Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
L'art déco, un art de rupture
La Grand-Place, son beffroi, son hôtel de ville et ses façades. Tel pourrait être le titre d'un guide touristique sur Béthune. En effet, les façades servent en fait d'écrin à un beffroi bien isolé au milieu de la Grand-Place. Illuminées récemment, les facades traduisent l'existence d'un art régional développé au moment de la reconstruction des années 1920 : l'art déco. C'est l'architecte Jacques Alleman, chargé à l'époque de ce vaste chantier, qui installa l'art déco au coeur de la place. Mais que recouvre cet art inscrit sur les bâtiments proches de l'hôtel de ville et que le public contemple quotidiennement?
Le style art déco tire son nom de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui s'est tenue à Paris en 1925. Cette manifestation, dans la capitale, va en quelque sorte légitimer l'art décoratif. Elle regroupa les grands noms des arts décoratifs comme Lalique, Brandt, Chareau...Elle se développa en rupture avec les formes élaborées, héritées de la fin du XIXème siècle. C'est la raison pour laquelle les années vingt furent une période faste pour l'Art déco.
Cet art se tourne vers des formes épurées et géométriques privilégiant les constructions monumentales. Il n' a pas uniquement concerné l'architecture. L'Art déco toucha aussi les meubles, l'habillement...
Ce courant marque essentiellement les années de la reconstruction consécutives à la Première guerre mondiale. Il s'essoufla au cours des années trente pour être remplacé par le mouvement allemand du Bauhaus. L'art déco restera comme un art qu a façonné durant des siècles le visage d'une ville meurtrie par des années de guerre.
A. Willay (parution dans la Voix du Nord, le 27 août 2005)
Il visita le béthunois en 1810
Aujourd'hui, 5 février 2006, Harry Potter ou le petit chaperon rouge sont à l'affiche dans les cinémas français. Il y a 78 ans, le 5 février 1928 (une époque où Béthune comptait encore un cinéma), le Béthune-Palace proposait "le plus grand film français à tous points de vue", à en croire la presse locale de l'époque : Napoléon.
Béthune et les béthunois reçurent la visite de l'empereur des français en 1810. Parmi les nombreuses mesures prises par l'Empereur, plusieurs eurent des répercussions sur Béthune. Suite au décret du 10 décembre 1810 établissant le monopole d'Etat pour la fabrication du tabac, Béthune et son arrondissement furent déclarés propres à la culture de cette plante. La politique menée par Napoléon allait aussi favoriser l'émergence d'une autre industrie à Béthune au XIXème siècle : l'industrie sucrière.
En 1806, il promulgue un décret connu sous le nom de "blocus continental" qui permit l'essor du sucre de betterave. Dès 1812, Napoléon encouragea la plantation de plusieurs milliers d'hectares de betterave sucrière. C'est dans ce contexte très napoléonnien qu'apparait uune fabrique de sucre dans l'ancien couvent des récollets. Des hommes comme Charles Dellisse Engrand allaient favoriser l'essor de cette industrie à Béthune durant le XIXème siècle.
A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 5 février 2006)
"Le tigre" en visite à Béthune en août 1919
Le 15 février dernier, Jacques Chirac ordonnait le retour d'Inde du Clemenceau marquant un nouvel épisode du feuilleton sur le désamiantage du porte-avions français. Triste fin pour ce bâtiment de guerre qui porte le nom d'une grande figure de notre histoire nationale : Georges Clemenceau (1841-1929).
Celui que l'on a appelé "le tigre" a marqué de son empreinte l'histoire politique du pays. Opposant à Napoléon III, il fut élu député et s'opposa à Jules Ferry sur la question de la colonisation. Farouche opposant politique, on le surnomme le tombeur des ministères. Evincé de la politique par le scandale de Panama, il revint avec l'affaire Dreyfus. En 1906, il devint Président du Conseil en formant un des plus longs ministères de la IIIème République.
Celui que l'on a surnommé le père de la victoire après 1918 a marqué le passé béthunois. Le 10 août 1919, Georges Clemenceau visite Béthune encore champ de ruines. Le Maire, le docteur Lejeune l'accueille en des termes élogieux : "Votre passage à Béthune, Monsieur le Président, me vaut l'incomparable honneur de saluer en votre personne le grand homme d'Etat que l'Histoire doit immortaliser...La ville de Béthune est aujourd'hui très fière de recevoir le glorieux artisan de la victoire".
Ces quelques mots du premier magistrat d'une ville qui n'est pas encore relevée des bombardements peuvent paraître convenus. Ils ont le mérite de montrer la perception laissée par Clemenceau après 1918. En tant que Président du Conseil, le Tigre était au courant de la situation de la cité de Buridan "Oui, je savais le martyre de votre ville, j'en ai été le témoin lors de mes visites durant la guerre...Béthune ne sera pas oubliée. Je vous en donne l'assurance...".
Ces paroles du chef du Gouvernement ne sont pas restées sans effets. C'est Georges Clemenceau qui adresse un rapport le 4 décembre 1919 à Raymond Poincaré, Président de la République, afin de demander "l'attribution de la Croix de la Légion d'honneur à la ville de Béthune en récompense de la conduite héroïque de ses habitants au cours de la guerre". Le lendemain, le décret attribuant la prestigieuse décoration à la cité de Buridan est signée par Raymond Poincaré.
