser sans réactions un seigneur comme Robert de Béthune.
Au début du 14ème siècle, Béthune a été concernée par deux traités. Celui signé en 1305 à Athis sur Orge (aujourd’hui Athis-Mons dans l’Essonne) obligeait le comte de Flandre à céder Lille, Douai et Béthune au Roi de France Philippe IV Le Bel. L’autre, celui de Saint Léger dont nous fêtons ce dimanche le 687ème anniversaire aurait été signé le 20 août 1319 par Robert III de Flandre nommé aussi Robert de Béthune. Pourquoi a t-on assisté en moins de vingt ans à la signature de deux traités ?
En fait, le traité d’Athis sur Orge n’avait pas calmé les velléités belliqueuses de Robert de Béthune, fils de Guy de Dampierre et de Mahaut de Béthune, envers le Roi de France. Et pour cause : la paix d’Athis sur Orge n’a jamais été ratifié par les villes flamandes. Robert de Béthune avait donc une position inconfortable entre l’assujettissement au Roi de France et l’opposition des villes flamandes au pouvoir royal.
Une rivalité entre Philippe Le Bel et la Flandre qui a même contraint le pape Jean XXII à intervenir. Une intervention papale qui déboucha finalement dans le village belge de Saint Léger à la signature d’une paix par Robert de Béthune avec les délégués du Roi. Le revers de celui qui fut Comte de Flandre de 1305 à 1322 symbolisait en quelque sorte la crise de cette principauté féodale au début du quatorzième siècle. Il faut dire que le comté était en proie au marasme économique, aux dévaluations monétaires aggravées par les rivalités constantes entre différentes villes. Mais, cet épisode historique est loin d’être anecdotique. Il marquait en vérité une affirmation de la souveraineté monarchique. Le dernier grand souverain capétien que fut Philippe IV Le Bel avait bel et bien réussi à affirmer le principe d’un Etat fort…au détriment d’un seigneur de Béthune. Un Roi qui fut même considéré par la papauté comme le souverain le plus puissant d’Europe !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 20 août 2006)
Illustration : armoirie du comté de Flandre.
" 1868 : Béthune manque d'espace pour le concours d'agriculture"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1988 : visite du Président François Mitterrand
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
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