(Nommés par le Préfet ou élus par le conseil municipal)
Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
- 23 avril 2010 : France Bleu Nord : émission " 30 ans qu'on vous aime" animée par Emmanuel Dubois.Etape béthunoise sur la Grand Place le 23 avril 2010. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
- 15 avril 2011 : France Bleu Nord, jeu la baraquaquizz animé par Emmanuel Dubois. Cliquez ici pour découvrir les questions historiques sélectionnées.
- 31 mai 2011 : intervention sur Wéo (histoire du beffroi). Cliquez ici pour découvrir la vidéo extraite de l'émission KULTE.
- 21 octobre 2011 : France Bleu Nord, jeu la baraquaquizz animé par Agnès Delbarre. Cliquez ici pour découvrir les questions historiques sélectionnées...
(Nommés par le Préfet ou élus par le conseil municipal)
La célèbre émission télévisée de l’été Intervilles ne s’arrêtera pas à Béthune. Pourtant, dans les années 1960, Béthune participait aux
intermines.
A la fin des années soixante, les villes du bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais étaient sélectionnées pour participer
aux intermines, inspirées directement des intervilles.
En 1965, Béthune avait été choisie pour participer à cette édition des
intermines animée par Guy Lux. La participation béthunoise avait été entérinée par la commission des fêtes présidée par le maire Henri Pad. Béthune devait rencontrer Noeux les Mines le 2
septembre 1965 dans un match éliminatoire qui pouvait mener aux demi-finales prévues à Béthune le 21 octobre. Au programme pour les béthunois, des épreuves sportives (bataille de polochons, tir à
la corde, épluchage de pomme de terre) mais aussi des épreuves d’érudition sur l’histoire des mines. Cette dernière épreuve était loin d’être anodine.
En effet, au delà de l’anecdote sur la participation béthunoise à ces intermines, il est intéressant de voir le rôle essentiel joué par les mines et l’activité
charbonnière il y a près de cinquante ans. En effet, l’industrie charbonnière a fortement marqué la région, avec des moments heureux et malheureux. Rappelons-nous la tragique catastrophe de
Courrières du 19 mars 1906.
Dans un contexte lié à la Révolution industrielle et à l’extraction du charbon, Béthune devient
un important centre de batellerie et embarcadère de charbon. Mais, contrairement à une ville comme Lens, Béthune n’était pas au cœur du bassin minier. D’ailleurs, la compagnie des mines de
Béthune apparue à la moitié du 19ème siècle exploitait le charbon à Mazingarbe, Vermelles ou Bully….loin de la cité de Buridan.
Grâce à un bon parcours dans les questions sur le passé des mines, la petite histoire retiendra que Béthune s’imposa devant Noeux 12 points à 2. Des participants qui ont toutefois
séché sur cette question historique qui vous laissera peut être ce dimanche dans l’expectative : en quelle année un puits artésien creusé dans un jardin près d’Oignies pour chercher l’eau
rencontra-t-il la houille? La réponse se trouve dans notre édition du ….26 septembre 1965.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 8 juillet 2007)
C’est en 1841 que les travaux pour rechercher l’eau avaient débuté à Oignies. Mais, on trouva du charbon.
Même si le temps n’est pas clément, ce début du mois de juillet marque le départ de la saison estivale. Une période qui sera propice à l’envoi de cartes postales. Des cartes qui constituent des documents importants pour retranscrire l’ambiance d’une époque.
« Ma chère nièce Julie je suis toujours en bonne santé mais à présent on nous
laisse pas beaucoup le temps de penser à sa famille…il faut bien se préparer pour la guerre (le 28 aout 1914)…. ".Quatre ans plus tard, une autre carte béthunoise exprime des
espérances : « J’espère que Gabriel est toujours en bonne santé et espérons que cette guerre finira
bientôt… ».
Ce dernier témoignage daté du 7 mai 1918 montre combien les écrits qui se trouvent au dos des cartes
postales peuvent constituer des sources importantes pour retracer le passé d’une ville. Un témoignage particulièrement clairvoyant car le premier conflit mondial aura pris fin quelques mois plus
tard le 11 novembre 1918, date de l’armistice signé à Rethondes.
Loin des paysages d’une ville meurtrie par la guerre, les
cartes postales existantes sur Béthune depuis le début du vingtième siècle laissent une place de choix à la représentation du beffroi. Si le géant de pierre a été édifié au quatorzième siècle,
l’histoire de la carte postale remonte au 19ème siècle. C’est l’Autriche qui fut son berceau. Elle est née à Vienne le 1er octobre 1869 grâce à l’action du professeur
Emmanuel Hermann. La carte postale fera son apparition en France au début des années 1870 et se développa sous la Troisième République, en étant présentée dans les bureaux de poste. A la fin du
XIXème siècle, les cartes postales seront illustrées et permettront à la photographie de se diffuser.