A. Willay (parution dans la Voix du Nord, le 26 février 2006)
Un arbre pour la IIème République,
Les commémorations locales, comme celle de la catastrophe minière de, Courrières du 10 mars 1906, envahissent nos calendriers. Les Archives municipales gardent la mémoire des devoirs commémoratifs accomplis par Béthune le dimanche 14 mars 1948. La ville fêtait le centanaire de la Révolution de 1948.
La municipalité dirigée par Anselme Beuvry avait été fortement incitée par le Préfet Georges Phalempin à "commémorer avec éclat le centenaire" qui "a marqué une étape importante entre la France de 1789, la République de 1792 et notre démocratie sociale. C'est en 1848 qu'ont été définis quelques uns des grands principes, comme le suffrage universel et l'abolition de l'esclavage".
La Révolution de 1848 désigne un mouvement parisien, les 22, 23, 24 février, qui a abouti à la chute de la Monarchie de juillet et à la proclamation de la deuxième République. Tournant la page de la Monarchie dans une situation de grave crise économique, Alphonse de Lamartine demanda à ce que soit proclamée la République. Ces difficultés économiques, notamment dans le domaine agricole, étaient perceptiles à Béthune en 1846 déjà. Dès 1847, un climat prérévolutionnaire planait sur la ville. Le dimanche 14 mars, donc, les sociétés patriotiques plus nombreuses qu'aujourd'hui-en particulier les associations d'anciens combattants, se rassemblent sur la place de la Sous-Préfecture. Un défilé, dans lequel figurent des sociétés sportives, des scouts, des délégations des écoles, traverse la ville jusqu à la place Saint Eloi et revient vers la Grand Place via l'Avenue Jean Jaurès pour planter un arbre de la liberté. En ce temps-là, non seulement l'harmonie municipale jouait la musique de la Marseillaise mais on en entendait aussi les paroles : grâce à l'Orphéon béthunois, un choeur qui a sombré dans l'oubli.
A.Willay (Parution dans La Voix du Nord, le 19 mars 2006)
Un artiste engagé de la Belle Epoque,
Après le carnaval, n'hésitez pas à visiter l'exposition présentée à partir de ce jour à la chapelle Saint-Pry. Elle rend hommage à un peintre originaire de Béthune : Aristide Delannoy (1874-1911).
Le parcours de ce dessinateur, passionné de peinture, a le mérité de montrer les limites de la liberté d'expression durant la Belle Epoque. Il faut dire que cet artiste, auteur de dessins pour le journal satirique l'Assiette au beurre, a été emprisonné pour avoir caricaturé un général. En fait, l'illustrateur béthunois dénonça les injustices sociales à une prériode que l'on qualifie actuellement de Belle Epoque.
Si l'on s'en tient à la présentation faite de cette période par les auteurs de l'Histoire de Béthune-Beuvry, la cité de Buridan "présentait un visage animé par le travail ou par les fêtes...Grâce à l'amélioration du niveau de vie, mais aussi de la politique habile des notables, Béthune était devenue un véritable centre festif". Cette image idéaliste de cette période est vite nuancée par les auteurs pour lesquels "la fête ne pouvait masquer la réalité quotidienne : pour beaucoup de béthunois...la vie restait dure : 11 heures de travail quotidien...".
Même si l'époque d'Aristide Delannoy fut une période heureuse, en comparaison du traumatisme des années 1914-1918, les historiens ont révisé ce tableau ydillique de cette France d'avant-guerre marquée par l'ancrage des idées républicaines. La Belle époque caractérisée par le foisonnement de la vie culturelle et artistique est également synonyme de difficultés sociales encore vivaces et de déclin démographique.
Les dessins de Delannoy dénonçant les injustices sociales comme ceux de nombreux caricaturistes restent un témoignage incontournable de cette époque. Ils constituent en tout cas une source à ne pas négliger pour mieux cerner l'Histoire de ces années d'avant guerre.
A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 26 mars 2006)
Vous avez un intérêt certain pour l'Histoire et en particulier celle de Béthune. Pourquoi ?
" J'ai découvert l'histoire de la ville de Béthune à travers mon métier : celui d'archiviste. En effet, une des missions essentielles d'un archiviste est le classement des documents afin de les rendre accessibles aux historiens. Pour exercer ce métier, on doit inévitablement aimer l'histoire car on travaille au plus près des documents, des plus anciens aux plus contemporains. Ces documents constituent un véritable matériau pour l'écriture de l'Histoire."
Justement, l'écriture de l'Histoire constitue une de vos nombreuses passions ?
" Oui, l'écriture de l'Histoire permet de la faire partager au plus grand nombre. C'est ce que je m'efforce de faire à travers les articles hebdomadaires publiés dans le journal La Voix du Nord. Ma pratique professionnelle quotidienne aux Archives municipales m'a fait remarqué que beaucoup de citoyens avaient besoin d'une information historique précise, courte et accessible (par exemple sur le beffroi, la confrérie des charitables ou encore sur l'histoire d'un quartier...) plutôt que d'absorber les pages d'un livre d'histoire par centaines. "
" 1877 : des saltimbanques et marchands forains sans emplacements ?"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1988 : visite du Président François Mitterrand
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
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