Histoire politique

    Vous détestez les mails ou les cartes électroniques….C’est le moment pour envoyer vos cartes de vœux cartonnées par la poste. En espérant que votre courrier ne prenne pas trop de retard…comme c’était le cas en 1923, au point que le sénateur Jules Elby était même intervenu personnellement auprès de Paul Laffont, sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes pour améliorer la distribution postale à Béthune.

    Ce dernier, dans sa réponse au sénateur le 1er mars 1923, rejetait la faute sur la compagnie des chemins de fer du Nord. Elle effectuait « des travaux qui retardaient l’acheminement du courrier par les trains ». Par manque de moyens, il signalait qu’il était impossible d’abréger ces travaux. En d’autres termes, l’acheminement du courrier allait encore être perturbé à Béthune.    

   En fait, la distribution du courrier commençait au beau milieu de la matinée. Les conséquences financières pour les commerçants, négociants, industriels étaient réelles. Le 8 juin 1923 le conseil municipal décidait donc de protester. En se posant en « gardien et défenseur des intérêts de la cité, il ne peut admettre qu’une administration persiste pendant des années à entraver la vie économique d’une ville de 18000 habitants qui a plus que toute autre, le besoin et le désir de travailler pour se relever de ses ruines ». L’histoire ne dit pas si le sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes avait bien reçu le courrier de protestation du conseil municipal !

 

                Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 15 janvier 2012)

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Le marathon des vœux est parti pour vous mais aussi pour les élus qui enchaîneront les cérémonies. En 1965, le Maire de Béthune Henri Pad présentait ses vœux en deux temps.  

 

   Dès le 2 janvier 1965, la presse locale se faisait écho des vœux du Maire à la population. Il souhaitait aux enfants de brillantes études, aux vieillards privés de ressources « une aide sociale améliorée ». Aux adultes, il souhaitait « du travail permanent sans chômage ». Le Maire souhaitait voir se réaliser à Béthune en 1965 un certain nombre de projets « les premiers travaux de la cité technique, du centre sportif, la continuation de la nouvelle tranche de 500 logements en HLM à la Grande résidence ». On était dans les Trentes Glorieuses. Béthune, qui amorçait la reconversion de l'après-charbon, venait d'inaugurer l'usine Firestone et développait son parc immobilier.

   Henri Pad n’oublia pas de mentionner les enjeux électoraux en 1965, souhaitant que « la nouvelle assemblée communale de mars prochain continue l’œuvre gigantesque et exceptionnelle d’expansion actuellement en cours ».   Des superlatifs qui avec le recul d'un demi-siècle semblent avoir assez bien résisté au jugement de la postérité.

   Quelques jours après, c’est le Maire qui recevait les vœux du personnel communal. Pour le secrétaire général qui représentait les agents municipaux, l’année 1965 constituera « une étape importante dans l’œuvre de rénovation et d’expansion que le conseil municipal a entreprise depuis quelques années ».

   Si 1965 constituait une étape importante, l’année 1964 a aussi été décisive pour la municipalité dirigée par Henri Pad. En effet, l’histoire retiendra que Béthune a fêté son expansion. Nul doute qu’à l’époque le Maire espérait que cette expansion se poursuive en 1965…année placée sous le signe des élections municipales.  

                       

            Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 8 janvier 2012)  

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 Il y a deux jours, les esprits étaient tournés vers les commémorations du 93ème      anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Le 10 novembre 1946, les béthunois étaient eux mobilisés pour participer aux premières élections de la quatrième République.

 

   Le 27 octobre, une nouvelle Constitution est promulguée. Elle établit un régime parlementaire dominé par l’Assemblée nationale. La France allait vivre au rythme de la quatrième République. Les institutions devaient progressivement se mettre en place. Le 10 novembre, les français étaient appelés aux urnes pour élire la première Assemblée nationale.

   Au niveau national, les résultats confirment la domination du parti communiste (28 % des voix) et du MRP à droite avec 25 % des voix. La SFIO, en crise, s’effondre avec 17 % des suffrages exprimés. Qu’en était-il à Béthune ?

