Histoire politique

En cette période pré électorale, les candidats arpentent le pays pour défendre leurs idées. La presse béthunoise du 29 octobre 1925 relate la visite du Sous-secrétaire d'Etat aux régions Libérées. C'était le 24 octobre et on parlait plutôt gros sous.  
   Après la première guerre mondiale, suite aux destructions subies par de nombreuses régions françaises, ledit secrétariat une position stratégique. Sept ans après la fin de la guerre, Béthune accueillait Jammy Schmidt (1872-1949).
   Jammy Schmidt fut reçu à Béthune dans une mairie provisoire. En effet, les bombardements de 1918 avaient détruit l'Hôtel de ville, qui n'était pas encore reconstruit en 1925. Et pour cause ! Le conseil municipal du 3 septembre 1925 avait seulement décidé la mise au concours d'un projet de l'Hôtel de ville ouvert aux architectes du Nord-Pas-de-Calais.
Le Ministre exprima au Maire Alexandre Ponnelle « les difficultés financières de l'heure présente et fait appel pour les surmonter à l'union de tous les français » en promettant « son concours au relèvement des régions dévastées par la guerre ». Un concours de l'Etat que Alexandre Ponnelle sollicita sans réserve en demandant au Ministre l'autorisation de contracter un emprunt de 6 millions à prendre sur les dommages de guerre de la ville en vue de la reconstruction des bâtiments communaux et l'autorisation d'acheter un terrain pour l'aménagement d'un stade municipal dont la dépense serait imputée sur la valeur 1914 des dommages. Une demande d'aide financière qui n'était surement pas faite au hasard. En effet, Jammy Schmidt était en charge des Régions libérées mais occupait aussi le poste de Sous-secrétaire d'Etat aux finances. Le Ministre promit de se faire l'avocat de Béthune auprès du gouvernement dirigé par Paul Painlevé.
   Pour comprendre la requête d'Alexandre Ponnelle, il faut se replacer dans le contexte de l'époque. A bien des égards, 1925 constitue un tournant dans la reconstruction de la ville. L'exemple de celle de la mairie est significatif. Alexandre Ponnelle lors de son élection le 17 mai 1925, quelques mois avant cette visite ministérielle, a décidé d'annuler le projet de reconstruction de l'Hôtel de ville présenté par Cordonnier. Il faut dire que la ville avait comme dommages de guerre pour la reconstruction de son Hôtel de ville 1 016 753 francs. Or, le projet "grandiose" selon les termes employés à l'époque présenté par Cordonnier aurait couté 3 500 000 francs ! Un investissement hors de question pour Emile Pignon, Premier adjoint au Maire, qui déclara au conseil du 2 juillet 1925 que « le moment des vaches grasses est passé et que la situation de la ville est actuellement la même que celle des sinistrés qui attendent encore le règlement de leurs dommages ». La visite de Jammy Schmidt, quatre mois après l'arrivée d'Alexandre Ponnelle tombait à point nommé.

               Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 29 octobre 2006)
Illustration : la mairie détruite en 1918.

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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   Durant ce premier week end du mois de septembre, Béthune connaît les festivités très Rock and Roll liées à Béthune Rétro. Au début septembre 1922, l’ambiance était moins festive. La France apprenait le décès du député socialiste et ancien Ministre des Travaux publics Marcel Sembat. Béthune, elle, rendait hommage à son conseiller municipal : Martial Marquant.

 

    Les premiers jours de septembre 1922 ont été marqués par le décès d’un conseiller municipal, Martial Marquant. Plus qu’un collègue, le Maire Jules Senis perdait un véritable ami. C’est en tout cas ce qui ressort de son discours prononcé lors des funérailles du 6 septembre dans lequel le Premier Magistrat apportait « son suprême adieu à celui qui fut un ami sincère et un collègue dévoué aux intérêts de ses concitoyens ». L’intérêt de ce type d’éloge funèbre est certain. Il retrace les actions de l’élu et montre son implication dans la vie politique locale.

   Celui qui fut conseiller municipal depuis mai 1912 (lors de l’élection de Pierre Rinquin) a eu un rôle de premier ordre durant la première guerre mondiale. Il fut délégué par le conseil à la Commission des réfugiés. A l’époque, Béthune avait du recevoir les premiers évacués venant de Maubeuge et du Nord du pays. Il s’occupa aussi durant la guerre du ravitaillement en vivre de Béthune. En effet, il fut nommé le 23 mars 1917 à la Commission spéciale chargée de gérer le magasin municipal de ravitaillement. Une instance qui avait pour but d’étudier les moyens à employer pour ravitailler les béthunois. Elle pouvait aussi instaurer la vente à la population des denrées à des pris réduits.

