Béthune au 19ème siècle

Le 19 février 1858 restera une date marquante dans l’histoire du régime napoléonien. C’est à cette date que l’Assemblée adoptait une loi un peu particulière. 

 

   Une large majorité (227 voix contre 24) avait adoptée la loi dite de sûreté générale. Cette loi permettait d’interner ou d’expulser les personnes ayant déjà subi des condamnations politiques. Suite à cette législation, les suspects seront arrêtés et déportés en Algérie. Mais, pourquoi une telle législation sous Napoléon III ?

   La réponse se trouve consignée dans le registre des délibérations du conseil municipal du 19 janvier 1858. Un témoignage de sympathie était adressé à Napoléon suite à un attentat qu’il a subi le 14 janvier. Un attentat perpétré par un révolutionnaire italien Felice Orsini qui reprochait à l’empereur d’entraver la réunification de son pays.

   Le Maire de Béthune Henri de Bellonnet soulignait que « les machinations les mieux ourdies ne prévaudront jamais contre la volonté qui a associé les destinées de la France à votre destinée ». Le conseil municipal de Béthune « pénétré de reconnaissance envers la providence qui a fait échouer l’exécrable tentative dirigée contre l’Empereur et sa noble compagne dépose à leurs pieds l’hommage de son respectueux dévouement ». Une assemblée communale qui allait également approuver la loi de sûreté générale.  

 

               Arnaud WILLAY  (parution dans La Voix du Nord, le 19 février 2012)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Béthune au 19ème siècle
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Il y a quarante-neuf ans, le 22 janvier 1963, le traité d’amitié franco-allemand était signé à l’Elysée. Un traité paraphé par le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer qui consacrait le rapprochement entre les deux anciens ennemis. Trois ans plus tôt, c’est Béthune qui annonçait le rapprochement entre les deux pays.

 

   En effet, le jumelage entre la cité de Buridan et Scwherte en 1960  est aussi à replacer dans ce contexte plus général de rapprochement entre la France et l’Allemagne, quinze ans après la fin du second conflit mondial.

   L’Allemagne et plus précisément l’allemand était aussi présent dans les collèges béthunois dès la fin du 19ème siècle. Le 6 février 1882, le Maire relayait une demande du principal du collège pour la création d’un cours d’allemand.

    Le 20 février, la question revenait à l’ordre du jour du conseil municipal. Le Maire expliquait que depuis des années, les familles réclamaient la création d’un cours d’allemand au collège de Béthune. Seulement, le conseil notait que la création d’un cours de langue supplémentaire occasionnait une dépense de 450 francs pour rémunérer un professeur. Les conseillers municipaux estimant que la création de ce cours ferait faire au collège municipal « un pas en avant » fixaient une condition : que tous les élèves en faisant la demande soient autorisés à suivre le cours. Un cours d’allemand qui allait finalement être dispensé par …un professeur d’anglais.   

 

                        Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 22 janvier 2012) 

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MARCH NOELLe marché de noël qui se déroule sur la Grand place ne serait rien sans ses chalets. En 1855, on parlait à Béthune de chalets mais ils n’avaient rien à voir avec les festivités de fin d’année.

 

    En février, le Maire de Béthune recevait une missive du commandant de génie. Le militaire demandait si la ville ne « pouvait pas fournir aux troupes qui pouvaient être envoyées à Béthune des chalets et lits de camps pour un effectif de 789 hommes ». Le Maire demanda le 6 février 1855 au conseil l’autorisation de mise à disposition des 300 chalets qui existent dans les magasins de la ville. A côté des chalets, la ville était disposée à fournir des planches de tréteaux pour établir les lits de camps.

   Dans une lettre datée du 8 février 1855, le capitaine du génie signalait au Maire que « les 300 chalets offerts par la ville ayant chacun 1m10 de largeur formeront un développement de lits de camp de 300 mètres de longueur lequel à raison de 0,7 mètres par hommes ne donnera que 470 places au plus ». Un savant calcul digne d’une organisation militaire qui signifiait que le quota de 789 hommes demandé à la ville par l’administration militaire était loin d’être atteint.

    Le Maire pensait que le patriotisme du conseil municipal ne lui permettait pas de reculer devant la dépense qu’entrainerait l’établissement des lits de camps nécessaires pour le coucher de la garnison. Une somme de 3000 francs était adoptée par le conseil du 10 février pour remédier à la situation. 

 

            Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 11 décembre 2011)

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HORLOGE   Si vous comptez sur l’horloge du beffroi pour rythmer les rendez-vous de vos journées, c’est raté. En effet, elle n’est pas à l’heure. Mais, ce n’est pas la première fois que l’horloge du géant de pierres pose problème.

   En 1864, un des cadrans de l’horloge du beffroi était complètement désorganisé. La dépense pour le réparer s’élevait à 250 francs. Une somme votée unanimement par le conseil le 12 mars 1864. 

