L’élection du nouveau Président des Etats-Unis, Barack Obama, a suscité un espoir de changement outre-Atlantique. Le passé de Béthune est truffé de références aux Etats-Unis. La ville possède même une avenue au nom d’un ancien président américain.
En effet, c’est le 24 mai 1964 que Maître Pad, Maire de Béthune, inaugurait l’avenue du Président Kennedy. Dans une lettre datée du 27 mars 1964 envoyée à l’ambassadeur des Etats-Unis en France, l’élu rappelle sa volonté de rendre un hommage « ému envers le grand démocrate et défenseur de la paix qu’était le Président Kennedy ».
Dans sa correspondance, Maître Pad souligne que la ville a favorisé l’implantation de firmes américaines : « la firme firestone tire and rusber qui a installé sur un terrain de 34 hectares une importante usine de pneumatique ultra moderne occupant plus de 600 personnes ». Mais, l’exemple de Firestone n’est pas le seul. Celui de l’usine de résines synthétiques Schenectady implantée sur plus de 2 hectares mérite d’être signalé. Une usine qui employait en 1964 une cinquantaine d’ouvriers et qui se trouvait à l’avant-garde du progrès dans divers domaines d’application de résine synthétique.
Mais, l’une des plus anciennes
références à l’Amérique date du XIXème siècle. En septembre 1858, le conseil municipal décidait d’engager des frais pour l’étude d’un chemin de fer américain…entre Béthune et Frévent.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 16 novembre 2008)
Il y a des pétitions qui trouvent parfois un écho favorable auprès des élus. Celle réalisée en
août 1912 par des béthunois a attiré leur attention. Pour preuve, elle fut évoquée en conseil municipal.
Pluie de revendications en plein mois d’août ! Installation d’une borne fontaine, une canalisation d’eau ou encore de l’éclairage…les
revendications des habitants de l’avenue du pont des dames étaient nombreuses au mois d’août 1912. Des revendications présentées sous la forme d’une pétition à la municipalité dirigée par Pierre
Rinquin.
Face à cette demande, Monsieur Taffin, adjoint délégué aux
travaux a écouté les doléances…écouté mais pas forcément entendu.
Concernant les
bornes fontaines réclamées par les résidents de l’avenue, l’édile estimait dans son rapport présenté au conseil le 9 août 1912 que l on a installé trop de bornes fontaines. Il est juste d’en
installer dans les quartiers pauvres mais non pour des habitations occupées par des employés et ouvriers aisés, comme c’était le cas en 1912 pour les habitants de l’avenue. En réponse aux
pétitionnaires, l’élu soulignait qu’un trottoir et un caniveau ont été établis en face des nouvelles constructions de l’avenue.
Tout juste, admettait-il l’insuffisance de l’éclairage en prenant soin de préciser sa volonté « d’attendre que le budget de 1913 soit
établi ». En 1912, comme en 2008, l’argent était bien le nerf de la guerre !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 août
2008)
Dans deux jours, toutes les communes de France commémoreront la fin de la seconde guerre mondiale. Béthune qui s’apprête à commémorer le 62ème
anniversaire de cet événement n’avait pas oublié le 30ème anniversaire…en 1975.
Le 8 mai 1945, la seconde guerre mondiale se termine officiellement au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. 30 ans après, la cité de Buridan n’a pas manqué de célébrer l’anniversaire de cet événement qui marquera à jamais le continent européen. Une célébration nécessaire quand on sait que Béthune a particulièrement souffert de l’occupation allemande et de l’installation d’une kommandantur.
En 1975, la ville libérée le 4 septembre 1944 a donc pour marquer l’événement voulue honorer la mémoire d’un ancien résistant. Le jeudi 8 mai 1975, la ville avait prévue l’inauguration de la place du capitaine Michel, ancien chef du réseau Sylvestre-Farmer. Pour l’occasion, le consul Général de Grande-Bretagne Wilcox a honoré cette manifestation de sa présence.
Le réseau Sylvestre est un réseau de résistance qui a opéré dans la région entre 1942 et 1945 et fondé par Michael Trotobas connu dans la clandestinité sous le pseudonyme de « capitaine Michel ».
Le site Internet de la Fondation de la résistance nous livre des indications précieuses sur le résistant. Ce militaire anglais est engagé dans le corps expéditionnaire anglais dès 1940 pour faire face à l’invasion de la Belgique et du nord de la France. Il devient agent d’un organisme anglais qui constituait des réseaux clandestins pour lutter contre les occupants allemands. Il fut chargé d’organiser un réseau dans la région Nord Pas de Calais. C’est dans ce contexte qu’il s’engagea dans le réseau Sylvestre-Farmer. Ce réseau était en autre chargé de faire dérailler des trains de munition allemand sur la ligne Lens-Béthune. En novembre 1943, il fut abattu par des policiers allemands.
