Histoire scolaire

En lisant cet article, vous aurez sans doute déjà ouvert les cadeaux déposés par le père Noël. En 1923, c’est la ville anglaise de Bristol qui s’est transformée en père Noël. Et les petits béthunois en ont largement profité.

 

   L’histoire du Noël 1923 commence à Béthune en février. C’est le 16 février que le Maire adresse au colonel Woodcock, secrétaire du comité anglais d’adoption de Béthune, qui résidait à Bristol une lettre un peu particulière. Elle comprenait la liste des enfants fréquentant les écoles béthunoises. L’objectif était de préparer l’expédition de cadeaux provenant des écoliers de la ville de Bristol. Et justement, Béthune avait une relation particulière et amicale avec la ville anglaise. En août 1922, le Maire de Béthune accueillait le lord maire de Bristol Ernest Cook.

   Il faut savoir que cette initiative généreuse s’inscrivait dans l’effort effectué par les villes anglaises en faveur des localités dévastées. N’oublions pas que Béthune était seulement en train de se relever après des années de guerre et des bombardements meurtriers subis en 1918.

   Toutes les écoles béthunoises étaient concernées : école de la cité du chemin de fer, Sévigné, Michelet, Pasteur, Jules Ferry….Le père Noël avait à l’époque la lourde tâche de n’oublier personne parmi les 2600 élèves fréquentant les écoles de la cité de Buridan. En arpentant les rues béthunoises, l’homme à la barbe blanche s’est peut-être souvenu de ce Noël 1923.

 

                  Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 25 décembre 2011)

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Les cinéphiles ont encore quelques semaines pour profiter de l’Hybride. En effet, le garage accueille ce cinéma éphémère jusqu’au 17 décembre. Une initiative labélisée capitale régionale de la culture qu’aurait sans doute appréciée l’Inspecteur de l'instruction publique  dans les années vingt.

   Dans une lettre datée du 24 février 1922, l’Inspecteur demandait à la ville d’organiser des séances cinématographiques pour les enfants des écoles en privilégiant des films scientifiques, géographiques….L’Inspecteur souhaitait que ces séances se déroulent une fois par mois. Cette demande n’était pas sans conséquences financières. Le conseil municipal s’était engagé à voter un crédit de 600 francs à titre d’indemnité au propriétaire du cinéma Gaumont qui acceptait de donner deux séances, un mercredi par mois.

   En 1923, les commissions municipales des finances et de l’enseignement décidaient d’acheter un appareil cinématographique pour les écoles béthunoises. Une dépense qui s’élevait à 4500 francs. Les séances devaient se dérouler dans un bâtiment jouxtant la place du jeu de paume (actuelle place Foch). Le choix du conseil s’était tourné vers la maison Pathé pour l’achat du moteur, de l’appareil et des accessoires.

   Si dans les années vingt, on se préoccupait du cinéma pour les enfants, les béthunois allaient eux vivre un véritable feuilleton. Celui de la reconstruction de l’Hôtel de Ville. Un feuilleton marqué par de multiples rebondissements qui allait aboutir à l’inauguration en 1929 de l’Hôtel de Ville. Une époque qui mériterait bien un film !

 

                    Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 27 novembre 2011)

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Aujourd'hui dimanche, de nombreux électeurs devraient fréquenter les différentes écoles de la ville. Le groupe scolaire Michelet, les écoles Pasteur, Charlemagne, Buisson seront donc largement occupées par les isoloirs. A la fin du 19ème siècle, on souhaitait que les lieux d’enseignement soient suffisamment remplis non pas par les électeurs mais…par les professeurs. 

 

   Des enseignants qui étaient souvent en nombre insuffisant. En 1876, il était question de remédier à l’insuffisance du personnel enseignant attaché au collège de Béthune. La direction de deux classes par un seul professeur devait être remplacée si l’accroissement du nombre d’élèves était démontré. Le conseil municipal estimait dans sa séance du 12 août 1876 qu’en attendant que « la ville de Béthune possède un collège de plein exercice, il convient de soigner les premières assises de l’enseignement en réglant le nombre de professeurs sur celui des élèves ».