Avec
l’exposition universelle de Paris en 1900, la carte postale prendra un essor considérable. Elle connaitra un âge d’or jusqu’à la fin du second conflit mondial. Un succès d’autant plus important
que les journaux comprenaient peu ou pas de photographies. Ce sont les cartes postales qui ont véhiculé après 1918 les images saisissantes de Béthune en ruine de l’Hôtel de ville au beffroi en
passant par l’église Saint Vaast. Des images qui plus que les récits historiques marqueront encore pour longtemps la mémoire de générations de béthunois. D’autant plus qu’elles sont précieusement
conservées aux Archives municipales et au Musée d’Ethnologie Régionale.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 1er juillet 2007)
Les députés élus dimanche dernier représenteront les 577 circonscriptions électorales qui constituent une des bases de l’organisation administrative du pays. A
la fin du 18ème siècle, son organisation était tout autre.
La Révolution française de 1789, moment important de l’histoire de France a marqué à Béthune comme ailleurs la fin de l’Ancien
Régime.
C’est dans ce contexte révolutionnaire que l’Assemblée Constituante désirait remplacer les provinces d’Ancien Régime en
mettant en place une nouvelle organisation administrative. Le département du Pas-de-Calais est divisé en huit districts qui sont ceux d’Arras, Bapaume, Béthune, Boulogne, Calais, Montreuil, Saint
Omer et Saint Pol. Celui de Béthune. Il comportait neuf cantons : Béthune, Beuvry, Carvin, Hersin, Houdain, Lacouture, Laventie, Lillers,
Saint-Venant.
L’histoire de Béthune-Beuvry nous donne des indications précises sur l’organisation administrative post
révolutionnaire : « aux provinces succédèrent les départements divisés en districts, cantons et communes. Une compétition s’ouvrit pour le choix
du chef lieu du département du Pas-de-Calais : Béthune allégua qu’elle se situait entre Arras et Saint Omer et qu’elle bénéficiait de communications par terre et par eau. Arras l’emporta en
mars 1790 et Béthune devient chef lieu d’un des huit districts du département… ». Cette « rivalité » entre Arras et Béthune en cette fin de 18ème siècle ne devait
pas faire oublier les liens entre les deux villes comme le souligne Marcel Demont dans sa thèse sur l’organisation municipale à Béthune sous l’ancien régime. En effet, les seigneurs de
Béthune avaient aussi le titre d’avoué d’Arras. Ce titre héréditaire d’avoué d’Arras impliquait des obligations comme celles de défendre l’abbaye de Saint Vaast d’Arras. Un titre qui était
également prestigieux à porter pour les seigneurs de Béthune.
En 1790, au moment de la naissance du district de Béthune et de la nouvelle organisation administrative, la cité de Buridan était devenue
une ville florissante. Bénéficiant d’une excellente situation géographique, d’une position militaire enviable, la ville avait été gérée efficacement par les échevins. Il ne restait plus qu’au
nouveau corps municipal emmené par l’avocat Eloi Boidin à assurer la renommée du district de Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 24 juin
2007)
Ce dimanche les députés qui siègeront durant cinq ans à l’Assemblée
nationale seront désignés. Dans l’histoire de France, l’organisation politique a souvent laissé place à des assemblées…la Convention nationale étant un exemple parmi tant d’autres.
« Tous les cultivateurs sont en réquisition pour garnir et approvisionner
les marchés en quantité suffisante, de toute espèce de denrées, et sur tout de grains…..s’il est nécessaire de se servir de la réquisition forcée pour parvenir à faire approvisionner les marchés,
les comités révolutionnaires des communes, devant présumer qu’il existe encore une coalition perfide d’individus, qui au milieu de l’abondance veulent perpétuer la disette, feront informer contre
ceux qui, n’ayant pas conduits de grains aux marchés, paroitront être entrés dans cette coalition et les feront arrêter comme suspect ». Cet extrait du registre des arrêtés du Comité de
salut public de la Convention nationale en date de l’an II de la République (1793-1794) explique en fait que pour le district de Béthune, un officier municipal constatera chaque jour de marché
les différentes catégories de grains qui y seront apportés.