   Les 10283 béthunois votants ont eux placés en tête l’Union Gaulliste avec 3419 voix. La SFIO arrivait en seconde position (2660 voix) devançant les communistes (2427 voix). Au soir du 10 novembre 1946, la liste d’Union gaulliste arrivée en tête à Béthune soulignait sa dynamique « totalisant dans l’ensemble de la deuxième circonscription du Pas-de-Calais 61 732 suffrages ». Un score qui aurait même pu permettre à la liste gaulliste d’obtenir un second élu béthunois. Ces élections allaient en fait consacrer le multipartisme. Un multipartisme synonyme d’instabilité qui allait conduire la quatrième République à sa perte. 

               Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 novembre 2011)

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Ce dimanche, les grands électeurs vont désigner de nouveaux sénateurs. Parmi eux, les conseillers municipaux qui représentent 95% des électeurs des sénateurs. A la fin du 19ème siècle, le conseil municipal désignait déjà ses représentants.

 

    Le 16 janvier 1876, la séance du conseil municipal était partiellement consacrée à l’élection du délégué et de son suppléant du conseil municipal pour les élections sénatoriales. Une élection très encadrée par la loi. En effet, les 22 membres du conseil ont dû écouter la loi constitutionnelle du 24 février 1875 sur l’organisation du Sénat, la loi organique du 2 août 1875 sur les élections des sénateurs et la loi du 30 novembre 1875 fixant l’élection des délégués des conseils municipaux. C’est un adjoint au maire, monsieur Halloy, absent durant la séance qui a été désigné délégué à une large majorité.

 

   Si en 1876, un adjoint avait été élu délégué, il n’en fut pas de même en 1881. En effet, ce 27 novembre la, le Maire Oscar Dupuich a été élu délégué par 14 voix contre 3.

   S’il n’ eut aucun concurrent pour la place de délégué, la désignation du délégué suppléant posa davantage de problèmes. Cinq candidats étaient en lice : Hanon-Sénéchal, Haynaut, Mahieu, Legillon, Gourdin. C’est Hanon-Sénéchal qui avec dix voix fut désigné délégué suppléant. Une élection qui allait permettre aux conseillers d’étudier l’autre point à l’ordre du jour…celui dédié à la vente des fumiers de la ville !



                     Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 25 septembre 2011)

 

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   Ce week-end, c’est le marché des terroirs et de l’artisanat sur la Grand Place. Un marché qu’aurait sans doute aimé visiter le Ministre de l’agriculture s’il s’était déroulé en 1921.

 

   En effet, à cette époque, Béthune a accueilli le Ministre de l’agriculture, Edmond Lefebvre du Prey. En pleine période de reconstruction pour la cité, le maire Jules Senis aurait pu s’attendre à la venue de Louis Loucheur, Ministre des régions libérées. Il n’en fut rien. Le Maire allait-il parler de la reconstruction de la ville au Ministre de l’agriculture ? Pas impossible quand on sait qu'il accompagnait Clemenceau en visite à Béthune en 1919 au cœur de la cité dévastée.

   En 1921, Edmond Lefebvre du Prey était venu présider le concours de la société d’agriculture de l’arrondissement. Le Maire signalait dans son discours officiel que «l’agriculture de cette partie de l’Artois s’achemine vers la splendeur d’avant guerre et qu’elle a su répondre à l’attente du pays et à la confiance qu’il avait misé en elle».

   La société d’agriculture voulait se donner les moyens de valoriser son action en faveur du monde agricole. Le 15 mars 1921, quelques semaines avant la venue ministérielle, le Président de la société d’agriculture de l’arrondissement de Béthune demandait au Maire une hausse de la subvention pour l’organisation du concours annuel de la pentecôte. Une demande qui recevait un avis favorable du conseil municipal le 31 mars 1921 avec le vote d’une subvention de 1500 francs au lieu des 400 francs accordés précédemment. Un engagement sans équivoque du maire en faveur de l’agriculture.