    En 1887, des emplois avaient bien été créés au groupe scolaire de Lille Perroy. Mais, dans une lettre au Maire, le Ministre de l’instruction publique et des beaux arts soulignait que « ces emplois ont été créés après engagement de la commune de fournir les traitements. Il ne m’est pas possible aujourd’hui…de substituer l’Etat à la ville pour cette dépense ».

   Une réponse ministérielle difficile d’autant plus qu’à l’époque, les traitements minimas garantis par la loi du 16 juin 1881 devaient être à la charge de l’Etat. Des promesses avaient pourtant été faites dans ce sens lors de la création des écoles.  

 

                             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 27 mars 2011)

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Elèves et enseignants reprendront dans quelques jours le chemin de l’école. Comme chaque année, les polémiques autour de la création de nouvelles classes alimenteront les débats entre le Ministre et les syndicats. Une question pourtant ancienne dans un contexte certes totalement différent.

 

   En effet, à la fin du 19ème siècle, on évoquait à Béthune la possibilité d’établir une classe de seconde au collège de Béthune. Une demande officielle adressée par le principal au maire Oscar Dupuich, avocat de profession.

    Le rapport de la commission municipale du collège datée du 20 septembre 1880 était sans équivoque : « loin d’être hostile à cette création nouvelle votre commission messieurs comme vous-mêmes l’estime de tous points désirable…mais la chose est-elle possible en présence des sacrifices nombreux que la ville s’est imposée pour son collège? ».

   Pour rejeter la requête du principal, la commission estimait se trouver en présence d’un «petit nombre des élèves de troisième appelés à monter en seconde ». La municipalité se préoccupait pourtant de la question scolaire. Et pour cause. Jules Ferry, Ministre de l’instruction publique, lui demandait par décret daté du 4 janvier 1881 de s’engager à payer pendant dix ans le traitement des 21 professeurs du collège de Béthune. Des professeurs qui assuraient un enseignement diversifié : mathématiques, français, anglais et gymnastique.

 

                           Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 août 2010)

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Quand on parle de lois scolaires, on pense aux lois Ferry de 1881-1882. On oublie qu’il y a 143 ans, une loi concernant l’instruction primaire a été votée…le 10 avril 1867.  

 

   Une loi qui a provoqué une réunion extraordinaire du conseil municipal le 27 juin 1867. Mais en quoi cette législation concernait les communes ? En fait la loi du 10 avril 1867 permettait aux communes de développer la gratuité de l’école primaire pour les pauvres et rendait obligatoire l’ouverture d’une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants.

   Les interrogations qui ont vu le jour lors de la séance nous apportent des indications précieuses sur la situation scolaire à Béthune au milieu du 19ème siècle. On y apprend que la ville possédait une école de garçons dirigée par les frères de la doctrine chrétienne et une pour les filles gérée par les sœurs de la Providence de Rouen. On observait aussi que la gratuité était la règle dans toutes les écoles publiques de la commune. Ces écoles étaient-elles bien fréquentées ?

   Oui si l’on en croit le Maire pour qui il n’y avait pas lieu de créer une caisse destinée à encourager la fréquentation des écoles. D’autant plus que le conseil municipal octroyait une aide financière….aux élèves les plus assidus.

 

                      Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 11 avril 2010)

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Aujourd’hui, c’est Pâques. Une fête chrétienne inscrite chaque année dans le calendrier. Au 19ème siècle, le jour de Pâques a servi de date butoir pour un problème qui concernait les écoles chrétiennes.  

