Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
Il y a quarante quatre ans, le 4 avril 1965, la ville de Béthune accueillait un congrès placé sous le signe du souvenir : celui des gardes d’honneur de Notre-Dame de Lorette. Près de 500 participants étaient attendus.
C’était un dimanche….le 4 avril 1965. La journée s’annonçait chargée pour les gardes d’honneur de Notre-Dame de Lorette siégeant en congrès dans la cité de Buridan. Les gardes d’honneur s’étaient réunis en association reconnue d’utilité publique comptant, en 1965, 1600 membres avec un but : se souvenir des morts pour la France et en particulier ceux tombés sur la crête de Lorette durant le premier conflit mondial.
Réunion plénière au théâtre municipal, messe en l’église Saint-Vaast, défilé dans les rues de la ville, réception à l’hôtel de ville. Les personnalités présentes, du Sous-préfet David au Maire Henri Pad, étaient attachées au bon accueil des congressistes.
Mais, la manifestation la plus marquante de cette journée
dominicale était sans doute la cérémonie du souvenir organisée au monument aux morts Une cérémonie qui a vu la transmission du drapeau du groupe de Lorette au groupe de Béthune par le chanoine
Aymard. Tout un symbole. Cette journée placée sous le signe du souvenir s’est finalement terminée là où elle avait commencé…au théâtre municipal avec la musique du 43ème Régiment
d’infanterie.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 avril 2009)
Loin des festivités liées à la foire, la ville devra adopter demain
soir son budget primitif. Un exercice périlleux aujourd'hu comme hier : les échevins se cassaient aussi la tête sur les chiffres.
Avant la révolution, les dépenses et les recettes préoccupaient déjà les échevins qui administraient la ville. Et que dire des droits et taxes créés au XIXème siècle ?
Défense militaire, secours aux pauvres…les échevins devaient faire face avant 1789 à des dépenses de divers ordres. Mais, pour dépenser, il fallait nécessairement des recettes. Les impositions directes ou indirectes de diverses natures constituaient alors la principale source de revenu pour la ville. Dans son étude sur l’organisation municipale à Béthune sous l’ancien régime publiée en 1937, Marcel Demont signalait que « les échevins disposaient des droits importants d’octroi dont la perception se faisait à l’entrée en ville de certaines matières »…c’est ce que l’on a appelé « le droit de cochiage ».
La justice venait aussi au secours des finances de la ville. La cité touchait par exemple une part dans les amendes prononcées par le tribunal échevinal.
Au 19ème siècle, les recettes n’étaient pas oubliées
dans le budget. Y compris les plus originales. En 1877, une taxe municipale sur les chiens permettait de faire rentrer de l’argent sur le dos de Médor. Et en 1892, des droits de places
au marché au poisson étaient comptabilisés dans les recettes communales. De tout temps, rien n’a jamais été négligé pour alimenter le budget communal !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 mars 2009)
Hier, vous avez peut-être assisté au concours du plus beau couple. Il y a 35 ans, le théâtre municipal servait déjà de cadre à cette compétition très amicale qui a sacré des bruaysiens. Retour en 1974 dans les coulisses du concours.
14 couples….costume, cravate ou nœud papillon pour les hommes, robe de soirée pour les femmes, Ray Durand, animateur de l’après-midi….le décor était planté le 25 mars pour désigner le plus beau couple de l’année 1974.
Mais à qui était ouvert ce concours ? Tous les couples fiancés ou non habitant l’arrondissement de Béthune pouvaient s’inscrire. Toutefois, des conditions d’âge étaient fixées : 18 à 30 ans pour les hommes et 16 à 30 ans pour les femmes. Et le jury veillait au respect de ces règles. A côté du Président du jury Monsieur Brehon, Adjoint au Maire siégeaient : un industriel forain, un représentant du syndicat d’initiative, des commerçants et le proviseur du lycée Blaringhem….rien de tel pour attribuer des notes.
15h40 : premier
défilé des couples ; 15h45 : les majorettes de Béthune ; 16h15 : spectacle de magie……18H20 : proclamation des résultats. C’est Michel Andrieux et Annie Davenne, couple
numéro 14 venu de Bruay-La-Buissière qui arrive en tête…. Des bruaysiens qui ont remporté la somme de 200 francs. Hier, le premier prix proposé était….un voyage dans le sud de la
France.
Arnaud WILLAY (parution
dans La Voix du Nord, le 22 mars 2009)
Depuis hier, Béthune vit au rythme de la foire. Une foire qui est de retour sur la Grand place avec quelques nouveautés parmi lesquelles une grande roue. La foire a depuis longtemps investi les places béthunoises. Retour en 1955.
Si en mars 1955, les français scrutaient les débuts du gouvernement dirigé par Edgar Faure, les béthunois avaient l’esprit plongé dans la foire de printemps. La manifestation prévue du 12 mars au 3 avril se déroulait sur la grand place, la place de la République et la place Joffre.
