Vendredi prochain, c’est le 11 novembre. Un rendez-vous traditionnel à ce moment de l’année pour commémorer le souvenir de l’armistice mettant fin à la grande guerre. Retour dans le Béthune de la fin des années trente, dans les coulisses de la préparation du 11 novembre 1938.
Et, il y avait un invité d’honneur lors des cérémonies béthunoises du 11 novembre 1938 : le drapeau du 73ème régiment d’infanterie, sous lequel des générations de béthunois ont servi. Un drapeau qui était placé en tête du groupe formé par les sociétaires de quatre sociétés béthunoises d’anciens combattants. Le protocole était précisément réglé par un arrêté municipal qui stipulait que « les drapeaux aux couleurs nationales des associations d’anciens combattants se tiendront à 5 mètres derrière la garde d’honneur militaire…. ».
Le protocole officiel avait même prévu le soleil qui brillait le 11 novembre 1938. On était loin de la tempête qui agitait Béthune lors de la cérémonie célébrant le 90ème anniversaire du 11 novembre. L’église Saint-Vaast n’était pas oubliée dans le protocole. Un service religieux y était prévu à la mémoire des morts de la guerre. Les décorations place du maréchal Pétain (actuelle Grand Place) étaient nombreuses : médaille militaire, croix du combattant, croix du mérite sociale, croix de chevalier du mérite agricole. Le soir, loin du protocole militaire imposé par les circonstances, un radio-crochet réunissait au théâtre municipal les membres de l’union nationale des anciens combattants. Une organisation que l’on imaginait moins militaire.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 6 novembre 2011)
A Béthune, elle se déroule fin août, une semaine avant celle de Lille. La braderie qui marque la rentrée a lieu demain lundi. En 1950, le traditionnel rendez-vous de la rentrée était organisé en septembre.
Si début septembre de cette année-là, Béthune avait fêté de manière solennelle le 6ème anniversaire de sa libération, le 11 septembre, une autre fête se préparait.
600 marchands s’étaient installés dans les rues de la cité sur les cinq kilomètres de bitume réservés à la braderie. En ce mois de septembre 1950, la foule était au rendez-vous pour faire vivre la braderie. La ville de Béthune communiquait elle sur la « grande braderie et ses 5 kilomètres d’étalages entre la gare et la sous-préfecture de 8 heures à 16 heures…un jour exceptionnel pour les ménagères ». Mais, une journée loin de l'être pour les automobilistes. La circulation était interdite sur la grand place, dans les rues Sadi Carnot, Albert Ier, des treilles, grosse tête. La place Clemenceau et le boulevard Poincaré étaient aussi neutralisés.
Les commerçants participaient à cette fête en proposant de nombreux bons plans. Chez marchand frères, boulevard Poincaré, 5% de remise était offert sur les achats en magasin. Les grands magasins Thiéry Ainé situées 26 Grand Place organisaient une grande mise en vente de vêtements à des prix sans précédents. Des prix rêvés pour bien aborder la rentrée.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 août 2011)
A l’occasion des fêtes de la Pentecôte, la nature envahit le centre ville. Depuis des années, Béthune ne rate pas ce rendez-vous traditionnel du mois de juin. Vous ne louperez pas une miette de cette édition 2011, mais les plus jeunes d'entre vous n'étaient sans doute pas à la manifestation d'il y a 48 ans. Retour au cœur de l’événement en 1963.
Trois jours d’animation étaient prévus, du 1er au 3 juin 1963. L’agriculture était à l’honneur sur les places Lamartine, de la République et sur le boulevard Kitchener avec une exposition de machines agricoles.
Le sport était au rendez-vous. Le club vélocipédique béthunois organisait une course cycliste. Le stade municipal n’accueillait pas du foot mais un concours de boules. Quand à la place Marmottan, ancienne place du marché au fil, elle accueillait un concours de javelot. La place Joffre était elle le théâtre de la finale départementale de la coupe de France des jeunes agriculteurs.
Mais, il ne faut pas oublier que la Pentecôte est une fête chrétienne. En 1963, le contexte international était lourd, loin de l’atmosphère festive qui régnait à Béthune. En effet, le pape Jean XXIII décéda le 3 juin 1963. Elu le 28 octobre 1958, il restera dans l’histoire comme un pape réformateur ayant convoqué le concile Vatican II. A travers ce concile, Jean XXIII, considéré comme un pape de transition, voulait ouvrir l’église catholique sur le monde. Sa mort, le jour de la Pentecôte, ne lui a pas permis de voir le travail du concile achevé.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 12 juin 2011)
La foire débute dans une semaine. Les arrêtés réglementant la circulation autour de la manifestation et l’installation des manèges vont fleurir. Une situation déjà vraie en 1870 où la foire ne passait pas inaperçue.