La place du capitaine Michel inaugurée en 1975, qui existe encore aujourd’hui, témoigne de la volonté de la municipalité d’honorer la mémoire des anciens résistants. En célébrant tous les ans l’anniversaire du 8 mai, les villes françaises honorent les Hommes qui ont résisté à l’oppression allemande. Un devoir de mémoire plus que jamais nécessaire.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 6 mai 2007)
Illustration : plaque comémorant la mémoire du capitaine Michel
Il y a soixante quinze ans mourait Aristide Briand. La disparition de cet ancien Président du conseil, le 7 mars
Le 5 avril 1932, le conseil se réunissait en adressant en début de séance de vives félicitations à Henri Pad qui venait d'être nommé officier d'académie. Une distinction qui n'allait pas empêcher les élus d'honorer solennellement la mémoire d'un grand homme d'Etat disparu un mois auparavant.
C'est justement M. Pad, Adjoint au Maire, qui a demandé à ses collègues ce 5 avril 1932 de rendre hommage à Aristide Briand « dont le nom demeurera immortel dans l'histoire de la France et de la paix mondiale ». Le conseil « apporte un témoignage de reconnaissance et de souvenir en attribuant le nom du grand disparu à la rue de la Justice de paix. Ce choix étant fait en raison de la situation centrale de cette artère et dans l'entourage immédiat de notre important établissement secondaire ».
Contrairement à de grands hommes politiques de l'avant première guerre mondiale comme Georges Clemenceau, Aristide Briand ne serait pas venu à Béthune. Les élus béthunois avaient quand même tenu à lui rendre un vibrant hommage. C'est dire que l'hommage d'Aristide Briand était à la hauteur de son action politique au service du pays. Une action politique qu'il a débuté à 40 ans, en 1902 en étant élu député socialiste. Aristide Briand a véritablement marqué de son empreinte la vie politique sous
Plusieurs fois Président du conseil, il occupa différents ministères (Instruction publique, Affaires étrangères, Intérieur). C'est surtout grâce à son action au ministère des Affaires étrangères qu'il connut un grand succès. Sa politique de réconciliation avec l'Allemagne lui valut d'obtenir le prix Nobel de la paix en 1926. Apôtre de la paix, il avait rêvé de créer les Etats-Unis d'Europe.
C'est aussi à lui que l'on doit la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat. Une loi toujours applicable en 2007. Une autre façon pour la République française de lui rendre hommage !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 11 mars 2007)
Illustration : Aristide Briand
Depuis le 1er février, la loi relative à l'interdiction de fumer dans les lieux publics est entrée en vigueur. A défaut de vouloir interdire la cigarette, la municipalité dirigée par Charles Dellisse Engrand avait en 1873 décidé de supprimer le chemin du moulin à tabac. Une décision pour le moins fumeuse !
Il y a des décisions municipales consensuelles. A la fin du 19ème siècle, la décision de supprimer le chemin du moulin à tabac a suscité de vives réactions au sein de la population. A un tel point que le mécontentement des riverains fut évoqué en conseil municipal le 13 mai 1873.
En effet, un grand nombre d'habitants du faubourg de Lille ont adressé au Maire une réclamation afin de s'opposer à la suppression du chemin dit du moulin à tabac. Ce chemin était menacé par les travaux exécutés par la compagnie de raccordement du chemin de fer de Lille à la gare du Nord. A la fin du 19ème siècle, il s'agissait d'organiser le service des trains partant des gares de Lille et Béthune.
L'Ingénieur en chef chargé des travaux expliquait dans une lettre mentionnée au conseil du 13 mai 1873 les enjeux : « les deux premiers chemins sont franchi, l'un au moyen d'un passage supérieur, l'autre par un passage à niveau quant au chemin dit du moulin à tabac, la compagnie comptait pouvoir supprimer ce chemin parce que d'un côté, il se trouve relié à la route nationale numéro 41 et de l'autre au chemin de Verquigneul . En présence de nombreuses réclamations que rencontrerait la suppression de ce chemin et sur vos vives instances, je viens, Monsieur le Maire prendre l'engagement au nom de la compagnie de maintenir le chemin dit du moulin à tabac ».