Autour du beffroi, diverses attractions étaient proposées : radio car, manèges enfantins, loteries et confiseries…..Non loin de la, place de la République, les petits béthunois pouvaient prendre de l’altitude en avion. Sur la place du Maréchal Joffre, on pouvait profiter du moulin de la gaité, d’un labyrinthe et même d’un mur de la mort !
Loin des manèges, les plus grands pouvaient se rendre place
Clemenceau pour une exposition vente d’autos et motocycles d’occasion organisée par l’Union Commerciale Artisanale et Industrielle de Béthune. L’enjeu était de taille pour l’union
commerçante : que la foire de printemps contribue à la relance commerciale de Béthune. Une idée véhiculée en 1955 qui pourrait être reprise 54 ans plus tard.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 15 mars 2009)
Ce 8 mars est consacré à la journée internationale des femmes. Une initiative prise en 1977 par les Nations unies invitant les pays à célébrer une journée pour les droits des femmes. Des femmes qui ont laissé une trace dans le passé de la ville.
Le philosophe Jean Buridan, la poète Conon de Béthune, le peintre Aristide Delannoy….des hommes indissociables de l’histoire de Béthune. Une histoire qui se conjugue aussi au féminin depuis le moyen âge. En 1334, Eudes IV de Bourgogne octroya une charte à Béthune conjointement avec sa femme Jeanne de France. A la même époque, Mahaut d’Artois qui administra l’Artois jusqu’à sa mort en 1329 mérite d’être mentionnée.
Lors de la venue de Napoléon en 1810, on a tendance à oublier qu’il était accompagné de l’archiduchesse d’Autriche Marie Louise (marquant le début de quatre ans de vie commune) et de la reine de Westphalie Catherine de Wurtemberg.
Les femmes ne sont pas absentes de l’histoire culturelle. Le 22
octobre 1979, le théâtre municipal programmait une représentation du spectacle « les femmes savantes », adaptation de la pièce de Molière. Les 17 et 18 janvier 1980, le théâtre
accueillait un homme dont le récital a du faire venir beaucoup de femmes….Serge Lama. L’histoire ne dit pas s’il avait interprété les paroles de sa chanson, « femme femme femme ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 8 mars 2009)
Le salon de l’agriculture ferme ses portes ce dimanche 1er mars. Si Béthune a vu défiler au cours de son histoire beaucoup de personnalités, force est de constater que peu de ministres de l’agriculture ont arpenté les rues béthunoises…sauf en mai 1921.
Edmond Lefebvre du Prey, avocat de profession accède au Ministère de l’agriculture en janvier 1921. Quelques mois plus tard, il s’arrête à Béthune pour présider un concours organisé par la société d’agriculture de l’arrondissement de Béthune. Né à Saint-Omer en 1866, il occupa plusieurs postes ministériels dont celui de la justice et des affaires étrangères. Il siégea aussi au Sénat.
Si le ministre connaissait bien le département, il connaissait aussi Béthune. Lors de la visite de Georges Clemenceau en 1919, il avait accompagné le président du conseil au cours de son déplacement dans le Pas-de-Calais.
Dans son discours de bienvenue, le Maire, Jules Senis, ne manquait
pas de rappeler au Ministre qu’il a vu « l’état chaotique de cette partie de la France », en étant « témoin des premiers efforts tentés par nos admirables cultivateurs pour rendre à la terre la fécondité qu’elle semblait avoir perdue pour longtemps du fait de la
dévastation de l’ennemi et des bouleversements qu’elle avait subis….vous emporterez de votre visite la certitude que l’agriculture de cette partie de l’Artois s’achemine vers la splendeur d’avant
guerre ». Une splendeur que ne démentait pas la situation agricole dans l’arrondissement au début des années 1930 : 8000 fermes et des moyennes de rendements agricoles
intéressantes.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 1er mars 2009)
Il y a une semaine…c'était la Saint-Valentin, bientôt le concours du plus beau couple. Autrement dit, si vous voulez déclarer votre flamme, c’est le moment. En 1960, la ville allemande de Schwerte proposa une liaison à Béthune…sous forme de jumelage.
C’est la ville de Schwerte qui a fait le premier pas. Son conseil municipal décida d’offrir un jumelage à Béthune au cours du premier semestre 1960. Il ne fallait que quelques mois pour que la proposition se concrétise. Le 8 juin 1960, les élus béthunois acceptent ce jumelage en décidant de solenniser cette union lors du festival folklorique européen des 2 et 3 juillet.
Mais, comment en était-on arrivé là ? Dès 1955, des échanges existent entre les habitants des deux villes, sous l’égide notamment des anciens combattants. Des cours d’allemands sont même organisés à Béthune. Le plus dur n’était pas de concrétiser le rapprochement mais de faire durer l’union.