En effet, le 14 mars 1870, le Maire Charles Dellisse-Engrand prenait un arrêté considérant que l’installation de la foire nécessitait le déplacement de plusieurs marchands. Un arrêté qui réorganisait fortement la vie dans la cité. En effet, à en croire le texte réglementaire, il était indispensable de prendre des mesures pour éviter « les encombrements, assurer la circulation et garantir l’ordre et la sureté publique ».
La foire avait aussi une incidence sur l’organisation des marchés. L’arrêté stipulait que le marché aux semences se tiendrait sur une place derrière la mairie. Le marché aux légumes se tiendrait sur la place saint-vaast. Sans oublier les pommes de terre en sac mises en vente derrières les baraques de la foire.
Le sens de circulation était aussi concerné : « les voitures arriveront sur la place par la rue de la grosse tête et sortiront par la rue du pot d’étain ». Deux rues qui jouxtent la Grand place qui existent encore aujourd’hui. Et pour couronner le tout, les fumeurs étaient interdits dans l’enceinte formée par les baraques de la foire. Une disposition anti-tabac qui aujourd’hui en perturberait peut-être plus d’un.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 6 mars 2011)
C’était un 24 octobre de l’année 1790. L’assemblée constituante décrétait que le drapeau bleu blanc rouge serait le drapeau de la République française. Le
drapeau ne constitue pas seulement un symbole pour la République mais aussi pour certaines associations.
C’était le cas lors de la fête de la fédération des amicales et Unions des sous-officiers de l’arrondissement de Béthune en 1934 marquée par la remise d’un drapeau à cet organisme.
Une fête qui a rassemblé de nombreuses personnalités autour du Maire Alexandre Ponnelle dont deux généraux : le général Duchêne membre du conseil supérieur de la guerre et le Général Niessel président de la Fédération Nationale des Amicales de sous-officiers.
Dans son discours, le Maire de Béthune a tenu des propos très patriotiques soulignant « que tous les français partisans de l’ordre qui ne veulent ni la désagrégation ni la déchéance de notre beau pays ne manquent aucune occasion de donner l’exemple d’une puissante cohésion physique et morale.. » et insistant sur « l’amour de la France et le culte de la patrie ».
Le Général Niessel, un spécialiste de la défense passive, souligna la vitalité des amicales de sous-officiers. Des sous-officiers qui pour lui « sont toujours prêts à répondre à toute menace qui pourrait venir de l’extérieur comme de l’intérieur ». Une manière toute militaire de mobiliser ses troupes.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 24 octobre 2010)
Dans quelques jours, les festivités de la rentrée débuteront à Béthune : Béthune rétro, braderie, fête de la jeunesse. Dans le Béthune des années 1930, ce sont les ducasses qui animaient la cité. Retour en 1934 à l’époque où elle était administrée par Alexandre Ponnelle.
Un Maire qui s’est sans doute intéressé aux ducasses organisées dans les différents quartiers de la ville mi août-début septembre.
Le quartier de la gare prévoyait des festivités du 12 au 15 août. Des festivités marquées par le départ très attendu d’un ballon à nacelle. Un ballon dirigé par un membre de l’association aéronautique du Nord de la France qui se posa à Avion.
Animations beaucoup plus classiques à la ducasse du faubourg d’Arras des 19 au 21 août. Concours de javelots et jeu d’arc étaient prévus. La ducasse de la cité du 8 ter des 26 et 27 août proposait elle une course de vélo et un concert donné par l’harmonie des cheminots. Quant à la ducasse du quartier du rivage des 2 au 4 septembre, la gymnastique était sur le devant de la scène.
Des ducasses programmées au cours d’un mois d’août chargé. En effet, Béthune venait à peine de se remettre des fêtes d’ouverture du stade municipal le 19 août 1934. L’histoire ne dit pas si l’équipe de football de Mulhouse invitée au stade et à l’Hôtel de Ville en a profité pour arpenter les rues d’une des ducasses béthunoises.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 24 août 2010)
Que diriez-vous si ce dimanche 15 août était consacré à célébrer la République et son Président actuel ? Eh bien les 14 et 15 août 1866, les béthunois faisaient la fête en l'honneur de l’Empereur.
Au milieu du 19ème siècle, Louis Napoléon Bonaparte impose une nouvelle constitution et met en place le second empire, régime autoritaire qui concentre les pouvoirs entre les mains de l’empereur Napoléon III.
Autant dire que l’ensemble des autorités civiles, religieuses et militaires étaient mobilisées en 1866 pour fêter la toute puissance de l’empereur. Même la cloche et le carillon du beffroi étaient mis à contribution pour annoncer le début des festivités. Des festivités débutées à 7 heures avec le bureau de bienfaisance par une distribution de pains aux indigents. La place du marché au beurre et celle du marché au fil (actuelle place Marmottan) accueillaient elles des séances de tir, à côté de parties de jeu de paume au tamis.
