Document indispensable dans la préparation des prochaines échéances électorales de mars 2008, la liste électorale a toujours été l’objet de
toutes les attentions…même au XIXème siècle.
La séance du conseil municipal du
10 novembre 1855 présidée par Henri De Bellonnet avait abordé des questions aussi diverses que le curage de la rivière dite « La Blanche », de la nomination d’un membre comme
administrateur de la Caisse d’épargne…La question des listes électorales était aussi à l’ordre du jour.
Une commission chargée de
juger les réclamations qui pourraient être faites sur la confection des listes électorales communales en application de la loi du 2 février 1872 a été nommée. Une nomination très officielle
intervenue lors de la séance du conseil municipal du 10 novembre 1855. A l’époque, le régime politique était celui du Second Empire avec un pouvoir exécutif confié à Louis Napoléon Bonaparte. En
fait, ce régime conservait en apparence des institutions démocratiques pour conforter le pouvoir d’un seul homme.
Les listes électorales sont certes des documents incontournables pour les généalogistes et autres passionnés d’histoire locale. Mais, elles sont à
feuilleter avec précaution. En effet, au cours de l’histoire, les citoyens n’ont pas eu tous accès aux élections. Ce droit de vote fut limité par des considérations liées à la profession (les
militaires sont exclus des élections de la chambre des députés sous la IIIème République), à l’âge (en 1974 la majorité électorale est ramenée à 18 ans) mais aussi au sexe. Ainsi, les femmes ont
obtenu le droit de vote suite à l’ordonnance d’avril 1944 contrairement aux hommes pour lesquels ce droit date de 1848.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 janvier 2008)
Défusion oblige, l’Hôtel de Ville de Béthune se retrouve….sans Maire. Une situation très spéciale qui prendra fin au lendemain des prochaines échéances
électorales. Dans d’autres circonstances, les élus se sont retrouvés…sans Mairie.
Des circonstances historiques tragiques ont
amené le Maire de la ville et les béthunois a se retrouver sans Mairie. C’est le cas après 1918, la mairie ayant été détruite par les bombardements ennemis. Le 20 mai 1918, des obus s’abattent
sur le centre ville…le cœur de la ville était atteint. Une destruction de la mairie qui n’a pas forcément stoppé la respiration démocratique de la cité comme le montre la tenue des conseils
municipaux.
Ainsi, le 31 août 1918, le conseil de Béthune s’était réuni à l’hôtel de ville de Berck-sur-Mer sous la
présidence de Monsieur Morel, conseiller municipal faisant fonction de Maire. En effet, suite à l’ordre d’évacuation de la ville le 12 avril, les habitants et les services municipaux s’étaient
retirés dans un premier temps à Bruay, ville au final également bombardées. Plusieurs semaines après l’armistice du 11 novembre, le 8 décembre 1918, le Conseil Municipal trouva refuge à l’école
Paul Bert, rue du marais.
L’Hôtel de Ville reconstruit fut finalement inauguré
le 7 avril 1929…..Il allait de nouveau pouvoir accueillir les séances des élus béthunois…et un nouveau Maire en la personne de Alexandre Ponnelle. Consacré lors de la première séance du conseil
après l’inauguration de la mairie, le 19 mai 1929 il déclara que « l’Hôtel de Ville sera toujours ouvert à tous et que chacun y trouvera le meilleur
accueil ». Des propos de circonstances onze ans après sa destruction.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 janvier 2008)
En général, c’est le Maire à l’occasion de ses vœux qui donne le ton de l’année. En 1967, c’est la venue du Ministre de l’Equipement qui a marqué les premiers
jours de l’année.
C’est à Béthune qu’Edgard Pisani, Ministre de l’Equipement du
cabinet Pompidou avait réservé son premier déplacement de l’année. Celui qui fut Préfet de la Haute-Marne et Sénateur de ce département a tenu un discours plein d’espoirs sur le devenir du bassin
minier et sa revitalisation. Un discours qui raisonne encore dans l’Hôtel de Ville de Béthune : « cette région qui a puisé jusqu’à présent sa
richesse de son sous sol doit la tirer désormais des hommes qu’elle a rassemblé sur son sol ».
