Cher(re) Visiteur(se),
"Chacun fait à un moment ou à un autre de sa vie, sa rencontre avec l'Histoire" (Pierre Miquel, lettre ouverte aux bradeurs de l'histoire).
Ma rencontre avec l'Histoire s'est faite en 1994, au moment où je débutais mes études à la fac d'histoire.
Depuis avril 2002, mes articles historiques sont publiés dans le journal La Voix du Nord. Ces articles, sur l'histoire de Béthune s'inspirent pour la plupart de l'actualité locale, nationale ou internationale.
J'ai donc réalisé ce blog afin de partager ma passion pour l'Histoire et faire réagir ceux qui voudront bien s'y attarder à l'actualité au sens le plus large du terme.
Bonne lecture,
Arnaud WillayPour me contacter :![]()
- 9 janvier 2009, France Bleu Nord : "émission 'au coeur de la région" animée par Julien WZOREK consacrée à la ville de Béthune. Cliquez ici pour découvrir la retranscription de l'entretien.
En cette fin de mois de novembre, la politique est omniprésente dans l’actualité. Il y a cinquante ans, en novembre 1958, c’est l’élection des députés de la première législature qui retenait toutes les attentions.
Les 23 et 30 novembre 1958, les béthunois étaient appelés aux urnes pour l’élection des députés. Ils avaient le choix entrent plusieurs candidats qui briguaient les suffrages des électeurs de la neuvième circonscription du Pas-de-Calais : Emile Vanrullen, Sénateur et adjoint au Maire de Béthune représentait la SFIO (Section française de l’Internationale Ouvrière). Le parti communiste était représenté par Edouard Carlier, conseiller municipal de Béthune. Béthune n’était pas la seule commune concernée par l’élection. Le Maire de Locon, Maurice Cassez briguait aussi la confiance de l' électorat sous l’étiquette de l’Union Nationale, démocratie chrétienne.
Les électeurs de la 9ème circonscription ont finalement permis à ce dernier magistrat d'accèder aux sièges de l'assemblée Nationale.
Les béthunois l’ont, pour leur part, placé en tête. Sur les 11095 votants, 5458 ont choisi le programme de la démocratie chrétienne. Au niveau national, Maurice Cassez réaffirmait son attachement au Général De Gaulle. Sur le plan local, il voulait militer pour l’implantation d’usines nouvelles. Trois ans après, le 21 septembre 1961, l’usine Firestone est inaugurée à Béthune.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 30 novembre 2008)
Vendredi soir, le conseil municipal a adopté le budget supplémentaire. D’une manière générale, les documents budgétaires sont riches en informations. Si vous consultez les ceux de la ville datant du 19ème siècle, vous apprendrez bien plus que l’évolution des recettes et des dépenses.
Les budgets votés par le conseil municipal au 19ème siècle ressemblent à ceux adoptés actuellement. Ces documents alignant des chiffres à perte de vue nous informaient déjà sur les recettes et les dépenses municipales au siècle de Victor Hugo. Pour l’exercice 1848, on apprend que la ville pouvait compter sur des recettes de natures différentes : produit du droit d’occupation de la place au marché au poisson, produit de la vente annuelle de la coupe des herbes du chemin vert, propriété communale….Dans le budget pour l’exercice 1879, le Maire Oscar Dupuich pouvait s’enorgueillir de présenter un budget avec un excédent de recettes de 5309,43 francs.
Mais, les informations contenues dans les budgets ne sont pas strictement financières. Ainsi, les documents budgétaires du 19ème siècle soulignent aussi une évolution de la population à Béthune. De 7150 habitants annoncés dans le budget de 1848, on passe à 8264 en 1863, 8410 en 1874 et 9315 en 1876. Une légère hausse de la population qui illustre la croissance des villes françaises au 19ème siècle. En effet, poussée par l’exode rurale, la population urbaine augmenta nettement dans le pays, marquant ainsi l’avènement d’une civilisation plus urbaine.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 23 novembre 2008)
L’élection du nouveau Président des Etats-Unis, Barack Obama, a suscité un espoir de changement outre-Atlantique. Le passé de Béthune est truffé de références aux Etats-Unis. La ville possède même une avenue au nom d’un ancien président américain.