La musique faisait partie de la fête avec les morceaux exécutés par la musique municipale et la fanfare des sapeurs pompiers. Cette journée du 15 août s'est terminée par l’illumination des édifices publics et une retraite aux flambeaux à la gloire d’un régime condamné à disparaître…quatre ans plus tard.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 15 août 2010)
Mercredi, le traditionnel feu d’artifice a été tiré au pied du beffroi dans le cadre des festivités du 14 juillet. En 1955, les béthunois ont eu le droit à un feu d’artifice bien avant la fête nationale.
Eh oui, il y a d’autres festivités que la fête nationale qui méritent un feu d’artifice. C’était le cas des fêtes de l’enseignement célébrées à Béthune les 11 et 12 juin 1955. Deux journées au programme dense marquées par l’inauguration du groupe scolaire Ferdinand Buisson. Un établissement implanté dans une cité, celle des cheminots, qui était plusieurs dizaines d’années auparavant une vaste zone rurale sans population.
Après un feu d’artifice tiré le dimanche 29 mai 1955, jour de la Pentecôte, la ville prévoyait donc de fêter l’enseignement par un feu prévu au jardin public le samedi 11 juin.
Un spectacle préparé par un artificier de la rue Eugène Haynaut qui proposait notamment deux pots à volcans sortant de l’eau donnant de multiples détonations, deux feux de bengale rouges et éblouissants. Des illuminations multicolores dans le ciel qui se sont reflétées sur l’eau du parc municipal. Les béthunois présents en ce mois de juin 1955 ne pouvaient qu’attendre avec impatience le feu du 14 juillet.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 juillet 2010)
Aujourd'hui et demain, Béthune fêtera la musique. Le soleil devrait être au rendez-vous. Ce n’était pas le cas en 1954 lors du festival de musique. C’est la pluie qui a rythmé les journées d’un festival qui s’est déroulé les 12 et 13 juin 1954.
Du pop rock, du metal, du jazz manouche et autres styles musicaux sont prévus pour l’édition béthunoise de la fête de la musique… En 1954, c’est le grand orchestre de la musique de l’air qui était programmé pour se produire au jardin public et sur la Grand Place dans le cadre d’un festival dédié à la musique à une époque où la fête de la musique n'avait pas encore été inventée.
Béthune pouvait s’enorgueillir d’accueillir un orchestre international dirigé depuis 1942 par le commandant Robert Clerisse. Les amateurs de musique se sont laissés bercer par le rythme des poèmes symphoniques de Frantz Liszt ou du carnaval romain de Berlioz.
Qui de mieux placé pour écouter la musique de l’air que le Secrétaire d’Etat aux forces armées et à l’air, Louis Christiaens. Un Ministre nordiste reçu en grande pompe à l’Hôtel de Ville par Henri Pad et le sous-préfet Dubois.
On peut se douter que le Maire de Béthune, à une époque où la ville préparait son renouveau industriel et urbain, n’a pas parlé que de musique avec le représentant du Gouvernement. Mais, ils ont probablement aussi échangé quelques impressions sur le programme et son interprétation. Me Pad, le premier magistrat qui a fait rénover le théâtre endommagé par la guerre, était plus que mélomane : un musicien jouant sa partition au sein de l'harmonie.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 juin 2010)
Le concours du plus beau couple n’aura pas lieu cette année, marquant la fin de cette tradition béthunoise. Retour une dernière fois pour les nostalgiques de l’événement sur ces couples qui ont marqué à jamais le passé de cette manifestation.
C’est le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville qui a servi de cadre au concours de mars 1951. Un cadre qui a porté chance à un couple de béthunois qui décrocha le premier prix. Les années se suivent et se ressemblent. En 1952, deux amoureux béthunois l’emportèrent de justesse….avec 1 point d’avance.
Mais le plus beau couple n’a pas toujours était l’apanage des béthunois. En mars 1961, c’est une femme originaire de Sains-en Gohelle et un homme de Villers au Bois qui ont eu l’honneur de décrocher le premier prix et de défiler au foyer François Albert. En 1968, c’est le théâtre municipal qui accueillait cette compétition somme toute amicale. Un lieu qui a inspiré un duo de Nœux-les-Mines sorti vainqueur du concours qui réunissait à l’époque 19 couples.
Et que dire de l’année 1976 où 25 couples se présentaient
devant le jury. Une édition marquante avec la présence de participants venus des villes jumelées (Schwerte, Hastings et Courtrai). Une idée qui pourrait un jour relancer le concours ? En
attendant, pour prendre la relève cette année, c'est un concours de miss et une fête de la jeunesse qui seront organisés pour la première fois.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 mars 2010)
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