Le Maire de
Béthune Henri Pad dans son allocution souligne aussi la dimension humaine. En retraçant le passé de l’arrondissement de la ville marqué par la récession du bassin minier, il souligne le rôle
joué par les élus locaux et les représentants du monde économique. En effet, Maitre Pad a rappelé les grandes décisions prises à l’époque par les acteurs locaux et le Sous-préfet Roger
David : création en 1960 de zones industrielles A et B citant l’implantation d’entreprises comme Firestone et Benoto, création de la ZUP. Le Maire insista sur la volonté d’équiper Béthune
prévoyant une piscine olympique, un institut de technologie, une cité hospitalière…
La visite du Ministre avait été l’occasion
pour les élus locaux de formuler des vœux pour combattre la récession économique en aménageant le territoire. Ils espéraient que ces vœux formulés au début de 1967 ne resteraient pas des vœux
pieux !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 6 janvier 2008)
Les périodes de fêtes constituent des moments peu propices aux opérations électorales. C’est sans doute pour cela, que Charles De Gaulle a dissous l’Assemblée
quelques semaines avant le Noël 1962.
Les 19 et 25 novembre 1962, après la
dissolution de l’Assemblée Nationale le 9 octobre 1962, les béthunois étaient appelés aux urnes pour des élections législatives. Il faut dire que la Constitution de la Vème République, en
rééquilibrant les pouvoirs en faveur de l’exécutif, a assouplit les conditions de dissolution. C’est dans ce contexte que Charles De Gaulle a dissout l’Assemblée Nationale. En effet, le 4
octobre, l’Assemblée Nationale adopta une motion de censure contre la soumission au référendum d’un projet de loi instituant l’élection du Président de la République au suffrage universel. Paul
Reynaud, député du Nord et président du comité consultatif constitutionnel, s’opposa farouchement à ce projet estimant que c’est au palais bourbon que siège le pouvoir. On lui prête d’ailleurs
cette formule prononcée à l’Assemblée : « pour nous républicain, la France est ici et non
ailleurs ».
A la surprise générale, c’est le candidat
communiste qui remporta l’élection pour succéder à Maurice Cassez qui représentait le mouvement républicain populaire. Au second tour, Edouard Carlier a recueilli 19172 voix sur les 45401
votants. Il allait donc mettre son expérience syndicale (militant CGT) et politique (il fut conseiller municipal de Béthune) au service de la circonscription de
Béthune.
A Béthune, le dernier rendez vous électoral de l’année 1962 avait donc provoqué une grande surprise, alors que les
premières neiges tombaient sur la cité de Buridan. Au final, quoi de plus normal à un mois de Noël !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du nord, le 25 novembre 2007)
En ce mois de novembre, la grisaille et le froid envahissent les rues…en attendant les illuminations de noël. En novembre 1923, le décès de
Paul Galand assombrissait le ciel béthunois.
Le mois de novembre 1923 a été endeuillé par le décès du conseiller municipal
Paul Galand. Ce décès, en date du 4 novembre, 1923 a ébranlé ses collègues du conseil municipal. Au regard des documents de l’époque, le Maire Jules Senis semblait très affecté par la mort de son
ami.
Paul Galand entra au conseil municipal le 19 mai 1912 et assista à l’élection de Pierre Rinquin. Il s’impliqua en politique en entrant au parti libéral. Il fut d’ailleurs réélu au conseil lors des élections en novembre 1919. Il participa le 10 décembre à l’élection de Jules Senis, Maire qui a eu la lourde tache de relever Béthune des ruines du premier conflit mondial. 18 jours plus tard, Béthune recevait la Croix de la légion d’honneur et la Croix de guerre.
Après 1918, il s’impliqua dans les grands dossiers de la reconstruction de Béthune en étant membre de la commission des finances et de l’enseignement. Jules Senis signala lors des funérailles qu’il se donna tout entier au travail pour le relèvement des ruines de sa vieille cité.