En effet, c’est le 24 mai 1964 que Maître Pad, Maire de Béthune, inaugurait l’avenue du Président Kennedy. Dans une lettre datée du 27 mars 1964 envoyée à l’ambassadeur des Etats-Unis en France, l’élu rappelle sa volonté de rendre un hommage « ému envers le grand démocrate et défenseur de la paix qu’était le Président Kennedy ».
Dans sa correspondance, Maître Pad souligne que la ville a favorisé l’implantation de firmes américaines : « la firme firestone tire and rusber qui a installé sur un terrain de 34 hectares une importante usine de pneumatique ultra moderne occupant plus de 600 personnes ». Mais, l’exemple de Firestone n’est pas le seul. Celui de l’usine de résines synthétiques Schenectady implantée sur plus de 2 hectares mérite d’être signalé. Une usine qui employait en 1964 une cinquantaine d’ouvriers et qui se trouvait à l’avant-garde du progrès dans divers domaines d’application de résine synthétique.
Mais, l’une des plus anciennes
références à l’Amérique date du XIXème siècle. En septembre 1858, le conseil municipal décidait d’engager des frais pour l’étude d’un chemin de fer américain…entre Béthune et Frévent.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 16 novembre 2008)
Dans deux jours, la France s’apprête à commémorer le 90 ème anniversaire de l’armistice mettant fin à la première guerre mondiale. A l’instar des béthunois, la confrérie des charitables a traversé ces 4 années de guerre.
« Il y a parmi vous messieurs, une vieille confrérie, fondée, je crois au cours d’une épidémie de peste, en 1188, et composée aujourd’hui encore des notables de votre ville….Le même courage dont a fait preuve l’association les charitables, chacun de vous l’a montré durant les longues années de bombardements et les tristes mois d’exil…». En décernant la Croix de la légion d’honneur à Béthune, le 28 décembre 1919, le Président de la République Raymond Poincaré n’a pas omis d’évoquer les Charitables.
Une confrérie dont l’action n’a pas été oubliée quatre années après la guerre. En effet, le
conseil municipal du 16 février 1922 a reconnu l’engagement de la confrérie mettant en exergue « le zèle et le courage des charitables qui au cours
de quatre années de guerre, chaque jour, au péril de leur vie, ont assuré les inhumations, malgré les obus et les bombes, qui plusieurs fois ont entravé les convois…. ». C’est à cette
date que le Maire Jules Senis, demanda officiellement la Croix de guerre au Ministre de la Guerre pour la confrérie béthunoise. Une façon de prendre en compte les sacrifices imposés aux
Charitables durant le conflit.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 9 novembre 2008)
En ce week-end de la Toussaint, vous serez nombreux à déposer des fleurs dans les cimetières communaux.
Des cimetières qui ont manqué cruellement à Béthune lors des épidémies de peste.
Dans l’histoire de la ville, la peste est bien connue. En effet, c’est suite à une épidémie de
peste en 1188 que la légende sur la création des Charitables, chargés de porter les défunts en terre, débute.
L’épidémie qui touche Béthune au XVIème siècle est moins évoquée. Dans son histoire de Béthune publiée en 1875 dans le dictionnaire
historique et archéologique du Pas-de-Calais, le Comte Achmet d’Héricourt évoque la peste de 1557 et ses conséquences sur les cimetières de la ville : « la peste sévit avec violence à Béthune durant l’année 1557 et y enleva deux ou trois mille personnes. Les cimetières alors adjacents aux églises devinrent trop
petits pour contenir les victimes du fléau…. ».
Une situation qui a provoqué des réactions chez les échevins. C’est le 27 avril 1558 que le gouverneur et les échevins convoquent les prieurs de Saint Pry et du Perroy, les chanoines de Saint Barthélemy, le curé de Saint Vaast et celui de Saint Pry : « le cimetière de Saint Barthélemy situé à l’intérieur de la ville était encombré de victimes...il fut décidé que les charitables de Saint Eloy porteraient les cadavres dans les cimetières situés hors des murs tel que celui du Perroy… ».
Plusieurs siècles après, les cimetières n’ont pas disparu…mais plus surprenant la confrérie des
charitables est loin d’avoir rendue son dernier souffle. Une longévité à signaler.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 novembre 2008)
C’est ce matin à 3 heures qu’est intervenu le passage à l’heure d’hiver. A Béthune, l’horloge du beffroi
reculera d’une heure…Une horloge qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Morceaux choisis au XIXème siècle dans les registres des délibérations du conseil
municipal.
