Période révolutionnaire

Demain, la France commémorera la prise d’assaut de la Bastille, le 14 juillet 1789.  Une date qui symbolise dans la mémoire collective la fin de l’ancien régime et le début de la Révolution française. Dans le passé, Béthune a célébré une autre révolution, celle de 1848.   
    14 mars 1948 : cortège officiel, défilé, plantation de l’arbre de la liberté (un tilleul argenté), illumination des édifices publics…Béthune, sous la houlette de son maire Anselme Beuvry était en fête pour célébrer le centenaire de la Révolution de 1848. 
  La Révolution de 1848 est la deuxième révolution du XIXème siècle. Elle s’est déroulée à Paris en février 1848. Elle a abouti à l’abdication du Roi Louis Philippe. Mais, c’était sans compter sur la détermination des révolutionnaires qui imposèrent un gouvernement provisoire. 1848 marque la fin de la Monarchie de juillet et le début de la deuxième République. 
   La circulaire préfectorale du 6 février 1948 adressée aux maires permet de mieux cerner les enjeux de la commémoration : « La Révolution de 1848 a marqué une étape importante entre la France de 1789, la République de 1792 et notre actuelle démocratie sociale. C’est en 1848 qu’ont été définis quelques uns des grands principes comme le suffrage universel et l’abolition de l’esclavage qui demeurent les bases de la République ».  En 1948, comme en 2008, il n’est jamais inutile de rappeler les fondamentaux de la République.

           Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 13 juillet 2008)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Période révolutionnaire
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    Ils ont peut être déjà sonné à votre porte. Actuellement, les charitables sillonnent les rues béthunoises à l’occasion de la quête des petits plombs. Retour sur leur histoire tourmentée à la fin du XVIIIème siècle. 
    C’est en 1188 que l’histoire de la confrérie des charitables débute, bien avant celle du beffroi. Au XVIIIème siècle, cette histoire était prête à s’arrêter. 
   En  août 1797, les Charitables ont reçu par le ministère un arrêté de dissolution : « ce jour 15 fructidor (28 août) année V de la République française (1797), la confrérie des charitables de la commune de Béthune a du cesser ses fonctions ». Malgré cette interdiction, les charitables continuaient discrètement leur activité comme le souligne l’extrait du registre aux arrêtés et délibérations de l’administration municipale de Béthune : « dans ces temps de désolation, les membres composant cette confrérie en butte aux insultes, aux menaces, aux persécutions qu’enfantent presque toujours les révolutions, continuèrent néanmoins avec fermeté les pénibles exercices de leurs fonctions. Ni la destruction de leur chapelle, ni l’aliénation de leurs biens ne purent altérer leur constante persévérance, ni les faire relâcher de leurs devoirs ».

    Même dans la tourmente des années révolutionnaires, les charitables ont continué à perpétuer une devise qui traversera les siècles : exactitude, union, charité.


                   Arnaud WILLAY (parution dans la Voix du Nord, le 1er juin 2008) 

  

 

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maximilien.jpg La période qui a suivi la Révolution française a été particulièrement agitée dans l’histoire de France. Loin de la sérénité affichée dans les 17 articles de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la fin du mois de septembre s’annonçait difficile pour la capitale des Flandres. 
   En effet, le Maire de Lille lançait un appel au secours, le 30 septembre 1792 : « Exposés au bombardement le plus vif de la part de l’ennemi qui ne cesse de tirer sur notre ville à boulets rouges et à bombes…nous prions au nom de la patrie de nous envoyer vos pompes….. ». 
Un appel désespéré dont l’écho arrivera jusqu’à la cité de Buridan. Des pompiers, une pompe à incendie, une mobilisation citoyenne…Béthune mit tout en œuvre pour permettre à Lille de repousser les assauts de l’ennemi….mais quel ennemi ?
   En fait, Lille a subi un siège du 29 septembre au 8 octobre 1792. En avril, l’Assemblée nationale déclara la guerre aux Pays-Bas autrichiens. 13000 autrichiens, commandés par Albert de Saxe décidèrent d’assiéger Lille. Les récits historiques sur ce siège mettent en évidence la violence de l’attaque : « le 29 septembre 1792, bombes et boulets rouges incendiaires pleuvent sur le quartier Saint-Sauveur et sur la Grand Place de Lille ». 
   Béthune connut de nombreux sièges, en particulier celui de 1710. En ce début de 18 ème siècle, la cité de Buridan du subir la menace des troupes anglo-hollandaises. Le siège se termina mal pour le gouverneur Dupuich-Vauban avec la capitulation de la ville le 29 aout 1710. 
   Des seigneurs de Béthune se sont aussi illustrés dans des sièges. C’est le cas de Maximilien de Béthune (notre photo), principal conseiller du Roi Henri IV. Maximilien joua un rôle décisif à la tête de l’artillerie lors du siège d’Amiens en 1597 qui se termina par une victoire française sur les espagnols.

 
      Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 30 septembre 2007)

Par Arnaud Willay - Publié dans : Période révolutionnaire
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Les députés élus dimanche dernier représenteront les 577 circonscriptions électorales qui constituent une des bases de l’organisation administrative du pays. A la fin du 18ème siècle, son organisation était tout autre. 

