Le patrimoine, vous le dévorerez des yeux ce dimanche. A Beaulaincourt, offrez-vous une séance de cinéma avec les Archives municipales. Au programme : la venue de Charles de Gaulle à Béthune. Zoom sur le repas présidentiel, histoire de vous ouvrir l’appétit.
Béthune l’avait déjà reçu en 1945. Le 25 septembre 1959, c’est en qualité de Président de la République que Charles de Gaulle a foulé les pavés de la Grand Place. Dans son allocution sur le perron de l’Hôtel de Ville, il évoqua devant une foule nombreuse « sa satisfaction de voir Béthune donner au sein de son conseil municipal l’exemple de l’union de tous les français ». L’heure d’un repas bien mérité en compagnie du sous-préfet Roger David était alors venue.
Alors, un repas présidentiel, cela ressemble à quoi ? En 1959, Charles de Gaulle a eu l’occasion de déguster une timbale de homard à l’armoricaine, du saumon grillé et des fraises chantilly.
Les chauffeurs et le personnel de sécurité de l’escorte
présidentielle pouvaient déguster à l’Hôtel du vieux beffroi du colin froid, des côtes de charolais Choisy, un ananas à l’arlésienne…De quoi vous remplir l’estomac ce dimanche midi avant de
profiter du patrimoine béthunois.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 septembre 2009)
La qualité de la vie….vous la recherchez sans doute durant ces vacances. En avril 1976, André Fosset, Ministre de la qualité de la vie du gouvernement Chirac est venu à Béthune pour y donner une conférence.
Un ministre de la qualité de la vie, cela servait à quoi ? Une question à laquelle André Fosset a tenté de répondre. En effet, son ministère était composé de différents domaines sensés améliorer la vie des français : l’environnement, la jeunesse et les sports, le tourisme et les loisirs.
Et, pour remplir sa mission, il fallait une solide expérience politique. André Fosset était conseiller municipal de Paris dès 1945 et entra au Sénat en 1958, représentant les Hauts de Seine.
Le Ministre n’a donc pas été impressionné par la réception organisée en son honneur à l’Hôtel de
ville par le docteur Breynaert. Le maire de Béthune souligna les dangers de la pollution engendrée par l’activité minière. Il évoqua aussi la pollution de la gare d’eau. La municipalité n’oublia
pas de valoriser son engagement dans l’opération « Béthune ville moyenne » visant à améliorer le cadre de vie des béthunois. Une initiative sans doute remarquée par un Ministre qui a
sûrement apprécié la qualité de son séjour loin de la capitale.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du
Nord, le 9 août 2009)
La fête des mères, c’est aujourd’hui. A côté des mères, les maires ont souvent été associés aux fêtes béthunoises. Zoom sur ces manifestations festives dans lesquelles ils n’ont jamais été oubliés.
Déjà, en 1869, le maire de Béthune était sensible aux fêtes. Le 17
avril 1869, le rapporteur de la commission des fêtes publiques, sur l’invitation du Maire Charles Dellisse Engrand, déposait un projet de programme pour l’organisation d’une fête
communale.
Le 7 avril 1929, Alexandre Ponnelle avait de bonnes raisons de
faire la fête. En effet, le nouvel Hôtel de ville était inauguré. La presse locale a profité de l’occasion pour signaler que la ville avait pris sa parure des jours de fête. Quant à Alexandre
Ponnelle, il estimait dans son discours inaugural que « si les fonctions de maire imposent quelques fois –c’était le cas il y a quelques jours- des
obligations tristes et pénibles, elles procurent aussi d’agréables satisfactions ».
Le 26 juillet 1931, il n’a pas manqué la fête inter-cantonale du cinquantenaire de l’école laïque. Au programme, un grand banquet présidé par le sous-préfet
Giaccobbi, une grande fête gymnique et musicale et un défilé auquel participaient 3500 enfants. Des enfants…il y en avait le 8 juillet 1951 sur la Grand Place rendant l’ambiance festive durant le
discours prononcé par Anselme Beuvry à l’occasion de l’inauguration du carillon. Comme quoi, à côté des mères, les maires aussi peuvent être à la fête.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 juin 2009)
Qu’allez-vous faire ce dimanche 26 avril ? Une question que ne se posaient pas les béthunois le 26 avril 1981. Le devoir électoral était à l’ordre du jour, présidentielle oblige.
Arlette Laguiller, Marie-France Garaud, Michel Crepeau, Huguette Bouchardeau, Brice Lalonde, François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing, Georges Marchais, Michel Debré, Jacques Chirac…..Voila le choix proposé aux 17000 électeurs béthunois inscrits qui devaient départager les dix candidats à l’élection du Président de la République.
