Avenues, rues et places béthunoises

RUE L BLANCA la fin du 19èmesiècle, sous la IIIème République, un décret présidentiel était nécessaire pour changer le nom des rues à Béthune. Un décret pris le 12 février 1883 par le Président Jules Grévy modifiait la dénomination des rues des petits et grands becquereaux.

 

   Et si le conseil municipal en date du 4 janvier 1883 a décidé de changer le nom de ces deux rues , c’était pour rendre hommage à deux personnalités : Léon Gambetta et Louis Blanc. Avant le décret présidentiel du 12 février, il a fallu une délibération et deux arrêtés pour rendre effective la mesure.

   L’arrêté signé Oscar Dupuich le 6 janvier 1883 expliquait que la rue des grands becquereaux portera le nom de rue Gambetta « considérant qu’il y a lieu de décerner un hommage public à la mémoire du grand patriote à qui la France fait, en ce jour de funérailles nationales». Deux jours plus tôt, le 4 janvier, le conseil municipal était convoqué d’urgence pour « arrêter les mesures à prendre en vue des obsèques de Léon Gambetta, le puissant orateur, le grand citoyen dont la France porte aujourd’hui le deuil ».  

   Le même jour un autre texte réglementaire décidait que la rue des petits becquereaux porterait le nom de rue Louis Blanc «considérant qu’il importe de conserver le souvenir de Louis Blanc, ancien Membre du gouvernement provisoire de 1848». Un homme politique qui a aussi vu son projet d’ateliers sociaux échouer et a connu l’exil après les journées de juin.

 

                             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 12 février 2012)

 

 

Légende photo : la rue Louis Blanc longe l'église Saint-Vaast.

 

 

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PLACE 4 SEPTEMBRE 004La libération de Béthune, c’était le 4 septembre 1944. Si cette date éveille un fait historique dans la mémoire de beaucoup d’entre nous, une place du centre ville perpétue bien le souvenir de ce fait d'armes. La petite place derrière l’Hôtel de Ville qui a vu depuis 1945 son environnement largement changé.

 

   Il y a 66 ans, les bâtiments jouxtant l’actuelle place du 4 septembre abritaient un bureau de vote présidé par René Grésa, Adjoint au Maire. En effet, le premier bureau était installé place de la mairie, immeuble Salomon pour l’organisation des élections municipales du 29 avril 1945. Des élections qui avaient vu la victoire d’Anselme Beuvry, installé le 19 mai. Un immeuble acquis par la ville dans les années quarante où se trouve actuellement le service état civil. Le 16 juillet 1942, le conseil municipal décidait que l’exécution de ce projet par l’architecte M. Gigot permettrait de « grouper les services assistantes et œuvres sociales ainsi que les diverses régies municipales ».  

   La place du 4 septembre allait finalement être ceinturée par les services municipaux. En effet, l’Hôtel de Ville datant de 1929 et l’aile nord ne suffisaient plus pour accueillir les employés municipaux.

   En avril 1975, la presse locale annonçait l’ouverture des nouveaux bureaux pour le personnel communal. L’aile sud dont les travaux avaient débuté en 1973 était née. Une aile bâtie sur trois niveaux dont les travaux s’élevaient à 160 millions d’anciens francs.

 

                Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 4 septembre 2011)

 

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GARAGE 2Cela sera sans doute un boulevard béthunois très fréquenté durant cette année capitale. Le boulevard Poincaré, qui relie la gare au centre ville accueille aussi le garage, un lieu vitrine de Béthune 2011…Retour sur le passé de cette artère béthunoise.

 

   Avant d’être dédié à l’ancien Président de la République Raymond Poincaré, ce boulevard portait le nom du journaliste Frédéric Degeorges. Un boulevard qui a fait l’objet de toutes les attentions notamment en 1923. En effet, diverses actions ont été engagées en 1923  pour soigner son aspect : reconstruction des trottoirs, plantation d’acacias. Et pour finir, le conseil du 31 août décidait la pose de 32 candélabres par la société béthunoise d’éclairage.

 

 logoCRC              Le boulevard Frédéric Degeorges est aussi connu pour avoir permis le passage d’un tramway. Un aménagement dans ce boulevard qui à l’époque ne faisait pas l’unanimité. Certains conseillers municipaux expliquaient les dangers pour la circulation liés au déplacement de la voie. D’autres souhaitaient voir passer le tramway avenue de Lens.  

Si le nom de cette artère tracée en 1895 pour relier la gare au centre ville a été donné à Poincaré ce n’est pas un hasard. En effet, les liens qu’il a noué avec Béthune sont indiscutables. Lors de sa venue dans la cité le 28 décembre 1919 pour remettre la croix de la légion d’honneur à la ville, il est passé par le boulevard Degeorges. D’ailleurs, la mort de Raymond Poincaré en 1934 avait suscité une vive émotion à Béthune. Lors du conseil municipal du 13 novembre 1934, le Maire Alexandre Ponnelle lui rendait un hommage appuyé parlant d’un homme « qui s’est dépensé sans compter par amour de la patrie ».