   En 1877, l’horloge de l’édifice médiéval posait à nouveau problème et de grandes réparations étaient nécessaires. Le maire en personne avait visité le géant de pierres avec des horlogers mécaniciens. L’affaire était donc prise très au sérieux. Le conseil du 14 juillet 1877 vota un crédit de 3100 francs pour la restauration de l’horloge.

     Il n’y a pas que le beffroi qui était concerné par ces histoires d’horloge. En octobre 1886, l’inspecteur principal du service d’exploitation informait le Maire de son intention d’agrandir la gare et d’installer une horloge extérieure éclairée. Le 4 février 1896 le conseil unanime réclamait que l’horloge soit posée sur le fronton de la gare « pour faire cesser les légitimes récriminations des voyageurs qui ne peuvent voir l’heure exacte que sur le quai dont l’accès est interdit ». Peut-être une façon pour les voyageurs de vérifier que leur train arrive bien à l’heure…ou bien en retard !

 

                         Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 2 octobre 2011) 

 

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Vous faites quoi durant ce week-end du 15 août ? En 1866, la ville avait prévu une série d’activités pour célébrer l’empereur Napoléon III (1808-1873). Saut dans le temps, 145 ans plus tôt dans les coulisses de la fête...

 

      Cette journée du 15 août 1866  avait commencé bien tôt pour les béthunois. Il était prévu que la cloche et le carillon du beffroi annoncent la fête dès 6 heures du matin. Et dès 7 heures, une distribution de pains était organisée par le bureau de bienfaisance (ancêtre du CCAS) pour les indigents.

   Une petite sieste et dès 16 heures, le tir à la cible chinoise était à l’honneur. Pour la compagnie des sapeurs-pompiers, le tir était prévu sur la place du marché au beurre. La musique municipale était elle accueillie sur la place du marché au fil (actuelle place Marmottan). Et là, âmes sensibles s’abstenir. C'est que le tir à l’oiseau se déroulait sur le champ de manœuvre.

   Les sportifs s’étaient donné rendez-vous sur la petite esplanade pour pratiquer le jeu de paume au tamis. 

   Pour finir la journée en musique, un concert était annoncé à 22 heures sur la grand place. Les membres de la musique municipale et la fanfare des sapeurs-pompiers étaient chargés de jouer plusieurs morceaux. Une façon de terminer en beauté cette journée du 15 août 1866 débutée pour les plus lève-tôt des béthunois à 6 heures du matin !

 

                        Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 14 août 2011)

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Durant vos vacances sur le littoral, vous pourrez acheter du poisson frais avec en général un bon rapport qualité prix et le déguster sans modération. A la fin du 19ème siècle, à Béthune, on parlait de rehausser le prix des produits vendus au marché aux poissons. 

 

   En 1879, il existait des abus sur le marché aux poissons. En effet, il n’était pas possible de vendre du poisson frais ailleurs que sur le marché. Il est souvent arrivé que le poissonnier qui n’avait pu se débarrasser de ses acquisitions avant la fermeture du marché devait jeter son poisson ou le consommer lui-même. En effet, la vente à domicile était interdite.

   Mais, dans certaines villes, la vente du poisson était libre, ce qui permettait aux poissonniers d’écouler les stocks au-delà des horaires d’ouverture du marché.

   Le maire de Béthune devait donc se positionner : allait-il autoriser la vente du poisson en dehors des horaires d’ouverture du marché ? A l’époque, on parlait même de mesures libérales. Des mesures au final validées par le maire. Le 26 décembre 1879, il signait un arrêté municipal stipulant que la vente et le colportage du poisson ailleurs que sur le marché aux poissons, sont autorisés, mais seulement deux heures après son ouverture.

 

            Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 août 2011)

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La saison 2 de la capitale régionale de la culture débute avec les Atalantes, festival de péniches culturelles au port de plaisance. Si ces bateaux n’auront sans doute aucun mal à stationner, il n’en était pas de même en 1857.

 

   La volonté du conseil municipal réuni le 5 février 1857 était d’établir un droit de stationnement sur tous les bateaux, barques, bâtiments d’eau qui stationnaient dans les eaux et canaux de la ville de Béthune. Un droit qui faisait l’unanimité ?  

   La compagnie concessionnaire du canal d’Aire à la Bassée ne s’opposait pas à l’établissement de ce droit. Elle demandait simplement à la ville l’exemption du droit pour les bateaux destinés à l’entretien de la voie navigable.

   Par contre, l’ingénieur des ponts et chaussées du département expliquait lui que la ville ne justifie aucun droit sur le canal en dehors de son port. Par conséquent, pour l’ingénieur, aucun nouveau droit ne pouvait être établi au profit de la ville.

   Le Maire estimait que la décision d’établir un droit de stationnement s’appuie sur la loi du 9 frimaire an VII (1798-1799) qui disposait que les recettes communales se composaient du produit de la location des places sur les rivières. Au final, le droit de stationnement était fixé à 5 centimes par mètre carré de superficie occupée. De nouvelles recettes en perspective pour la ville malgré l’avis négatif de l’ingénieur des ponts et chaussées.