L’action sociale de Paul Galand a été décisive comme le montrent les propos prononcés par Jules Senis « le 25 février 1921, il était nommé membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance. Ces nouvelles fonctions lui permirent de montrer tout l’intérêt qu’il portait aux malheureux et aux déshérités de la fortune ».
A côté de ses fonctions d’élus, il s’intéressait au secteur économique. Secrétaire de la Chambre de commerce, il collabore à toutes les questions concernant l’industrie et le commerce de l’arrondissement de Béthune. Monsieur Mourier, Vice président de la Chambre de commerce signala qu’il « fit preuve d’une rare activité. Toutes les questions se rattachant au commerce de l’arrondissement étaient étudiées par lui avec le plus grand soin ». L’union commerciale de la ville qu’il présidait était aussi une des plus florissantes du département.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 18 novembre 2007)
Il y a des élus qui laissent un souvenir impérissable. Etait-ce le cas d’Anselme Beuvry, décédé il y a 56 ans jour pour jour, le 10 août 1951, et qui a laissé
son nom à un Parc de la Ville ?
« Citoyen formé aux principes de
liberté et de démocratie, Monsieur Anselme Beuvry ne pouvait ne pas être appelé par la vocation de la chose publique….son ardent patriotisme et les qualités personnelles que chacun lui reconnait
le font tout naturellement désigner dès le départ des armées allemandes comme Maire de la ville ». Comme l’a rappelé le Sous-préfet Raymond Viguié lors des funérailles le 14 août,
Anselme Beuvry fut élu Maire le 25 novembre 1944. C’est le 7 septembre 1951 que maitre Pad le remplaça. Celui qui fut jusqu’alors Adjoint au Maire ne manqua de rendre un hommage appuyé à Anselme
Beuvry : « élu conseiller municipal le 10 décembre 1919, puis réélu et désigné adjoint au maire le 17 mai 1925, il prend alors une large part
dans le plan de reconstruction de la ville…il s’attache spécialement à la reconstruction de notre Hôtel de ville et de notre école Sévigné, qui est l’une des plus belles du
département… ».
L’évocation de l’école Sévigné n’est sans doute pas innocente. En effet, Anselme Beuvry
débuta sa carrière dans l’enseignement en tant qu’instituteur attaché aux principes républicains et laïques instaurés par Jules Ferry à la fin du 19ème siècle. En 1920, il fut
Président de l’amicale laïque de Béthune et membre de la ligue de l’enseignement. Un investissement qui lui valut d’être nommé au grade d’officier de la légion d’honneur en
1950.
La dernière cérémonie officielle présidée par Anselme Beuvry fut celle de l’inauguration du carillon du beffroi
en juillet 1951. Pour ces dernières paroles officielles, le Maire s’adressa au beffroi « et toi vieux beffroi six fois centenaire. Sais tu que nous
admirons ta noble robe grise légèrement patinée, que n’ont point verdie vent, pluie, neige, soleil… ». Comme ce géant de pierres, le nom d’Anselme Beuvry restera gravé dans l’histoire
de Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Vox du Nord, le 12 août 2007)
Avec la session extraordinaire du Parlement français et la cascade de projets de loi au programme des députés, la politique ne prend pas de vacances. En 1925, déjà, les béthunois avaient passé un mois de juillet très politique.
« J’ai accepté d’être candidat aux élections cantonales du 19 juillet 1925…tous ceux qui me connaissent savent que je ne brigue pas ce mandat pour satisfaire une ambition personnelle. A l’heure actuelle, les intérêts du pays sont gravement menacés à l’extérieur comme à l’intérieur. Nous sommes à la veille d’une crise économique, financière et sociale d’une extrême gravité et il faut sans tarder redresser la situation avec vigueur ». Cette déclaration datant du 12 juillet 1925 effectuée par le candidat républicain, le docteur Louis Leleu a le mérité d’être explicite. Elle place l’élection cantonale et ses enjeux nationaux au cœur du débat politique béthunois…en plein mois de juillet.