   La Révolution française de 1789, moment important de l’histoire de France a marqué à Béthune comme ailleurs la fin de l’Ancien Régime. 
   C’est dans ce contexte révolutionnaire que l’Assemblée Constituante désirait remplacer les provinces d’Ancien Régime en mettant en place une nouvelle organisation administrative. Le département du Pas-de-Calais est divisé en huit districts qui sont ceux d’Arras, Bapaume, Béthune, Boulogne, Calais, Montreuil, Saint Omer et Saint Pol. Celui de Béthune. Il comportait neuf cantons : Béthune, Beuvry, Carvin, Hersin, Houdain, Lacouture, Laventie, Lillers, Saint-Venant. 
   L’histoire de Béthune-Beuvry nous donne des indications précises sur l’organisation administrative post révolutionnaire : « aux provinces succédèrent les départements divisés en districts, cantons et communes. Une compétition s’ouvrit pour le choix du chef lieu du département du Pas-de-Calais : Béthune allégua qu’elle se situait entre Arras et Saint Omer et qu’elle bénéficiait de communications par terre et par eau. Arras l’emporta en mars 1790 et Béthune devient chef lieu d’un des huit districts du département… ». Cette « rivalité » entre Arras et Béthune en cette fin de 18ème siècle ne devait pas faire oublier les liens entre les deux villes comme le souligne Marcel Demont dans sa thèse sur l’organisation municipale à Béthune sous l’ancien régime. En effet, les seigneurs de Béthune avaient aussi le titre d’avoué d’Arras. Ce titre héréditaire d’avoué d’Arras impliquait des obligations comme celles de défendre l’abbaye de Saint Vaast d’Arras. Un titre qui était également prestigieux à porter pour les seigneurs de Béthune.

   En 1790, au moment de la naissance du district de Béthune et de la nouvelle organisation administrative, la cité de Buridan était devenue une ville florissante. Bénéficiant d’une excellente situation géographique, d’une position militaire enviable, la ville avait été gérée efficacement par les échevins. Il ne restait plus qu’au nouveau corps municipal emmené par l’avocat Eloi Boidin à assurer la renommée du district de Béthune.  

                    Arnaud WILLAY (parution dans La Voix du Nord, le 24 juin 2007)
 

Par Arnaud Willay - Publié dans : Période révolutionnaire
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Dans le premier numéro de « Béthune, Lille, Métropole », le Maire de Béthune souhaite faire progresser « l’identité métropolitaine » afin que l’arrondissement de Béthune soit porté par le développement de la métropole lilloise. En 1792, c’est Lille qui a du demander de l’aide à la cité de Buridan.

Le 29 septembre 1792, les bombes pleuvent sur la grand place de Lille. Ce bombardement détruit des centaines de maisons, surtout dans le quartier de Saint-Sauveur. Alors que l’Assemblée législative avait déclaré quelques mois plus tôt la guerre aux Pays bas autrichiens, Lille, en première ligne allait devoir subir un terrible siège.

   Cet épisode douloureux pour Lille, intervenu trois ans après la révolution française, a en quelque sorte contribué à faire entrer Béthune dans le passé lillois. En effet, les béthunois ont apporté une aide logistique au voisin nordiste. L’Histoire de Béthune-Beuvry (sous la direction d’Alain Derville) souligne bien que « le 30 septembre des canonniers et des volontaires de Béthune allèrent aider les lillois assiégés ».
   Dans son Histoire de la ville de Béthune, Eugène Bèghin reproduit un document signé des officiers municipaux de la commune de Lille, daté du 1er octobre, qui éclaire les relations entre les deux cités : « la pompe que vous avez eu la complaisance de nous envoyer, vient d’arriver avec les braves volontaires qui ont bien voulu l’accompagner. Nous espérons trouver, dans le secours de cette pompe, un moyen utile pour parer à l’incendie dont nous afflige le continuel bombardement de nos ennemis et dans le courage de nos frères d’armes, des forces pour les punir. Jamais ennemi n’a mérité une punition plus sévère ».
   Pourquoi en est-on arrivé à ce siège de la capitale des Flandres, une des plus grandes villes du royaume ? La France voulait étendre à l’Europe les bienfaits de la Révolution. La guerre fut déclarée à l’empereur d’Autriche François II le 20 avril 1792, malgré des voix discordantes comme celle de Robespierre. Le conflit n’allait pas tourner à l’avantage de la France. Il faut dire que l’armée française marquée par des désertions était dans un état pitoyable. Un constat préoccupant vite oublié lors de la victoire française à Valmy le 20 septembre 1792, sur les armées prussiennes et autrichiennes. Une victoire qui n’allait pas empêcher le bombardement de Lille, neuf jours plus tard.
   Au final, cette guerre dura, malgré certaines interruptions, pendant vingt trois ans, jusqu-à la chute de Napoléon en juin 1815. 

                   Arnaud Willay (parution dans La Voix du Nord, le 3 octobre 2006)
Illustration : François II d'Autriche

Par Arnaud Willay - Publié dans : Période révolutionnaire
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