Cette mesure prise sous
la Convention nationale, nom donné à l’assemblée qui succéda à l’Assemblée législative de 1792 à 1795 est révélatrice de la situation économique à Béthune durant cette période révolutionnaire.
D’ailleurs, en écho à cet arrêté du comité de salut public de la Convention Nationale, l’historien Louis Trenard dans le chapitre sur l’ère des Révolutions dans l’histoire de
Béthune-Beuvry signale que « la campagne agricole de 1792 s’annonçait mal » parlant de raréfaction des
denrées.
Pour comprendre cette situation tendue et la réquisition des grains, il faut replacer ces propos dans un contexte
plus global. Si la situation économique semblait difficile, la situation militaire était marquée par une grande instabilité. En avril 1792, Louis XIV déclare la guerre à l’archiduc d’Autriche ce
qui entraina l’invasion de Lille par l’Autriche. Béthune envoya même une compagnie militaire pour aider la capitale des Flandres, contribuant à repousser l’invasion
ennemie.
Quelques années après la Révolution française, force est de constater qu’à Béthune, comme ailleurs, la Convention
Nationale voulait « faire renaître l’abondance dans l’étendue de la République » selon l’expression consacrée en 1793.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 17 juin
2007)
Dimanche prochain, se déroulera le premier tour des élections législatives. En 1962, les béthunois avaient du prendre le chemin des urnes
suite à la dissolution de l’assemblée qui a provoqué des élections.
Le 10 octobre 1962, le Général De gaulle dissout l’Assemblée nationale après que l’opposition ait adoptée une motion de censure contre la proposition de référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel direct.
Les électeurs de la 9ème circonscription du Pas de Calais qui englobait Béthune avaient le choix entre plusieurs candidats lors du premier tour qui s’est déroulé le 18 novembre 1962 : Charles Dubout (Association pour le soutien de la Vème République), Roger Delporte (Union Républicaine), Maurice Cassez, député sortant qui représentait le mouvement républicain populaire, Jacques Vincent (Parti socialiste) et Edouard Carlier pour le Parti communiste.
Au regard des résultats des deux tours, force est de constater qu’Edouard Carlier a dominé les débats. Après avoir obtenu 11809 voix sur les 41418 suffrages exprimés, Edouard Carlier fut élu député le 25 novembre 1962 en obtenant 19172 voix sur 44323 suffrages exprimés. Il devint un personnage de premier plan dans le Béthunois.
Sa profession de foi nous en dit plus sur le député communiste. Ce syndicaliste connait bien Béthune. Dans les années 1930, il fait partie de la délégation qui avec les socialistes béthunois a réalisé l’unité d’action et le Front populaire. Il adhéra au Parti communiste en 1933 et participa aux manifestations contre le fascisme. Après avoir participé aux grèves de 1938, il subit la répression et se trouve déplacé dans d’autres dépôts. Il revient à Béthune en 1940 pour constituer un groupe de résistance en juillet 1940. Il lutta ainsi contre l’occupant jusqu’à la libération.
Edouard Carlier a toujours défendu la cause des travailleurs. Pour lui, tirant les leçons du contexte national, il estimait que
« le parti communiste est l’élément essentiel et le plus solide de l’opposition renforcée au pouvoir personnel ». En 1962, Les électeurs de
la 9ème circonscription avaient donc été convaincus par ses propos offensifs à l’égard du pouvoir en place. Il allait pouvoir rejoindre les 40 autres parlementaires communistes à Paris
pour défendre les intérêts de la circonscription.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3juin 2007)
Ce week end, Béthune vit au rythme des festivités des fêtes de la Pentecôte. Cette célébration est loin d’être une nouveauté. La cité de Buridan fêtait déjà la Pentecôte dans les années
soixante.
La pentecôte est une grande fête chrétienne, qui à l’origine était une fête juive. L’instauration de cette fête marque le début de l’expansion du christianisme parmi les juifs et dans le monde méditerranéen. Jusqu’au Concile Vatican II, le lundi de Pentecôte était une fête d’obligation durant laquelle l’Eglise s’adressait aux nouveaux baptisés. Le lundi de Pentecôte avait même suscité une polémique autour de ce jour férié chômé.