Le sentiment exprimé quelques jours avant l’élection cantonale par le conseiller municipal de Béthune dépeint une situation nationale préoccupante comme le montraient les difficultés croissantes du gouvernement Herriot. La France connaît un déficit budgétaire persistant qui entraîne une dépréciation de la monnaie et une augmentation des prix. La démission du gouvernement Herriot en avril 1925 ne fait qu’accroître la crise politique… et les difficultés du cartel des gauches, coalition regroupant les radicaux et les socialistes.
Sept jours avant l’élection, le docteur Leleu donna sa vision de la politique du pays : « au point de vue extérieure, la France doit avoir une politique digne de son passé et fidèle à ses traditions démocratiques…au point de vue intérieure, je désire une
République ordonnée et réformatrice…au point de vue social, je suis partisan d’une politique généreuse et hardie de réformes ». Des critiques qui ont sans doute favorisé l’élection du
docteur Leleu, candidat d’Union Républicaine face à ses adversaires socialistes et communistes, messieurs Vignon et Duport. D’ailleurs, la victoire de Leleu était analysée par la presse de
l’époque comme une désapprobation du canton de Béthune vis à vis de la politique menée par le cartel des gauches. Une politique qui allait encore durer jusqu’en 1926 !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 22 juillet 2007)
Ce dimanche les députés qui siègeront durant cinq ans à l’Assemblée
nationale seront désignés. Dans l’histoire de France, l’organisation politique a souvent laissé place à des assemblées…la Convention nationale étant un exemple parmi tant d’autres.
« Tous les cultivateurs sont en réquisition pour garnir et approvisionner
les marchés en quantité suffisante, de toute espèce de denrées, et sur tout de grains…..s’il est nécessaire de se servir de la réquisition forcée pour parvenir à faire approvisionner les marchés,
les comités révolutionnaires des communes, devant présumer qu’il existe encore une coalition perfide d’individus, qui au milieu de l’abondance veulent perpétuer la disette, feront informer contre
ceux qui, n’ayant pas conduits de grains aux marchés, paroitront être entrés dans cette coalition et les feront arrêter comme suspect ». Cet extrait du registre des arrêtés du Comité de
salut public de la Convention nationale en date de l’an II de la République (1793-1794) explique en fait que pour le district de Béthune, un officier municipal constatera chaque jour de marché
les différentes catégories de grains qui y seront apportés.
Cette mesure prise sous
la Convention nationale, nom donné à l’assemblée qui succéda à l’Assemblée législative de 1792 à 1795 est révélatrice de la situation économique à Béthune durant cette période révolutionnaire.
D’ailleurs, en écho à cet arrêté du comité de salut public de la Convention Nationale, l’historien Louis Trenard dans le chapitre sur l’ère des Révolutions dans l’histoire de
Béthune-Beuvry signale que « la campagne agricole de 1792 s’annonçait mal » parlant de raréfaction des
denrées.
Pour comprendre cette situation tendue et la réquisition des grains, il faut replacer ces propos dans un contexte
plus global. Si la situation économique semblait difficile, la situation militaire était marquée par une grande instabilité. En avril 1792, Louis XIV déclare la guerre à l’archiduc d’Autriche ce
qui entraina l’invasion de Lille par l’Autriche. Béthune envoya même une compagnie militaire pour aider la capitale des Flandres, contribuant à repousser l’invasion
ennemie.
Quelques années après la Révolution française, force est de constater qu’à Béthune, comme ailleurs, la Convention
Nationale voulait « faire renaître l’abondance dans l’étendue de la République » selon l’expression consacrée en 1793.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 17 juin
2007)
Dimanche prochain, se déroulera le premier tour des élections législatives. En 1962, les béthunois avaient du prendre le chemin des urnes
suite à la dissolution de l’assemblée qui a provoqué des élections.
Le 10 octobre 1962, le Général De gaulle dissout l’Assemblée nationale après que l’opposition ait adoptée une motion de censure contre la proposition de référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel direct.
