Cette semaine, le couple présidentiel a été reçu en grande pompe par la Reine d’Angleterre. Une visite peu surprenante car Français et Anglais entretiennent une relation particulière. L’inauguration de la cité Bristol à Béthune est un exemple révélateur.
« The
french Town of Bethune receives a gift of homes from the city of Bristol”. Un titre évocateur qui plaçait Béthune en première page du journal anglais fondé en 1903, le « Daily
Mirror », du 25 mars 1925. En effet, l’inauguration en mars 1925 à Béthune de la cité de Bristol témoigne de l’amitié franco anglaise après la Grande Guerre. Un discours de près de 10 pages
prononcé par Jules Senis lors de l’inauguration nous en dit plus sur la cité.
Après
avoir remercié la ville de Bristol pour « le secours apporté à la ville de Béthune à un moment ou cette dernière se trouvait dans l’impossibilité de
donner asile à ses concitoyens par suite des destructions complètes des habitations du centre ville », Jules Senis évoqua le début de l’amitié entre les deux villes :
« c’est en 1920 grâce à l’action de l’association France Grande Bretagne que le rapprochement entre Béthune et Bristol s’est
opéré ».
En 1923, les plans des habitations sont arrêtés. Les travaux
débutent en juin 1924. En 1925, les maisons ouvrières de Bristol sont inaugurées grâce à la souscription lancée 5 ans auparavant auprès des citoyens anglais. Des citoyens britanniques qui ont
salivé en voyant le repas offert par la municipalité béthunoise lors de l’inauguration : galantine de dindonneau truffée, cœur de filet à la choron, saumon de la Loire en Belle
vue…..
Arnaud Willay (parution
dans La Voix du Nord, le 30 mars 2008)
Illustration : plaque commémorative sur le parking du centre sportif témoignant des relations d'amitié entre Béthune et Bristol.
Souvenez-vous…dans l'édition de la Voix du Nord du 23 juillet 2006, un collectionneur des Yvelines, Guy Pouchet, s’interrogeait sur l’histoire d’un orgue de café
béthunois qu’il avait acheté en 1976 au marché aux puces de Saint Ouen. Deux ans après, d’autres interrogations naissent….
AW : Dans quel café était installé cet orgue ?
GP : "Le Café « Le Petit Trianon » (aujourd'hui rebaptisé Café « JOJO ») rue de Conflans Ste Honorine à Béthune, le long d’un canal destiné à stocker les péniches en attente de chargement (dit aussi « le port des fainéants ») "
AW : Depuis quand cet orgue faisait-il danser les habitants de Béthune ?
GP : "L’orgue aurait été installé vers 1930 par des gens venant de Dunkerque (peut-être un nommé A.WASELIN, nom retrouvé sur la gamme d’origine). La salle de bal faisait environ 8 m de largeur sur 5 à 6 m au faîtage, ce qui correspond approximativement aux cotes de la façade originale du Petit Trianon. "
AW : Vous souhaitez poursuivre l’histoire de l’orgue ?...dans quelles directions ?
GP : "La restauration de ce magnifique instrument n'est pas terminée... sa date de
fabrication n'a pas encore été retrouvée (elle pourrait se situer entre 1905 à 1920)... Cet orgue aurait donc joué dans une autre région que Béthune avant 1930 ?...Les souvenirs d'une personne
ayant connu cet orgue en fonctionnement à Béthune ou dans la région de Dunkerque pourrait m'aider dans mes recherches."
Pour contacter Guy Pouchet :
http://pouchi.club.fr/mekanonet/meccanorgue1.htm
mail :pouchi@club-internet.fr
Tracts, site internet….les candidats aux élections municipales vont multiplier les moyens pour faire connaitre leur vision du développement de la Ville. Une
vision d’avenir qui ne peut pas oublier le passé…..
Dans la Maison du Berger (1844), le poète Alfred De Vigny (1797-1863)
comparait les villes à des prisons dont il fallait s’évader. Au contraire, le passé de la ville de Béthune montre que c’est avant tout un espace de liberté dans lequel chacun peut trouver son
chemin.