Le télégramme officiel envoyé au soir du premier tour à la sous préfecture de Béthune récapitulait les scores des différents candidats. Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand étaient au coude à coude à Béthune : 3869 voix pour le candidat socialiste contre 3864 voix pour le Président sortant. Deux candidats qui se sont retrouvés face à face au second tour le 10 mai 1981. Un tour qui allait consacrer la victoire de Mitterrand en France mais aussi à Béthune.
Sept ans plus tard, le 28 janvier 1988, le Président foule les
pavés de la Grand Place. Quelques mois plus tard, il avait de nouveau rendez-vous avec l’histoire. Le 8 mai 1988, il est réélu à la présidence de la République. Un autre dimanche qui a marqué les
béthunois.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 26 avril 2009)
Souvenez-vous…le 19 avril 1956. Il y a cinquante trois ans, jour pour jour, l’actrice Grace Kelly épousait le prince Rainier Grimaldi III de Monaco devant 30 millions de téléspectateurs. A Béthune, en 1856, ils furent moins nombreux à saluer une naissance…celle du prince impérial.
Les 21 membres du conseil municipal votèrent, le 21 mars 1856, une adresse à l’occasion de la naissance du prince impérial saluant « un nouveau gage de sécurité et de stabilité dans les institutions. Le conseil municipal de Béthune, organe des sentiments de la population, remercie la providence de cette nouvelle faveur, qui comble les vœux de sa majesté et réalise les plus chères espérances du pays». Mais, qui était donc ce prince impérial ?
En fait, c’est la naissance du fils de Napoléon III et de
l’impératrice Eugénie, qui était saluée par le conseil municipal. Il faut dire que l’arrivée de Louis Napoléon correspondait aussi à une période faste pour le régime napoléonien. En 1816, suite à
la guerre menée en Crimée, l’empereur accueille à Paris la conférence de la paix. Il apparait alors comme le nouvel arbitre incontesté de l’Europe.
Une suprématie qui aurait aussi pu être saluée par le Maire Henry de Bellonnet. Quand il s’était fait
proclamer empereur le 2 décembre 1852, Napoléon III avait confirmé par décret le premier magistrat de Béthune. Les rares voix d’opposition, parmi lesquelles l’opposition républicaine, furent
muselées. Durant le second empire, le Maire était en fait sous tutelle.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 19 avril 2009)
Le salon de l’agriculture ferme ses portes ce dimanche 1er mars. Si Béthune a vu défiler au cours de son histoire beaucoup de personnalités, force est de constater que peu de ministres de l’agriculture ont arpenté les rues béthunoises…sauf en mai 1921.
Edmond Lefebvre du Prey, avocat de profession accède au Ministère de l’agriculture en janvier 1921. Quelques mois plus tard, il s’arrête à Béthune pour présider un concours organisé par la société d’agriculture de l’arrondissement de Béthune. Né à Saint-Omer en 1866, il occupa plusieurs postes ministériels dont celui de la justice et des affaires étrangères. Il siégea aussi au Sénat.
Si le ministre connaissait bien le département, il connaissait aussi Béthune. Lors de la visite de Georges Clemenceau en 1919, il avait accompagné le président du conseil au cours de son déplacement dans le Pas-de-Calais.
Dans son discours de bienvenue, le Maire, Jules Senis, ne manquait
pas de rappeler au Ministre qu’il a vu « l’état chaotique de cette partie de la France », en étant « témoin des premiers efforts tentés par nos admirables cultivateurs pour rendre à la terre la fécondité qu’elle semblait avoir perdue pour longtemps du fait de la
dévastation de l’ennemi et des bouleversements qu’elle avait subis….vous emporterez de votre visite la certitude que l’agriculture de cette partie de l’Artois s’achemine vers la splendeur d’avant
guerre ». Une splendeur que ne démentait pas la situation agricole dans l’arrondissement au début des années 1930 : 8000 fermes et des moyennes de rendements agricoles
intéressantes.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 1er mars 2009)
Le 8 février 1807, Napoléon Ier affrontait la Russie à Eylau. Un affrontement sanglant qui n’empêcha pas l’empereur de venir à Béthune trois ans après. Une visite plus calme et plus conviviale qu’à Eylau.
Acclamations, enthousiasme….des qualificatifs que l’histoire retiendra lors de la venue à Béthune de Napoléon Ier, en mai 1810. Gardes d’honneur, musique, canons…la ville avait tout prévu pour accueillir l’homme qui s’est fait couronner par le pape le 2 décembre 1804. Pourquoi le maire Jean Baptiste Dellaleau et la population avaient réservé un tel accueil à Napoléon ?
En fait, Napoléon Ier, premier consul puis empereur des français dès 1804, réorganisa et réforma la société. En conquérant et gouvernant la majeure partie de l’Europe occidentale, il mena aussi une politique d’extension du territoire.
