Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
C’était un 17 janvier. En 1562, le Roi Charles IX signa un document peu connu du grand public appelé l’édit de janvier. Des répercussions à Béthune ?
Poussé par sa mère Catherine de Medicis, le roi Charles IX appose sa signature sur l’édit de janvier à Saint-Germain-en-Laye. Cet édit autorise la liberté de culte aux protestants à l’extérieur des villes fortifiées. Une décision qui avivera la colère entre les catholiques et les protestants. Une haine qui débouchera sur les guerres de religion.
A Béthune, le protestantisme n’a jamais réussi véritablement à percer. Une situation confirmée en 1865. En effet, dans une délibération du 28 novembre 1865 concernant des indemnités de logement à accorder au pasteur du culte protestant, on signale que « considérant qu’il n’y a à Béthune qu’un très petit nombre de protestant, que ce nombre a encore diminué depuis des années, le conseil est d’avis qu’il y a lieu de réduire de sept francs à six francs l’indemnité de logement alloué au pasteur ».
En fait, le catholicisme était la religion dominante en ville. Une domination cautionnée par les autorités locales.
A côté de l’attachement au catholicisme, on peut dire que la
religion a marqué le passé de la ville. Signalons l’importance des communautés religieuses (couvent des capucins, sœurs de la charité) et des décisions marquantes : celle prise par Charles
Quint ordonnant le déplacement de l’église Saint-Vaast est souvent citée.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 18 janvier 2009)
En ce mois de janvier, les maires organisent nombre de cérémonies. Le député organisera aussi une
cérémonie des vœux. En janvier 1956, les députés étaient au cœur de l’actualité politique mais pour d’autres raisons.
C’est dans un contexte de crise politique que se sont déroulées les élections législatives du 2 janvier 1956. Edgar Faure, Président du conseil, a tenté d’obtenir la dissolution de
l’assemblée nationale après sa mise en minorité par les députés le 29 novembre 1955, consécutive au rejet d’un projet de loi visant à instaurer le scrutin uninominal à deux tours pour l’élection
des députés. Edgar Faure utilisa la possibilité offerte par la Constitution pour dissoudre l’assemblée le 1er décembre 1955.
Les élections législatives anticipées furent fixées au 2 janvier 1956. Les béthunois devaient départager 4 grandes forces politiques. Les 10935 suffrages exprimés dégageaient une
tendance politique : 4176 voix pour la SFIO, 2578 pour les communistes, 1602 pour les indépendants et 1375 pour le MRP. Une répartition des voix qui a le mérite de nous donner des indications sur
le paysage politique local en 1956. A l’issue de ce scrutin de début d’année, les députés avaient formulé des voeux de circonstance et de longévité au gouvernement issu des élections : celui de
Guy Mollet. Un vœu exaucé car ce gouvernement fut le plus long de la IVème République (février 1956-mai 1957).
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 11 janvier 2009)
Durant ce mois de janvier, les cérémonies des vœux du Maire à la population vont se multiplier. En plein mois de janvier 1970, il n’y avait visiblement pas que les vœux qui retenaient l’attention des Maires du département.
En janvier 1970, loin des vœux traditionnels du début d’année, un cri d’alarme a été lancé à Béthune par les maires du Pas-de-Calais. En effet, c’est le 6 janvier 1970 que les représentants de l’association des maires du département ont tenté d’alerter l’opinion publique. C’est à l’hôtel de ville de Béthune que le Maire de Lens, André Delelis, s’exprima au nom de l’association des Maires. Mais que pouvaient donc bien dénoncer les édiles ?
En fait, les raisons de cette mobilisation sont multiples. Les élus avaient à cœur de dénoncer les charges fiscales croissantes pesant sur les communes à cause des transferts de charges de l’Etat sur les collectivités locales. La vétusté et l’injustice du système fiscal fut aussi dénoncé. Le projet de loi déposé par le Gouvernement le 29 juin 1967 prévoyant une répartition plus équitable de la fiscalité locale n’avait jamais été à l’ordre du jour. Enfin, les élus réclamaient une réforme des finances locales.
