En cette fin de mois de novembre, la politique est omniprésente dans l’actualité. Il y a cinquante ans, en novembre 1958, c’est l’élection des députés de la première législature qui retenait toutes les attentions.
Les 23 et 30 novembre 1958, les béthunois étaient appelés aux urnes pour l’élection des députés. Ils avaient le choix entrent plusieurs candidats qui briguaient les suffrages des électeurs de la neuvième circonscription du Pas-de-Calais : Emile Vanrullen, Sénateur et adjoint au Maire de Béthune représentait la SFIO (Section française de l’Internationale Ouvrière). Le parti communiste était représenté par Edouard Carlier, conseiller municipal de Béthune. Béthune n’était pas la seule commune concernée par l’élection. Le Maire de Locon, Maurice Cassez briguait aussi la confiance de l' électorat sous l’étiquette de l’Union Nationale, démocratie chrétienne.
Les électeurs de la 9ème circonscription ont finalement permis à ce dernier magistrat d'accèder aux sièges de l'assemblée Nationale.
Les béthunois l’ont, pour leur part, placé en tête. Sur les 11095 votants, 5458 ont choisi le programme de la démocratie chrétienne. Au niveau national, Maurice Cassez réaffirmait son attachement au Général De Gaulle. Sur le plan local, il voulait militer pour l’implantation d’usines nouvelles. Trois ans après, le 21 septembre 1961, l’usine Firestone est inaugurée à Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 30 novembre 2008)
Le 1er octobre dernier, le sénateur des Yvelines Gérard Larcher a été élu à la présidence du Sénat avec une volonté : rénover l’institution. Il faut dire que la chambre haute du parlement français est peu connue. Pourtant, elle a vu passer nombre de sénateurs.
Le 23 octobre 1922, la France apprenait la mort du vice-président du Sénat, Louis Boudenoot. Une nouvelle qui a affecté les habitants du département. En effet, Louis Boudenoot, sénateur du Pas-de-Calais a très vite embrassé une carrière politique.
Elu en 1885 conseiller général du canton de Fruges, il dota le département de son premier réseau de voies ferrées d’intérêt local. En 1889, il fut élu député représentant à Paris l’arrondissement de Montreuil sur Mer. C’est à l’occasion d’une sénatoriale partielle en 1902 motivée par le décès de l’ex-directeur des mines de Bruay qu’il entra au Sénat.
Celui qui est intervenu dans de nombreux débats nationaux comme celui de la séparation des Eglises et de l’Etat jouissait d’une réelle
popularité….jusqu’à Béthune. Des élus béthunois qui avaient tenu à lui rendre un hommage appuyé. Les édiles qui entouraient Jules Senis lors du conseil municipal du 3 novembre 1922 étaient
unanimes pour saluer l’action du sénateur en raison des nombreux services qu’il a rendu au département, à l’arrondissement et à la ville. Une unanimité pas si fréquente dans le monde politique
!
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 12 octobre 2008)
On a
tendance à l’oublier mais ce dimanche est marqué par le 50ème anniversaire de l’adoption du référendum sur la constitution de la Vème République.
Le 28 septembre 1958, les français votaient pour une nouvelle constitution. Approuvée par une grande majorité, la Constitution qui instaure la Vème République mettait fin à l’instabilité gouvernementale qui caractérisait la IVème République.
En effet, au cours des douze années qui marquèrent cette République, vingt quatre gouvernements se sont succédés. Une instabilité génératrice d’immobilisme, le régime étant incapable de régler les problèmes posés à la société française. Une nouvelle constitution s’imposait donc.
L’arrondissement de Béthune approuvait massivement la nouvelle
constitution avec 68 % en faveur du oui. Les béthunois ont également placé le oui en tête. Sur les 11296 votants répartis sur les 6 bureaux au Foyer François Albert, 9249 électeurs ont voté pour
le texte constitutionnel soit 81 %. Un tel résultat en disait long sur l’instabilité qui régnait sous la IVème République. Cinquante ans après, le texte voté en 1958 a montré son efficacité, même
si entre-temps, des révisions constitutionnelles sont intervenues.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 septembre 2008)
Les visites préfectorales à Béthune, en plein été, sont rares. A la fin du mois de juillet 1967, la ville
organisait une réception à l’occasion du départ du Préfet du Pas-de-Calais, Jean Tomasi, remplacé par Gabriel Eriau.
Il y a des préfets dont le passage dans le département ne passe pas inaperçu. L’action de Jean Tomasi, Préfet du Pas-de-Calais de 1963 à 1967, a été
remarquable et remarquée. C’est en tout cas l’opinion émise par les élus béthunois qui, à l’occasion de sa nomination à Rouen, tenaient à rendre un hommage appuyé à l’action du représentant de
l’Etat.
Une manifestation de sympathie
avait été programmée à l’Hôtel de Ville le 27 juillet 1967. De la sympathie, les béthunois pouvaient en avoir pour le Préfet Tomasi. En effet, c’est lui qui a permit l’inscription au Plan de
plusieurs dossiers béthunois : piscine olympique, exécution de la 3ème tranche de logements de la ZUP, l’Institut Universitaire de technologie….