Historiquement, les citoyens ont toujours revendiqué leur liberté : les bourgeois ne voulaient-ils pas
conquérir leur autonomie par rapport aux seigneurs ? En effet, le moyen âge a été une période d’émancipation et de liberté communale symbolisée par l’octroi d’une charte aux échevins en
octobre 1210 par Guillaume II et d’un beffroi en 1346 par Eudes De Bourgogne.
En
1789, la Révolution française s’est principalement déroulée dans une ville, Paris. En envoyant, en avril 1789, 20 députés pour assister à la rédaction des cahiers de doléances de la province
d’Artois, la cité de Buridan a aussi contribué à la fin de l’ancien régime et du système féodal.
Enfin, les images de la libération ont souvent eu la ville comme décor. Celle de l’arrivée le 4 septembre
1944 sur la Grand Place des militaires anglais symbolise bien, pour la période contemporaine, la liberté retrouvée des béthunois après la guerre. Libérés du joug nazi, les béthunois allaient
pouvoir continuer à écrire l’histoire d’une ville qui devrait encore faire couler beaucoup d’encre.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 27 janvier 2008)
Les frites moules sont aussi célèbres que les braderies de la rentrée. Dans son histoire, Béthune retiendra les grandes manifestations mais aussi les repas qui les ont
acompagnées.
Les dossiers d’archives empilent souvent des discours, procès verbaux de réunion, plans ou autres
documents administratifs. Mais, entre deux documents officiels, ces dossiers regorgent aussi de menus qui nous en disent plus sur les goûts culinaires de nos aînés. Des menus qui ont sans doute
ouvert l’appétit de nombreux historiens. Alors, n’hésitez pas à passer à table en consultant deux dossiers conservés aux Archives municipales de Béthune : celui de l’inauguration de l’école
Ferdinand Buisson et celui qui retrace la tenue du congrès des gardes d’honneur de Lorette.
Lors du 42 éme congrès
des gardes d’honneur de Lorette, le 4 avril 1965, le programme était chargé. Messe à l’église Saint Vaast, cérémonie du souvenir au monument du 73ème Régiment d’Infanterie, réception à
l’Hôtel de Ville. Un dimanche d’avril bien chargé qui a ouvert l’appétit des congressistes. Un banquet était justement prévu au foyer François Albert. La lecture du menu ne laissera personne
indifférent : saumon rose à la parisienne, langue de boeuf sauce madère, roti de porc sauce d’auxel….
Dix ans plus
tôt, l’école Buisson était inaugurée en 1955. En effet, le groupe Buisson avait été dévasté par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce n’est que le 12 juin 1955 que le Directeur
Général de l’enseignement et le Maire de Béthune Henri Pad allaient procéder à l’inauguration du groupe scolaire à l’occasion d’une grande fête de l’enseignement public. Aujourd’hui comme en
1955, Il n’y a pas de grandes fêtes sans grands repas. Celui prévu en 1955 était à la hauteur de l’événement : coq à la bière et sa garniture paysanne, jambon de pays à la gelée de porto,
mille feuille vidille et bombe glacée. Presque une faute de goût : l'établissement avait été ravagé par les bombardements de la seconde guerre mondiale !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 9 septembre 2007)
Même si le temps n’est pas clément, ce début du mois de juillet marque le départ de la saison estivale. Une période qui sera propice à l’envoi de cartes postales. Des cartes qui constituent des documents importants pour retranscrire l’ambiance d’une époque.
« Ma chère nièce Julie je suis toujours en bonne santé mais à présent on nous
laisse pas beaucoup le temps de penser à sa famille…il faut bien se préparer pour la guerre (le 28 aout 1914)…. ".Quatre ans plus tard, une autre carte béthunoise exprime des
espérances : « J’espère que Gabriel est toujours en bonne santé et espérons que cette guerre finira
bientôt… ».
Ce dernier témoignage daté du 7 mai 1918 montre combien les écrits qui se trouvent au dos des cartes
postales peuvent constituer des sources importantes pour retracer le passé d’une ville. Un témoignage particulièrement clairvoyant car le premier conflit mondial aura pris fin quelques mois plus
tard le 11 novembre 1918, date de l’armistice signé à Rethondes.
