En ce mois de janvier le chef de l’Etat présente ses vœux aux forces vives de la
Nation. Le 17 janvier 1913, il y a 97 ans jour pour jour, c’est un autre Président qui faisait la une.
17 janvier 1913, 20h10 : le Maire de Béthune Pierre Rinquin reçoit une dépêche. « Préfet à Maire de Béthune, assemblée nationale réunie aujourd’hui Versailles a, par 483 voix, élu Président de la République, Monsieur Poincaré ». C’est en effet à cette date que les parlementaires élisent Poincaré à la présidence de la République. Un président qui disposait déjà d’une solide expérience politique. Député de la Meuse, plusieurs fois Ministre, il devient Président du Conseil en janvier 1912.
Un président que l’on retrouvera 3 ans plus tard à Béthune lors de sa visite le lundi 16 octobre
1916. Une visite en présence de nombreux ministres qui intervenait suite aux bombardements qui avaient touché la ville, et en particulier celui du 7 août 1916.
C’est Raymond Poincaré qui signa le 5 décembre 1919 le décret conférant à la ville de Béthune la Croix de
chevalier de la légion d’honneur. Une circonstance plus heureuse qu’en 1916 qui signifiait la sortie de quatre années difficiles pour Béthune.
Arnaud WILLAY
Béthune a terminé son année 2009 en recevant le 4 décembre Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture. En 1972, la ville débutait son année en recevant un autre Ministre…celui de l’équipement.
C’était un 11 janvier. Etait-ce un début d'année aussi blanc que celui que nous vivons ? Les routes avient-elles aussi un goût salé ? Ce dont nous sommes certains, c'est que c'était un 11 janvier. Béthune accueillait Albin Chalandon, Ministre du gouvernement dirigé par Jacques Chaban-Delmas. On aurait pu s’attendre à ce que le ministre se déplace pour présenter ses vœux, à l’invitation du Maire de l'époque le docteur Breynaert ou autres institutionnels. Mais, il n’en était rien.
Avant de devenir Ministre, Albin Chalandon avait déjà une grande expérience politique. Membre du cabinet du Président du gouvernement provisoire Léon Blum en 1946-1947, il fut élu député des Hauts-de-Seine en 1968 avant d’intégrer les gouvernements de Maurice Couve de Murville et de Jacques Chaban-Delmas.
Le Ministre était venu plancher à la Chambre de Commerce et
d’Industrie sur le développement des axes routiers entre Arras-Béthune et Calais. Au menu figurait la future autoroute A26 qui était présentée en 1972 comme un axe majeur pour l’essor de la
région Nord-Pas de Calais. Une autoroute que vous empruntez peut-être régulièrement et qui constitue trente huit ans plus tard un axe incontournable dans le béthunois, permettant entre autre de
désenclaver la côte d’Opale.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 10
janvier 2010)
En ce début d’année, les élus vont multiplier les cérémonies de vœux à la population. En janvier 1954, c’est la cérémonie d’accueil du nouveau sous-préfet qui dominait l’actualité béthunoise.
Gérer les services d’une sous préfecture située dans le premier arrondissement de France. : voilà la tâche ardue qui attendait le sous-préfet Claude Dubois au début de l’année 1954. Un haut fonctionnaire qui avait sans doute à l’esprit la difficulté de succéder à des sous- préfets dont l’action a véritablement marqué l’arrondissement béthunois comme Myrtil Stirn, sous-préfet de la reconstruction de la ville après 1918.
Alors, dans quel contexte local le représentant de l’Etat arrivait-il ? Sur le plan politique, le mandat du Maire Henri Pad venait d’être renouvelé suite aux élections d’avril 1953. Sur le plan économique, les « grands travaux » de la ville ont vu en 1953 la réalisation de bains douches boulevard Thiers et la rénovation de la bibliothèque communale.
On retiendra aussi que le
sous-préfet, grand amateur de sport, assista en janvier au match de football opposant Béthune à Bully. Un match qui a vu la victoire des footballeurs béthunois. Une façon pour le
représentant de l'Etat de bien débuter l’année.
Arnaud WILLAY
(parution dans la Voix du Nord, le 3 janvier 2010)
Copenhague….un nom de ville au Danemark que l'on entend régulièrement avec l’ouverture de la conférence sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En 1972, les béthunois ont entendu parler du Danemark. Mais, on était bien loin des questions environnementales.
En effet, c’est une question politique qui dominait l’actualité. Les béthunois devaient se prononcer sur la ratification du traité d’adhésion de la Grande-Bretagne, du Danemark, de l’Irlande et de la Norvège aux Communautés européennes.