A Béthune, la pentecôte fait partie des grandes animations de la ville. Même si par rapport au années 1960, les festivités ont un peu évolué, les animations proposées les 1er, 2 et 3 juin 1963 présentaient quelques similitudes avec celles actuellement en place. La municipalité dirigée par Henri Pad proposait en 1963 une course cycliste, une exposition de machines agricoles et de matériel de ferme. Comme en 2007, l’agriculture était à l’honneur. Il faut dire que l’arrondissement de Béthune avait des atouts pour favoriser le développement de l’agriculture. Au nord de Béthune, l’irrigation de cette vaste zone humide qu’est le Bas-Pays permet selon un guide touristique sur Béthune édité dans les années 1930 par le Syndicat d’initiative « une culture intensive dont les rendements dépassent les moyennes courantes ». Le Haut pays situé à l’ouest et au sud ouest de Béthune « possède un sol plus sec de composition différente, qui donne également de bonnes récoltes ». Au sud est de la ville, le sol peu riche de la plaine de Lens « a pu être rendu fertile grâce à la ténacité et à l’intelligence d’un grand agriculteur ».
8000 fermes, 64 000 hectares de terres labourables…ces quelques chiffres résument à eux
seuls la puissance agricole de l’arrondissement de Béthune. Il n’est donc pas étonnant que le guide touristique illustré édité par le syndicat d’initiative parlait d’une « culture faite de façon raisonnée, industrialisée et intelligente ». Il n’est donc pas surprenant que des dizaines d’années plus tard, les fêtes béthunoises
de la Pentecôte rendent un hommage au secteur agricole.
Arnaud Willay (parution
dans La Voix du Nord, le 27 mai 2007)
Illustration : une partie de l'affiche de la Pentecôte en 1963. Pour la petite histoire, l'affiche diffusée en 1963 mesurait 80 x 170 cm !
Ce dimanche 20 mai, l’ambiance va être festive autour des animations du festival de rue Z’ArtsUp!. Il y a 82 ans, le 20 mai 1925, Béthune rendait un dernier
hommage à Pierre Rinquin.
Originaire de Bretagne, Pierre Rinquin est arrivé dans la cité de Buridan en qualité d’inspecteur de l’enseignement primaire. C’est le 19
mai 1912 qu’il fut proclamé maire par le Conseil municipal à une large majorité (24 voix contre 1 à Jean Rey). Dès son élection, il donna des gages de bonne gestion et montra son ambition
pour la ville: « la nouvelle municipalité ne vous proposera pas des dépenses exagérées ou inutiles…..elle tiendra à l’honneur de maintenir notre cité
au rang qu’elle s’est acquis comme ville de chef lieu d’arrondissement…. »
De 1912 jusqu’au terme de son mandat
le 15 août 1917 en plein premier conflit mondial, que peut on retenir de l’action de Pierre Rinquin ?
Le mandat de Pierre Rinquin a surtout été marqué par l’actualité internationale et le déclenchement de la première guerre mondiale. Dès 1915, il a du gérer les conséquences financières du conflit et engager des frais de mobilisation. En effet, dès 1915, les bombardements de la ville ont endommagé les bâtiments communaux. Il débloqua des crédits spéciaux pour réparer les dommages de guerre.
Loin des affres de la guerre, Rinquin a connut des moments plus festifs comme l’ouverture du théâtre municipal le 6 décembre 1912.
Les paroles en forme d’hommage qui résonnèrent durant ces funérailles résument à elles seules l’action de Pierre Rinquin : « aux heures sombres de la guerre, Monsieur Rinquin Maire de Béthune a pu donner quoi qu’on ait pu dire, de nombreux exemples de courage civique, même en face d’une administration qui n’eut pas toujours la faveur de l’opinion ». Sa fidélité à la ville est toujours restée intacte : « en attendant la reconstruction de son habitation, Monsieur Rinquin vint se retirer avec les siens à Villeneuve Saint Georges avec la ferme intention de revenir à Béthune…. Après chaque apparition, il repartait le cœur gros, les yeux mouillés, désespéré de ne pouvoir passer ses derniers moments dans la ville qu’il avait aimée et pour laquelle il avait gardé toute son affection ».
Le jour même de sa mort le 17 mai 1925, Alexandre Ponnelle fut proclamé Maire. A cet instant, Pierre Rinquin entrait dans l’histoire de la
ville.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 20 mai 2007)
Dimanche dernier, le suffrage universel a désigné le sixième président de la cinquième République. Nul doute que celui qui
prendra se fonctions le 16 mai prochain a reçu de nombreux messages de félicitations. C’était le cas pour Jules Grévy à la fin du 19ème siècle.