   Un dévouement à la cause municipale qui ne doit pas faire oublier qu’il était très occupé par son métier d’affréteur et d’agent de la Compagnie d’assurances générales. La aussi, on peut noter qu’il a eu un rôle important durant le premier conflit mondial. Il fut désigné au Comité permanent siégeant au Ministère des travaux publics pour organiser les transports fluviaux dans le Nord, au départ de Béthune. Un poste d’autant plus important qu’en 1916, la nécessité d’une organisation rationnelle des transports par l’eau se faisait sentir. En cette période de guerre, la gestion des transports était vitale, notamment pour l’approvisionnement des usines travaillant pour la défense nationale.

Après 1918, c’est lui qui réorganisa le transport dans la ville et participa avec la Chambre de commerce et d’industrie à la création de la bourse d’affrètement. La bourse allait permettre la gestion des opérations de transport fluvial de marchandises pratiquées par les bateliers. C’était le dernier grand dossier géré par Martial Marquant avant sa mort, quatre ans après la fin de la guerre.

 

          Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 septembre 2006)

  

 Illustration : Jules Senis, Maire de Béthune de 1907 à 1908 et 1919 à 1925.

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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Les habitués de notre rubrique estivale « le nez en l’air » peuvent découvrir au fil des articles que l’histoire permet de prendre un peu de hauteur. De la hauteur, il n’en était pas question dans la chronique présente dans la presse locale en…1902. Le béthunois qui l’animait tenait au contraire des propos très « terre à terre ».
   Dans les années d’avant-guerre, la presse regorgeait de témoignages qui nous renseignent sur le climat d’une époque. Le récit développé par un vieux béthunois durant l’été 1902, un certain Saint-Sair, est particulièrement précieux. Dans le petit béthunois du 14 août 1902, il livre sa vision de la politique nationale. Des propos qui donnent des indications notables sur l’état de la République ou la question du cléricalisme.
   Il estimait ainsi avoir « eu pendant des années et des années des gouvernements mollassons qui n’ont pas su profiter des circonstances et des majorités que leur envoyait le suffrage universel pour réaliser les principaux articles du vieux programme républicain… ». Des propos amers peu étonnant quand on sait que la Troisième République (1870-1940) a consacré la démocratie mais l’a aussi confisquée. En évoquant les majorités envoyées par le suffrage universel, peut-être que notre béthunois pensait au triomphe électoral des républicains emmenés par Gambetta aux élections de février-mars 1876 obtenant 360 élus contre 170 aux conservateurs ! Sans aller si loin, les circonstances politiques favorables évoquées dans ce témoignage étaient valables en 1902 : quelques semaines avant ces propos, n’oublions pas que les élections d’avril-mai furent triomphales pour le parti radical et Emile Combes. Celui-ci se rallia avec les socialistes au travers de la majorité nommée « Bloc des gauches ou Bloc républicain » qui existait aussi à Béthune.
   Une République qui était pourtant bien installée car il estimait que « le souffle républicain s’est malgré tout répandu sur le pays… la preuve, c’est que malgré leur tapage et leurs clameurs, les cléricaux n’arrivent pas au résultat qu’ils auraient escompté un moment». Le cléricalisme constituait une des grandes questions de cette période de la troisième République. Rien d’étonnant donc à ce que ces propos rapportés dans la presse évoquent une position défavorable à l’essor du cléricalisme. De propos qui relayaient en quelque sorte l’action du gouvernement. Celui-ci dirigé par Emile Combes mena un combat anticlérical remarqué et tenace. La fermeture des écoles congréganistes avait même fait hurler les catholiques ! A Béthune, ce contexte lié à la question religieuse pouvait mettre en cause l’existence même de la confrérie des charitables. Fort heureusement, elle fut sauvée grâce à l’intervention de la municipalité béthunoise dirigée par le Républicain Alfred Legillon.

                   Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 13 août 2006)

Illustration : Alfred LEGILLON, Maire de Béthune de 1892 à 1907.