Loin des paysages d’une ville meurtrie par la guerre, les
cartes postales existantes sur Béthune depuis le début du vingtième siècle laissent une place de choix à la représentation du beffroi. Si le géant de pierre a été édifié au quatorzième siècle,
l’histoire de la carte postale remonte au 19ème siècle. C’est l’Autriche qui fut son berceau. Elle est née à Vienne le 1er octobre 1869 grâce à l’action du professeur
Emmanuel Hermann. La carte postale fera son apparition en France au début des années 1870 et se développa sous la Troisième République, en étant présentée dans les bureaux de poste. A la fin du
XIXème siècle, les cartes postales seront illustrées et permettront à la photographie de se diffuser.
Avec
l’exposition universelle de Paris en 1900, la carte postale prendra un essor considérable. Elle connaitra un âge d’or jusqu’à la fin du second conflit mondial. Un succès d’autant plus important
que les journaux comprenaient peu ou pas de photographies. Ce sont les cartes postales qui ont véhiculé après 1918 les images saisissantes de Béthune en ruine de l’Hôtel de ville au beffroi en
passant par l’église Saint Vaast. Des images qui plus que les récits historiques marqueront encore pour longtemps la mémoire de générations de béthunois. D’autant plus qu’elles sont précieusement
conservées aux Archives municipales et au Musée d’Ethnologie Régionale.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 1er juillet 2007)
Des horodateurs flambant neufs installés dans les rues de Béthune par la société Q-Park, la question du stationnement payant le midi évoquée lors du dernier conseil municipal de jeudi dernier….Mais, la question du stationnement à Béthune, que l’on semble découvrir maintenant, est loin d’être récente. Cette question a déjà été soulevée lors du conseil du 10 juillet 1894 !
A la fin du XIXème siècle, le droit de stationnement était réglementé. En 1894, le Maire a été interpellé par le Sous-préfet concernant les droits de stationnement perçus sur le domaine public national par la ville.
A cette époque, quelques communes du département percevaient des droits de stationnement dans des conditions jugées irrégulières. La Ville de Béthune appliquait sur la route nationale 43 un tarif de droit de place qui n’avait pas été approuvé par le Ministre de l’Intérieur. De même, la ville percevait aussi des droits sur les bateaux en stationnement sur la rive gauche du canal d’Aire. Comme cette partie n’était pas communale, les droits dont il s’agit devaient être homologués par le Ministre.
En effet, la législation prévoyait que les communes pouvaient percevoir des redevances sur les routes nationales et autres qu’en sollicitant l’avis favorable du Ministre de l’Intérieur.
En répondant à cette injonction du Sous Préfet, le Maire Alfred Legillon donnait quelques indications sur le stationnement dans sa commune. Il estimait que le droit de stationnement rapportait 2450 francs par an en ajoutant que la ville devait payer un employé chargé de recevoir les déclarations….Cet employé coutait annuellement 1000 francs à la ville. Concernant la route nationale 43, il explique que la traversée de cette route a toujours été entretenue par la ville.
Au final, le Maire effectua les démarches afin d’obtenir l’homologation du ministre de l’intérieur des règlements et tarifs existant pour les droits perçus sur la route nationale 43 qui était de temps en temps occupé par le marché aux légumes et par la foire. Même si le contexte actuel est différent, cette situation témoigne que les élus ne pouvaient ignorer les questions liées au stationnement, même en 1894 !
Arnaud Willay (parution dans La Voix du nord, le 1er avril 2007)
Illustration : la rue Sadi Carnot, une des rues payantes du centre ville
Il ne vous reste plus que quelques jours, jusque fin décembre, pour vous inscrire sur les listes électorales. En plus de pouvoir participer aux scrutins électoraux de 2007, vous associerez à jamais votre nom au passé de votre commune.
Les listes électorales. Des documents purement administratifs, dans lesquels les noms des électeurs succèdent aux autres, qui ont pourtant un intérêt historique. Et oui ! A côté des registres paroissiaux et d'état civil, des recensements de la population, elles sont une source incontournable pour les généalogistes à la recherche de leurs ancêtres. Au 19ème siècle, les listes électorales ne concernaient que la frange masculine et aisée de la population. Elles ne reflétaient donc que très partiellement l'état de la population. En effet, malgré l'établissement du suffrage universel en 1848, les femmes étaient exclues du vote. Ce n'est que depuis l'instauration du vote des femmes en avril 1944 que ces documents conservés dans les services d'archives municipaux dans la série K concernent une partie plus importante de la population.