Au delà de cette anecdote historique, cette explication témoigne de la mise en place d'un vaste réseau ferroviaire au 19ème siècle. En effet, c'est à cette époque que débute l'histoire des chemins de fer français. La loi de 1842 sur l'établissement des grandes lignes de chemin de fer dans le pays constitue un tournant dans leurs constructions. Près de 20 ans après, en 1860, on assiste dans le Pas-de-Calais à une croissance du réseau ferré. Dans l'Histoire de Béthune-Beuvry, livre référence sur l'histoire de la ville, on parle même de « frénésie ferroviaire » en expliquant qu'en 1868 la Compagnie du Nord ouvrait une liaison Béthune-Lille et que la ligne Béthune-Saint Pol était en service en 1877.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 4 décembre 2007)
Illustration : la Gare de Béthune avant 1914 symbolisait l'arrivée du chemin de fer dans la cité de Buridan.
Elle sera durant les fêtes une des rues de Béthune les plus fréquentées. Et pour cause ! La rue Grosse tête relie la rue d'Arras à la Grand Place et sa cité de Noël.
Une allée de sapins, des guirlandes...Si vous allez au marché de noël, vous ne pourrez pas l'éviter. En cette fin d'année, la rue grosse tête a endossé ses habits de fête. Une atmosphère festive qui vous ferait oublier que cette petite rue jouxtant le beffroi occupe une position centrale dans l'histoire de la ville. Et ceux, pour plusieurs raisons.
Ce chemin piétonnier est ancien. Il apparait déjà sur le cadastre béthunois de l'époque napoléonienne (19ème siècle) sous le nom de « grosse tête » alors qu'autrefois il était nommé rue de l'engannerie. Une dénomination ancienne et curieuse, surtout si l'on connaît la signification du verbe « enganner » qui renvoie à la séduction ou la tromperie. Peut être que cette rue était autrefois le théâtre d'intrigues amoureuses ? Des intrigues amoureuses, il n'en fut pourtant pas question lors du passage à Béthune en 1540 de l'empereur Charles Quint qui l'aurait arpenté.
D'après les récits historiques sur la ville, cette rue a pris le nom de « Grosse tête » (appellation actuelle) en allusion à une enseigne montrant un âne au crâne surdimensionné. Une genèse remarquable, à plus forte raison à Béthune : l'expression « l'âne de Buridan » en hommage au philosophe béthunois du quatorzième siècle Jean Buridan n' a-t-elle pas traversé les siècles pour désigner aujourd'hui une personne incapable de choisir entre deux sollicitations ?
En fouillant dans le passé, les professions exercées par les habitants nous donnent un aperçu du niveau social des résidents de cette petite rue du centre ville. Après la première guerre mondiale, en 1919, on trouve un marchand et un chapelier. En 1926 réside un dentiste. Deux ans après on retrouve un horloger, un marchand de chaussure, un chirurgien dentiste. Après le second conflit mondial, en 1948, on trouve un cheminot, une commerçante et une gérante.
A la fin des années 1970, la rue grosse tête a trouvé toute sa place dans l'aménagement urbain de la ville. Dans le bulletin municipal de 1977, on peut lire que « le dossier ville moyenne a permis l'amorce d'un circuit piétonnier en centre ville. Le mail piétons, la rue Grosse tête, sont à présents des endroits privilégiés pour les piétons ». Quoi de plus logique que la Grand Place, au prolongement de la rue Grosse tête, soit rendue 29 ans après aux piétons !
Arnaud Willay (parution dans la Voix du Nord, le 17 décembre 2006)
Illustration : la rue Grosse tête à la fin des années 1970.
Depuis hier, le marché de noël a retrouvé la Grand Place. Jusqu’au 31 décembre, vous pourrez flâner sur cette place qui a vu défiler, au fil des siècles, des personnages de premier rang ayant marqué l’histoire.
On a coutume de dire que ce sont les hommes qui font l’Histoire et non pas l’Histoire qui fait les hommes. Cet adage est particulièrement vrai pour celle de la Grand Place. En effet, l’histoire de ce lieu dominé par le beffroi se confond largement avec la venue des Hommes d’Etat qui ont foulé son sol. Les personnages clés de l’Histoire de France ont fait un passage, même éclair, sur la Grand place.
Les visites royales de Louis XIV en 1670 et 1680 et de Louis XVIII en 1815 ont rappelé aux béthunois le poids, la grandeur voir la décadence du régime monarchique.
Mais, ce sont les visites présidentielles qui marqueront à jamais le passé de la place. Patrice de Mac Mahon fut le premier à inaugurer le long feuilleton des ces visites républicaines. Celui qui fut élu à la Présidence de la République en 1873 et qui vota le septennat présidentiel vint à Béthune en 1874.