Pour la petite histoire, on notera que le Maire de Béthune, Maitre Pad, remit au Préfet un globe terrestre. Un cadeau qui a sans doute donné des idées
de vacances à Jean Tomasi avant sa prise de fonction dans le département de la Seine-Maritime.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 27 juillet 2008)
En ce 15 juin 2008, les français suivent attentivement les matchs de l’équipe de France à l’euro 2008. Il y a 39 ans, le 15 juin 1969, c’est l’issue du scrutin présidentiel qui retenait l’attention.
Au début de 1969, le « Grand Béthune » vit au rythme des visites officielles, manifestations et autres inaugurations : visite du Premier Ministre Maurice Couve de Murville, renforcement des liens avec Sully sur Loire, la Grande résidence dispose d’un centre commercial, Maurice Schumann (Ministre des affaires sociales) ouvre la campagne du référendum….
Un référendum qui sera fatal au Général de Gaulle. La démission du Général a d’ailleurs provoqué l’organisation d’un scrutin présidentiel, les 1er et 15 juin 1969.
Sept candidats étaient en lice au premier tour parmi lesquels le Président du Sénat Alain Poher, le Premier Ministre de 1962 à 1968, Georges Pompidou. Avec Jacques Duclos pour le parti communiste, Gaston Defferre pour le parti socialiste et Alain Krivine pour la ligue communiste révolutionnaire, la gauche était divisée.
Au premier tour, les 11503 électeurs béthunois votants ont placé Georges Pompidou en tête avec 5365 voix, devançant nettement le candidat communiste (2427 voix).
Le 15 juin 1969, les 10260 béthunois votants ont confirmé leur préférence du premier tour pour Georges Pompidou qui recueillait 5871 voix…Majoritaire en France, Pompidou venait d’inscrire son nom à l’histoire de la Vème République.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le
15 juin 2008)
A un moment où le 40ème anniversaire de mai 1968 est dans tous les esprits, on a tendance à oublier que quelques mois après
ces événements, les français étaient appelés aux urnes….. il ya exactement 39 ans.
Avant 1969, les
béthunois avaient été consultés à l’occasion de 4 référendums qui marquaient les débuts de la Vème République. A côté des 2 référendums sur l’Algérie (janvier 1961 et avril 1962), deux
consultations touchaient à l’organisation même de la République : celle de septembre 1958 sur le Constitution de la Vème République et celle d’octobre 1962 sur l’élection du Président de la
République au suffrage universel.
La consultation proposée le 27 avril 1969 concernait
l’organisation même des institutions. Charles De Gaulle lancait un projet de réforme du Sénat et de création des régions pour lequel il sollicita l’avis du peuple. Le non l’emporta le 27 avril
1969, ce qui provoqua la démission du Général.
Les résultats béthunois allaient à contresens
de ceux exprimés par les français. Les 11726 électeurs ont approuvé le projet gaulliste par 6123 voix contre 5603 au non. Avec ce vote, les béthunois restaient dans la lignée des précédentes
consultations de la Vème République. Que ce soit en 1958, 1961 ou 1962, le oui l’avait largement emporté dans la cité de Buridan.
L’histoire du 27 avril 1969 ne s’écrira qu’une fois. Celle des référendums
fera toujours couler beaucoup d’encre.
Arnaud WILLAY (parution dans La voix du Nord, le 27 avril 2008)
Illustration : une statue érigée à Béthune en hommage au Général
Cette semaine, Jean-Michel Bédécarrax, nouveau Sous-préfet de Béthune a pris ses fonctions. Felix Lequien (1838-1848), Myrtil Stirn dès
1918…. Béthune en a connu plus d'un. Retour en 1862….sous le Second empire.
Au 19ème siècle, Béthune a connu la formidable expansion du chemin de fer. Parallèlement, le transport routier était en plein essor. Un
projet avait été préparé pour élargir la route impériale n°41 de Saint Pol à Lille.
Mais, l’empire napoléonien voulait imposer à la ville une contribution de 10000 francs alors que dans d’autres villes, aucune participation n’avait
été demandée.
Dans une lettre en date du
6 novembre 1862, le Sous-préfet informait le Maire, Charles Dellisse-Engrand que « sur son refus de contribuer jusqu’à concurrence d’une somme de
10000 francs à la dépense projetée pour l’élargissement et la rectification de la route de saint Pol dans la traversée des fortifications de la ville, l’administration renonçait à ce
projet ». A travers ce désaccord entre la municipalité et l’administration préfectorale, se cachait un problème crucial au XIXème siècle : celui de l’essor des voies de
communication.
L’histoire de
Béthune-Beuvry souligne que « Béthune bénéficia pleinement du vaste effort coordonné par l’Etat pour désenclaver les pays et les intégrer à
l’ensemble national ». Autrement dit, la période du second empire (1852-1870) a été propice au développement d’un vaste réseau de communication autour de Béthune. On parlait même de
« frénésie ferroviaire » ou « d’amélioration du réseau navigable ». On est loin des hésitations concernant la route impériale n°41 !
