Le 21 février 1916 débutait une bataille dont on célèbre aujourd’hui le 94ème anniversaire : celle de Verdun. Une bataille qui finira dix mois plus tard, le 15
décembre avec un lourd bilan : près de 700000 morts. A Béthune, évoquer Verdun c’est penser à la rue du même nom.
Elle s’étend sur 240 mètres. Située à quelques pas de la gare, cette rue longe le square Anselme Beuvry (notre photo), du nom de l’ancien Maire de Béthune de 1944 à 1951.
Le sénateur-maire de Verdun François Schleiter, s’était spécialement déplacé pour l’inauguration qui s’est déroulée le 1er juillet 1956. Un sénateur-maire qui avait occupé du 2 juillet 1953 au 19 juin 1954 le secrétariat d’Etat à la France d’outre-mer.
Dans son discours inaugural, le Maire de Béthune parlait d’une « bataille gigantesque ». Une bataille qui selon lui a laissé un souvenir inoubliable « d’un cauchemar de feu, de boue, de neige.. ».
L’enjeu de cette inauguration avait un côté pédagogique pour le
premier édile : « le nom de cette rue rappellera aux générations présentes et futures les sacrifices de l’armée française à une époque critique
du destin de la France ». Une déclaration qui avait un certain écho dans une ville martyrisée par la première guerre mondiale.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du
Nord, le 21 février 2010)
Vous serez peut-être concernés par le recensement de la population qui durera
jusqu’au 21 février. L’objectif : collecter des informations fiables sur la population pour adapter les politiques publiques. Zoom sur les habitants de la rue Eugène Haynaut en
1906.
Elle relie aujourd’hui la place Clemenceau à la place Saint-Eloi. La rue Eugène Haynaut est ancienne. C’est le 8 novembre 1892 que le conseil municipal décide de donner ce nom à la rue des Postes. Une décision en forme d’hommage pour l’ancien Maire de la ville de 1888 à 1891.
Sur les 13979 habitants que comptait Béthune en 1906, 111 résidaient rue Eugène Haynaut. 49 étaient nés à Béthune. Deux habitants étaient originaires de Paris et un de Sedan. Si l’origine des habitants est intéressante, la profession qu’ils exercent nous donne des indications précieuses sur les métiers existant au début des années 1900.
Pas de surprise pour la majorité des professions représentées dans
la rue Haynaut qui existent encore aujourd’hui : receveur des postes, boucher, avocat, huissier…..En revanche, au n°5 de la rue résidait une…chamareuse. Un vieux métier qui désignait
une ouvrière décorant les vêtements de dentelle.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 31 janvier
2010)
Si la rue Marcellin Berthelot est inaccessible pour cause de travaux, la rue de Bellonnet connaît le même sort. Avec en prime des difficultés pour arriver à la Charité. Au programme, pavage complet d’une rue qui rend hommage à un ancien Maire de Béthune.
De Bellonnet, un nom incontournable dans le Béthune du XIXème siècle. En effet, Henri de Bellonnet a été nommé Maire en 1837 sous le règne de Louis-Philippe. Une période, celle de la monarchie constitutionnelle, qui a vu apparaître en France les premières grandes entreprises et banques formant en quelque sorte de véritables dynasties bourgeoises. A Béthune, la sucrerie dirigée par Charles Dellisse-Engrand prospérait, symbolisant l’essor de l’industrie sucrière.
Si on parle souvent d’Henri de Bellonnet, on évoque peu son fils Adolphe Pierre-Marie. Ce
militaire fréquenta l’école polytechnique, participant à la bataille de Wagram. Une bataille qui s’est déroulée les 5 et 6 juillet 1809 qui a vu la victoire de Napoléon Ier sur l’armée
autrichienne dirigée par l’archiduc Charles. Il poursuivit brillamment sa carrière militaire et fut nommé capitaine et chef de génie de Béthune dans les années 1810. De Bellonnet…un nom qui
comptait vraiment au XIXème siècle.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 6 décembre 2009)
C’est l’histoire d’une rencontre entre André Duwez, auteur indépendant passionné d’histoire et Gaston Dumur, Président des Amis du pesage depuis 1999. Une rencontre qui a débouché sur
l’écriture du livre Béthune XIX-XXème siècles rue de l’horlogerie présenté dans le cadre des journées du patrimoine.