Lors de sa visite le 28 décembre 1919 (à l’occasion de la cérémonie de remise à la ville de la Croix de la légion d’honneur et la Croix de guerre), le Président Raymond Poincaré apparait après quatre années de guerre comme l’artisan de l’union sacrée politique et sociale durant ces temps difficile. Il évoque dans un discours de circonstance consigné dans le registre des délibérations du conseil municipal la nécessaire reconstruction de la grand place « puisque le centre de Béthune a été complètement détruit par la fureur de l’ennemi vous voulez que votre beffroi soit relevé dans un site plus découvert et que rien n’en dérobe désormais la vue à l’admiration des passants et des visiteurs. Vous entendez que le mieux sorte du pire et que Béthune, enfin sauvée du martyre, oublie ses longues souffrances dans un renouveau de richesse et de beauté ». La beauté de la Grand place, le Général De Gaulle a pu la constater lors de son passage dans la cité de Buridan le 25 septembre 1959. Un honneur présidentiel de plus pour Béthune. En effet, l’homme de l’appel du 18 juin venait juste d’être élu en décembre 1958 à la présidence de la république.
Mais, la visite la plus récente et dont l'empreinte reste la plus fraîche est celle de François Mitterrand le 28 janvier 1988. La Grand Place inondée par la foule a été témoin du passage de celui qui fut réélu à l’Elysée quelques mois plus tard, le 8 mai 1988. Après le poids de sa hotte, nul doute que le père Noël ressentira le poids de l’Histoire quand il foulera le 24 décembre prochain les pavés de la Grand Place !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 26 novembre 2006)
Illustration : la Grand Place en 1930
Dans le cadre du réaménagement de la Grand Place (notre édition de dimanche dernier), les élus se sont rendus récemment à Courtrai. Le but était de prendre exemple sur la ville belge pour l'aménagement de terrasses chauffantes dans le centre ville. Il faut dire qu'entre Béthune et Courtrai, l'histoire est déjà ancienne.
« En raison des liens de profonde amitié régnant à Béthune, depuis de très longues années, entre belges et français, et à la suite de l'alliance des anciens combattants des deux guerres de nos cités, le nom de Courtrai a été choisi pour l'une des artères ou nous voici réunis ». Ces propos tenus par le Maire de Béthune lors de l'inauguration de la rue de Courtrai (qui jouxte le centre commercial de la Rotonde) le 8 octobre 1967 témoignent des relations très amicales entre Béthune et la ville belge. Une vision confortée par la suite du discours de Henri Pad pour qui « nous offrons à la ville de Courtrai le modeste hommage de nos amitiés et alliances constantes et renouvelées dans l'appellation de cette rue ». Un modeste hommage qui a quand même réuni un grand nombre de personnalités et une imposante représentation précédée d'innombrables drapeaux des sociétés patriotiques de la ville de Courtrai.
La réception qui suivit à l'hôtel de ville fut l'occasion pour Henri Pad d'accueillir son homologue belge, le bourgmestre Lambrecht. Ce rapprochement entre les deux villes n'était pas à l'origine du à une volonté politique. C'est ce qui ressort du discours du bourgmestre : « les promoteurs de cette heureuse rencontre sont les sociétés d'anciens combattants de nos deux villes. Depuis quelques années déjà les sociétés d'anciens combattants de Béthune et de Courtrai ont noué des relations amicales qui ont abouti à un jumelage entre les deux groupes ».
Comme Béthune, Courtrai a un passé riche. Ancien centre de manufactures textiles traversé par la Lys avec un hôtel de ville de style gothique, Courtrai a vite trouvé sa place dans l'histoire de la Belgique. Surtout après la bataille des éperons d'Or du 11 juillet 1302 qui a vu la victoire des milices flamandes sur les troupes du Roi de France Philippe IV Le Bel. Comme Béthune, Courtrai a du subir les malheurs de l'occupation allemande. Les bombardements de 1940, 1943 et 1944 ont détruits 1850 immeubles.
Deux ans après l'inauguration de la rue de Courtrai, un pacte d'amitié fut signé en septembre 1969 entre la cité de Buridan et Courtrai.