 

                 Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 17 avril 2011)

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RUE 11 NOVEMBRE   Dans quatre jours, la France commémorera le 92ème anniversaire du 11 novembre 1918. De nombreuses villes ont dénommé une rue en souvenir de cette date historique. Béthune n’a pas échappé à la règle.

 

  En effet, vous pouvez emprunter la rue du 11 novembre longue de 380 mètres en vous rendant au théâtre, au lycée Blaringhem ou à la comédie de Béthune. Une rue au nom plein de sens qui s’appelait dans les années 1920 la rue du château d’eau. Cet axe fut l'objet de toutes les attentions dans les années 1970 quand la municipalité décida d’y engager des travaux quelques semaines après la commémoration du 11 novembre 1970. Des travaux qui avaient notamment pour but d’élargir la chaussée et les trottoirs.

   Une décision peut-être prise lors de la cérémonie béthunoise commémorant le 52ème anniversaire de l’armistice ? Un projet en tout cas entériné lors du conseil municipal du 26 novembre 1970.

   Plusieurs jours avant le conseil du 26, se tenait la cérémonie du 11 novembre. Une manifestation marquée par le recueillement devant le monument aux morts et par la célébration d’une messe à l’église Saint-Vaast. Une cérémonie qui s’est déroulée dans un contexte particulier. Le 9 novembre, la mort du Général de Gaulle provoqua une vive émotion jusqu’à Béthune. Pour cause. La ville l'avait accueilli en 1945 et 1959. Un décès qui a largement éclipsé les commémorations du 11 novembre 1970.

 

                         Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 7 novembre 2010)

 

 

RUE 11 NOVEMBRE 1

 Une rue où l'on aperçoit le château d'eau et la tour Saint-Ignace 

 

 

 

 

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rue verdunLe 21 février 1916 débutait une bataille dont on célèbre aujourd’hui le 94ème anniversaire : celle de Verdun. Une bataille qui finira dix mois plus tard, le 15 décembre avec un lourd bilan : près de 700000 morts. A Béthune, évoquer Verdun c’est penser à la rue du même nom.

   Elle s’étend sur 240 mètres. Située à quelques pas de la gare, cette rue longe le square Anselme Beuvry (notre photo), du nom de l’ancien Maire de Béthune de 1944 à 1951.

   Le sénateur-maire de Verdun François Schleiter, s’était spécialement déplacé pour l’inauguration qui s’est déroulée le 1er juillet 1956. Un sénateur-maire qui avait occupé du 2 juillet 1953 au 19 juin 1954 le secrétariat d’Etat à la France d’outre-mer.

   Dans son discours inaugural, le Maire de Béthune parlait d’une « bataille gigantesque ». Une bataille qui selon lui a laissé un souvenir inoubliable « d’un cauchemar de feu, de boue, de neige.. ».

    L’enjeu de cette inauguration avait un côté pédagogique pour le premier édile : « le nom de cette rue rappellera aux générations présentes et futures les sacrifices de l’armée française à une époque critique du destin de la France ». Une déclaration qui avait un certain écho dans une ville martyrisée par la première guerre mondiale.

                          Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 février 2010)

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Vous serez peut-être concernés par le recensement de la population qui durera jusqu’au 21 février. L’objectif : collecter des informations fiables sur la population pour adapter les politiques publiques. Zoom sur les habitants de la rue Eugène Haynaut en 1906. 
 

   Elle relie aujourd’hui la place Clemenceau à la place Saint-Eloi. La rue Eugène Haynaut est ancienne. C’est le 8 novembre 1892 que le conseil municipal décide de donner ce nom à la rue des Postes. Une décision en forme d’hommage pour l’ancien Maire de la ville de 1888 à 1891.

   Sur les 13979 habitants que comptait Béthune en 1906, 111 résidaient rue Eugène Haynaut. 49 étaient nés à Béthune. Deux habitants étaient originaires de Paris et un de Sedan. Si l’origine des habitants est intéressante, la profession qu’ils exercent nous donne des indications précieuses sur les métiers existant au début des années 1900. 

   Pas de surprise pour la majorité des professions représentées dans la rue Haynaut qui existent encore aujourd’hui : receveur des postes, boucher, avocat, huissier…..En revanche, au n°5 de la rue résidait une…chamareuse. Un vieux métier qui désignait une ouvrière décorant les vêtements de dentelle.  

                   Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 31 janvier 2010)

 

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   Si la rue Marcellin Berthelot est inaccessible pour cause de travaux, la rue de Bellonnet connaît le même sort. Avec en prime des difficultés pour arriver à la Charité. Au programme, pavage complet d’une rue qui rend hommage à un ancien Maire de Béthune.

   De Bellonnet, un nom incontournable dans le Béthune du XIXème siècle. En effet, Henri de Bellonnet a été nommé Maire en 1837 sous le règne de Louis-Philippe. Une période, celle de la monarchie constitutionnelle, qui a vu apparaître en France les premières grandes entreprises et banques formant en quelque sorte de véritables dynasties bourgeoises. A Béthune, la sucrerie dirigée par Charles Dellisse-Engrand prospérait, symbolisant l’essor de l’industrie sucrière.