C’est justement le 17 mai 1970 (notre photo) que les deux villes célébraient à l’hôtel de ville le
dixième anniversaire du jumelage. Une occasion que ne manqua pas le Bourgmestre de la ville allemande pour remettre un cadeau à son homologue français Henri Pad. Le premier magistrat allemand
prononça d’ailleurs des propos rappelant la force de l’union entre les villes : « Schwerte et Béthune par leurs efforts pour la compréhension franco allemande ont placés des
poteaux indicateurs. Ils sont devenus des pionniers. Il sont entrés dans l’histoire de la construction d’une Europe bientôt unie ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 22 février 2009)
Le 8 février 1807, Napoléon Ier affrontait la Russie à Eylau. Un affrontement sanglant qui n’empêcha pas l’empereur de venir à Béthune trois ans après. Une visite plus calme et plus conviviale qu’à Eylau.
Acclamations, enthousiasme….des qualificatifs que l’histoire retiendra lors de la venue à Béthune de Napoléon Ier, en mai 1810. Gardes d’honneur, musique, canons…la ville avait tout prévu pour accueillir l’homme qui s’est fait couronner par le pape le 2 décembre 1804. Pourquoi le maire Jean Baptiste Dellaleau et la population avaient réservé un tel accueil à Napoléon ?
En fait, Napoléon Ier, premier consul puis empereur des français dès 1804, réorganisa et réforma la société. En conquérant et gouvernant la majeure partie de l’Europe occidentale, il mena aussi une politique d’extension du territoire.
En 1810, son empire comptait 130 départements, d’Amsterdam à Rome. Malgré la guerre qui se poursuivait en Espagne, Napoléon Ier était au faîte de sa puissance. Son mariage avec Marie-Louise, fille de l’empereur d’Autriche, lui permet d’entrer dans le cercle des vieilles dynasties européennes.
La visite impériale
a-t-elle eu des conséquences locales. En fait, l’arrondissement de Béthune a été désigné par l’empire comme étant un territoire propre à la culture du tabac. Une décision qui entraina la création
de magasins constituant une source de prospérité pour l’arrondissement. Une prospérité à la hauteur de la puissance napoléonienne !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 8 février 2009)
Le 1er février 1954, l’Abbé Pierre lançait son appel en faveur des sans-logis dans un
contexte où des personnes vivaient dans des logements insalubres. Même si, cinquante cinq ans après, la question est loin d’être réglée, celle touchant à l’insalubrité des habitations et lieux
publics était déjà présente à Béthune au XIXème siècle.
Dès la moitié du XIXème siècle, les questions posées par l’insalubrité en ville étaient à l’ordre du jour des conseils municipaux. Le 22 septembre 1866, les membres du conseil, après
avoir pris connaissance des rapports de la commission des logements insalubres, décident d’engager des poursuites judiciaires envers divers propriétaires, prescrivant en outre différentes mesures
de salubrité.
Le 10 juin 1871, il est question d’étudier au conseil le rapport très complet de la commission de salubrité qui s’était réunie le 31 mai. Les rues, cours et propriétés jugées insalubres étaient nombreuses. De la porte du rivage à la route de Lille, en passant par le faubourg d’Arras, de nombreux endroits en ville étaient considérées comme insalubres.
Se posait alors la question du coût engendré par la prise de mesures pour assurer la salubrité
publique. Le Maire et son conseil décidaient, compte tenu du manque de moyens de certains administrés, que les réparations indiquées par la commission seraient faites au compte de la ville. Un
geste de solidarité envers les pauvres et les plus démunis qu’aurait sans doute apprécié l’Abbé Pierre.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 2 février 2009)
Mardi dernier, l’Amérique avait rendez-vous avec l’histoire. L’investiture du quarante-quatrième président des Etats-Unis, Barack Hussein Obama, s’est déroulée dans une ambiance festive. A Béthune, des noms américains résonnent encore aux oreilles des habitants. Souvenez-vous…
…Celui de John Fitzgerald Kennedy dont l’avenue portant son nom a été inaugurée le 24 mai 1964. A l’occasion de cette cérémonie d’inauguration, de nombreux américains moins connus resteront attachés au passé de la ville. C’est le cas d’Alexandre J. Davit, attaché commercial représentant l’ambassadeur des Etats-Unis. Des noms qui résonnent mais aussi des sons comme ceux émis par la 76ème musique militaire américaine sous la houlette de son chef d’orchestre, Jérald Winters.
Un autre américain, Henri Wright, président de la firme franco-américaine Schenectady déclarait en 1960 dans la revue mensuelle de la région de Béthune « zone spéciale de reconversion » à l’occasion de l’implantation de la firme dans la ville : « Béthune est bien situé par rapport aux pays du marché commun et nous sommes certains qu’en nous y installant, nous mettons le maximum de chances de notre côté ». Une opportunité saisie par une autre société : Firestone.
D.E. Engle, venu tout droit de l’Ohio pour préparer l’implantation
de l’usine de pneumatique avait lancée cette formule : « I like Béthune ! ». Des mots qui sont peut-être arrivés aux oreilles du
président américain de l’époque : Dwight Eisenhower.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 25 janvier 2009)
" 1877 : des saltimbanques et marchands forains sans emplacements ?"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1988 : visite du Président François Mitterrand
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
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