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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Il y a quelques jours, Hubert Dupont-Fauville est décédé à Aix en Provence. Cette disparition donne l’occasion de se remémorer une tranche d’histoire politique de la circonscription de Béthune.
   C’est à la fin des années soixante qu’Hubert Dupont-Fauville s’intéressa à Béthune. Les plus anciens se souviennent sans doute de l’élection de ce député en 1968 pour l’UDR (Union des Républicains de progrès) dans un contexte particulier lié aux événements de mai 1968. A la fin des années soixante, une vague de grèves ouvrières, sans précédent depuis 1936 se développa en France. La fermeté de De Gaulle, la mobilisation de ses partisans et l’appel aux électeurs après la dissolution de l’assemblée nationale rétablissent la situation en juin 1968.
   L’analyse des archives politiques des législatives de 1973 a le mérite de montrer clairement qu’en quelques années, la vie politique a véritablement évolué. Retour sur une campagne électorale qui a bien mis en exergue les positons d’Hubert Dupont-Fauville, dont le parti soutenait le Président Pompidou.
Les élections législatives des 4 et 11 mars 1973 s’annonçaient indécises. Hubert Dupont-Fauville allait devoir affronter plusieurs candidats parmi lesquels Simon Puchalski (Adjoint au Maire de Béthune, Centre démocratie et progrès), Jacques Mellick (Parti socialiste), René Dhaisne (Centre démocrate, mouvement réformateur) et Edouard Carlier (Parti communiste).
   Le député sortant voulait faire passer un message clair contre son adversaire principal : Edouard Carlier. Son tract électoral distribué avant le premier tour était d’ailleurs sans équivoque et montre le climat qui régnait à l’époque après le chaos de 1968 : «Faisans miroiter un programme commun de gouvernement de la Gauche, pour prendre le pouvoir, les communistes ne tarderaient pas à instaurer un régime totalitaire avec son parti unique…La mise hors la loi de toute opposition démocratique, la suppression des exploitations agricoles, des artisans, des petites et moyennes entreprises ». En effet, aux élections de mars 1973, l’opposition de gauche socialiste et communiste était unie dans un Programme commun de gouvernement.
   Après le premier tour, un constat s’imposait : la circonscription de Béthune avait majoritairement votée à Gauche, mais était ce vraiment une surprise ? Devancé par Edouard Carlier, Hubert Dupont-Fauville ne s’attendait pas à être en deuxième position pour affronter le second tour. Le député sortant jeta toutes ses forces dans la bataille en lançant un appel à la mobilisation contre Edouard Carlier « le retour au passé…ou la continuation d’une action, tel est le seul enjeu de ce second tour ». L’élection d’Edouard Carlier (26134 voix contre 21122 à Hubert Dupont-Fauville) marqua la reconquête par la gauche de la circonscription de Béthune.

   Les résultats électoraux de Béthune étaient à contre courant des résultats nationaux. La majorité de droite, quoique en recul, l’emporte, grâce au second tour, à l’appoint des électeurs centristes hostiles au Programme commun de la Gauche. Battu aux municipales de 1971 et aux législatives de 1973, Hubert Dupont-Fauville ne put s’implanter durablement dans la neuvième circonscription.

                Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 2 février 2003)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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   En cette fin de mois de juin, les édiles béthunois n’ont pas prévu de déplacement particulier dans une des villes jumelées. A la fin juin 1965, l’agenda du Maire de Béthune prévoyait pourtant un déplacement dans la ville belge de Courtrai.
   Le 27 juin 1965, avant la période estivale, une délégation d’élus béthunois était invitée à se rendre dans la ville voisine de Courtrai. Une visite pour entretenir un jumelage ou une amitié particulière entre Béthune et la ville de Flandre occidentale ?
En 1965, Béthune était bien jumelée avec Schwerte mais n’avait pas de liens similaires avec Courtrai.
   En fait, c’est dans le cadre de festivités patriotiques organisées par les sociétés de Courtrai, que les édiles béthunois ont accompagné le Comité d’entente des anciens combattants et anciens militaires de Béthune. Il s’agissait pour les belges de célébrer le 25ème anniversaire du début en Belgique de la seconde guerre mondiale et le 20ème anniversaire de la fin du conflit. Le Maire Henri Pad accompagné de deux de ses adjoints André Brehon et Jacques Appourchaux avait donc répondu favorablement à l’invitation du bourgmestre Lambrecht.
Dans son allocution à l’adresse du bourgmestre et des échevins, Maître Pad a évoqué le rapprochement des peuples français et belges grâce à une histoire commune : « en 1914, nous devions faire front une première fois contre l’envahisseur, renouvelant cette invasion en 1940…C’est la que nous devions forger dans le malheur des guerres une amitié éternelle… ».
Des propos qui montrent que la relation d’amitié naissante franco belge a des explications historiques.
   Comme Béthune, Courtrai a un passé riche qui s’est parfois heurté à celui de la France. Parmi les grands événements ayant marqué la ville belge figure la bataille des éperons d’Or du 11 juillet 1302. A l’occasion de celle-ci, la ville fut occupée par les troupes françaises. Courtrai fut donc témoin de l’affrontement entre le Roi de France Philippe IV le Bel et les milices communales flamandes. Un conflit synonyme de déroute pour les troupes françaises. Des relations franco belges qui se sont fort heureusement pacifiées.
Quatre ans après la visite de la délégation béthunoise, un pacte d’amitié fut signé en septembre 1969 entre les deux villes de l’Europe du Nord. Un rapprochement qui allait dans le sens du développement de l’idée européenne après 1945. Mais qui n’allait pas durer.

