L'édito

    WILLAY1Cher(re) Visiteur(se),

"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).

Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.

Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.

J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.

       Bonne lecture,

Arnaud Willay
 
 
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Média

- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien. 

 

- 23 avril 2010 : France Bleu Nord : émission " 30 ans qu'on vous aime" animée par Emmanuel Dubois.Etape béthunoise sur la Grand Place le 23 avril 2010. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.

 

- 15 avril 2011 : France Bleu Nord, jeu la baraquaquizz animé par Emmanuel Dubois. Cliquez ici pour découvrir les questions historiques sélectionnées.  

 

- 31 mai 2011 : intervention sur Wéo (histoire du beffroi). Cliquez ici pour découvrir la vidéo extraite de l'émission KULTE.

 

- 21 octobre 2011 : France Bleu Nord, jeu la baraquaquizz animé par Agnès Delbarre. Cliquez ici pour découvrir les questions historiques sélectionnées...

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Les Maires de Béthune depuis le XVIIème siècle

  (Nommés par le Préfet ou élus par le conseil municipal)

   1692 : Maximilien De Boirrond 1698 : Jean Baptiste Wallart 1704 : Dupuich de Vauban 1765 : De Beaulaincourt 1769 : De Hame de Dixmude 1780 : Flahaut 1786 : Dupire d’Hinges 1789 : Eloi Boidin 1790 : Antoine de Bailliencourt 1792 : Benoît Broudou 1794 : François de Bailliencourt 1795 : André Eloi Carpentier 1804 : Jean Baptiste Delalleau 1815 : Alexandre Lemaire-Donze et Jean Baptiste Delalleau 1826 : Marquis de Baynast 1830 : Alexandre Lemaire-Donze 1832 : Louis Boidin 1837 : Henri De Bellonet 1862 :Charles Dellisse-Engrand 1870 : J. Hanon-Sénéchal 1871 : Charles Dellisse-Engrand 1878 : Aristide Hurbiez 1879 : Oscar Dupuich 1888 : Eugène Haynaut 1892 à 1907 : Alfred Legillon 1907-1908 : Jules Senis 19 mai 1912 : Pierre Rinquin 15 août 1917 : Alexandre Morel 16 avril 1919 : Félix Lejeune 1er décembre 1919 : Jules Senis 17 mai 1925 : Alexandre Ponnelle 19 mai 1929 : Alexandre Ponnelle 19 mai 1935 : André Legillon 12 avril 1940 : J. Guilbert 24 juin 1940 : Gustave Boudry 27 octobre 1941 : Charles Chartiez 25 novembre 1944 : Anselme Beuvry 19 mai 1945 : Anselme Beuvry 26 octobre 1947 : Anselme Beuvry 7 septembre 1951 : Henri Pad 7 mai 1953 : Henri Pad 15 mars 1959 : Henri Pad 1965 : Henri Pad 1971 : Paul Breynaert 1977 : Jacques Mellick 1983 : Jacques Mellick 1989 : Jacques Mellick 1995-1996 : Jacques Mellick mars 1996 : Claude Lagache Décembre 1997 : Bernard Seux 2001 : Bernard Seux 22 septembre 2002 : Jacques Mellick 21 mars 2008 : Stéphane Saint-André

 

Les Sous-Préfets de Béthune (1800-1946)