 

 Il s’agissait en fait de reconnaître l’utilité de la présence d’un 8ème frère pour s’occuper d’une classe du soir destinée aux 13-14 ans…..une classe d’adulte comme on disait jadis. Le conseil municipal du 7 novembre 1863 allait décider l’essai d’ouverture jusqu’à Pâques pour juger de l’utilité de ce 8ème frère.

   En effet, l’inspecteur des écoles primaires signalait l’utilité de payer le traitement d’un 8ème frère. Six frères seraient chargés des 6 classes existantes à l’époque dans lesquelles se réunissaient 100 enfants. Un 7ème frère serait chargé des aspects purement matériels.

    La question du financement du fonctionnement des écoles chrétiennes était récurrente au 19ème siècle. Les enfants fréquentant l’école n’avaient en effet pas les ressources nécessaires pour subvenir aux dépenses les plus élémentaires. D’où une unanimité fréquente en conseil municipal pour que la ville apporte un complément financier.

 

             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 avril 2010)

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Ecoliers, collégiens ou lycéens, la rentrée scolaire, c’est cette semaine. La question des effectifs par classe sera posée comme lors de la rentrée en 1963.

 

   8292 élèves dans l’enseignement public en 1963. Un chiffre qui symbolisait la hausse des effectifs dans les écoles béthunoises. Alors, quels sont les établissements qui accueillaient le plus d’élèves au début des années soixante ? Avec 987 élèves, le groupe scolaire Buisson (primaires garçons et filles, maternelle) était en tête du classement, devançant de peu le groupe Michelet. Un établissement regroupant 929 élèves (collège, primaires garçons et filles, maternelle).  

   Mais, au-delà de la question des effectifs scolaires, la construction d’un nouveau bâtiment marquait l’année 1963. En effet, c’est le 26 juillet que le conseil approuva le projet de création d’un lycée technique d’Etat. Un projet qui datait de 1958, date à laquelle la ville a été informée que la Commission Nationale du Plan d’équipement scolaire avait choisi Béthune comme lieu d’implantation d’un établissement. Une décision qui a eu pour conséquence d’augmenter un peu plus les effectifs béthunois.

                 Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 août 2009)

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En ce mois de juillet, députés et sénateurs continuent à siéger pour voter les lois de la République. Plusieurs années après les lois Ferry, une loi d’importance a été adoptée en juillet 1919 pour organiser l’enseignement technique. Une législation aussi appliquée à Béthune.

    Le 25 juillet 1919, les députés votent la loi Astier qui organise l’enseignement technique, industriel et commercial. Tous les apprentis devaient suivre gratuitement 150 heures de cours d’enseignement théorique et général par an.
   Béthune établissait des demandes de subventions pour le déroulement de ces cours professionnels. Des demandes qui nous en disent beaucoup sur la situation locale comme durant l’année scolaire 1937-1938.
   Les cours professionnels, créés depuis le 1er janvier 1920 dans la cité de Buridan, se déroulaient rue de l’université dans un local spécialement affecté. Les matières enseignées étaient variées : comptabilité, sténo dactylographie, dessin géométrique et industriel….Les professions concernées étaient diverses : ajusteurs, mécaniciens, serruriers, menuisiers, comptables…A la fin des années trente, 302 élèves bénéficiaient de cet enseignement. D’ailleurs, la commission locale professionnelle approuvant une demande de subvention de la ville estimait que « les cours professionnels étaient toujours bien suivis ».  

             Arnaud WILLAY  (parution dans La Voix du Nord, le 26 juillet 2009)
 

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En ce mois de septembre, quelques jours après la rentrée, l’école est dans tous les esprits. Dans l’histoire scolaire, Jules Ferry apparaît comme un personnage incontournable. Après 1945, à Béthune, une école au nom de Jules Ferry a été reconstruite.