Le Président Pompidou soulignait à l’époque l’importance de cette consultation expliquant que « jamais le peuple français n’a été consulté sur l’Europe ». Toutefois, peu de personnalités s’étaient déplacées pour faire campagne en faveur du oui. Tout juste peut-on mentionner le passage début mars 1972 en gare de Béthune du premier ministre Jacques Chaban-Delmas. Un passage furtif car c’est à Auchel qu’il était attendu pour parler de l’avenir de l’ouest du bassin minier.
Malgré tout, l’appel
mobilisateur lancé par Pompidou a été entendu à Béthune avec près de 63% de votants ; 69 % des suffrages exprimés par les béthunois se sont portés sur le oui. Une façon d’approuver la
construction européenne qui se dessinait au début des années soixante dix.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 12 décembre 2009)
Hier, se tenait à Béthune l’Assemblée générale des Maires du Pas-de-Calais. En 1922, ce n’est pas un Maire du département, mais un anglais qui a foulé le sol béthunois. Retour sur une visite forcément appréciée.
Les 8 et 9 août 1922, Jules Senis a reçu le lord maire de Bristol, Ernest Cook. Quatre ans après la guerre, il était venu dans la cité de Buridan pour se rendre compte de la situation béthunoise, notamment celle des ménages ouvriers privés d’habitations ouvrières.
Durant sa visite, il s’est rendu compte de l’état de misère des ouvriers mal logés. Il visita la caserne Montmorency où demeuraient 64 familles dans des conditions déplorables. Des baraquements situés boulevard Diderot ont aussi été montrés.
Cette visite porta ses fruits. Trois ans plus tard, en mars 1925, la ville inaugurait la cité
Bristol. Pour Jules Senis, il s’agissait de remercier la ville anglaise pour « le secours qu’ils ont apporté à la ville de Béthune à un moment ou
cette dernière se trouvait dans l’impossibilité de donner asile à ses concitoyens par suite des habitations du centre ville….C’était pour les autorités gouvernementales et municipales une
question angoissante que celle qui consistait à trouver les moyens d’abriter les populations ». Force est de constater qu’en 2009, la question du logement est toujours bien
présente.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 octobre 2009)
Le patrimoine, vous le dévorerez des yeux ce dimanche. A Beaulaincourt, offrez-vous une séance de cinéma avec les Archives municipales. Au programme : la venue de Charles de Gaulle à Béthune. Zoom sur le repas présidentiel, histoire de vous ouvrir l’appétit.
Béthune l’avait déjà reçu en 1945. Le 25 septembre 1959, c’est en qualité de Président de la République que Charles de Gaulle a foulé les pavés de la Grand Place. Dans son allocution sur le perron de l’Hôtel de Ville, il évoqua devant une foule nombreuse « sa satisfaction de voir Béthune donner au sein de son conseil municipal l’exemple de l’union de tous les français ». L’heure d’un repas bien mérité en compagnie du sous-préfet Roger David était alors venue.
Alors, un repas présidentiel, cela ressemble à quoi ? En 1959, Charles de Gaulle a eu l’occasion de déguster une timbale de homard à l’armoricaine, du saumon grillé et des fraises chantilly.
Les chauffeurs et le personnel de sécurité de l’escorte
présidentielle pouvaient déguster à l’Hôtel du vieux beffroi du colin froid, des côtes de charolais Choisy, un ananas à l’arlésienne…De quoi vous remplir l’estomac ce dimanche midi avant de
profiter du patrimoine béthunois.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 septembre 2009)
La qualité de la vie….vous la recherchez sans doute durant ces vacances. En avril 1976, André Fosset, Ministre de la qualité de la vie du gouvernement Chirac est venu à Béthune pour y donner une conférence.
Un ministre de la qualité de la vie, cela servait à quoi ? Une question à laquelle André Fosset a tenté de répondre. En effet, son ministère était composé de différents domaines sensés améliorer la vie des français : l’environnement, la jeunesse et les sports, le tourisme et les loisirs.
Et, pour remplir sa mission, il fallait une solide expérience politique. André Fosset était conseiller municipal de Paris dès 1945 et entra au Sénat en 1958, représentant les Hauts de Seine.
Le Ministre n’a donc pas été impressionné par la réception organisée en son honneur à l’Hôtel de
ville par le docteur Breynaert. Le maire de Béthune souligna les dangers de la pollution engendrée par l’activité minière. Il évoqua aussi la pollution de la gare d’eau. La municipalité n’oublia
pas de valoriser son engagement dans l’opération « Béthune ville moyenne » visant à améliorer le cadre de vie des béthunois. Une initiative sans doute remarquée par un Ministre qui a
sûrement apprécié la qualité de son séjour loin de la capitale.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du
Nord, le 9 août 2009)
La fête des mères, c’est aujourd’hui. A côté des mères, les maires ont souvent été associés aux fêtes béthunoises. Zoom sur ces manifestations festives dans lesquelles ils n’ont jamais été oubliés.
