Ce week-end, vous le passerez peut-être sur les routes où la circulation risque d’être difficile avec le traditionnel chassé-croisé entre les juilletistes et les aoûtiens. Les automobilistes à Béthune n’ont pas toujours eu la vie facile. Regard dans le rétroviseur de l’histoire béthunoise.
En 1914, les automobilistes ont été gênées par de nombreuses restrictions de la circulation. Celle-ci était interdite entre l’avenue de Lens et la rue du Perroy du 20 juillet au 1er septembre 1914. Du 29 juillet au 5 septembre 1914, les interdictions de circulation concernaient aussi la rue Pasteur et le chemin du moulin d’Annezin au faubourg d’Aire.
Si les restrictions de circulation touchaient les voitures, elles concernaient aussi les animaux. Et oui ! En 1920, les animaux vivants des espèces bovines, ovines et porcins devaient emprunter un itinéraire précis pour être menés à l’abattoir municipal : rue Aristide Hurbiez, place Legillon, boulevard Voltaire, Boulevard Vauban et rue du banquet réformiste. L’objectif était louable : éviter la propagation d’une épidémie de fièvre aphteuse.
Enfin, en octobre 1921, aucune interdiction ne touchait les automobilistes….mais c’était peut-être pire ! Un arrêté municipal interdisait formellement aux véhicules de toutes natures de parcourir les rues de la ville à une vitesse supérieure à 12 kilomètres à l’heure !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 31 juillet 2011)
S’il y a un sujet dont on reparlera en 2011, c’est bien celui du tramway. Le contexte politique, économique est certes (totalement) différent. Mais les questions de tracé et de financement liées à l’arrivée d’un tramway sont incontournables, aujourd’hui comme en 1921.
C’était en août 1921, trois ans après les bombardements de la première guerre. Béthune était en pleine reconstruction. L’ingénieur des travaux publics de l’Etat avait choisi cette date pour étudier la possibilité de mettre au milieu du boulevard Frédéric Degeorges (actuel boulevard Poincaré) une nouvelle ligne du tramway, notamment dans la partie comprise entre la place de la gare et la rue Benoite Vincent. Ce tracé avait un coût qui nécessitait le concours financier de la ville.
La commission municipale des finances estimait que « l’établissement de la voie du tramway au milieu du boulevard donnerait satisfaction aux commerçants, riverains ». Un tracé que la commission proposait de subventionner à hauteur de 5000 francs.
Une aide financière qui était loin de faire l’unanimité. Le conseiller municipal H. Bonnière jugeait la dépense inutile signalant que « le déplacement de la voie, loin d’améliorer la circulation, présentera plus de dangers car les chevaux…seront effrayés par les dégagements de vapeur de la locomotive du tramway ». Monsieur Beuvry contestait lui le tracé en soulignant qu’il « ne doit pas servir aux béthunois, mais seulement aux habitants des environs pour venir à Béthune ou à la gare ». Et de conclure en s’interrogeant « pourquoi ne ferait-on pas passer le tramway par l’avenue de Lens ?».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 23 janvier 2011)
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