   Si on parle souvent d’Henri de Bellonnet, on évoque peu son fils Adolphe Pierre-Marie. Ce militaire fréquenta l’école polytechnique, participant à la bataille de Wagram. Une bataille qui s’est déroulée les 5 et 6 juillet 1809 qui a vu la victoire de Napoléon Ier sur l’armée autrichienne dirigée par l’archiduc Charles. Il poursuivit brillamment sa carrière militaire et fut nommé capitaine et chef de génie de Béthune dans les années 1810. De Bellonnet…un nom qui comptait vraiment au XIXème siècle.

              Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 6 décembre 2009)

 

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C’est l’histoire d’une rencontre entre André Duwez, auteur indépendant passionné d’histoire et Gaston Dumur, Président des Amis du pesage depuis 1999. Une rencontre qui a débouché sur l’écriture du livre Béthune XIX-XXème siècles rue de l’horlogerie présenté dans le cadre des journées du patrimoine.

 

   « Ce regard sur l’histoire de ce tronçon de la rue du faubourg d’Arras, devenu en souvenir de son ancienne manufacture rue de l’horlogerie, demeure empreint de nostalgie ». Une préface d’André Duwez qui résume bien l’esprit de l’ouvrage. Un livre qui a demandé beaucoup de recherches. L’auteur souligne «qu elles ont démarré début avril. Un travail de recherche et de dépouillement notamment dans les archives de la ville et les Archives départementales du Pas-de-Calais qui n’aurait pu aboutir sans l’aide précieuse et les souvenirs de Gaston Dumur qui a travaillé de 1961 à 1999 chez Aequitas et Denis Outrebon qui a ouvert ses archives familiales».

    Ce qui frappe en parcourant les 44 pages et en dévorant des yeux les 55 illustrations c’est la diversité des thèmes abordés : l’horlogerie, la tannerie, la sucrerie, la scierie menuiserie, les brasseries, Aequitas et les bascules, la rue Outrebon…Une diversité qui vous poussera à découvrir un ouvrage qui donne un éclairage remarquable sur une page d’histoire de la cité.  

 

             Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 septembre 2009)

 

Renseignements : livre disponible au prix de 5 euros chez André DUWEZ, 53 rue Sébastopol à Béthune. 03 21 56 13 27.

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Ce week end, vous risquez d’entendre le vrombissement des moteurs. En effet, avec la 33ème édition du rallye, la voiture reprend ses droits. Des voitures qui sillonneront à grande vitesse les routes béthunoises. Des routes, on en parlait déjà fin XIXème siècle.

 

   Si on évoque souvent le développement du réseau ferré à Béthune dans la seconde moitié du XIXème siècle, on parle moins de l’émergence du réseau routier. Lors de la séance du 4 septembre 1873, le conseiller municipal Bresselle présentait une proposition pour l’ouverture sur la place du beffroi d’une rue qui serait la continuation de la route nationale 43.  
    
Pour lui, cette nouvelle rue serait d’une utilité locale et publique incontestable. Un conseiller municipal qui soulignait que ce projet, permettant à la grand place d’avoir un débouché qu’elle n’avait pas, était « de la plus haute importance pour Béthune ».

   Cette anecdote historique est significative du contexte national à la fin du XIXème siècle. En effet, après l’essor des routes au XVIIIème siècle, le siècle de Victor Hugo est caractérisé par la poursuite de l’effort de développement du réseau routier. Nul doute que l’extension du réseau a permis d’unifier l’espace national. Et Béthune d‘apporter sa pierre à l’édifice.

              Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 septembre 2009)

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Il a eu droit à une avenue longue de 950 mètres qui vous conduit de la gare au rond-point Saint-Pry. Alphonse Juin, maréchal de France, est même venu dans la cité de Buridan en 1959.

   C’est le 16 mars 1967 qu’une délibération efface de la carte l’avenue de Bruay pour la renommer avenue du maréchal Juin. Un maréchal disparu le 27 janvier 1967.

   Sept mois plus tard, le 8 octobre 1967, l’avenue fut inaugurée en même temps que la rue de Courtrai. Dans son discours, le Maire Henri Pad n’a pas manqué de rendre hommage à « un grand soldat, membre de l’académie française…soldat et chef, il devait de 1913 à 1942 franchir tous les grades militaires jusqu’à celui de Général d’armée...il se retira après la victoire de 1945 à laquelle il avait largement participé ».

   Béthune n’avait pas oublié que le maréchal était venu dans la cité de Buridan le 27 janvier 1959 afin de donner une conférence sur les problèmes de sécurité dans le monde. Une venue qui n’est pas passé inaperçue car le préfet du Pas-de-Calais Robert Cousin s’était spécialement déplacé.

   Pas moins de 700 personnes étaient venus écouter son point de vue sur l’évolution des doctrines en matière de sécurité. Un point de vue forcément pertinent pour celui qui assura le commandement interallié des forces terrestres du secteur Centre-europe de l’OTAN.

                 Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 août 2009)

 

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