Des revendications fortes en 1970 dont certaines pourraient encore être portées par les Maires en ce début
d’année 2009 !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 janvier 2009)
Une très bonne année 2009 à tous les lecteurs du blog.
Que cette nouvelle année qui s'annonce à bien des égards difficile vous remplisse de bonheur...et que tous les voeux de réussite personnelle ou professionnelle formulés deviennent
réalité.
Arnaud Willay
Vous manquez d’idées pour votre repas de la Saint-Sylvestre ? Ces quelques lignes vous en apporteront peut être…elles vous ouvriront à coup sûr l’appétit.
Pour terminer l’année, comment ne pas citer une confrérie qui a traversé les siècles : les Charitables. Ceux qui perpétuent une tradition remontant en 1188 méritaient bien un banquet estival le 9 août 1891 avec un repas composé de saumon sauce hollandaise, de filet de bœuf sauce béarnaise, de pâté de Pithiviers ou encore du gigot bretonne.
Les 11 et 12 juin 1955, la fête de l’enseignement public marquée par l’inauguration du groupe scolaire Buisson ne pouvait pas se passer d’un déjeuner officiel. Le Maire Henri Pad a partagé avec l’inspecteur de l’éducation nationale et le sous-préfet du coq à la bière et du jambon de pays à la gelée au porto.
Dix ans plus tard, le 4 avril 1965, le 42ème congrès des gardes d’honneur de Lorette,
qui se tenait à Béthune, réservait un programme chargé qui ne pouvait qu’ouvrir l’appétit des congressistes : langue de bœuf sauce madère, rôti de porc sauce d’Auxel….
Et si ces victuailles ne suffisent pas, le commerce « A l’escargot d’or » qui se situait 13 rue des treilles proposait un grand choix pour le réveillon du 30 décembre
1951 : volailles et gibier, foie gras et truffes, langoustes et homard….De quoi vous mettre en appétit pour fêter le nouvel an.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 décembre 2008)
En 1937, une certaine tristesse envahissait Béthune en pleines fêtes de Noël. C’est à la fin du mois de
décembre 1937 que se sont déroulées les funérailles d’un ancien Maire qui a joué un rôle essentiel dans la reconstruction de la ville dans les années 1920 : Alexandre
Ponnelle.
Le Maire André Legillon ne manqua
pas de souligner l’action politique de son prédécesseur : « conseiller municipal élu la première fois en 1900, M Ponnelle le demeura d’abord
jusqu’en 1912. Réélu après guerre, il remplit les fonctions d’adjoint au maire jusqu’en 1925. A cette date, le conseil municipal lui fit le grand honneur de le choisir comme
Maire».
A côté de l’action politique, son implication dans l’enseignement est à signaler. Comme le soulignait lors des obsèques le principal du collège : « pendant 60 ans vous avez consacré votre vie à l’enseignement sous toutes ses formes… ». En effet, après des études au collège de Dion, il fut nommé professeur à Bar-sur-Aube puis à Tonnerre et à Béthune où il enseigna pendant 32 ans de 1889 à 1921 la physique et la chimie.
N’oublions pas que
c’est le conseil municipal que présidait Alexandre Ponnelle le 4 février 1926 qui décida de confier la reconstruction de l’Hôtel de Ville à l’architecte Jacques Alleman. Un choix décisif quand on
sait que d’autres architectes prévoyaient la construction de l’Hôtel de ville près du beffroi. La face de la grand place en eut alors été totalement changée !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 décembre 2008)
Cette année, dans le cadre du marché de Noël, vous pourrez profiter d’une patinoire en glace naturelle. A Béthune, la glace rappelle des heures plus ou moins heureuses du passé de la ville.
Le 14 févier 1873, le conseil municipal a eu l’occasion de féliciter un homme qui a sauvé la vie à un jeune de 8 ans tombé…sous la glace. En effet, un enfant, fils d’un cabaretier de la ville avait tenté de patiner sur un fossé. La glace s’étant brisée, un habitant de Mont-Saint-Eloi réussit à sauver cet enfant qui avait sous estimé les dangers de la glace.