En 1810, son empire comptait 130 départements, d’Amsterdam à Rome. Malgré la guerre qui se poursuivait en Espagne, Napoléon Ier était au faîte de sa puissance. Son mariage avec Marie-Louise, fille de l’empereur d’Autriche, lui permet d’entrer dans le cercle des vieilles dynasties européennes.
La visite impériale
a-t-elle eu des conséquences locales. En fait, l’arrondissement de Béthune a été désigné par l’empire comme étant un territoire propre à la culture du tabac. Une décision qui entraina la création
de magasins constituant une source de prospérité pour l’arrondissement. Une prospérité à la hauteur de la puissance napoléonienne !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 8 février 2009)
En ce mois de janvier, les maires organisent nombre de cérémonies. Le député organisera aussi une
cérémonie des vœux. En janvier 1956, les députés étaient au cœur de l’actualité politique mais pour d’autres raisons.
C’est dans un contexte de crise politique que se sont déroulées les élections législatives du 2 janvier 1956. Edgar Faure, Président du conseil, a tenté d’obtenir la dissolution de
l’assemblée nationale après sa mise en minorité par les députés le 29 novembre 1955, consécutive au rejet d’un projet de loi visant à instaurer le scrutin uninominal à deux tours pour l’élection
des députés. Edgar Faure utilisa la possibilité offerte par la Constitution pour dissoudre l’assemblée le 1er décembre 1955.
Les élections législatives anticipées furent fixées au 2 janvier 1956. Les béthunois devaient départager 4 grandes forces politiques. Les 10935 suffrages exprimés dégageaient une
tendance politique : 4176 voix pour la SFIO, 2578 pour les communistes, 1602 pour les indépendants et 1375 pour le MRP. Une répartition des voix qui a le mérite de nous donner des indications sur
le paysage politique local en 1956. A l’issue de ce scrutin de début d’année, les députés avaient formulé des voeux de circonstance et de longévité au gouvernement issu des élections : celui de
Guy Mollet. Un vœu exaucé car ce gouvernement fut le plus long de la IVème République (février 1956-mai 1957).
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 11 janvier 2009)
Durant ce mois de janvier, les cérémonies des vœux du Maire à la population vont se multiplier. En plein mois de janvier 1970, il n’y avait visiblement pas que les vœux qui retenaient l’attention des Maires du département.
En janvier 1970, loin des vœux traditionnels du début d’année, un cri d’alarme a été lancé à Béthune par les maires du Pas-de-Calais. En effet, c’est le 6 janvier 1970 que les représentants de l’association des maires du département ont tenté d’alerter l’opinion publique. C’est à l’hôtel de ville de Béthune que le Maire de Lens, André Delelis, s’exprima au nom de l’association des Maires. Mais que pouvaient donc bien dénoncer les édiles ?
En fait, les raisons de cette mobilisation sont multiples. Les élus avaient à cœur de dénoncer les charges fiscales croissantes pesant sur les communes à cause des transferts de charges de l’Etat sur les collectivités locales. La vétusté et l’injustice du système fiscal fut aussi dénoncé. Le projet de loi déposé par le Gouvernement le 29 juin 1967 prévoyant une répartition plus équitable de la fiscalité locale n’avait jamais été à l’ordre du jour. Enfin, les élus réclamaient une réforme des finances locales.
Des revendications fortes en 1970 dont certaines pourraient encore être portées par les Maires en ce début
d’année 2009 !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 janvier 2009)
En 1937, une certaine tristesse envahissait Béthune en pleines fêtes de Noël. C’est à la fin du mois de
décembre 1937 que se sont déroulées les funérailles d’un ancien Maire qui a joué un rôle essentiel dans la reconstruction de la ville dans les années 1920 : Alexandre
Ponnelle.
Le Maire André Legillon ne manqua
pas de souligner l’action politique de son prédécesseur : « conseiller municipal élu la première fois en 1900, M Ponnelle le demeura d’abord
jusqu’en 1912. Réélu après guerre, il remplit les fonctions d’adjoint au maire jusqu’en 1925. A cette date, le conseil municipal lui fit le grand honneur de le choisir comme
Maire».
A côté de l’action politique, son implication dans l’enseignement est à signaler. Comme le soulignait lors des obsèques le principal du collège : « pendant 60 ans vous avez consacré votre vie à l’enseignement sous toutes ses formes… ». En effet, après des études au collège de Dion, il fut nommé professeur à Bar-sur-Aube puis à Tonnerre et à Béthune où il enseigna pendant 32 ans de 1889 à 1921 la physique et la chimie.
N’oublions pas que
c’est le conseil municipal que présidait Alexandre Ponnelle le 4 février 1926 qui décida de confier la reconstruction de l’Hôtel de Ville à l’architecte Jacques Alleman. Un choix décisif quand on
sait que d’autres architectes prévoyaient la construction de l’Hôtel de ville près du beffroi. La face de la grand place en eut alors été totalement changée !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 décembre 2008)
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