« Ce regard sur l’histoire de ce tronçon de la rue du faubourg d’Arras, devenu en souvenir de son ancienne manufacture rue de l’horlogerie, demeure empreint de nostalgie ». Une préface d’André Duwez qui résume bien l’esprit de l’ouvrage. Un livre qui a demandé beaucoup de recherches. L’auteur souligne «qu elles ont démarré début avril. Un travail de recherche et de dépouillement notamment dans les archives de la ville et les Archives départementales du Pas-de-Calais qui n’aurait pu aboutir sans l’aide précieuse et les souvenirs de Gaston Dumur qui a travaillé de 1961 à 1999 chez Aequitas et Denis Outrebon qui a ouvert ses archives familiales».
Ce qui frappe en parcourant les 44 pages et en dévorant des yeux les 55 illustrations c’est la diversité des thèmes abordés : l’horlogerie, la tannerie, la sucrerie, la scierie menuiserie, les brasseries, Aequitas et les bascules, la rue Outrebon…Une diversité qui vous poussera à découvrir un ouvrage qui donne un éclairage remarquable sur une page d’histoire de la cité.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 septembre 2009)
Renseignements : livre disponible au prix de 5 euros chez André DUWEZ, 53 rue Sébastopol à Béthune. 03 21 56 13 27.
Ce week end, vous risquez d’entendre le vrombissement des moteurs. En effet, avec la 33ème édition du rallye, la voiture reprend ses droits. Des voitures qui sillonneront à grande vitesse les routes béthunoises. Des routes, on en parlait déjà fin XIXème siècle.
Si on évoque souvent le développement du réseau ferré à Béthune
dans la seconde moitié du XIXème siècle, on parle moins de l’émergence du réseau routier. Lors de la séance du 4 septembre 1873, le conseiller municipal Bresselle présentait une proposition pour
l’ouverture sur la place du beffroi d’une rue qui serait la continuation de la route nationale 43.
Pour lui, cette nouvelle rue serait d’une utilité locale et publique incontestable. Un conseiller municipal qui soulignait que ce projet, permettant à la grand place
d’avoir un débouché qu’elle n’avait pas, était « de la plus haute importance pour Béthune ».
Cette anecdote historique est significative du contexte national à
la fin du XIXème siècle. En effet, après l’essor des routes au XVIIIème siècle, le siècle de Victor Hugo est caractérisé par la poursuite de l’effort de développement du réseau routier. Nul doute
que l’extension du réseau a permis d’unifier l’espace national. Et Béthune d‘apporter sa pierre à l’édifice.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 septembre 2009)
Il a
eu droit à une avenue longue de 950 mètres qui vous conduit de la gare au rond-point Saint-Pry. Alphonse Juin, maréchal de France, est même venu dans la cité de Buridan en 1959.
C’est le 16 mars 1967 qu’une délibération efface de la carte l’avenue de Bruay pour la renommer avenue du maréchal Juin. Un maréchal disparu le 27 janvier 1967.
Sept mois plus tard, le 8 octobre 1967, l’avenue fut inaugurée en même temps que la rue de Courtrai. Dans son discours, le Maire Henri Pad n’a pas manqué de rendre hommage à « un grand soldat, membre de l’académie française…soldat et chef, il devait de 1913 à 1942 franchir tous les grades militaires jusqu’à celui de Général d’armée...il se retira après la victoire de 1945 à laquelle il avait largement participé ».
Béthune n’avait pas oublié que le maréchal était venu dans la cité de Buridan le 27 janvier 1959 afin de donner une conférence sur les problèmes de sécurité dans le monde. Une venue qui n’est pas passé inaperçue car le préfet du Pas-de-Calais Robert Cousin s’était spécialement déplacé.
Pas moins de 700 personnes étaient venus écouter son point de vue sur l’évolution des doctrines en
matière de sécurité. Un point de vue forcément pertinent pour celui qui assura le commandement interallié des forces terrestres du secteur Centre-europe de l’OTAN.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 29 août 2009)
Cette rue
qui s’étend sur 250 mètres de la rue Lamendin à la place Pasteur longe l’école Pasteur. La ville ne pouvait pas imaginer meilleur endroit pour rendre hommage à Juvénal Bienaimé.
Un hommage surtout souhaité par les anciens élèves de l’école Pasteur. Ils avaient interpellé la municipalité pour qu’une rue porte le nom de Juvénal Bienaimé, ancien directeur de l’établissement. C’est en 1881 qu’il débuta sa carrière dans l’enseignement avant d’être nommé directeur de l’école en 1896. Un poste qu’il occupa durant 26 ans. Une carrière commencée au début des années 1880 dans un contexte lié aux votes des lois Ferry instaurant une école gratuite, laïque et obligatoire.
Le souhait exprimé par les anciens élèves dans les années trente a vite été relayé par le maire Alexandre Ponnelle. Il fit adopter par le conseil municipal du 17 juillet 1937 une délibération en ces termes : « l’ancienne rue de Catorive reprendrait son nom et la fraction de cette rue comprise entre la place Pasteur et la rue de Lillers prendrait le nom de Juvénal Bienaimé ».