Les électeurs de la 9ème circonscription du Pas de Calais qui englobait Béthune avaient le choix entre plusieurs candidats lors du premier tour qui s’est déroulé le 18 novembre 1962 : Charles Dubout (Association pour le soutien de la Vème République), Roger Delporte (Union Républicaine), Maurice Cassez, député sortant qui représentait le mouvement républicain populaire, Jacques Vincent (Parti socialiste) et Edouard Carlier pour le Parti communiste.
Au regard des résultats des deux tours, force est de constater qu’Edouard Carlier a dominé les débats. Après avoir obtenu 11809 voix sur les 41418 suffrages exprimés, Edouard Carlier fut élu député le 25 novembre 1962 en obtenant 19172 voix sur 44323 suffrages exprimés. Il devint un personnage de premier plan dans le Béthunois.
Sa profession de foi nous en dit plus sur le député communiste. Ce syndicaliste connait bien Béthune. Dans les années 1930, il fait partie de la délégation qui avec les socialistes béthunois a réalisé l’unité d’action et le Front populaire. Il adhéra au Parti communiste en 1933 et participa aux manifestations contre le fascisme. Après avoir participé aux grèves de 1938, il subit la répression et se trouve déplacé dans d’autres dépôts. Il revient à Béthune en 1940 pour constituer un groupe de résistance en juillet 1940. Il lutta ainsi contre l’occupant jusqu’à la libération.
Edouard Carlier a toujours défendu la cause des travailleurs. Pour lui, tirant les leçons du contexte national, il estimait que
« le parti communiste est l’élément essentiel et le plus solide de l’opposition renforcée au pouvoir personnel ». En 1962, Les électeurs de
la 9ème circonscription avaient donc été convaincus par ses propos offensifs à l’égard du pouvoir en place. Il allait pouvoir rejoindre les 40 autres parlementaires communistes à Paris
pour défendre les intérêts de la circonscription.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3juin 2007)
Dimanche dernier, le suffrage universel a désigné le sixième président de la cinquième République. Nul doute que celui qui
prendra se fonctions le 16 mai prochain a reçu de nombreux messages de félicitations. C’était le cas pour Jules Grévy à la fin du 19ème siècle.
« Sur la proposition de Monsieur Dupuich, le conseil municipal, prenant la plus vive part à l’élan patriotique soulevé dans la nation presque toute entière par l’élection de Monsieur Jules Grévy à la présidence de la République décide à l’unanimité d’adresser au nouveau Président la dépêche suivante : la municipalité et le conseil municipal républicain de la ville de Béthune ont l’honneur de présenter à Monsieur Jules Grévy….les respectueux hommages de leurs félicitations et de leur dévouement ». Cette délibération prise le 2 février 1879 par le Maire Hurbiez saluait l’élection de Jules Grévy le 30 janvier 1879. En effet après Charles Dellisse Engrand qui fut battue en 1878, des municipalités républicaines allaient se succéder à Béthune parmi lesquelles celle dirigée par Aristide Hurbiez. A cette époque, la ville se transformait avec l’ouverture de nouvelles rues : le renouvellement urbain était en marche.
Sur le plan national, le prédécesseur de Grévy, Maurice de Mac-Mahon, connaissait quelques difficultés. Celui qui fut le troisième président de la République française s’était vite trouvé en difficulté face à la montée des républicains et la défiance du Parlement.
Devant affronter cette situation de défiance, Mac-Mahon démissionna. Jules Grévy, républicain modéré fut élu par les parlementaires. En effet, en 1879, la désignation du chef de l’Etat ne s’effectuait pas au suffrage universel direct comme c’est le cas actuellement.
Celui qui favorisa l’éclosion d’une République parlementaire fut très attaché aux idéaux de paix. En politique intérieure, il a garanti les droits du parlement. Le Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat devient le pouvoir dominant.
Contrairement à Patrice de Mac-Mahon, Sadi Carnot, Raymond Poincaré, Charles De Gaulle et François Mitterrand, Grévy ne serait jamais venu à Béthune. D’ailleurs, aucune rue béthunoise ne porte son nom !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 13 mai 2007)
Illustration : Jules Grévy, Président de 1879 à 1887.
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