 

                             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 mai 2011)

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Dans une semaine, se déroulera le premier tour des élections cantonales. Les électeurs seront appelés aux urnes dans les cantons de Béthune sud et est. Ce n’est pas la première fois que les béthunois votent pour les cantonales. Retour sur quelques anecdotes historiques liées au scrutin ou à son contexte.  

 

   Il y a eu des époques où les cantonales se déroulaient dans un contexte particulier. C’était le cas en 1949 avec le scrutin des 20 et 27 mars organisé quatre années après la fin du second conflit mondial et la visite du Général de Gaulle le 11 août 1945.   

   Le contexte en 1961 était aussi à signaler. Les cantonales avaient lieu seulement quelques mois après un référendum. Celui du 8 janvier 1961 relatif au projet de loi concernant l’autodétermination des populations algériennes et l’organisation des pouvoirs publics en Algérie. Un scrutin dont la participation du deuxième tour dans le canton de Béthune, le 11 juin 1961 a été relativement importante. En effet, elle s’élevait à 66 % contre 61 % lors du premier tour le 4 juin.   

   Enfin, il y a eu des rendez-vous électoraux où les élus béthunois étaient fortement représentés. En 1967, lors du premier tour le 24 septembre, plusieurs membres du conseil municipal briguaient les suffrages : Edouard Carlier (conseiller municipal), Roland Piel (Premier adjoint au Maire) et René Grésa (adjoint au Maire). Un scrutin de proximité où les 32530 électeurs du canton de Béthune devaient bien connaître les candidats. D’autant plus que le quatrième n’était autre que le Maire de Lacouture, René Dhaisne.

 

                              Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 mars 2011)

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Le marathon des vœux passé, certains élus vont avoir le regard tourné vers les échéances électorales de 2011. Si des cantonales se dérouleront en mars, les élections sénatoriales sont prévues en fin d’année…au mois de septembre. En 1923, elles se déroulaient en janvier. 

 

   Et les candidats en 2011 rêveront d’être élus dès le premier tour. C’est ce qui est arrivé en janvier 1923 au Président de la Chambre de Commerce de Béthune, Jules Elby. Un candidat aux sénatoriales élu avec 1033 voix (devançant le socialiste Emile Basly) qui succédait à l’ancien sénateur et vice-président du Sénat Louis Boudenoot.

   Jules Elby pouvait s’enorgueillir d’avoir obtenu le soutien du Maire de Béthune. En effet, lors d’une réunion des délégués sénatoriaux tenue en décembre 1922, quelques semaines avant l’élection, Jules Senis avait souhaité appuyer la candidature de Jules Elby. Un candidat aux sénatoriales qui s’exprimait en présentant son programme axé sur la défense des intérêts de l’agriculture. 

   L’élection au Sénat de Jules Elby apparaissait pour lui comme un aboutissement. En effet, dès 1900 il devient directeur des Mines de Bruay. Ce capitaine d’industrie fut aussi maire de Bruay et conseiller général du canton de Houdain. Son attitude courageuse durant la première guerre mondiale lui valut d’être cité à l’ordre de l’armée. Georges Clemenceau, Président du conseil, l’éleva à la dignité de grand officier de la légion d’honneur.

 

             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 janvier 2011)

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DSCN0441La santé….un élément incontournable dans les vœux que vous formulerez durant le mois de janvier. Des vœux de santé que Simone Veil a peut-être souhaitée lors de sa visite à Béthune.

 

   C’est en qualité de Ministre de la santé qu’elle est venue le 30 novembre 1976 à l’hôpital de Béthune. Une venue qui marquait ses premiers pas politiques. En effet, Valéry Giscard d’Estaing qui voulait féminiser le Gouvernement lui confia les reines du Ministère de la Santé. Une visite durant laquelle Simone Veil a entendu les revendications syndicales sur la vétusté du bâtiment abritant l’hôpital et les mauvaises conditions d’hospitalisation.  