Si le beffroi qui a traversé les
siècles est bien connu des béthunois, l’histoire de son horloge mérite quelques éclaircissements. En 1866, il était question d’éclairer le cadran durant la nuit.
Le 10 novembre 1864, Charles Dellisse Engrand, Maire, exposait qu’il avait déjà été question d’organiser au beffroi un système d’éclairage qui permit de distinguer l’heure après la tombée du jour. Pour des raisons financières, le conseil pensait convenable de se borner à éclairer la façade qui regarde l’Hôtel de ville. C'est que l’installation d’un cadran de nuit n’était pas une mince affaire.
Le rapporteur de la commission pour l’installation d’un tel
dispositif s’exprimait ainsi lors du conseil du 16 novembre 1866 : « le beffroi de la ville a été choisi…comme étant l’emplacement le plus
favorable à l’établissement d’un cadran éclairé la nuit...la dépense nécessitée par ce travail s’élèverait à environ deux mille francs.. ». En estimant au final que l’installation du
cadran n’était pas urgente, le Maire considérait qu’il avait dans cette affaire d’horloge…du temps à perdre.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 26 octobre 2008)
Alors que le monde connait une crise financière, on croit revivre le remake de la crise de 1929 et du krach boursier de Wall Street d’octobre 1929. Mais que pouvaient donc bien lire
les béthunois dans la presse en pleine crise américaine ? Immersion dans les journaux de la fin des années vingt.
Du papier jauni par le temps au prix de 25 centimes, les numéros du journal le petit béthunois d’octobre 1929 nous rappellent les informations reçues par les béthunois il y a 79 ans. Loin de la crise économique, les informations publiées mettaient en évidence la crise politique qui touchait le pays sur fond d’instabilité ministérielle : renversement du cabinet d’Aristide Briand…le radical Edouard Daladier refuse la présidence du Conseil…
A en lire la presse de 1929, la France semblait épargnée par
la crise économique qui frappait les Etats-Unis …une tendance qui s’inversa au cours des années suivantes. En fait, en France, la crise s’est plutôt manifestée tardivement. C’est la faiblesse des
investissements étrangers qui ont permis au pays d’éviter la situation de crise, à la différence des Etats-Unis, de l’Allemagne. C’est dans les années 1930 que la crise allait véritablement
toucher le pays….Et les béthunois n’allaient pas avoir besoin de lire la presse pour s’apercevoir de la hausse du chômage et voir apparaitre….une crise économique.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 19 octobre
2008)
Illustration : à la une du Petit béthunois, fin octobre 1929, l'actualité politique était mise en exergue.
Le 1er octobre dernier, le sénateur des Yvelines Gérard Larcher a été élu à la présidence du Sénat avec une volonté : rénover l’institution. Il faut dire que la chambre haute du parlement français est peu connue. Pourtant, elle a vu passer nombre de sénateurs.
Le 23 octobre 1922, la France apprenait la mort du vice-président du Sénat, Louis Boudenoot. Une nouvelle qui a affecté les habitants du département. En effet, Louis Boudenoot, sénateur du Pas-de-Calais a très vite embrassé une carrière politique.
Elu en 1885 conseiller général du canton de Fruges, il dota le département de son premier réseau de voies ferrées d’intérêt local. En 1889, il fut élu député représentant à Paris l’arrondissement de Montreuil sur Mer. C’est à l’occasion d’une sénatoriale partielle en 1902 motivée par le décès de l’ex-directeur des mines de Bruay qu’il entra au Sénat.
Celui qui est intervenu dans de nombreux débats nationaux comme celui de la séparation des Eglises et de l’Etat jouissait d’une réelle
popularité….jusqu’à Béthune. Des élus béthunois qui avaient tenu à lui rendre un hommage appuyé. Les édiles qui entouraient Jules Senis lors du conseil municipal du 3 novembre 1922 étaient
unanimes pour saluer l’action du sénateur en raison des nombreux services qu’il a rendu au département, à l’arrondissement et à la ville. Une unanimité pas si fréquente dans le monde politique
!