1800-1812 : Podevin 1813-1815 : Duplaquet mai 1815 : Bazenerye Août 1815-1830 : De Normandie 1830-1831 : Daquin 1831-1833 : Decourt 1833-1838 : Toupot de Bevaux 1838-1848 : Félix Lequien 1848-1849 : Dupire 1849-1853 : Guibourg 1853-1863 : Gosse de Gorre 1865-1870 : Massias 1870-1871 : Emile Dehair 1871-1873 : Comte de Belleval 1873-1876 : Attilius Calisti 1876-1877 : Najean 1877-1880 : Jalouzet 1880-1881 : Henri Loze 1881-1884 : Georges Louvel 1884-1885 : Bancelin 1885-1893 : Henri Mercier 1893-1896 : Marie François Vignerie 1896-1898 : Marie Joseph Giraud 1898-1902 : Yvan Lapaine 1902-1904 : Benoit Morain 1904-1905 : Alfred Lasserre 1905-1911 : Pierre Genebrier 1911-1914 : Jean Marie Laporte 1914-1918 : Adrien Bonnefoy-Sibour 1918-1928 : Myrtil Stirn 1918-1930 : François Natalelli 1930-1933 : Félix Giaccobbi 1933-16 juillet : Chéneaux de Leyritz 1933-17 juillet : Henry Chavin 1936-1939 : Robert de Bailly 1939-16 juillet : Alphonse Olivieri 1939-17 juillet :Pierre Brisset 1942-1943 : Victor Leydet 1943-1946 : Roger Pinel 1946-octobre : Georges Pé

 

   L’histoire des relations entre la France et l’Angleterre ressemble un peu à la forme du ballon utilisé hier par les acteurs de la demi-finale de rugby : elle ne tourne pas vraiment rond !
   Béthune a été le témoin des relations parfois conflictuelles entre la France et l’Angleterre. Des relations tendues qui n‘ont pas empêché le rapprochement. 
    Déjà, à l’époque des seigneurs de Béthune, on parlait des relations entre français et anglais. Au XIIIème siècle, Daniel, seigneur de Béthune s’illustra dans des conflits impliquant France et Angleterre. Eugène Béghin dans son Histoire de Béthune explique que « Daniel s’illustra dans les guerres de Flandres et d’Angleterre. Le lendemain de l’ascension 1216, il s’embarqua à la suite de Louis de France pour la conquête de l’Angleterre et à l’assaut de Douvres, il planta le premier sur la brèche son étendard décoré de ses armes ». Et que dire de la Guerre de cent ans entre les deux pays qui débuta en 1337, synonyme de combats acharnés n’ayant pas épargné la cité de Buridan. 
    Mais dès 1904, un tournant s’opère dans les relations franco-anglaises. Les accords conclus entre les deux pays, « l’entente cordiale », marquent le début d’une période de rapprochement. Un rapprochement qui allait s’avérer nécessaire pour faire face au séisme provoqué par les deux guerres mondiales. 
    Ainsi, la cité de Buridan a bénéficié de la solidarité anglaise. L’image marquante date du 4 septembre 1944 au moment où les anglais sont entrés dans la ville pour libérer les béthunois des souffrances accumulées pendant la deuxième guerre mondiale. 
    Au final, français et anglais ne sont plus en guerre. S’il fallait s’en persuader, on pourrait citer le jumelage entre Béthune et Hastings en 1972, à coup sur un des symboles de l’amitié naissante entre les deux nations.

         Arnaud WILLAY (parution dans la Voix du Nord, le 14 octobre 2007)

 

Par Arnaud Willay
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Elle est moins connue que les deux guerres mondiales qui ont ensanglanté l’Europe au XXème siècle. Toutefois la guerre de cent ans a marqué les XIV et XVème siècles. Elle a débuté il y a 670 ans, le 7 octobre 1337.  

   Le 7 octobre, le Roi d’Angleterre Edouard III lance un défi à son cousin le Roi de France, Philippe VI de Valois et revendique la couronne de France pour lui-même. C’était le début d’une guerre entre la France et l’Angleterre qui allait couvrir une vaste période, de 1337 à 1453 et concerner de nombreux monarques : cinq rois de France et autant de souverains anglais ont été concernés par ce conflit.