                      Arnaud Willay (parution dans la Voix du Nord, le 25 juin 2006)

Illustration : Comme celui de Béthune, le beffroi de Courtrai est classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

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    Le 18 juin est une journée qui restera gravée dans l’histoire du pays. Un discours très mobilisateur prononcé par De Gaulle depuis l’Angleterre…mais un jour synonyme de démobilisation pour Napoléon Bonaparte.

   Napoléon et Charles De Gaulle, deux figures emblématiques de notre histoire ont au moins deux points en commun. Les deux ont vécu une journée particulière le 18 juin. Ils ont également foulé à un moment de leur vie le sol de Béthune.

     Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle a enregistré à Londres un message pour le peuple français. Avec cet appel resté fameux, le général de Gaulle voulait mobiliser les Français à la résistance face à l’oppression allemande dénonçant que : «les chefs qui depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement…qui s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat ». Un appel qui fit entrer De Gaulle en résistance. Des propos qui permirent au général de se placer en chef de la France libre face au régime de Vichy. Cinq ans après son appel, Béthune l’accueillait le 11 août 1945. Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, la venue du Général était donc synonyme d’espoir et de liberté retrouvée pour les béthunois.

      De l’espoir avec De Gaulle, on passe vite au désespoir avec l’Empereur Napoléon. Celui qui visita Béthune en 1810 connut un 18 juin désastreux cinq années plus tard. En effet l’épopée napoléonienne s’acheva le 18 juin 1815 dans la ville belge de Waterloo. Les intentions belliqueuses de Napoléon Bonaparte allaient s’achever en Belgique par une cinglante défaite face à deux armées : celle des alliés composée de britanniques et de hollandais commandée par le duc de Wellington et celle des prussiens par le maréchal Blücher. La déroute française du 18 juin à Waterloo face à l’Europe coalisée allait précipiter l’exil de Bonaparte à l’île de Sainte Hélène. Une île où il allait mourir le 5 mai 1821.  Cette défaite face aux anglais n’avait rien à voir avec la victoire de Jeanne d’Arc à Patay (dans le Loiret) contre les Anglais. C’était le…18 juin 1429.

      Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 18 juin 2006)

Illustration : Napoléon Bonaparte

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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  Les élus béthunois se retrouveront sans doute prochainement au sein du conseil municipal qui symbolisera la rentrée politique. Personne ne sait encore si la réunion des élus, de retour de vacances se déroulera dans une atmosphère sereine.

   En tout cas peut-être pas comme celle qui eut lieu à la fin de l’été 1929 où les conseillers municipaux on connut une rentrée plutôt consensuelle. En effet, le conseil municipal délocalisé à l’hôtel des sapeurs pompiers du 20 août 1929 a été l’occasion d’honorer Alexandre Ponnelle, Maire de la ville de 1925 à 1935 car celui-ci venait d’être nommé comme chevalier de la légion d’honneur.

   Le discours prononcé à cette occasion par le docteur Leleu, doyen du conseil municipal a le mérité de nous en dire plus sur celui qui dirigea la ville durant 10 ans. « D’un dévouement inlassable…vous exercez votre mandat parfois difficile avec cette modération et cette délicatesse incomparable, avec cette compréhension intelligente des contingences et cette conscience tranquille du devoir bien accompli, qui font l’admiration de vos administrés… ». Au moment ou il reçut cette distinction, A Ponnelle était Maire depuis quatre ans. Que pouvait-on retenir de son action ?