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du nord, le 12 octobre 2008)
5 octobre 1465 : Louis XI signait la paix à Conflans….Même si cette ville est éloignée de Béthune, Louix XI apparaît lui dans les pages d’histoire consacrées au passé de la ville.
Le 5 octobre 1465, les seigneurs du royaume de France concluent la paix avec le Roi Louis XI. Une paix qui marquait la fin d’une période de guerre civile appelée la ligue du bien public. Au cours de son règne, Louis XI (1423-1483) a vite eu la volonté de remettre de l’ordre dans le royaume. Une volonté qui lui attira les foudres de la haute noblesse rassemblée autour de Charles le Téméraire au sein de la ligue du bien public.
Louis XI et Charles le Téméraire sont tous les deux associés au passé de Béthune. A la moitié du
XVème siècle, Charles le Téméraire que ses contemporains appelaient aussi Charles le terrible devient seigneur de Béthune. En développant une politique expansionniste, il allait se heurter à
Louis XI.
A la mort de Charles le Téméraire en 1477, Louis XI débarrassé de ce puissant rival mena une politique d’annexion de nombreux territoires. Une mort qui signifiait la fin de la
mainmise du Téméraire sur Béthune. Louis XI en profita pour s’emparer de la Bourgogne, de la Picardie et de l’Artois. La seigneurie de Béthune allait écrire une nouvelle page de son histoire.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 octobre 2008)
On a
tendance à l’oublier mais ce dimanche est marqué par le 50ème anniversaire de l’adoption du référendum sur la constitution de la Vème République.
Le 28 septembre 1958, les français votaient pour une nouvelle constitution. Approuvée par une grande majorité, la Constitution qui instaure la Vème République mettait fin à l’instabilité gouvernementale qui caractérisait la IVème République.
En effet, au cours des douze années qui marquèrent cette République, vingt quatre gouvernements se sont succédés. Une instabilité génératrice d’immobilisme, le régime étant incapable de régler les problèmes posés à la société française. Une nouvelle constitution s’imposait donc.
L’arrondissement de Béthune approuvait massivement la nouvelle
constitution avec 68 % en faveur du oui. Les béthunois ont également placé le oui en tête. Sur les 11296 votants répartis sur les 6 bureaux au Foyer François Albert, 9249 électeurs ont voté pour
le texte constitutionnel soit 81 %. Un tel résultat en disait long sur l’instabilité qui régnait sous la IVème République. Cinquante ans après, le texte voté en 1958 a montré son efficacité, même
si entre-temps, des révisions constitutionnelles sont intervenues.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 septembre 2008)
" 1877 : des saltimbanques et marchands forains sans emplacements ?"
1188 : naissance de la confrérie des Charitables
1346 : première construction du beffroi
1750 : construction de l’hôtel de Beaulaincourt
1810 : Visite de Napoléon Ier
1815 : passage de Louis XVIII
1862 : le beffroi classé aux Monuments historiques
1916 : Visite du Président Raymond Poincaré
1918 : destruction du centre ville
1919 : Béthune reçoit la Croix de la Légion d’honneur
1927 : inauguration de l’église Saint Vaast
1928 : inauguration du monument aux morts
1929 : inauguration de l’Hôtel de ville et de la Chambre de commerce
1944 : libération de Béthune
1945 : visite du Général De Gaulle
1951 : inauguration du Carillon
1959 (25 septembre) : visite de Charles
de Gaulle, Président de la République
1961 : inauguration de l’usine
Firestone
1964 : inauguration de l’avenue Kennedy
1970 (27 mai) : inauguration de l'usine Cutler-Hammer (Zone industrielle A)
1972 (11 janvier) : venue de Albin Chalandon, Ministre de l'équipement
1972 (17 juin) : inauguration de l'I.U.T. par le secrétaire d'Etat à l'éducation nationale
1974 (29 septembre) : inauguration de la piscine par Roger Poudonson, secrétaire d'Etat à la fonction publique
1983 : inauguration de la Sous-préfecture
1984 (2 juillet) : arrivée de la 4ème étape du Tour de France
1986 (6 juin) : inauguration de la salle Olof Palme (La rotonde)
1988 : visite du Président François Mitterrand
2001 : la Mairie classée à l’Inventaire
supplémentaire des Monuments historiques
2005 : le beffroi classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO
2009 (4 décembre) : venue de Frédéric Mitterrand,
Ministre de la Culture
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