   Cette guerre a eu des conséquences sur Béthune. Impossible d’évoquer le passé de la ville à la fin du Moyen-Âge sans parler de la guerre de cent ans. C’est dans le cadre de ce conflit que Béthune résista aux attaques des armées flamandes. Un contexte guerrier que n’a pas manqué de mentionner Alain Derville dans l’histoire de Béthune-Beuvry : « La guerre reprit en 1346. Cette fois, ce fut du sérieux. Le roi anglais débarqua en Normandie et marcha à la rencontre de ses alliés flamands qui le 2 août envahirent l’Artois…Dans la nuit de l’assomption, ils arrivèrent sous Béthune…la belle résistance de la ville avait empêché la jonction des anglais et des flamands… ». Au delà de l’histoire locale, on peut s’interroger sur l’impact de ce conflit majeur.

   La guerre de Cent Ans a contribué à écrire une histoire faite de drames, de batailles acharnées. Ce conflit qui s’est étalé sur 116 ans a débuté par une querelle féodale et s’est achevée par une guerre entre deux monarchies ennemies. Il a surtout permis une consolidation de l'Etat français et la naissance d'une véritable conscience nationale commune des Flandres aux Pyrénées. 

       Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 octobre 2007)

 

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire seigneuriale/médiévale
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maximilien.jpg La période qui a suivi la Révolution française a été particulièrement agitée dans l’histoire de France. Loin de la sérénité affichée dans les 17 articles de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la fin du mois de septembre s’annonçait difficile pour la capitale des Flandres. 
   En effet, le Maire de Lille lançait un appel au secours, le 30 septembre 1792 : « Exposés au bombardement le plus vif de la part de l’ennemi qui ne cesse de tirer sur notre ville à boulets rouges et à bombes…nous prions au nom de la patrie de nous envoyer vos pompes….. ». 
Un appel désespéré dont l’écho arrivera jusqu’à la cité de Buridan. Des pompiers, une pompe à incendie, une mobilisation citoyenne…Béthune mit tout en œuvre pour permettre à Lille de repousser les assauts de l’ennemi….mais quel ennemi ?
   En fait, Lille a subi un siège du 29 septembre au 8 octobre 1792. En avril, l’Assemblée nationale déclara la guerre aux Pays-Bas autrichiens. 13000 autrichiens, commandés par Albert de Saxe décidèrent d’assiéger Lille. Les récits historiques sur ce siège mettent en évidence la violence de l’attaque : « le 29 septembre 1792, bombes et boulets rouges incendiaires pleuvent sur le quartier Saint-Sauveur et sur la Grand Place de Lille ». 
   Béthune connut de nombreux sièges, en particulier celui de 1710. En ce début de 18 ème siècle, la cité de Buridan du subir la menace des troupes anglo-hollandaises. Le siège se termina mal pour le gouverneur Dupuich-Vauban avec la capitulation de la ville le 29 aout 1710. 
   Des seigneurs de Béthune se sont aussi illustrés dans des sièges. C’est le cas de Maximilien de Béthune (notre photo), principal conseiller du Roi Henri IV. Maximilien joua un rôle décisif à la tête de l’artillerie lors du siège d’Amiens en 1597 qui se termina par une victoire française sur les espagnols.

 
      Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 septembre 2007)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Période révolutionnaire
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COLBERT-2-copie-1.jpg Depuis quelques jours, la question des retraites, qui nous concerne tous, revient sur le devant de la scène avec le dossier sensible des régimes spéciaux. Déjà, au 19ème siècle, les retraites étaient à l’ordre du jour du conseil municipal de Béthune.

   Les séances du conseil municipal au 19ème siècle étaient parfois le lieu de revendications sociales. C’est dans un contexte marqué par le régime autoritaire du Second empire que le conseil municipal s’est réuni le 14 février 1857. Le maire de la ville de Béthune Henri De Bellonnet devait statuer sur la demande d’établissement par les employés de la mairie d’une caisse de retraite en leur faveur. Aujourd’hui comme au 19ème siècle, la meilleure façon d’enterrer un problème c’est de créer une commission. Une commission municipale de 5 membres fut donc installée. Elle rejeta la demande d’établissement d’une caisse de retraite. 
    Si cette question des retraites a laissé des traces impérissables dans les archives communales, elle en laisse aussi dans celles de l’Etat. Car, c'est bien lui, soucieux d’attirer une main d’œuvre nombreuse malgré de faibles salaires qui est à l’origine du système de retraite. Le premier régime de retraite fut institué par le célébre Ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (photo ci-jointe) en 1681 au profit des marins. Puis l’Etat met en place un régime pour les personnels militaires en 1831. 
   L’Etat au 20ème siècle tente de généraliser le principe du droit à la retraite. La première tentative concernait en 1910 les retraites ouvrières et paysannes. Ce n’est qu’après 1945 que l’ordonnance du 19 octobre de cette année-là institue un régime dit général au profit de tous les salariés. A noter qu’en 1945, la durée de cotisation n’était que de 15 ans puis de 30 ans dès 1947. Aujourd'hui, elle risque encore de progresser !

          Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 22 septembre 2007)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire économique et sociale
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MENU-1.jpg Les frites moules sont aussi célèbres que les braderies de la rentrée. Dans son histoire, Béthune retiendra les grandes manifestations mais aussi les repas qui les ont acompagnées. 
   Les dossiers d’archives empilent souvent des discours, procès verbaux de réunion, plans ou autres documents administratifs. Mais, entre deux documents officiels, ces dossiers regorgent aussi de menus qui nous en disent plus sur les goûts culinaires de nos aînés. Des menus qui ont sans doute ouvert l’appétit de nombreux historiens. Alors, n’hésitez pas à passer à table en consultant deux dossiers conservés aux Archives municipales de Béthune : celui de l’inauguration de l’école Ferdinand Buisson et celui qui retrace la tenue du congrès des gardes d’honneur de Lorette. 
   Lors du 42 éme congrès des gardes d’honneur de Lorette, le 4 avril 1965, le programme était chargé. Messe à l’église Saint Vaast, cérémonie du souvenir au monument du 73ème Régiment d’Infanterie, réception à l’Hôtel de Ville. Un dimanche d’avril bien chargé qui a ouvert l’appétit des congressistes. Un banquet était justement prévu au foyer François Albert. La lecture du menu ne laissera personne indifférent : saumon rose à la parisienne, langue de boeuf sauce madère, roti de porc sauce d’auxel….
   Dix ans plus tôt, l’école Buisson était inaugurée en 1955. En effet, le groupe Buisson avait été dévasté par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce n’est que le 12 juin 1955 que le Directeur Général de l’enseignement et le Maire de Béthune Henri Pad allaient procéder à l’inauguration du groupe scolaire à l’occasion d’une grande fête de l’enseignement public. Aujourd’hui comme en 1955, Il n’y a pas de grandes fêtes sans grands repas. Celui prévu en 1955 était à la hauteur de l’événement : coq à la bière et sa garniture paysanne, jambon de pays à la gelée de porto, mille feuille vidille et bombe glacée. Presque une faute de goût : l'établissement avait été ravagé par les bombardements de la seconde guerre mondiale ! 

            
                Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 9 septembre 2007)
  