Après son jumelage avec Schwerte et Sully sur Loire, le rapprochement avec Courtrai montrait que Béthune prenait une part active à l'établissement de liens de fraternité entre les peuples européens. En cela, elle participait à sa manière à l'histoire d'une construction européenne naissante après les drames de la deuxième guerre mondiale.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 22 octobre 2006)
En ce 8 octobre 2006, l'inauguration d'une avenue ou même d'un bâtiment n'est pas à l'ordre du jour dans une ville en pleins travaux. Le 8 octobre 1967, les édiles béthunois s'étaient réunis non loin de la gare pour inaugurer l'avenue du Maréchal Juin.
Général puis Maréchal de France, Alphonse Juin a combattu durant les deux derniers conflits mondiaux. Au moment de la déclaration de guerre en 1939, il fut nommé commandant de la 15ème division d'infanterie motorisée.
Nommé par de Gaulle commandant du corps expéditionnaire français en Italie, il a imposé aux alliés ses plans pour percer le front allemand. Il dirigea aussi de 1953 à 1956 les forces atlantiques du secteur Centre-europe de l'OTAN.
Le Maire de Béthune, Henri Pad, n'a pas attendu longtemps avant de rendre hommage à ce maréchal français mort en janvier 1967.
En compulsant les archives de cette inauguration, qui comprenaient les discours des principales personnalités présentes, on en apprend un peu plus sur le contexte qui a entouré cette cérémonie. Henri Pad avait décidé de rendre hommage au maréchal Juin lors du conseil municipal du 16 mars 1967 « suivant quelques mois la disparition de ce grand soldat, membre de l'Académie française, décédé le 27 janvier 1967 ».Un hommage d'autant plus justifié que « la ville de Béthune avait eu l'honneur de le recevoir le 27 janvier 1959 et d'entendre en son théâtre municipal sa belle conférence d'ordre militaire et stratégique ». Mais, le discours le plus riche qui tenait en 11 pages était celui prononcé par un autre militaire ayant côtoyé Juin, le Général Pedron, ancien commandant de la deuxième région militaire. Le Général vanta les mérites de la cité de Buridan qui a été « une des premières villes de France ayant voulu qu'une des artères de la cité porte le nom du Maréchal de France Alphonse Juin ». Cet hommage à un militaire plus de vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale témoigne d'un respect plus large envers les soldats ayant combattu la barbarie nazie. Ce que souligne bien le Général Pedron en évoquant une cérémonie qui permet « d'honorer tous ceux qui combattirent avec lui, sous ses ordres, pour la France, pour sa libération, pour la paix et pour la liberté ».
Son rôle durant le second conflit mondial a aussi été mise en exergue par le Général expliquant que « le Général de Gaulle l'avait appelé auprès de lui dès août 1944 comme chef d'état major général de la Défense Nationale. Dans ce poste il avait pu influer directement?sur la conduite des opérations qui amènent la capitulation de l'Allemagne ». Grâce à ce rôle décisif pour battre l'Allemagne, le maréchal Juin avait inscrit son nom sur la liste des grands militaires français.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 8 octobre 2006)
La visite historique en France, il y a quelques jours, du président Bush, nous rappelle que la cité de Buridan a par le passé honoré la mémoire d'un président américain : John Kennedy. Le 22 novembre 1963, John Fiztgerald Kennedy, le président des Etats-Unis a été assassiné lors d'une représentation publique, à Dallas, sur Elm street, en pleine journée.
La disparition tragique d'un homme qui est devenu en 1961 le premier président catholique des Etats-Unis a provoquée une onde de choc dans le monde. La ville de Béthune a également été marquée par cet événement. La décision de rendre un hommage à l'ancien président américain fut prise lors de la séance du conseil municipal du 11 décembre 1963, à l'unanimité. En effet, la présence dans la cité de Buridan d'importantes usines à origine et bases américaines (Firestone France et Schenectady France) justifie la démarche entamée par la municipalité de l'époque afin de donner à la rue d'Estaires le nom d'Avenue du Président Kennedy.
La cérémonie d'inauguration qui se déroula le 24 mai 1964 fut rythmée par la musique militaire américaine. Elle a été placée sous la présidence de Jean Tomasi, préfet du Pas-de-Calais en présence notamment du représentant de l'?ambassadeur des Etas-Unis, Alexander Davit.
Lors de l'inauguration de la nouvelle avenue, le maire, Henri Pad a rendu un vibrant hommage au 35ème président des Etats-Unis : « ce grand président représentait en effet l'espoir, l'humanité et
Cette volonté d'embellissement de la ville exprimée par Henri Pad sera développée plus tard par la municipalité dirigée par Paul Breynaert à travers l'opération Béthune ville moyenne.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 juin 2002)
Illustration : l'avenue Kennedy en 1976.
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