Arnaud Willlay (parution dans La Voix du
Nord, le 20 avril 2008)
En décembre 1919, c’est la ville de Béthune qui recevait la Croix de la légion d’honneur. Le 6 avril 1967, il y a 41 ans,
c’est le Maire, Henri Pad qui recevait la Croix d’officier de la légion d’honneur. Une cérémonie marquée par l’intervention de son Premier Adjoint.
La remise
par Jean Tomasi, Préfet du Pas-de-Calais, de la Croix d’officier de la Légion d’honneur a marqué la journée du jeudi 6 avril 1967. Le discours du Premier Adjoint, Monsieur Piel a été
particulièrement remarqué. Ses paroles résonnent encore dans le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville comme un vibrant hommage à l’action de Maître Pad.
Le Premier adjoint au Maire exprima une grande fierté devant un parterre de personnalités aussi diverses que le député
Edouard Carlier ou Léonce Deprez : « cette juste récompense que Monsieur le Préfet vient de vous remettre est la juste reconnaissance de vos éminents
services civils et militaires ». L’édile béthunois faisait référence au passé militaire de Maître Pad : incorporé en 1913 jusqu’au début de la première guerre mondiale, il partit
en campagne avec le 73ème Régiment d’infanterie. Loin des affres de la guerre, Monsieur Piel rappelait l’action au service des béthunois parlant « d’une œuvre immense réalisée à Béthune depuis à peine 10 ans dans les domaines les plus divers : urbanisation, implantation d’industrie, constructions
scolaires du premier et second degré, la Zone à Urbaniser en priorité… ».
Après le jugement du Préfet et de son conseil municipal, Henri Pad est maintenant confronté à un autre
jugement : celui de l’histoire.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 6 avril 2008)
Le Maire de la ville de Béthune a été désigné vendredi soir par les membres du conseil municipal. Les séances d’installation du conseil
ont toujours fait l’objet d’une attention particulière..même en 1919.
Le 11 novembre 1918, un armistice signé à Rethondes met fin à la Grande Guerre. Un an après, le 10 décembre 1919, se déroule à Béthune la première
séance d’installation du conseil municipal de l’après guerre. Le premier acte du conseil municipal a été la désignation du Maire. Le choix des élus a été unanime : Jules Senis a obtenu
24 voix contre 1 à Félix Lejeune.
Dans sons allocution, Jules Senis signalait avec
beaucoup de clairvoyance que « l’œuvre que nous avons devant nous est immense…la restauration de la ville demandera encore bien des études, bien des
travaux et beaucoup de temps… ». Des propos tournés vers l’avenir qui n’omettent pas les difficultés financières inhérentes à toute action municipale : « la réalisation de projets, le relèvement des ruines entrainera des dépenses considérables qui s’élèveront à un chiffre important de
millions ».
Jules Senis n’a pas manqué de souligner le passé récent de la
ville. En parlant des bombardements, le Maire expliquait que « c’était le couronnement de l’œuvre de barbarie qui s’était exercée pendant près de
quatre années sur notre malheureuse cité et sur sa courageuse population, par des bombardements à longue portée et des incursions d’avions faisant d’innombrables victimes parmi les femmes, les
enfants, les vieillards.. ». Des victimes dont la mémoire allait être honorée par la remise de la Croix de la légion d’honneur à la Ville.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 23 mars 2008)
A côté des municipales, des élections cantonales se dérouleront aussi en mars prochain. En 1949, les cantonales ont constitué un des
premiers rendez-vous électoral à Béthune après la seconde guerre mondiale.
Après 1945, la
France est en pleine reconstruction. Reconstruction politique avec l’adoption le 27 octobre 1946 de la Constitution de la IVème République. Reconstruction économique avec l’adoption en juin 1947
du Plan Marshall qui bénéficiera en partie au pays. C’est dans ce contexte que deux ans après l’élection de Vincent Auriol, premier Président de
la IVème République, les électeurs du canton de Béthune étaient appelés aux urnes. En effet, des élections cantonales, initialement prévues en octobre 1948 se sont déroulées les 20 et 27 mars
1949. Le canton de Béthune comptait à l’époque 17 communes parmi lesquelles Allouagne, Labeuvrière, Hinges, Annezin et bien sur Béthune.
Sept candidats se disputaient le poste de conseiller général : Marcel Malbranque, Aristide Mahieu ,
Emile Vanrullen, Alexandre Legrand, Yves Cochez, Gabrielle Blot et René Grésa. Au premier tour, les 21881 votants ont placé le communiste Grésa et le socialiste Vanrullen en tête des candidats
avec respectivement 6821 voix et 5927 voix. Le 27 mars, c’est le candidat de la SFIO (section française de l’internationale ouvrière), Emile Vanrullen, qui fut élu conseiller général avec un taux
de participation de 80%.
Il allait pouvoir représenter le canton de
Béthune dans une institution qui joue actuellement un rôle central dans le domaine social. Une bonne raison de se rendre aux urnes en mars prochain !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 24 février 2008)
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