    En France, de nombreuses écoles portent le nom de Jules Ferry. Après la seconde guerre mondiale, la reconstruction à Béthune de l’école Ferry apparaissait comme symbolique et nécessaire. Il faut dire que Jules Ferry a marqué l’histoire de l’enseignement. Cet homme politique du XIXème siècle, partisan de l’expansion coloniale, nommé Ministre de l’Instruction publique dès 1879 a rendu l’instruction obligatoire et l’enseignement laïque.

   Dès le mois d’août 1949, sous Anselme Beuvry, un projet de construction du groupe scolaire Ferry était à l’étude. C’est dans les années 1950 que ce projet va se concrétiser. En 1951, les travaux de grosses réparations du groupe scolaire étaient achevés. La reconstruction des locaux détruits durant le second conflit mondial était à l’étude. C’est le conseil municipal du 21 mars 1952 qui approuva le projet définitif de reconstruction du groupe Ferry. Les élus n’oublièrent d’ailleurs pas de solliciter la participation de l’Etat pour la fraction des dépenses hors dommage de guerre.

    Après avoir inscrit son nom dans l’histoire de France, Jules Ferry l’a aussi associé à Béthune.


                Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 14 septembre 2008) 

Illustration : Jules Ferry (1832-1893)

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Lundi dernier, 520 000 classes ont accueilli les élèves. La rentrée est une véritable institution dans notre pays. Il faut dire que l’éducation nationale est un sujet incontournable et sensible qui a mis dans la tourmente nombre de gouvernements. Déjà au XVIème siècle, à Béthune, l’éducation préoccupait nos échevins.

   Si l’histoire de l’éducation contemporaine est connue, celle de période comme le XVIème siècle est souvent sujet à interrogations. Replongeons-nous donc dans le dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais publié en 1875 par la Commission départementale des monuments historiques qui nous donne des indications précises sur l’éducation à Béthune.
   On y apprend que l’éducation populaire n’avait jamais été prise en compte dans la cité de Buridan. Certes, les riches avaient des maîtres particuliers. Les seigneurs de Béthune, eux, appartenaient à des maisons riches et puissantes où l’instruction n’était pas absente. Quand aux gens d’église, ils s’instruisaient dans des écoles tenues par des ecclésiastiques. Toutefois, à Béthune, il n’existait pas d’établissement d’instruction des pauvres.
   C’est le 4 juillet 1579 que les échevins de Béthune désirant pourvoir à l’instruction des enfants pauvres de la ville ont acheté une maison qui servit de maison d’école. D’après les sources, cette maison se situait rue du sac où rue de la Calendre (près de la rue poterne).
Le maître y reçut tous les enfants pauvres pour les instruire en mettant un accent sur la religion, le catéchisme. Toutefois, l’écriture et l’arithmétique étaient aussi enseignées.
Il devait aussi conduire les enfants aux églises Saint Vaast et Saint Barthélémy le dimanche. Le maître reçut de l’administration municipale chaque semaine et pour chaque enfant la somme de dix sols pour leur nourriture, le feu, le blanchissage…
   Cet intérêt pour l’enseignement au seizième n’est pas étonnant. En effet, le contexte historique était propice à l’instruction. Avec la naissance de l’imprimerie, l’écriture et le savoir deviennent accessibles à tous. Les grands humanistes du XVIème siècle éditaient les grands auteurs de l’antiquité gréco-latine. On vit même naître de petites écoles destinées à l’instruction des enfants. Mais, ce qui frappe, c’est l’extrême attention portée aux pauvres. Si la nourriture et les vêtements étaient distribués depuis longtemps, il faut bien dire que ce désir de les instruire constituait une nouveauté. On assistait ainsi à la naissance d’une véritable éducation populaire à Béthune. Des échevins qui avaient appliqué bien avant l’heure la maxime prononcée plusieurs siècles après par le révolutionnaire Danton : « Après la pain, l’instruction est le premier besoin du peuple ». 

        Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 10 septembre 2006)

Illustration : vue de Béthune au XVIème siècle, d'après Q. Van Den Gracht.

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