Petit voyage au coeur d'une liste électorale des années 1919-1928 conservée aux Archives municipales de Béthune sous la cote 1K1 qui nous livre des informations précieuses et souvent insoupçonnées sur la population béthunoise au début du 20ème siècle : nom des habitants, profession, adresse et date de naissance.
En feuilletant cette liste aux pages jaunies par le temps, on découvre l'existence de professions disparues : une habitante de la Rue de la Porte Neuve était charretier, un autre demeurant Place du Jeu de Paume était cocher. Celui de la rue du Pont de Pierres exerçait le métier de charron. On pouvait aussi constater que des métiers du début du vingtième siècle existent toujours : la rue Saint Pry abritait un infirmier, la rue de Lille un boulanger et le boulevard Degeorges un coiffeur. Sans oublier l'instituteur de la rue du Prè des soeurs !
En poussant la découverte de ces pages, le regard est attiré par la présence d'anciennes dénominations de rues et places de la ville qui témoignaient de l'activité économique ou encore d'anciennes pratiques sportives. C'est le cas de la place du marché aux chevaux, de celle du marché aux poissons ou du Jeu de Paume (actuellement place Foch).
Vous pourrez également observer avec amusement, étonnement ou surprise les prénoms des béthunois que l'on oserait à peine donner maintenant à nos enfants : Alcide, Bénigne, Fleury, Eustache, Florimond ou Ursmar... Alors, il vous reste un peu de temps pour inscrire le votre sur une liste électorale qui fera partie du patrimoine écrit de votre commune
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 décembre 2006)
Le 7 novembre prochain marquera le 347ème anniversaire du Traité des Pyrénées. Un traité signé loin de Béthune, mais qui n'a pas été sans conséquences pour la cité de Buridan !
Le 7 novembre 1659, à plusieurs centaines de kilomètres de Béthune, les royaumes de France et d'Espagne signent le traité des Pyrénées. Un traité de paix qui met fin au conflit franco espagnol débuté en 1635. Cette paix de novembre 1659 est certes peu connue. Elle a en tout cas eu des conséquences directes sur la situation de Béthune au XVIIème siècle.
Le traité des Pyrénées résume à lui seul les relations conflictuelles qui ont prévalu durant des années les royaumes de France et d'Espagne. Béthune fut témoin de ces relations tendues. En août 1645, quatorze ans avant le traité, Béthune bastion espagnol depuis le XVIème siècle tombe entre les mains des forces françaises. Un événement marquant dans l'histoire de la cité de Buridan : les béthunois deviennent du même coup des sujets du Roi de France. Il faut dire que Béthune occupait une position stratégique pour les opérations militaires ultérieures.
Au final, la toute puissance de la monarchie française incarnée par Louis XIV allait se concrétiser par la signature du Traité des Pyrénéens. A côté de Béthune, la France annexait tout le comté d'Artois (sauf Aire et Saint Omer). Par la force des choses, elle en apparaissait alors comme une des grandes puissances d'Europe. Les visées expansionnistes du Roi de France sur Béthune, et plus généralement sur l'Artois, n'étaient pas le fait du hasard. Les événements historiques qui se sont déroulées après 1659 vont confirmer l'importance stratégique de l'Artois. Ils vont surtout mettre en évidence la politique belliqueuse menée par le Roi soleil. Une politique qui allait faire de Béthune une place fortifiée. Vauban édifia à Béthune un véritable système de défense et métamorphosa une ville qui allait se replier sur elle-même. Dans Béthune, Chronique d'une ville fortifiée réalisé par le musée régional d'ethnologie, qui constitue l'ouvrage de référence sur ce thème, on peut lire que les passages de Louis XIV dans la région en 1670 et 1680 était « peut être les initiateurs des grands aménagements sur les fortifications Vauban qui conçoit en 1678, par le Pré Carré, la défense de la frontière nord prend en compte la place de Béthune ».
Les fortifications voulues par le Roi de France n'allaient pas être inutiles. L'Artois et Béthune allaient de nouveau être touchés en 1676 et 1710 par d'importantes opérations militaires !