En fait, c’est lui qui avait décidé de construire l’Hôtel de ville sur son ancien emplacement, même si à l’origine Alexandre Ponnelle était partisan d’ériger la maison commune près du beffroi.

C’est lui qui a dû repenser l’aménagement global de la ville. Un vaste plan d’éclairage de celle-ci fut lancé. Les souvenirs de la première guerre mondiale restaient présents. Le devoir de mémoire s’imposait après la guerre. C’est pourquoi, les travaux de construction du monument aux morts sont engagés dès le début de son mandat.

Proclamé Maire le 17 mai 1925, succédant à Jules Senis, Alexandre Ponnelle fut réélu le 19 mai 1929 dans une « atmosphère politique » qui semblait déjà moins consensuelle ! En effet, il évoquait lors de sa réélection des injures et calomnies dont il avait été victime durant la campagne électorale !

 A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 21 août 2005)

 

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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Un maire connu pour son hôtel,

   Le 18 janvier 1826, le marquis de Baynast est nommé maire de Béthune par le gouvernement de Charles X, roi de France de 1824 à 1830. Il faut savoir que dans l'Histoire, le mode de désignation des maires a longtemps oscillé entre nomination et élection. La nomination du marquis de Baynast n'est pas due au hasard. Cette charge requiert un minimum d'instuction. Dans la première partie du XIXème siècle, ce n'est pas le cas de la majeure partie de la population. La fonction était donc réservée à des privilèges, grand propriétaires et aristocrates. Loin d'être indépendant, le maire nommé était en fait à la botte du pouvoir en place.

   Le marquis de Baynast avait un hôtel particulier qui se dressait à l'entrée de la rue des Grands-Becquereaux (actuelle rue Gambetta). C'était le type même de l'hôtel particulier à la française : construction avec cour et jardin à l'abri de la rue.

   L'hôtel du marquis de Baynast a longtemps marqué la paysage béthunois. Ce monument appartient désormais au passé. Il était un des symboles de la société aristocratique.

   Au départ, cet hôtel appartenait à la famille de Genevières. Le comte de Genevières fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire d'Arras. L'hôtel passa entre les mains du marquis de Baynast. La demeure a reçu des hôtes illustres comme le prince de Galles durant la première guerre mondiale. Comme le beffroi où l'église Saint Vaast, il a été ravagé par les bombardements du premier conflit mondial. Malheureusement, les travaux de restauration entrepris après 1918 ne connurent aucune suite. On peut donc se demander pourquoi cet hôtel particulier n'a pas été réparé. Une version explique que c'est le marquis lui même qui aurait exigé la disparition de sa demeure. L'autre insiste sur le fait qu'il aurait seulement voulu que ses armoiries disparaissent de la porte. Quelque soit le point de vue, le résultat est le même : l'hôtel habité par le comte de Genevières et le marquis de Baynast de  sept Fontaines et des Essars n'existe plus !

   De nos jours, il ne reste plus que l'hôtel de Beaulaincourt comme vestige des hôtels particuliers qui se dressaient dans la cité de Buridan. A ce titre, cet héritage unique attaché à l'histoire de Béthune méritait toutes les attentions.

A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 19 janvier 2003) 

 Les pécisions d'une lectrice du blog, Fanny, en date du 9 juillet 2007 : " En effet, l'hôtel de Genevières appartient au XVIIIe siècle à Philippe-François-Joseph de Genevières, qui n'a pas été condamné à mort (il a été construit par Alexandre-Auguste-Joseph de Beaulaincourt, pour sa fille Marie-Charlotte-Henriette-Josèphe, qui a épousé Philippe-François-Joseph de Genevières). Le membre de la famille de Genevières qui a été guillotiné est Philippe-Lamoral-Joseph de Genevières, le demi-frère de Philippe-François-Joseph, qui possédait lui aussi un hôtel à Béthune.L'hôtel de Genevières n'appartenait donc pas au membre de la famille de Genevières condamné à mort, mais à son demi frère".

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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Couve de Murville, un Premier Ministre à Béthune

 

 

 

 

 

   De tout temps, de grands hommes d’Etat ont visité la cité de Buridan. La visite du Premier ministre Couve de Murville marqua incontestablement la vie politique locale.