Par Arnaud Willay - Publié dans : Divers
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Beffroi-1.JPG Durant les travaux du parking souterrain, l’horloge du beffroi est restée désespérément figée à 9H15 à la grande surprise de nombreux béthunois. Déjà, au 19ème siècle, l’horloge faisait l’objet de toutes les attentions. 
    La question était suffisamment importante pour être inscrite à l’ordre du jour du conseil municipal du 3 novembre 1877, à l’époque où Charles Dellisse Engrand était Maire. Celle de transformer l’ancien cadran du beffroi en un cadran éclairé. En effet, « à l’occasion de la réparation de l’horloge du beffroi, Monsieur le Maire avait demandé à M. Beignet, horloger mécanicien ce que coûterait un cadran éclairé permettant de voir l’heure la nuit ». 
    Quelques mois auparavant, le 14 juillet 1877, le conseil vota un crédit et confia à Eugène Beignet, horloger mécanicien et fournisseur de la ville de Paris le soin de restaurer l’horloge du beffroi. Des horloges qui dateraient de la même époque que le beffroi de Béthune. 
    En effet, les premières horloges mécaniques seraient apparues au XIVème siècle. Au début, elles sonnaient les cloches et n’avaient pas de cadrans. Au XIXème siècle, l’industrialisation de l’horlogerie permettra à tous de posséder une horloge ou une pendule. D’ailleurs l’uniformisation du temps est devenu une nécessité à cette époque avec le développement du chemin de fer. La maîtrise du temps va avoir un intérêt certain dans les usines dans le contexte de la Révolution industrielle (mesure du temps de travail et de la productivité). 
    Dans son livre des beffrois et des hommes, Marie-Lavande Soleille Laidebeur insiste dans un chapitre consacré à l’horloge sur le rôle économique qu’elle pouvait avoir : « Les beffrois ont joué un rôle déterminant dans la structuration du temps. Pour les marchands, l’organisation de la cité et d’un réseau commercial à longue distance va imposer de compter le temps…le temps se renouvelle : il devient mesuré, orienté et perceptible. Il acquiert une valeur marchande ». 
    Il n’est donc pas étonnant de voir à côté du beffroi de Béthune, que les autres tours médiévales de la région possèdent une horloge : les beffrois d’Arras, Calais et de Dunkerque sont des exemples significatifs.

             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 19 août 2007)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Monuments béthunois
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Il y a des élus qui laissent un souvenir impérissable. Etait-ce le cas d’Anselme Beuvry, décédé il y a 56 ans jour pour jour, le 10 août 1951, et qui a laissé son nom à un Parc de la Ville ?  

    « Citoyen formé aux principes de liberté et de démocratie, Monsieur Anselme Beuvry ne pouvait ne pas être appelé par la vocation de la chose publique….son ardent patriotisme et les qualités personnelles que chacun lui reconnait le font tout naturellement désigner dès le départ des armées allemandes comme Maire de la ville ». Comme l’a rappelé le Sous-préfet Raymond Viguié lors des funérailles le 14 août, Anselme Beuvry fut élu Maire le 25 novembre 1944. C’est le 7 septembre 1951 que maitre Pad le remplaça. Celui qui fut jusqu’alors Adjoint au Maire ne manqua de rendre un hommage appuyé à Anselme Beuvry : « élu conseiller municipal le 10 décembre 1919, puis réélu et désigné adjoint au maire le 17 mai 1925, il prend alors une large part dans le plan de reconstruction de la ville…il s’attache spécialement à la reconstruction de notre Hôtel de ville et de notre école Sévigné, qui est l’une des plus belles du département… ». 
   L’évocation de l’école Sévigné n’est sans doute pas innocente. En effet, Anselme Beuvry débuta sa carrière dans l’enseignement en tant qu’instituteur attaché aux principes républicains et laïques instaurés par Jules Ferry à la fin du 19ème siècle. En 1920, il fut Président de l’amicale laïque de Béthune et membre de la ligue de l’enseignement. Un investissement qui lui valut d’être nommé au grade d’officier de la légion d’honneur en 1950. 
   La dernière cérémonie officielle présidée par Anselme Beuvry fut celle de l’inauguration du carillon du beffroi en juillet 1951. Pour ces dernières paroles officielles, le Maire s’adressa au beffroi « et toi vieux beffroi six fois centenaire. Sais tu que nous admirons ta noble robe grise légèrement patinée, que n’ont point verdie vent, pluie, neige, soleil… ». Comme ce géant de pierres, le nom d’Anselme Beuvry restera gravé dans l’histoire de Béthune.

               Arnaud WILLAY (parution dans La Vox du Nord, le 12 août 2007)

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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   Le 4 août constitue une date importante dans l’histoire de France. C’est le 4 août 1789 que les députés de l’Assemblée constituante proclamaient l’abolition des droits féodaux.