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 5 novembre 2006)
Le 15 janvier, plusieurs communes de l’arrondissement de Béthune, dont le chef-lieu, ont commencé à être recensées.
Historiquement, les recensements ont toujours existé. Il y a 5000 ans, la Chine, l’Egypte réalisaient des recensements pour des raisons fiscales ou militaires. Parmi les premiers recensements réalisés en France, on peut noter celui dressé par Charlemagne en 786. C’est dans la seconde moitié du XVIIème siècle que les savants ont commencé à s’intéresser aux phénomènes de la population. Vauban proposa en 1686 une Méthode générale et facile pour faire le dénombrement des peuples.
C’est Bonaparte qui organisa le premier recensement exhaustif de l’ère moderne en 1801. On avait dénombré 33 111 926 habitants dans les 98 départements de la France d’alors.
La ville de Béthune, qui derrière ses remparts occupait une superficie bien moindre que celle d’aujourd’hui, comptait 6000 âmes. Il faut bien dire que les évaluations effectuées à l’époque étaient approximatives. Durant cette période, le recensement s’est déroulé régulièrement à des intervalles variant de 5 à 9 ans. Le dernier fut réalisé en 1999.
Quand l’exploitation du charbon a commencé, Béthune, en lisière du bassin minier, a connu une croissance démographique moins forte que ses voisines (par exemple, Lens passée de 3200 à 32000 habitants), mais régulière : 7158 habitants en 1851, 14303 en 1911.
Le démantèlement des fortifications a permis d’accueillir davantage de monde. L’autre bond en avant démographique correspond à la construction du Mont-Lièbaut.
De 22385 habitants en 1954, on est passé à 27159 en 1968. Les agents de recensement diront bientôt combien les béthunois sont aujourd’hui.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 25 janvier 2004)
Cet été, l’église Saint Vaast accueille un cycle de concerts dans le cadre de la manifestation « les orgues chantent en Pas-de-Calais ». Ce dimanche à 17h vous pourrez d’ailleurs suivre le récital de l’organiste Madeleine Cordez. Bien avant de raisonner à Saint Vaast, les orgues rythmaient déjà le quotidien des béthunois au début du vingtième siècle.
« En 1976 au marché aux puces de Saint Ouen, je rencontre un brocanteur…il m’a proposé de me vendre les restes d’un vieil orgue qu’il avait récupéré à Béthune. Le premier bilan physique de cet orgue était déplorable. Rien de surprenant pour cet orgue qui faisait danser les habitants de Béthune dans les années 1920-1930 resté de nombreuses années dans un bâtiment en ruines… ». Ce témoignage livré par Guy Pouchet sur son site Internet (http://pouchi.club.fr/mekanonet/index.htm) résidant à Buc (dans les Yvelines) montre que l’orgue est un instrument présent dans les années d’après première guerre mondiale à Béthune.
Même s’il a été restauré (voir notre photo), l’orgue de ce collectionneur des Yvelines est loin d’avoir livré tous ses secrets. Il se serait trouvé dans un café dancing de Béthune le long du canal dont le patron renflouait les péniches. Un café qui aurait pu s’appeler le Trianon ? Des interrogations, que vous nous aiderez peut être à lever, subsistent donc sur l’orgue de Guy Pouchet.
Loin de ces incertitudes inhérentes à certaines parties de l’histoire locale, l’orgue n’a pas attendu Béthune pour se forger une histoire pleine de certitude elle. Une histoire faite de mécanique et de musique. Cet instrument aurait été inventé par un mécanicien grec d’Alexandrie vers 250 av JC. Utilisé par les empereurs romains, l’usage de l’orgue se généralisa en Europe au Moyen-âge. Un instrument de plus en plus populaire à un tel point qu’au 8ème siècle, un empereur de Byzance en offra un au Roi des Francs, Pépin Le Bref.
Ce n’est que progressivement et sous l’impulsion du pape Sylvestre II que l’orgue fit son apparition dans les églises. Avec son orgue imposant inauguré en 2001, l’église Saint Vaast, comme de nombreux lieux saints, ne déroge pas à la règle.
Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 23 juillet 2006)
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