Partager l'article ! Ces cartes postales qui enrichissent notre mémoire collective: Même si le temps n’est pas clément, ce début du mois de juillet marque le ...
Même si le temps n’est pas clément, ce début du mois de juillet marque le départ de la saison estivale. Une période qui sera propice à l’envoi de cartes postales. Des cartes qui constituent des documents importants pour retranscrire l’ambiance d’une époque.
« Ma chère nièce Julie je suis toujours en bonne santé mais à présent on nous
laisse pas beaucoup le temps de penser à sa famille…il faut bien se préparer pour la guerre (le 28 aout 1914)…. ".Quatre ans plus tard, une autre carte béthunoise exprime des
espérances : « J’espère que Gabriel est toujours en bonne santé et espérons que cette guerre finira
bientôt… ».
Ce dernier témoignage daté du 7 mai 1918 montre combien les écrits qui se trouvent au dos des cartes
postales peuvent constituer des sources importantes pour retracer le passé d’une ville. Un témoignage particulièrement clairvoyant car le premier conflit mondial aura pris fin quelques mois plus
tard le 11 novembre 1918, date de l’armistice signé à Rethondes.
Loin des paysages d’une ville meurtrie par la guerre, les
cartes postales existantes sur Béthune depuis le début du vingtième siècle laissent une place de choix à la représentation du beffroi. Si le géant de pierre a été édifié au quatorzième siècle,
l’histoire de la carte postale remonte au 19ème siècle. C’est l’Autriche qui fut son berceau. Elle est née à Vienne le 1er octobre 1869 grâce à l’action du professeur
Emmanuel Hermann. La carte postale fera son apparition en France au début des années 1870 et se développa sous la Troisième République, en étant présentée dans les bureaux de poste. A la fin du
XIXème siècle, les cartes postales seront illustrées et permettront à la photographie de se diffuser.
Avec
l’exposition universelle de Paris en 1900, la carte postale prendra un essor considérable. Elle connaitra un âge d’or jusqu’à la fin du second conflit mondial. Un succès d’autant plus important
que les journaux comprenaient peu ou pas de photographies. Ce sont les cartes postales qui ont véhiculé après 1918 les images saisissantes de Béthune en ruine de l’Hôtel de ville au beffroi en
passant par l’église Saint Vaast. Des images qui plus que les récits historiques marqueront encore pour longtemps la mémoire de générations de béthunois. D’autant plus qu’elles sont précieusement
conservées aux Archives municipales et au Musée d’Ethnologie Régionale.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 1er juillet 2007)
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