    L’abolition des droits féodaux signifiait la fin des privilèges. A Béthune, les privilèges octroyés par les seigneurs étaient consignés dans des chartes qui témoignaient de l’organisation de la ville. Ces documents étaient, à l’époque médiévale, des actes authentiques portant concession de droits. La charte de 1222 accordé par Daniel est considérée comme la charte communale de la ville. Celle de 1334 octroyée par Eudes IV de Bourgogne et Jeanne de France confirma l’octroi de tous les privilèges accordés aux béthunois. La charte du 27 octobre 1346 octroyée par Eudes de Bourgogne et Jeanne de France accordait aux habitants le droit d’édifier un beffroi avec cloches et prisons.
   Celle de 1060, moins connue a pourtant eu une importance particulière dans le passé de la ville.

   En effet, une charte datant de 1060 donnait au seigneur de Béthune Robert II le privilège de battre monnaie. Elle aurait été octroyée par le comte de Flandre Baudoin V pour dédommager la ville des déprédations commises sur son territoire.

   Comme le signale Marcel Demont dans sa thèse sur l’organisation municipale à Béthune sous l’ancien régime, ce privilège de battre monnaie indiquait que la seigneurie de Béthune avait une grande importance à la moitié du 11ème siècle. En effet, ce droit courant sous les Rois mérovingiens n’était au XIème siècle accordé que rarement et aux seigneurs les plus puissants. Même si ce droit de battre monnaie avait été donné au seigneur de Béthune et non pas à la ville elle-même, il faut dire que l’avantage pour la cité de Buridan était incontestable. Malgré les faibles renseignements historiques sur cette période, on sait que Béthune possédait vers 1150 un atelier monétaire. La frappe des pièces communales, les méreaux, constituait une source de revenu non négligeable pour la ville. Au XIème siècle comme aujourd’hui, l’argent constituait bien « le nerf de la guerre ».  

                  Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 5 août 2007)

 

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire seigneuriale/médiévale
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Avec la session extraordinaire du Parlement français et la cascade de projets de loi au programme des députés, la politique ne prend pas de vacances. En 1925, déjà, les béthunois avaient passé un mois de juillet très politique. 

 

    « J’ai accepté d’être candidat aux élections cantonales du 19 juillet 1925…tous ceux qui me connaissent savent que je ne brigue pas ce mandat pour satisfaire une ambition personnelle. A l’heure actuelle, les intérêts du pays sont gravement menacés à l’extérieur comme à l’intérieur. Nous sommes à la veille d’une crise économique, financière et sociale d’une extrême gravité et il faut sans tarder redresser la situation avec vigueur ». Cette déclaration datant du 12 juillet 1925 effectuée par le candidat républicain, le docteur Louis Leleu a le mérité d’être explicite. Elle place l’élection cantonale et ses enjeux nationaux au cœur du débat politique béthunois…en plein mois de juillet.

   Le sentiment exprimé quelques jours avant l’élection cantonale par le conseiller municipal de Béthune dépeint une situation nationale préoccupante comme le montraient les difficultés croissantes du gouvernement Herriot. La France connaît un déficit budgétaire persistant qui entraîne une dépréciation de la monnaie et une augmentation des prix. La démission du gouvernement Herriot en avril 1925 ne fait qu’accroître la crise politique… et les difficultés du cartel des gauches, coalition regroupant les radicaux et les socialistes.

   Sept jours avant l’élection, le docteur Leleu donna sa vision de la politique du pays : « au point de vue extérieure, la France doit avoir une politique digne de son passé et fidèle à ses traditions démocratiques…au point de vue intérieure, je désire une République ordonnée et réformatrice…au point de vue social, je suis partisan d’une politique généreuse et hardie de réformes ». Des critiques qui ont sans doute favorisé l’élection du docteur Leleu, candidat d’Union Républicaine face à ses adversaires socialistes et communistes, messieurs Vignon et Duport. D’ailleurs, la victoire de Leleu était analysée par la presse de l’époque comme une désapprobation du canton de Béthune vis à vis de la politique menée par le cartel des gauches. Une politique qui allait encore durer jusqu’en 1926 !

          Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 22 juillet 2007)

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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   Marcel Mansy est décédé le 28 juin dernier dans sa 103ème année à Perpignan. Avant de rejoindre le sud de la France, Marcel Mancy a marqué de son empreinte la vie béthunoise. Retour en forme d’hommage sur une vie bien remplie.  
   Le poète et écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor disait à propos de la mort d’un vieillard en Afrique : « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle »…et donc une partie de notre histoire qui s’en va. Une expression qu’il convient d’appliquer à Marcel Mansy, tant ses souvenirs accumulés après plus de cent ans de vie étaient précieux. 
   En effet, Il aura connu 15 présidents de la République (d’Armand Faillières à Nicolas Sarkozy), 9 papes (de Pie X à Benoit XVI). A Béthune, il travailla sous les ordres de 6 maires, de Alexandre Ponnelle à Henri Pad. Cet ancien cadre administratif qui intégra la mairie à l’âge de 21 ans a eu une action qui ne passera pas inaperçue dans l’histoire de la cité de Buridan. Une histoire locale dont il a connut les vicissitudes et les malheurs. 
    En effet, Marcel Mansy a été témoin des deux guerres mondiales dont il déplorait les horreurs. Durant le second conflit mondial, il fut nommé en 1943 au service de ravitaillement géré par la mairie. Son action fut positive à ce poste au combien important en temps de guerre : il a redressé en deux mois des finances défaillantes dont personne ne voulait plus s’occuper. 
   Marcel Mansy était aussi un pionnier. Il participa à la création de l’actuelle mutuelle des fonctionnaires des collectivités territoriales et du secteur hospitalier. Une initiative d’abord locale qui prit à sa grande surprise une ampleur nationale.       A Béthune, son implication dans la vie locale témoigne du dynamisme qui animait l’homme. Son action dans le secteur de l’enseignement lui valut d’être nommé à l’ordre des palmes académiques. La médaille d’honneur de la ville récompensa sa brillante carrière au service des béthunois. Et que dire de son implication dans la vie sportive récompensée par la médaille d’argent de l’éducation physique et des sports : athlétisme, natation, et football étaient ses sports de prédilection.  

                       Arnaud Willay (parution dans la Voix du Nord, le 15 juillet 2007)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Personnalités béthunoises
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L'article de la semaine

" En 1884, l'intervention malheureuse d'un député pour le maire "

 

Le feuilleton de l'été 2011

Episode 23: "En 1930...un Hôtel de Ville qu'il fallait meubler"  

Béthune : les grandes dates

GRAND PLACE BLOG 


1188
 : naissance de la confrérie des Charitables

 

1346 : première construction du beffroi

 

1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt

 

1810 : Visite de Napoléon Ier

 

1815 : passage de Louis XVIII

 

1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques

 

1916 : Visite du Président Raymond Poincaré

 

1918 : destruction du centre ville

 

1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur

 

1927 : inauguration de l’église Saint Vaast

 

1928 : inauguration du monument aux morts

 

1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce

 

1944 : libération de Béthune

 

1945 : visite du Général De Gaulle

 

1951 : inauguration du Carillon

1959 (25 septembre) : visite de Charles de Gaulle, Président de la République

1961 : inauguration de l’usine Firestone

 

1964 : inauguration de l’avenue Kennedy


1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A) 

1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement

1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale 

1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique

 

1983 : inauguration de la Sous-préfecture


1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France

1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)

 

1987 (22 juin) : inauguration de la galerie des treilles 

 

1988 : visite du Président François Mitterrand

 

1989 (17 janvier) : Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à l'action humanitaire à Béthune

 

1992 (19 décembre) : inauguration de la gare

 

1995 (26 janvier) : inauguration du siège national des Voies Navigables de France

 

2001 : la Mairie classée à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques

2005 : le beffroi classé au patrimoine mondial de l'UNESCO

2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture

 

2011 : Béthune, Capitale Régionale de la Culture

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