    Ministre du Général De Gaulle, Maurice Couve de Murville devient chef du gouvernement le 10 juillet 1968 dans des circonstances difficiles. Quelques mois après, il effectue donc une visite à Béthune. Sa venue, le 17 janvier 1969, s’effectue dans un contexte particulier, entre gestion des conséquences de la crise de mai 1968 et préparation du référendum sur la réforme de l’Etat et la régionalisation.

 Pour l’occasion, le Maire, Henri Pad, a rassemblé à l’hôtel de ville de nombreux députés et élus de la région. Parmi les personnalités invitées, on trouve Guy Molet (député-maire d’Arras), André Delelis (député-maire de Lens) ou encore Hubert Dupont-Fauville (député de Béthune). La réception est essentiellement marquée par le discours du maire et du premier ministre. Conservées aux Archives municipales, ces allocutions présentent un intérêt historique non négligeable. Après avoir évoqué l’histoire de Béthune, Henri Pad met en exergue les difficultés économiques et sociales du béthunois : « Lorsqu’en 1959, le président de la République est revenu à Béthune, le voile était levé : Béthune se trouvait placée, comme ses sœurs villes minières de l’ouest du bassin minier, devant une perspective angoissante de récession… ». Henri Pad félicite l’Etat pour son action positive dans le Pas-de-Calais : « Aussi lors de la dernière visite du Général De Gaulle en avril 1966, m’étais-je permis d’exprimer le souhait que d’importantes industries de remplacement à gros effectifs telles que des chaînes d’usines automobiles soient installées dans notre région…mon vœu est exaucé, Monsieur le Premier ministre, puisque vous avez commencé votre visite dans notre département par la grande zone industrielle de Douvrin-Billy Berclau où deux firmes automobiles vont installer une unité importante ». Ce sera la Française de mécanique.

    Le discours d’ Henri Pad est à la hauteur de son action positive en faveur de l’industrie et de l’urbanisation. Ce dynamisme est d’ailleurs souligné par le Premier Ministre lui-même : « la ville de Béthune, voit les choses avec réalisme, c'est-à-dire recherche ce qui d’une manière positive et dynamique, peut être fait pour résoudre les problèmes qui se posent… ».

    Quelques mois plus tard, en juin 1969, Maurice Couve de Murville quitte ses fonctions après l’échec du référendum initié par Charles De Gaulle. Quant à Henri Pad, il ne sollicitera pas de nouveau mandat aux élections municipales de 1971.

 A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 12 mai 2002)

 

 

 

 

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 Les reconnaissez-vous ? 

    Un vieux dossier poussiéreux, ficelé, perdu au milieu d’autres avec un titre peu évocateur « salon du confort ménager et de l’enfant »…Une découverte qui n’a rien de bien passionnant. Mais, en matière d’archives, les dossiers les plus insignifiants sont souvent riches d’informations ! Justement, en ouvrant cette pochette sur le salon du confort ménager qui se déroulait à Lille au début des années 1950, rien ne laissait présager la découverte de photographies…qui faute d’indications, sont malheureusement peu parlantes.  L’analyse d’une photographie est essentielle pour en assurer un bon classement au sein d’un fonds d’archives. Vous pouvez peut être y contribuer…  

 

   Cette photographie a été prise en novembre 1954 à Lille dans un contexte bien particulier. La ville de Béthune avait réservé un stand au salon du confort ménager et de l’enfant organisé par le Comité de la Foire internationale de Lille. En effet, le Maire, Henri Pad, qui participa au renouvellement urbain et économique de Béthune ne pouvait manquer de valoriser son action au sein d’une manifestation placée sous le haut patronage de René Coty, Président de la République. Une délégation béthunoise a été accueillie à Lille.  

 

   Celle-ci était emmenée par Henri Pad, dont on reconnaît la présence au centre de la photographie. A côté du premier magistrat de la ville élu trois ans plus tôt, en 1951, on peut présumer la présence d’acteurs de la vie politique, notamment des membres du Conseil municipal, et économique locale.  

 

   Mis à part Henri Pad, l’identification des personnes présentes est problématique. Alors, n’hésitez pas à participer au premier classement interactif des archives communales en nous aidant à les identifier. 

 

 A. Willay (parution dans La Voix du Nord, le 30 avril 2006)

 

 

 

 

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