Sa retraite en 1933 ne fut pas synonyme de repos. En effet, Juvenal Bienaimé aimait s’occuper de
la bibliothèque communale et reconstituer les actes d’état civil des communes dévastées. Une activité que l’on imaginait très prenante mais ô combien passionnante.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 28 août
2009)
Les éléves qui fréquentent le collège Georges Sand, le Groupe scolaire Sainte-Famille ou le lycée Blaringhem l’emprunteront à coup sûr. A quelques semaines de la rentrée,
l’occasion de revenir sur le passé de la rue Marcelin Berthelot qui s’étend sur 600 mètres de la place Saint Eloi à la place du maréchal Joffre.
« Le conseil municipal décide de dénommer rue Marcelin Berthelot, la rue du détour, dans laquelle est érigé le nouveau collège de jeunes filles, pour honorer la mémoire du grand savant et du profond penseur et de donner un témoignage de reconnaissance envers Monsieur Léon, recteur de l’académie de Lille, qui a beaucoup contribué à la création du collège de jeunes filles, parent de Monsieur Berthelot… ». La délibération prise par Jules Senis le 20 mai 1910 ne pouvait pas être plus explicite. Si les raisons de la dénomination de la rue sont claires, on peut s’interroger sur la vie de Marcelin Berthelot.
Ce chimiste et essayiste français (1827-1907) est aussi un homme politique qui aura marqué son
époque. Il occupa plusieurs postes ministériels en tant que Ministre de l’instruction publique et Ministre des affaires étrangères. Et, si vous désirez en savoir plus sur ce scientifique,
plongez-vous dans son Traité de calorimétrie chimique publié en 1893. De quoi terminer vos vacances avec un peu de lecture et préparer efficacement la rentrée scolaire.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 21 août 2009)
Outrebon à Béthune évoque Edouard Outrebon, fondateur des établissements du même nom, spécialisés dans l’horlogerie, les bascules aequitas, la scierie et les sacs en papier. On peut aussi parler de la rue Alphonse Outrebon, proche de la gare et du pont Mendès France.
Les délibérations du conseil municipal sur la dénomination des rues de la ville sont souvent adoptées à l’unanimité. Ce n’était pas le cas pour celle prise le 28 janvier 1910, date à laquelle l’assemblée municipale décidait de donner le nom d’Alphonse Outrebon à une rue de 200 mètres. C’est le conseil d’administration de la compagnie des sapeurs pompiers qui a émis le vœu que ce nom soit choisi en hommage à cet ancien capitaine commandant de la compagnie.
Il fut aussi
conseiller municipal pendant 26 ans. C’est le 21 janvier 1878 qu’il assista à son premier conseil. Des raisons qui militaient pour l’attribution de son nom à une rue de la
cité. Insuffisantes pour le conseiller municipal Rey estimant en pleine séance «qu’il a été récompensé par des distributions honorifiques des services rendus comme élu et pompier.
Il n’a pas fait acte de philanthropie comme certains généreux donateurs… ». Des arguments peu convaincants pour ses collègues qui votèrent avec le Maire en faveur d’Alphonse
Outrebon.
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 20 août
2009)
Vous empruntez cette longue artère de 1910 mètres si vous travaillez dans la zone industrielle. Pour les sportifs se rendant à la gare d’eau, l’avenue Kennedy est incontournable. Mais connaissez vous la date de son inauguration ?
C’est dans un climat que l’on imagine emprunt de solennité que les conseillers municipaux ont adopté à l’unanimité le 11 décembre 1963 la délibération de dénomination de l’avenue Kennedy en ces termes : « la commission plénière a décidé de vous proposer de donner à l’actuelle rue d’Estaires le nom d’avenue du Président Kennedy ».
Si l’avenue évoque le souvenir de John Fitzgerald Kennedy, 35ème Président américain assassiné à Dallas, elle a depuis les années 1960 une importance stratégique pour l’économie béthunoise. En effet, elle mène à la zone industrielle, poumon économique de la cité. Une zone qui a vu dans l’implantation d’usines comme Firestone, Benotto ou Cutler Hammer.
Dans ce contexte, l’inauguration de cette artère dont le maire Henri Pad voulait qu’elle soit la
plus belle de la ville paraissait inévitable. Une cérémonie qui s’est déroulée le 24 mai 1964. Une inauguration qualifiée par Alexandre David, attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis, de
« très belle cérémonie dont tous les détails étaient parfaitement mis au point ».
Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 18 août 2009)
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