Déjà, en 1869, le maire de Béthune était sensible aux fêtes. Le 17
avril 1869, le rapporteur de la commission des fêtes publiques, sur l’invitation du Maire Charles Dellisse Engrand, déposait un projet de programme pour l’organisation d’une fête
communale.
Le 7 avril 1929, Alexandre Ponnelle avait de bonnes raisons de
faire la fête. En effet, le nouvel Hôtel de ville était inauguré. La presse locale a profité de l’occasion pour signaler que la ville avait pris sa parure des jours de fête. Quant à Alexandre
Ponnelle, il estimait dans son discours inaugural que « si les fonctions de maire imposent quelques fois –c’était le cas il y a quelques jours- des
obligations tristes et pénibles, elles procurent aussi d’agréables satisfactions ».
Le 26 juillet 1931, il n’a pas manqué la fête inter-cantonale du cinquantenaire de l’école laïque. Au programme, un grand banquet présidé par le sous-préfet
Giaccobbi, une grande fête gymnique et musicale et un défilé auquel participaient 3500 enfants. Des enfants…il y en avait le 8 juillet 1951 sur la Grand Place rendant l’ambiance festive durant le
discours prononcé par Anselme Beuvry à l’occasion de l’inauguration du carillon. Comme quoi, à côté des mères, les maires aussi peuvent être à la fête.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 juin 2009)
Qu’allez-vous faire ce dimanche 26 avril ? Une question que ne se posaient pas les béthunois le 26 avril 1981. Le devoir électoral était à l’ordre du jour, présidentielle oblige.
Arlette Laguiller, Marie-France Garaud, Michel Crepeau, Huguette Bouchardeau, Brice Lalonde, François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing, Georges Marchais, Michel Debré, Jacques Chirac…..Voila le choix proposé aux 17000 électeurs béthunois inscrits qui devaient départager les dix candidats à l’élection du Président de la République.
Le télégramme officiel envoyé au soir du premier tour à la sous préfecture de Béthune récapitulait les scores des différents candidats. Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand étaient au coude à coude à Béthune : 3869 voix pour le candidat socialiste contre 3864 voix pour le Président sortant. Deux candidats qui se sont retrouvés face à face au second tour le 10 mai 1981. Un tour qui allait consacrer la victoire de Mitterrand en France mais aussi à Béthune.
Sept ans plus tard, le 28 janvier 1988, le Président foule les
pavés de la Grand Place. Quelques mois plus tard, il avait de nouveau rendez-vous avec l’histoire. Le 8 mai 1988, il est réélu à la présidence de la République. Un autre dimanche qui a marqué les
béthunois.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 26 avril 2009)
Souvenez-vous…le 19 avril 1956. Il y a cinquante trois ans, jour pour jour, l’actrice Grace Kelly épousait le prince Rainier Grimaldi III de Monaco devant 30 millions de téléspectateurs. A Béthune, en 1856, ils furent moins nombreux à saluer une naissance…celle du prince impérial.
Les 21 membres du conseil municipal votèrent, le 21 mars 1856, une adresse à l’occasion de la naissance du prince impérial saluant « un nouveau gage de sécurité et de stabilité dans les institutions. Le conseil municipal de Béthune, organe des sentiments de la population, remercie la providence de cette nouvelle faveur, qui comble les vœux de sa majesté et réalise les plus chères espérances du pays». Mais, qui était donc ce prince impérial ?
En fait, c’est la naissance du fils de Napoléon III et de
l’impératrice Eugénie, qui était saluée par le conseil municipal. Il faut dire que l’arrivée de Louis Napoléon correspondait aussi à une période faste pour le régime napoléonien. En 1816, suite à
la guerre menée en Crimée, l’empereur accueille à Paris la conférence de la paix. Il apparait alors comme le nouvel arbitre incontesté de l’Europe.
Une suprématie qui aurait aussi pu être saluée par le Maire Henry de Bellonnet. Quand il s’était fait
proclamer empereur le 2 décembre 1852, Napoléon III avait confirmé par décret le premier magistrat de Béthune. Les rares voix d’opposition, parmi lesquelles l’opposition républicaine, furent
muselées. Durant le second empire, le Maire était en fait sous tutelle.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 19 avril 2009)
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