Cent vingt et un an plus tard, il n’y avait aucune chance pour que le couple de patineur accueilli à l’ancienne patinoire municipale ne tombe sous la glace. En effet, c’est le 14 janvier 1994 qu’un couple magique de la danse sur glace est venu à Béthune devant plus de 2000 spectateurs. Il faut dire qu’Isabelle et Paul Duchesnay avaient un palmarès qui forçait l’admiration : second aux Jeux Olympiques d’Albertville, second aux championnats d’Europe en 1991 à Sofia.
Dans une interview à
« BBV », magazine municipal de l’époque, Paul Duchesnay signalait aux jeunes patineurs béthunois : « le meilleur conseil que je puisse
prodiguer à un jeune qui se lance dans le patinage artistique, c’est de ne jamais abandonner les études au profit du sport… ». Des propos plein de sagesse prononcés en 1994 mais encore
cruellement d’actualité quatorze ans plus tard.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 14 décembre 2008)
Cette année, le marché de Noël, qui anime jusqu'au 28 décembre la Grand Place se met à l’heure canadienne. Le Canada…on en parlait déjà à Béthune en 1869…mais pas dans le même contexte.
Si en 2008 le Canada est évoqué de manière festive pour parler du marché de Noël, il n’en était pas de même au XIXème siècle. Il était question du cimetière communal et de ses plantations. En effet, le 14 août 1869, le conseil municipal devait choisir l’espèce d’arbres qui conviendrait le mieux tant pour la beauté du feuillage que pour la nature du sol du cimetière.
Le Maire de l'époque Charles Dellisse-Engrand proposa aux conseillers municipaux une liste détaillée des avantages et inconvénients des arbres qui paraissaient le plus convenir. Le choix du thuya du Canada a convaincu la majorité des membres du conseil. Le thuya du Canada serait d’ailleurs le premier arbre nord américain à avoir été introduit en France.
Le cimetière communal n’en était pas à sa première histoire de
végétation. Le 12 août 1868, le conseil autorisa le Maire à faire abattre deux arbres dans le cimetière. Un conseil qui demanda même un rapport sur l’état des plantations dans ce lieu. Le 29 mai
1869, il était question des bûcherons qui ayant entrepris l’abattage des arbres du cimetière avaient dégradé un des monuments ! Une situation loin des rêves du marché de Noël !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 décembre 2008)
En cette fin de mois de novembre, la politique est omniprésente dans l’actualité. Il y a cinquante ans, en novembre 1958, c’est l’élection des députés de la première législature qui retenait toutes les attentions.
Les 23 et 30 novembre 1958, les béthunois étaient appelés aux urnes pour l’élection des députés. Ils avaient le choix entrent plusieurs candidats qui briguaient les suffrages des électeurs de la neuvième circonscription du Pas-de-Calais : Emile Vanrullen, Sénateur et adjoint au Maire de Béthune représentait la SFIO (Section française de l’Internationale Ouvrière). Le parti communiste était représenté par Edouard Carlier, conseiller municipal de Béthune. Béthune n’était pas la seule commune concernée par l’élection. Le Maire de Locon, Maurice Cassez briguait aussi la confiance de l' électorat sous l’étiquette de l’Union Nationale, démocratie chrétienne.
Les électeurs de la 9ème circonscription ont finalement permis à ce dernier magistrat d'accèder aux sièges de l'assemblée Nationale.
Les béthunois l’ont, pour leur part, placé en tête. Sur les 11095 votants, 5458 ont choisi le programme de la démocratie chrétienne. Au niveau national, Maurice Cassez réaffirmait son attachement au Général De Gaulle. Sur le plan local, il voulait militer pour l’implantation d’usines nouvelles. Trois ans après, le 21 septembre 1961, l’usine Firestone est inaugurée à Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 30 novembre 2008)
" 1868 : Béthune manque d'espace pour le concours d'agriculture"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1988 : visite du Président François Mitterrand
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
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