« Sur la proposition de Monsieur Dupuich, le conseil municipal, prenant la plus vive part à l’élan patriotique soulevé dans la nation presque toute entière par l’élection de Monsieur Jules Grévy à la présidence de la République décide à l’unanimité d’adresser au nouveau Président la dépêche suivante : la municipalité et le conseil municipal républicain de la ville de Béthune ont l’honneur de présenter à Monsieur Jules Grévy….les respectueux hommages de leurs félicitations et de leur dévouement ». Cette délibération prise le 2 février 1879 par le Maire Hurbiez saluait l’élection de Jules Grévy le 30 janvier 1879. En effet après Charles Dellisse Engrand qui fut battue en 1878, des municipalités républicaines allaient se succéder à Béthune parmi lesquelles celle dirigée par Aristide Hurbiez. A cette époque, la ville se transformait avec l’ouverture de nouvelles rues : le renouvellement urbain était en marche.
Sur le plan national, le prédécesseur de Grévy, Maurice de Mac-Mahon, connaissait quelques difficultés. Celui qui fut le troisième président de la République française s’était vite trouvé en difficulté face à la montée des républicains et la défiance du Parlement.
Devant affronter cette situation de défiance, Mac-Mahon démissionna. Jules Grévy, républicain modéré fut élu par les parlementaires. En effet, en 1879, la désignation du chef de l’Etat ne s’effectuait pas au suffrage universel direct comme c’est le cas actuellement.
Celui qui favorisa l’éclosion d’une République parlementaire fut très attaché aux idéaux de paix. En politique intérieure, il a garanti les droits du parlement. Le Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat devient le pouvoir dominant.
Contrairement à Patrice de Mac-Mahon, Sadi Carnot, Raymond Poincaré, Charles De Gaulle et François Mitterrand, Grévy ne serait jamais venu à Béthune. D’ailleurs, aucune rue béthunoise ne porte son nom !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 13 mai 2007)
Illustration : Jules Grévy, Président de 1879 à 1887.
Dans deux jours, toutes les communes de France commémoreront la fin de la seconde guerre mondiale. Béthune qui s’apprête à commémorer le 62ème
anniversaire de cet événement n’avait pas oublié le 30ème anniversaire…en 1975.
Le 8 mai 1945, la seconde guerre mondiale se termine officiellement au lendemain de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. 30 ans après, la cité de Buridan n’a pas manqué de célébrer l’anniversaire de cet événement qui marquera à jamais le continent européen. Une célébration nécessaire quand on sait que Béthune a particulièrement souffert de l’occupation allemande et de l’installation d’une kommandantur.
En 1975, la ville libérée le 4 septembre 1944 a donc pour marquer l’événement voulue honorer la mémoire d’un ancien résistant. Le jeudi 8 mai 1975, la ville avait prévue l’inauguration de la place du capitaine Michel, ancien chef du réseau Sylvestre-Farmer. Pour l’occasion, le consul Général de Grande-Bretagne Wilcox a honoré cette manifestation de sa présence.
Le réseau Sylvestre est un réseau de résistance qui a opéré dans la région entre 1942 et 1945 et fondé par Michael Trotobas connu dans la clandestinité sous le pseudonyme de « capitaine Michel ».
Le site Internet de la Fondation de la résistance nous livre des indications précieuses sur le résistant. Ce militaire anglais est engagé dans le corps expéditionnaire anglais dès 1940 pour faire face à l’invasion de la Belgique et du nord de la France. Il devient agent d’un organisme anglais qui constituait des réseaux clandestins pour lutter contre les occupants allemands. Il fut chargé d’organiser un réseau dans la région Nord Pas de Calais. C’est dans ce contexte qu’il s’engagea dans le réseau Sylvestre-Farmer. Ce réseau était en autre chargé de faire dérailler des trains de munition allemand sur la ligne Lens-Béthune. En novembre 1943, il fut abattu par des policiers allemands.
La place du capitaine Michel inaugurée en 1975, qui existe encore aujourd’hui, témoigne de la volonté de la municipalité d’honorer la mémoire des anciens résistants. En célébrant tous les ans l’anniversaire du 8 mai, les villes françaises honorent les Hommes qui ont résisté à l’oppression allemande. Un devoir de mémoire plus que jamais nécessaire.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 6 mai 2007)
Illustration : plaque comémorant la mémoire du capitaine Michel
" En 1884, l'intervention malheureuse d'un député pour le maire "
Episode 23: "En 1930...un Hôtel de Ville qu'il fallait meubler"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1987 (22 juin) : inauguration de la galerie des treilles
1988 : visite du Président François Mitterrand
1989 (17 janvier) : Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à l'action humanitaire à Béthune
1992 (19 décembre) : inauguration de la gare
1995 (26 janvier) : inauguration du siège national des Voies Navigables de France
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
2011 : Béthune, Capitale Régionale de la
Culture
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