 

                                  Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 19 juin 2011)

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Ce week-end, le 12ème festival européen des arts de la rue « Z’Arts Up ! » inonde les artères béthunoises. A Béthune, à la fin du 19ème siècle, on parlait déjà de festival même si il n’avait rien à voir avec les arts de la rue.    

 

   D’ailleurs, les béthunois étaient fier de représenter la cité de Buridan à d’autres festivals. Ainsi, en 1869, le chef de la musique se tournait vers le Maire Charles Dellisse-Engrand pour l’obtention d’une subvention de 140 francs afin d’assurer le transport de la musique municipale au festival de Cassel. Une ville chargée d’histoire et stratégique siège de batailles du 11ème au 17èmesiècle.   

   Même les sapeurs-pompiers étaient concernés par les festivals. En juillet 1863, le capitaine de la compagnie de pompiers réclamait une subvention de 400 francs qui permettrait à une partie des pompiers de se rendre à l’invitation qui leur a été adressée pour participer au festival de Calais. Dépense imprévue mais acceptée par la municipalité.

    En 1875, c’est une pétition des habitants du faubourg d’Arras qui retenait l’attention. Ils signalaient que la date de la kermesse des faubourgs d’Arras, de Lille, du Perroy et de la gare coïncidait avec celles « des dix ou douze villages voisins ». Une pétition qui demandait que cette fête soit décalée au dernier dimanche d’août. Les pétitionnaires soulignaient avoir le projet de lui donner plus d’importance en organisant un festival. Une initiative encouragée à l’époque par la municipalité.

 

                                  Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 22 mai 2011) 

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MUGUETLe 1er mai, c’est la fête du travail avec ses symboles : muguet, revendications syndicales. Bien avant le 1er mai 1886 date à laquelle la pression syndicale permet aux travailleurs américains d'obtenir la journée de huit heures, le 1er mai apparaissait à Béthune dans un autre contexte. En 1878, loin de ces symboles, le 1er mai constituait une date butoir non pas pour les salariés mais pour les militaires de la garnison de Béthune.

 

   Une date butoir pour une question examinée lors du conseil municipal du 8 avril 1878 : celle du remboursement des droits d’octrois perçus sur les viandes consommées par la garnison qui devait cesser à partir du 1er mai 1878. De quoi s’agissait-il ?

   En fait, la ville avait accordé aux militaires en garnison l’exonération momentanée des droits d’octroi sur les viandes suite aux réclamations exprimées par l’autorité militaire en 1870. En effet, les bouchers de Béthune faisaient payer la viande fournie aux militaires plus cher que dans les autres divisions de la ville.

   Huit ans après cette faveur, le contexte financier avait changé pour Béthune. La perte des droits d’octroi engendré par cette mesure est devenue pour la ville importante. Alors, accordait-on ailleurs l’exonération des droits d’octroi ? A Douai, Lille, Arras, Boulogne, Saint-Omer aucune exception n’était faite en faveur des soldats de la garnison qui étaient eux soumis au paiement des droits d’octroi. Et le conseil municipal de conclure que dès le 1er mai 1878, l’administration municipale ne remboursera plus les droits d’octroi perçus sur les viandes consommées par la garnison. Nul doute que les militaires en garnison se sont longtemps souvenus de cette date.

 

                              Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 avril 2011)

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Demain, c’est la saint-valentin. Une occasion pour vous d’exprimer vos sentiments amoureux. Dans l’histoire de Béthune, des sentiments ont déjà été exprimés à maintes reprises mais ils n’avaient rien à voir avec l’amour.

 

   C’est l’empereur Napoléon qui avait exprimé ses sentiments au travers d’une lettre adressée au Maire par le sous-préfet en juin 1867. L’empereur a été vivement touché des manifestations unanimes qu’à provoqué l’attentat du 6 juin. Le sous-préfet se faisait donc l’interprète des sentiments de Napoléon auprès du conseil municipal de Béthune.

   Quelle était la nature de cet attentat ? En quoi constituait-il un événement important en 1867 ? En fait, les faits révélés par ce sentiment font référence à l’attentat perpétré à Paris par Antoni Bérézowski contre le tsar Alexandre II de Russie, accompagné de Napoléon III. 

   Les évènements de 1867 ne visaient pas directement l’empereur des français. Mais, dix ans plus tôt, Napoléon III fut victime d’une tentative d’attentat. Un attentat manqué perpétré le 14 janvier 1858 par Felice Orsini. Une occasion pour le conseil municipal de transmettre cinq jours plus tard une adresse pour dénoncer « un attentat monstrueux ». Les conseillers s‘en remettaient à « la providence qui a fait échouer l’exécrable tentative dirigée contre l’Empereur». Une adresse suite à laquelle Napoléon n’a pas eu l’occasion d’exprimer un quelconque sentiment de reconnaissance envers les membres du conseil.

 

                        Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 février 2011)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Béthune au 19ème siècle
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