   Des paroles qui ont aussi résonné aux oreilles du Maire de Béthune Paul Breynaert et des représentants de l’Etat. Aujourd’hui, quand un Ministre se déplace, c’est en général pour annoncer une réforme ou expliquer une décision. La visite ministérielle en 1976 n’a pas échappé à la règle. Le Ministre de la santé a annoncé la nécessité de construire un nouvel hôpital dont les travaux devaient débuter en 1977.

   Six ans après ce déplacement ministériel, c’est un Premier Ministre qui s’est rendu dans le béthunois. Il n’était plus question de promesses. En effet, certains d’entre vous se rappelleront que le 9 octobre 1982, Pierre Mauroy inaugurait le centre hospitalier Germon et Gauthier. La chapelle située en bas de la rue Saint-Pry reste le seul témoignage de l’emplacement de l’hôpital au cœur de Béthune.

 

      Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 9 janvier 2011)

 

Légende illustration : la chapelle Saint-Pry, seul témoignage de la présence de l'ancien hôpital en bas de la rue Saint-Pry.  

  

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Le remaniement du gouvernement annoncé depuis des mois est (enfin) arrivé le dimanche 14 novembre avec la reconduction de François Fillon à sa tête. Peut-être que le Premier Ministre reviendra dans le Béthunois avant la fin du quinquennat ? Un chef de Gouvernement a déjà foulé le sol béthunois…c’était dans les années cinquante.  

 

   En effet, c’est en qualité de Président du conseil que Guy Mollet s’est rendu en juin 1956 au pied du beffroi. Le chef du Gouvernement nommé en février 1956 par le Président René Coty se sentait un peu comme chez lui à Béthune.

   En effet, il a représenté dès 1946 le Pas-de-Calais à l’Assemblée Nationale. Mais Guy Mollet n’était pas venu faire du tourisme. Il venait présider le congrès de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais.

   Une manifestation politique qui ne l’a pas empêché d’être reçu à l’Hôtel de Ville par le Maire Henri Pad. Un élu qui dans son discours évoqua la situation économique : « dans cet arrondissement, les mesures législatives spéciales classifient les cantons de Béthune, Houdain et Norrent Fontes dans le secteur prioritaire ». Le Maire n’oublia pas de parler de la politique étrangère et de la situation en Algérie estimant que « nous suivons les efforts de notre Gouvernement pour obtenir une pacification dans notre Algérie française…». Un sujet délicat pour le chef du gouvernement dont la politique algérienne avait suscité moultes critiques dans sa majorité.

 

                             Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 28 septembre 2010)

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hotel-de-ville-1.jpgDans deux jours, le 19 octobre, le conseil municipal se réunit. Un conseil qui s’annonce plus long que celui du 30 septembre dernier qualifié par beaucoup de conseil « le plus court de l’histoire béthunoise ». Pas certain !

 

   Le conseil du 30 septembre était sans doute le plus court de l’histoire politique contemporaine béthunoise. Mais, si vous vous amusez à compulser les milliers de page des retranscriptions des conseils depuis le 19ème siècle (un vrai plaisir !), il apparaît que ce n’était peut être pas le plus court de l’histoire béthunoise.

   Voyez par exemple en 1892. Il n’a pas fallu une demi-heure pour expédier la seule question à l’ordre du jour le 17 mai 1892, celle de l’élection du Maire. Une élection réglée très vite le temps de comptabiliser les 18 voix obtenues par Alfred Legillon devant deux candidats malheureux avec une voix, Louis Deguisne et Jules Averlant.

  La séance d’installation du Maire Jules Senis le 18 août 1907 avait quant à elle à peine durée 30 minutes. Sans suspense, Jules Senis remporta 22 voix contre une à Louis Campion.

Et que dire de la séance du 15 août 1917 d’une durée de 20 minutes consacrée à désigner un conseiller municipal appelé à faire fonction de Maire. Autant dire que la réunion municipale du 30 septembre dernier n’était sûrement pas la séance la plus courte de l’histoire.

 

                          Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 17 octobre 2010)

 

 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Histoire politique
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